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Je l'ai quitté à cause de son problème d'alcool

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 30/03/11 | Mis en ligne le 18/12/11
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J'ai sauté le pas, je suis parti…

J'avais des rêves, j'avais envie de faire parti du monde. J'ai vécu des aventures fabuleuses, j'aimais l'ivresse de la découverte. Je m'intéressais à tout. J'aimais parler et rire. J'aimais faire la fête, rencontrer les gens et les connaître vraiment. Je passais des heures à lire avec joie, à aller au cinéma avec des amis.

J'ai eu mille boulots que j'ai aimé, détesté ou moqué. J'ai eu des amis de tout horizons. J'ai changé de ville, vécu dans une forêt, repris mes études. J'ai écris des pages et des pages, réalisé de petits films, inventer des histoires pour des enfants. J'étais Peter Pan et je savais voler.

J'ai tenté l'amour une fois, puis deux. C'était magique, beau puis triste. C'est à ce moment que j'ai rencontré Manu. Il était beau. Bourré mais beau. Attachant. Il est artiste - comme moi. Je suis content. Il est homo, moi aussi. Je ne veux pas d'un coup d'un soir. Je dis : Invite moi au restaurant puis au cinéma, après on verra. Il est d'accord. On flirte. Très vite, je viens chez lui. Je viens de rompre, lui aussi ; on va surmonter ça ensemble. Tout était parfait.

Ça a commencé connement. Pour une question d'Histoire - Démocrite il me semble. Il avait tort. Il a dénigré mes connaissances. Je suis parti énervé : je suis allé dans la première librairie recopier le passage d'un livre pour lui prouver que j'avais raison. Il dit : Tu crois vraiment que les livres disent toujours la vérité ? J'ai abdiqué. Pourquoi s'énerver pour ça ?

Ce soir-là, on va voir une ami bien plus âgée que moi. Elle est bénévole d'une association caritative dont j'ai fait parti. Je suis content d'emmener Manu. Il est beau, intelligent et doué pour les arts plastiques. L'alcool nous fait passer une bonne soirée autour d'un feu de cheminée. Le ton monte entre mon amie et Manu. Je ne saisis pas sur l'instant. Manu dénigre notre engagement inutile. Mon amie gifle Manu, propose de nous ramener immédiatement. Le ton monte de nouveau dans la voiture qui roule à plus de 60 km/h. Mon amie gifle de nouveau Manu. Il saute de la voiture en marche. Je descend de la voiture pour rejoindre Manu. Mon amie part. Je ne la reverrai plus. Nous marcherons plusieurs kilomètres pour rentrer. Je soignerai Manu. Je m'en veux terriblement. Je ne veux plus voir mes amis. Manu m'y encourage.

Petit à petit, nous vivons en vase clos. Petit à petit, mes amis disparaissent après des paroles blessantes de Manu. Je deviens même son complice. Je le défends. Et nous commençons à nous engueuler. Il appuie où ça fait mal. Je pleure. Il dit : arrête d'être une victime.

J'ai un boulot à trente cinq heure et continue mes études. Je ne suis pas assez présent pour Manu. Je travaille dur. Je suis moins sexuel.

Je veux lui montrer ce que j'écris. J'en suis fier. Il me dit : Plus tard. Ce sera jamais. Il me dit : Pourquoi tu ne me fait rien lire ? Je dis : Tu me dis toujours plus tard. Il me dit : Si tu me donnais ton texte, je le lirai. Tu ne veux pas que je lise, c'est tout.

Quand il boit, il devient méchant. Il dit : Regarde ta vie, tu n'en fait rien. Tu n'es qu'un bourgeois. Il dit : Moi je travaille dans un restaurant, tous les week end alors que toi tu peux t'amuser. Je prends la décision de changer d'appartement, pour payer moins cher.

Ma grand mère meurt. Il dit : Mon grand père aussi est mort. Tout le monde vit ça. Arrête donc de pleurnicher.

Parfois je vais boire jusqu'à en être Ivre mort Pour oublier que je ne comprends plus rien. Il me réveille à coups de pieds. Il dit : ça, c'est pour m'avoir réveiller cette nuit.

Je suis à fleur de peau. Il s'acharne encore. Je le frappe. Je suis horrifié. Il dit : Je vais appelé la police. Tu n'es qu'un faible. Frapper c'est l'apanage des faibles.

Je bois autant que lui. Je me dis qu'ainsi, ce que je bois, lui ne le boiras pas. C'est pire. Je me transforme. Je deviens de nouveau violent.

Il dit : Je te pardonne, je t'aime. Je m'en veux.

Je fais la vaisselle, le ménage. Je m'agace qu'il ne range jamais rien. J'arrête tout, pour voir. Il m'engueule. Il dit : Tu ne fais jamais rien, c'est toujours moi qui range et fais la vaisselle.

Je suis à bout. Je m'enfuis parfois pour ne plus l'entendre. Je dors dans ma voiture en plein hiver.

Lors d'une fête, il embrasse un autre devant moi. Je m'énerve,, m'enferme dans la cuisine.

Il a bu, me dit que si je ne peux pas être sexuel quand il en a envie, il peut bien aller voir ailleurs. Je suis nul. Je vois rouge. Je prends un couteau et, horrifié par ce geste, je me coupe la main profondément.

Je veux que tout s'arrête. Je rentre chez mes parents. Je suis triste, perdu. Mes parents ne me reconnaisse plus. Les bouteilles d'alcool sont cachées.

Pendant ce temps, Manu est chez nous. Il me dit : T'as intérêt à payer ta part du loyer. C'est toi qui a demandé à changer de lieu d'habitation.

Je paye avec un RMI nouvellement mis en place. Il ne me reste rien pour aider mes parents qui m'héberge. Je me sens nul.

Je retourne avec lui. Ses parents se sont engueulés et il pleure. Je n'aime pas quand il pleure. Mais tout reprend. L'alcool. Mes coups. Ses coups. Il me dit : Tu ne viens jamais vers moi pour me câliner.

Quand je le fais, il dit : laisse moi, ce n'est pas le moment.

Sous le coup de l'alcool, il jette mon chat par la fenêtre du cinquième étage. Je suis enragé, je veux le tuer. Il pleure et dit :

Tu aimais ce chat plus que moi.

Je pars puis reviens. Je crois encore au changement. Je bois moins que lui. Je vois clairement que quelque chose ne va pas. Il enchaîne les bières. Bois seul devant une télé ou chante en mettant la musique à fond, m'empêchant de lire ou écrire. Il vient me voir toute les cinq minutes pour dire ce qu'il pense en bien ou en mal, sur moi, l'actualité, moi encore.

Tout devient ma faute. Je n'ai plus un instant de repos. Quand il boit trop et que je le dis, il argumente contre moi. Si je pars voir d'autre amis - que je ne désire pas qu'il connaisse - il me le reproche. Je suis un raté, contrairement à lui.

Une nouvelle engueulade. Il me parle de ma grand mère. Il dit : Elle aurait eu honte de voir ce que tu es devenu. Je m'emporte. J'ai envie de le tuer. Il dit : je n'appellerai pas la police, mais il faut que tu te soignes. Tu n'es pas normal.

J'arrête de boire. Il continue. Ses propos ne sont plus cohérents. Je lui dis : Tu as un problème d'alcool. Il dit : Tu es un pervers. Tu veux me faire croire que je suis alcoolique. Tu dois voir quelqu'un. Tu es destructeur.

Le lendemain, il dit : Tu as peut-être raison. J'ai un problème d'alcool. Je lui dit que je peux l'aider. Je connais des gens. Il dit : d'accord. Mais je dois prendre une bière. Je dit oui. Il boit. Il me regarde méchamment. Il reprend son discours de la veille.

Je le quitte. Ça fait une semaine. Je ne dors plus. Je cauchemarde. Je me sens fautif d'avoir été violent. Je veux me pendre. Je n'ai plus goût à rien.

Mes parents sont là. J'ai rappelé mes anciens amis. Je m'excuse beaucoup. Je dit que je les aime.

Je n'ai emporté que le stricte minimum avec moi. Je n'ai même plus de quoi m'habiller correctement. J'ai même abandonné un boulot que j'aimais.

Mais au moins, je n'entends plus les cris, les insultes.

Je n'ai pas de haine ni de colère. Je suis épuisé. Je voudrais dormir. Dormir toujours et ne pas me réveiller. L'aurore est atroce.

Demain, le soleil se lèvera encore. Demain je repenserai à lui. Mon coeur saigne abondement.
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