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A chaque fois je suis parti dans la violence routière.

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J'ai été toxicomane aux mélanges alcool+benzodiazépines (de chez Roche pour la plupart). Je me sui retrouvé "en Roche" plusieurs fois sans même l'avoir voulu. A chaque fois je suis parti dans la violence routière. Accidents urgences tribunal. J'étais un grand malade alcoolique (3 cures, dont une en psychiatrie, pour venir à bout du problème). Les benzos m'étaient prescrits à outrance par les phsychiatres et les médecins alcoologues eux-même (j'en ai vu quatres différents dans toute la France. Un seul était farouchement opposé aux benzos). Alors que je leur avait dit qu'il m'arrivait de mélanger ces médicaments avec de l'alcool, ils continuaient de m'en prescrire. (J'ai les noms, j'ai encore des ordonnances). J'ai connu des épisodes répétés de "Blackout" ("être en Roche" avec violences routières et amnésies totales. Le dernier épisode a duré 5 jours et s'est soldé par un atterrissage aux urgences entre deux gendarmes et menottes aux poignées. Après cet épisode j'ai réussi péniblement à me sortir de l'alcool (11 semaines de cure en milieu fermé). A la sortie de cure le médecin alcoologue (très gentil par ailleurs, un des hommes les plus délicieux qu'il m'ait été donné de rencontrer) m'a laissé une ordonnance avec : 1) de la codéine (opiacé=morphine). 2) du Tercian (neuroleptique) , alors que j'étais accro au mélange Tercian+Benzo. (Il m'arrivait de prendre, en une prise, jusqu'à 20 Tercian avec une vingtaine de benzos.). A sa décharge je ne lui avais rien dit mais il savait quand même que j'étais déjà Pharmacodépendant à la codéine, (ils avaient dosé les opiacés dans les urines à mon arrivée en cure, puis pendant tout mon séjour chez je cassais les pieds aux infirmières à longueur de journée pour avoir de la codéine). En tout cas quand je suis sorti, je ne buvais plus. C'était déjà une victoire énorme. Ma dépendance aux médicaments (et notamment à la codéine) n'a fait qu'empirer. Pendant un an hors alcool : Tentatives nombreuses et répétées pour arrêter les produits ou limiter leur consommation. Tentatives infructueuses. Par contre j'étais sûr d'une chose : je n'en voulais plus. Par instinct de survie, j'ai décidé de demander de l'aide à mon généraliste pour arrêter les médicaments dont j'étais dépendant. Je lui ai donc raconté mon histoire en détail. Elle m'a alors dit "qu'elle ne prescrivait pas de drogues" (elle a eu peur de moi). Ensuite elle m'a dit que je ne devais pas arrêter les benzos. Parce que sinon j'allais me remettre à boire. Je l'ai également informée de ma dépendance à la codéine. Elle a éloigné le sujet de la discussion (elle ignorait que la codéine se vend sans ordonnance : codoliprane=pracétamol+codéine). J'ai donc décidé d'agir tout seul sans trop savoir comment m'y prendre. J'ai commencé par demander à mon pharmacien de mettre en place un système de délivrance journalière des neuros+benzos. Je n'avais qu'une dose thérapeutique par jour mais j'étais toujours dans la compulsivité et je multipliais les prises diurnes de somnifère (immovane 7,5=Zopiclone). Mon coktail à moi c'était deux Tercian 25 (cyamémazine) +un bâtonnet de 4/4 de lexomil+un immovane. J'avalais tout d'un coup à la sortie de la Pharmacie (même s'il était 9 heures du matin). Je prenais le tout sans eau (médicaments croqués pour augmenter la rapidité du passage dans le sang = recherche inconsciente du "high". Le "shoot".). Après un an à dose thérapeutique. J'ai pensé que je ne m'en sortirais jamais. En plus de ça j'étais toujours fortement dépendant à la codéine et ce depuis bientôt 18 ans. J'en été rendu à avaler 64 comprimés de codoliprane par jour. Quand on connaît la toxicité du paracétamol ça fait froid dans le dos. Mon comportement me dégoûtait. La codéine m'avait été prescrite au tout début. (vers l'âge de 18 ans, pour des douleurs de type "céphalées chroniques +migraines". J'ai vite découvert que c'était aussi un anxiolytique puissant pour des gens qui comme moi ont eu une enfance difficile.). Le seul soucis est que l'excès chronique de codéine entraine d'une part de la dysphorie (source d'angoisses irrationnelles qu'on va soigner à coup de benzos) et d'autres part des céphalées chroniques (qu'on soigne à coup d'opiacés divers : codéine, tramadol, acupan, morphine, buprénorphine). Je pensais que j'étais foutu que je ne m'en sortirais jamais, je ne pouvais même plus m'alimenter correctement. J'ai alors pris seul la décision de consulter auprès d'une unité d'accueil et de traitement des toxicomanes. J'ai à nouveau raconté mon histoire en détail (1h passée d'entretien avec le docteur). Pour ma dépendance à la codéine il me proposait deux solutions : 1) Solution n°1 : Ne plus prendre de paracétamol avec la codéine et me rabattre sur le néocodion (référence chez les tox français). Advienne que pourra. 2) Solution n°2 : Passer au sub (buprénorphine). J'ai choisi la solution n°1. Je pouvais à nouveau manger mais ma dépendance était tout sauf guérie. Pour ma dépendance aux neuros+benzos ils ne me proposaient rien pour l'instant. Je ne suis jamais retourné les voir. J'étais désormais tout seul à porter ce fardeau. J'étais toujours décidé à tout arrêter. J'ai alors commencé à m'intéresser de prêt aux mécanismes phsychiques et neurobiologique de la dépendance. C'est en faisant ces recherches que je sui tombé sur des discussions à propos du baclofène et de l'alcool. Je me suis alors procuré le livre du docteur Ameisen. Et j'ai tout compris. Ma dépendance à l'alcool ainsi que ma dépendance aux médicaments étaient dus à mon état dysphorique que j'entretenais largement en consommant des drogues dures sur le long terme. J'étais dans le cercle vicieux qui conduit au cercueil (avec des dommages colatéraux ! ). Il fallait que j'essaie le baclofène. J'en ai parlé à mon, généraliste qui m'a rit au nez. J'en ai parlé à mon alcoologue qui m'a demandé si j'attendais "un traitement miracle ? " ("continuez à bien prendre votre tercian" qu'elle m'a dit ! ). J'ai alors décidé de trouver un moyen de contacter le docteur O. Ameisen. Et j'ai réussi ! Je lui ai juste demandé si le baclofène marchait pour la codéine. Il a juste répondu "oui bien sûr". C'était parti. Je me suis procuré du baclofène par ineternet. J'ai démarré à la dose de 30 mg/jour. Puis montée de 30 mg tous les trois jours. Au bout de 8 jours de traitement j'arrêtais totalement la codéine (plus un seul comprimé du jour au lendemain). .résultat : symptomes liés au sevrage physique (nausée, vomissement, diarhées, douleurs aigues, sueurs, tremblement, irritabilité). Maximum d'intensité des symptomes à J+1. Pas de "manque" c'est à dire pas d'envie d'en reprendre pour atténuer les symptomes. Une boîte de codéine était devenue à mes yeux un objet tout à fait ordinaire, plus d'attirance irrationnelle envers le produit. Une semaine plus tard j'ai raconté ça à mon généraliste. Elle refusait toujours de me prescrire du baclofène. Elle m'a dit que si j'avais arrêté la codéine ce n'était pas grâce au baclofène c'était juste parce que j'étais prêt dans ma tête (sans commentaires). Je lui ai dit que je voulais arrêter tout le reste. Elle m'a dit "pas question". J'ai continué le protocole d'augmentation des doses de Baclofène tous les trois jours. Jusqu'à arriver à la dose de 200mg de baclofène par jour. Je n'ai alors plus rien ressenti pour les benzos. Plus d'attirance du tout. Le lundi je suis aller chercher ma dose de bonne heure (j'allais dire de bonheur) le matin (comme toujours). Au moment de tout croquer je me suis que c'était vraiment n'importe quoi. Pourquoi est-ce que j'aurais besoin d'un somnifère le matin ? J'ai rangé les médicaments dans ma poche. Je me suis dit que je les prendrais plus tard quand le manque allait débarquer. Il n'est jamais venu. Je ne suis pas retourné à la pharmacie le lendemain. J'ai toujours la dose à la maison. Ça me fait rigoler quand je la vois. J'ai proposé aux collègues de se taper un shoot avec. Ils n'en veulent même pas (et pourtant c'est payé ça monsieur hein ! C'est de la bonne et c'est la tournée de la sécu. Mort de rire). J'aurais voulu qu'ils comprennent pourquoi ils m'ont toujours connu comme un zombie. En plus ils auraient passé une super soirée ! Pour finir ça fait deux mois que je suis clean. Pas d'angoisses, plus de douleurs chronique (mes céphalées régressent) sommeil apaisé, long et réparateur, disparition des cauchemars liés aux produits et aux actes violents commis sous leur influence. DECULPABILISATION. J'ai retrouvé un sens à la vie. J'ai retrouvé mes enfants. J'ai réussi à leur raconter. On a pleuré ensemble. Je peux parler à mon ex femme sans qu'elle me prenne pour un fou. Je revis. Je vais me battre contre les labos et faire imposer le baclofène comme traitement de la dépendance (passage en force ! ).
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