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Comment devient-on alcoolique ?

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Hier, une personne qui a fait un D. U d'alcoologie (230h de formation par rapport à 7 h pour les médecins généralistes !! ) m'a expliqué comment on devient alcoolo-dépendant au niveau du corps (dépendance physique). Je voulais vous faire partager afin qu'une fois pour toutes on arrête de parler de volonté. Je vais essayer d'être clair… et ce n'est pas vraiment évident. Lorsqu'une personne bois un verre de vin ou d'une quelconque boisson alcoolisée il ingurgite environ 10g d'alcool pur. N'avez-vous jamais remarqué que la contenance des verres à alcool est directement proportionnelle à la quantité d'alcool pur contenu dans le breuvage. Exemple : 1 verre de bière =25cl. La bière (ordinaire) titre 5° ; c. A.d. 5% d'alcool pur. Avec une densité proche de celle de l'eau on peut dire qu'un litre de bière = 1000gr. Cinq pour cent de 1000 font 50. En prenant en compte le fait que l'alcool à une densité de 0,8 ça nous fait 50 x 0,8 = 40 grammes d'alcool pur/litre. On divise par quatre pour avoir le quart de litre = 25 cl ce qui nous donne : 40/4=10. Et voilà nos 10 grammes d'alcool pur. Le raisonnement est le même pour les autres boissons. Autre exemple : un verre de mirabelle = 2,5cl. Alcool fort : 40° ; c. A.d. 40% d'alcool pur. Idem pour la densité, donc 320gr d'alcool pur et 9gr pour notre verre de mirabelle. Un verre de vin fait 10cl. Le vin titre entre 10 et 12° ; ce qui nous fait ? Faites le calcul vous-même. Étonnant non. Mais c'est la réalité. Il y a autant d'alcool dans un grand verre de bière que dans un petit verre de digestif. Ensuite. Le foie qui est un organe régulateur du corps humain, est capable, entre autres, de stoker et d'éliminer les poisons que l'on peut ingurgiter (exemple : pesticides utilisés par les agriculteurs…) et ce à faible dose de l'ordre du milligramme. Sans problème. Cela fait parti de son travail. Ce dernier met à peu près 1h30 pour éliminer ces 10g afin que notre taux d'alcoolémie redescende à zéro. Et la il faut comprendre une notion très importante. L'alcool, qui n'est pas un aliment, est immédiatement transformé en alcool déshydrogénase puis en acétaldéhyde, véritable poison cellulaire que le foie tente d'éliminer en priorité. Normal et logique le foie s'occupe d'abord du produit le plus toxique c. A.d. Celui qui risque de causer le plus de dégâts à l'organisme puis, par ordre décroissant des autres produit de moins en moins toxiques. Et ce jusqu'à ce qu'il n'y en ai plus. Ensuite il s'occupe des tâches pour lesquelles il à été conçu à l'origine. Quelles tâches ? Enlevez le foie d'un individu et demandez-vous le temps qu'il lui reste à vivre. Le foie est chargé d'une foule de travaux que serai bien incapable de lister. Pour en revenir à nos moutons : Si on boit un litre de vin par jour, il faut 15 heures au foie pour éliminer les 40 g d'alcool… il reste donc au corps 9h par jour pendant lequel le taux d'alcoolémie est à zéro. Le cerveau envois l'ordre au foie de se bouger le c… pour éliminer tout ça au plus vite. Bon là on entre dans le vif du sujet. Si quotidiennement, on augmente la dose (1) on arrive à un stade où le foie n'a plus le temps d'éliminer l'alcool de notre corps pendant les 24 h d'une journée, alors là il se passe un truc ! … Le cerveau va trouver un moyen pour tenter de palier à ce manque : il va transformer lui même cet alcool en une substance chimique : la tétrahydropapavéroline (THP) qui est une drogue à dépendance immédiate pour le corps humain. Drogue à effet opium like, (pour mémoire la papavérine est un alcaloïde de l'opium) Là, on est passé au stade de la maladie alcoolique. Quant le cerveau à sa dose de THP il envois un signal comme quoi, bah c'est bon plus besoin d'ingurgiter d'autres quantités d'alcool pour qu'il puisse se faire sa petite drogue à lui. Cette THP va petit à petit se substituer aux endorphines secrétée naturellement par notre corps. La conséquence est que le corps va devenir dépendant pour sa survie d'endorphines venues de l'extérieur, via l'alcool et non plus de celles qu'il produit naturellement et dont la fabrication sera plus ou moins stoppée… (1) Mais l'alcool est une drogue (classification des drogues de LEWIN, INEBRIANCIA : alcool, éther, benzine, chloroforme ? ) Et le propre d'une drogue est qu'il faut, à longue où brève échéance, toujours plus de produit pour obtenir le même effet. C'est ce que l'on appelle chez l'alcoolique la TOLERANCE. Autrement dit : Plus une personne boit plus il lui faudra d'alcool pour obtenir le même effet. Le corps et particulièrement le cerveau s'adaptent en effet à la présence d'alcool, c'est le phénomène de tolérance. Mais si le cerveau n'a pas suffisamment de matière première (l'alcool pur ou éthanol) et bien il envois des signaux de détresse (tremblements, angoisses, bouche sèche,… , qui peuvent aller jusqu'à des hallucinations visuelles ou auditives et même plus loin, blocage des nerfs voir arrêt cardiaque pendant un délirium tremens) , pour avoir sa dose. On touche là à une des extrémités de la maladie alcoolique qu'est le DT (délirium tremens). Cet état est une urgence clinique. On vous envoie directement au service des soins intensifs. (C'est une des raisons pour lesquelles je ne réponds jamais lorsque l'on pose, sur le forum, une question du style : que dois je faire des bouteilles ? Les jeter ou les laisser en place.) L'autre extrémité est le coma éthylique. Pour comprendre un peu comment celui-ci intervient il faut connaitre grosso modo la structure du cerveau et comment l'alcool agit dessus. On peut résumer le neuropsychisme de la façon suivante : L'encéphale est composé de trois couches successives 1) Le néocortex est le siège des activités différenciées, conscientes et volontaires : sensibilité, motricité volontaire, vision et audition, réflexion et langage. 2) Le paléocortex est associé aux comportements innés (instincts) et acquis, à l'alimentation et à la reproduction, aux réactions émotionnelles et à la mémorisation. 3) Le cerveau reptilien qui lui gère ce que les deux autres ne font pas comme par exemple la respiration, les battements du c'ur etc. L'alcool agit du haut en bas. Le premier touché est le néocortex avec les réactions que tout le monde connais : atteinte de la motricité (vous comprenez maintenant pourquoi on ne marche pas droit quand on est bourré (e) ) , atteinte de la vision (on voit double) du langage etc. Là ce n'est pas bien grave enfin la vie n'est pas en danger. Le second est le paléocortex ce qui explique que lorsque l'on a trop bu hé bien le lendemain, on ne se rappelle de rien. Et enfin, si on augmente encore la dose c'est le cerveau reptilien qui est atteint. Et là danger de mort. Rique de coma avec, entre autres, trouble de la respiration et des battements cardiaques. Et là idem que le DT : urgence clinique. De ce fait, l'alcoolodépendance une maladie au sens médical strict du terme. Je suis conscient d'avoir utilisé un certain nombre de raccourci et de simplifications mais dans l'ensemble c'est grosso modo ce qui se passe. Cela fait peu de temps (20 ans à peu près) que l'on sait que l'on a connaissance de ces phénomènes. J'espère que ce court exposé éclairera, un tant soit peu, la lanterne de tous ceux qui se posent des questions sur le pourquoi du comment. En conclusion je dirai simplement que l'on devient alcoolique parce que, un jour, dans notre vie on a trop bu.
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