Histoire vécue Addictions - Dépendances > Alcool      (3100 témoignages)

Préc.

Suiv.

Alcool : l'envie de s'en sortir vient du plus profond de soi-même.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
Mail  
| 430 lectures | ratingStar_222983_1ratingStar_222983_2ratingStar_222983_3ratingStar_222983_4

J'ai envie de m'exprimer sur vos messages, parce que je suis touchée et je vois un parallèle avec mon histoire et celle de mes enfants.

Tout d'abord, l'envie de s'en sortir vient du plus profond de soi-même.

Elle échappe à toutes formes de conseils, de moralisation qui n'ont que pour effet de renforcer le sentiment de culpabilité de la personne qui s'alcoolise. "Reprends-toi, réagis, fais preuve de volonté…" Ce genre de discours, loin d'aider, peut tout aussi bien enfoncer la personne qui souffre. Mais cela, vous le savez très bien…

Je pense que vous êtes persuadées d'être nulles, et que quand quelque chose ne va pas, vous réagissez en buvant, pour mieux vous autodétruire, parce que c'est la seule réaction qu'on vous a apprise.

Ça remonte à très loin, j'en suis persuadée, il faut aller creuser du côté de votre enfance, voir quelles étaient vos relations avec vos parents, votre entourage éducatif, tenter de vous souvenir des émotions qu'on vous a obligées à refouler, tous ces sentiments qu'on vous a empêchés d'exprimer.

Dans l'alcoolisme, comme dans tout acte d'autodestruction, il y a une grande colère à la base, qui s'est retournée contre soi-même faute d'avoir pu s'exprimer sur l'objet réel. Et la dépendance, aussi, la recherche du plaisir, de l'apaisement de cette souffrance que vous éprouvez. Cette souffrance, c'est un manque d'amour. Manque d'amour pour vous-même. Les sentiments qu'on éprouve pour soi ne sont autres que les sentiments que nos parents ont éprouvés pour nous, la plupart du temps malgré les apparences. Peut-être tout simplement de la part de nos parents n'étaient-ce que des maladresses éducatives, quelques mots en apparence anodins mais qui nous ont meurtris inconsciemment, et qu'on n'a pas pu démentir tellement la parole du Père ou de la Mère est toute-puissante. Il y a toujours eu de la part des parents ou de l'entourage une violence, qu'elle soit verbale ou physique, ou plus insidieuse, comme la manipulation. Et bien souvent, l'adulte devenu dépressif et dépendant a complètement oublié, refoulé ces sentiments qui n'ont pu s'exprimer dans l'enfance. Mais le corps, lui, s'en souvient.

Un enfant qui "fait un caprice" , qui exprime une colère, est souvent sévèrement réprimé par ses parents qui le culpabilisent en le persuadant qu'il est mauvais, alors que cet enfant ne cherchait, avec les moyens dont il disposait, qu'à ressentir l'amour de ses parents. Dans ce cas, les parents sont incapables d'entendre le besoin d'amour de l'enfant, parce qu'il s'exprime de façon inintelligible pour eux, par des cris, des pleurs et non des mots. Et l'enfant grandit avec le sentiment d'être mauvais, uniquement parce qu'il n'a pas été compris par ses parents qui l'ont rabaissé plutôt que de l'écouter. L'estime de soi est sapée à la base.

Et ça devient pour l'enfant, l'adolescent, l'adulte, le début d'une quête d'amour inassouvi, amour dont en même temps il ne se sent pas digne tellement on l'a persuadé qu'il était nul. Et toute la difficulté est dans le déni de notre propre histoire. J'ai vécu 26 ans avec un mari alcoolique dont je me suis séparée car il préférait rejeter sur moi la cause de son alcoolisme tellement il ne voulait pas remettre en question l'éducation qu'il avait reçue, par peur de déchoir ses parents de la toute-puissance dans laquelle il les avait placés…

Voilà, c'est ma vision des choses en ce qui concerne les dépendances et les toxicomanies. Je m'attends à ce qu'elle ne soit pas forcément comprise, ou même qu'elle soit réfutée, d'une part parce que je ne suis pas du tout une spécialiste en ce domaine, j'ai seulement une approche personnelle et d'autre part, à cause du tabou qu'il y a à mettre en cause ses parents, souvent. Je suis actuellement en psychothérapie pour résoudre un problème de dépendance affective, non que je sois alcoolique, mais je sais que je suis fragile de ce côté-là. Ma démarche psychothérapique, à la base, je l'ai entreprise pour être en mesure d'aider ma fille qui a eu un problème de toxicomanie. J'ai la chance d'avoir une psy qui s'inspire du travail d'Alice Miller sur la violence éducative. Elle m'a conseillé de lire quelques-uns de ses ouvrages, dont "Notre Corps ne ment jamais" , et je parcours des extraits de ses écrits sur son site, cela m'aide à comprendre les mécanismes de la dépendance. C'est un autre regard que la psychologie "classique" , un peu différent, pas forcément en contradiction, cependant. Je vous mets le lien :

http://alice-miller.com/index_fr.php

Les propos d'Alice Miller sont parfois surprenants, difficiles à admettre, on a souvent tendance à penser qu'elle exagère et qu'elle caricature. En ce qui me concerne, j'y ai trouvé un regard lucide et cette justification de la colère que j'éprouvais contre ma mère, dont je me sentais coupable. C'est ma démarche, je ne prétends pas qu'elle soit la seule valable mais elle m'apporte beaucoup. En ce qui vous concerne, je pense que la prise en charge par un médecin alcoologue vous sera d'un grand soutien, et ma foi, peut-être cela sera-t-il suffisant ? Pour faire un parallèle, le médecin addictologue qu'a vu ma fille pour son problème de toxicomanie l'a énormément aidée, il ne se contentait pas de donner les ordonnances mais avait une réelle écoute empathique et elle a retrouvé le goût de vivre.

Cela dit, tout ce que je vous dis ne va pas à l'encontre des conseils de Newlife, je suis totalement d'accord avec elle, mais je sais qu'il faut parfois aller chercher très loin en soi l'envie de bouger et de changer…

Ce que je voudrais ajouter, c'est que je vous félicite pour votre grand courage de parler de votre problème de dépendance alcoolique, cela prouve que vous n'êtes pas dans le déni de votre situation et que vous avez tous les atouts pour vous en sortir. Ça sera dur, mais tenez bon. Je vous souhaite de trouver le bon interlocuteur qui saura entendre ce dont vous souffrez et qui est à l'origine de votre alcoolisme. Ce bon interlocuteur, ça peut être aussi vous-même, une fois que vous aurez vu, ressenti que vous méritez une autre vie et un autre regard sur vous-mêmes.

Courage !
  Lire la suite de la discussion sur psychologies.com


222983
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Mon mari est alcoolique mais ne le reconnais pas - alcool, tabac, drogues et dependances

image

Bonjour, Cela fait plusieurs années que mon mari est devenu alcoolique. Jusqu'a présent cela ne me genait pas car il ne buvait que modérément et ne se mettait minable que lorsqu'on recevait du monde. Puis nous avons eu deux enfants. Il n'a jamais...Lire la suite

Comment se sevrer lorsqu'on est adepte du binge drinking - alcool, tabac, drogues et dependances

image

Mesdames, Messieurs, Voilà plusieurs mois que je lutte contre mon alcoolisme. J'ai réussi à me reprendre vraiment très bien. Je ne bois plus qu'une seule ou 2 fois par semaine en soirée. J'ai 24 ans et à la fin de mes études, j'étais...Lire la suite


 

Témoignages vidéos
Mon alcoolisme - Prise de conscience
Sur le même thème
L'alcool chez les jeunes
Voir tous les  autres témoignages