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Je veux bien tester l'efficacité du baclofène

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D’abord la rencontre. Ce qui frappe immédiatement chez Ameisen, c’est son empathie naturelle et spontanée. Il écoute, questionne, cherche à convaincre et surtout à rassurer. Cela fait des années qu’il argumente sa découverte et cela se sent. Plutôt bavard et passionné. On n’est pas déçu. Les arguments fusent avec un souci de clarté et de pédagogie. Et de l’humanité’ beaucoup d’humanité. Envie de prendre des notes’ d’approfondir tel ou tel point’ pas vraiment le temps’ ça passe vite’ très vite. Il est serein, tranquille, lucide et conscient du bouleversement que sa « découverte » déclenche. Chez ses collègues scientifiques et médecins mais aussi et surtout chez les malades. Il connaît donc le forum. S’interroge en effet sur l’opportunité d’y intervenir. Hésite un peu’ normal. Je pense personnellement que dans le combat pour faire reconnaître le baclofène auprès des autorités sanitaires, sa place est ailleurs. S’il ouvrait une consultation, il ne pourrait plus se battre sur le terrain institutionnel, scientifique, politique et financier qui s’annonce pour la réalisation de l’essai clinique qui s’impose. Mais bon’ c’est aujourd’hui mon avis’ pas sur que ce soit le bon’ juste mon avis. Evidement, le manque terrible de médecins référents nous laisse seul avec nos doutes, nos questions et nos peurs. Des cas urgents doivent trouver des réponses immédiates, le forum en témoigne. Chacun d’entre nous est un cas unique et mérite une approche individuelle et personnalisée. Peut-il répondre à tous ‘ Je pense que non. Au fond, toutes les clés et beaucoup de réponses se trouvent déjà dans son bouquin. A chacun d’entre nous de les faire siennes. Pour l’instant. Statut fragile du « cobaye » volontaire. Chacun avance à son rythme’ avec son histoire et son entourage ou sa solitude. Pas moyen de faire autrement. Pour l’instant. Mais ça ne va pas durer. Ameisen sait tout cela. Je n’ai pas eu le temps d’évoquer avec lui la question d’une action coordonnée des cobayes. Genre assoc. de malades. Pourquoi pas’ si elle peut l’aider efficacement à faire réaliser ce fichu essai qui mettrait enfin tout le monde d’accord. Faut voir’ vite’ mais faut voir. Urgent de ne pas se précipiter quoi. Les mails à Bachelot’ ça fait du bien et « ça ne mange pas de pain ». En attendant, qu’ai-je retenu de cette rencontre. Moi, je suis tiré d’affaire. Stabilisé à 150 mg/j’ indifférent depuis maintenant plus de deux mois. Aucun problème particulier. J’ai abordé Ameisen dans la peau de celui qui n’en revenait pas. Dans la peau d’un survivant scotché par les effets du médoc. Scotché aussi par ce « quelque chose » qui nous rapproche naturellement’La maladie. Pas des idées générales ou généreuses, non. Des souffrances, la mort frôlée de trop prés, les incroyables similitudes entre ce qu’il a vécu et ressenti et nos propres histoires à tous. Encore une fois, tout est dans son bouquin. La maladie de l’émotion’le sentiment d’inadéquation et d’imposture, l’alcool qui nous tue et nous permet dans le même temps de survivre... les craintes, les doutes, la peur et les paniques’ et puis, l’incroyable l’indifférence. Et la vie qui redémarre. Enfin.Tout ce que je lui disais sur le forum, sur les difficultés des uns et des autres, sur les hésitations, les impasses et les appels au secours, sur les blocages aussi, les détracteurs et les bornés pour qui le principe même du baclo est moralement inacceptable’ tout cela, il le sait. Mais ne peut rien faire d’autre que ce qu’il fait aujourd’hui. Convaincre encore et toujours ses collègues de l’urgence de la situation, trouver des appuis auprès des autorités sanitaires. Je l’ai vu obstiné, optimiste et bagarreur. Le pavé dans la marre est gigantesque. Le phénomène est irréversible. De ce point de vue, la France est à la traîne, à la ramasse’ tétanisée et figée. L’essai clinique va démarrer probablement plus vite qu’on ne l’imagine’ mais pas chez nous. On s’en fout. La démonstration scientifique viendra de chez nos voisins’ mais elle viendra. En attendant, j’ai ressenti une immense confiance. Une sérénité à toute épreuve. Comme je l’avais écrit il y a quelque temps sur le forum, le temps n’est plus de savoir si le médicament est efficace ou non. Il l’est. Pour beaucoup plus de malades qu’on ne l’imagine. Il est plus facile de se suicider avec un tube d’aspirine qu’avec un surdosage de baclofène. Je suis sorti du salon gonflé à bloc. Pas sur les effets du baclo, je les connaissais déjà, mais sur l’incroyable tolérance de nos corps à ce « petit » médicament de confort vendu librement en pharmacie comme de vulgaires vitamines dans certains pays voisins. On doute, on hésite, on craint’ rien de plus normal. Chacun avec son corps plus ou moins cassé par des années de défonce, chacun avec sa tronche plus ou moins en panique, chacun avec sa vie sociale et familiale plus ou moins ravagée par des années de mépris et de honte’ pourtant, la solution est là. A portée de pilules. Simple. Peut-être trop. On cherche la petite bête ou le grand méchant loup’ il n’y en a pas. C’est pas normal’ c’est pas morale mais c’est comme ça. Point barre. Moi, chaque dimanche à l’heure de la messe, je fais volontiers rôtir au four et à la broche un ecclésiastique si possible bien dodu et obtus, et je le déguste avec gourmandise’ mais quand même, en sortant de cette rencontre avec Ameisen, je me suis souvenu la célèbre saillie de l’un d’entre eux (Jean Paul N° 2 je crois’) Aux brebis égarées (car la brebis est toujours égarée, c’est bien connu) il disait « N’ayez pas peur ! ». Pas sûr qu’il aurait apprécié qu’un mécréant comme moi la reprenne à son compte mais bon Ne pas avoir peur après l’incroyable indifférence à mon meilleur ennemi, l ‘alcool, c’est ce que je ressens de plus fort aujourd’hui et j’avais envie de vous le dire. Rien de très concret donc’ et encore beaucoup de questions Puisqu’on en est aux citations’ j’ai accroché celle-ci sur le mur devant moi « Nous commençons à vieillir quand nous remplaçons nos rêves par des regrets » Sénèque. Tout est dis. Calme et confiance donc. On est un peu l’avant-garde. Fragile. Une seule certitude avec le temps, va, tout arrive...
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par sylvie31 | le 16/11/11 à 09:05

Olivier Ameisen, un personnage extra qui ne lachera pas le combat de si tôt !!
On se contacte régulièrement. Il me parle de ses actions, je lui parle des miennes.
Ca avance, doucement. Les essais, toujours pas commencés, d'ici juin 2012 peut être.
En attendant, une pétition est en ligne : http://www.mesopinions.com/Le-SCANDALE-du-Baclofène---Obtenons-au-plus-vite-une-extension-de-l’AMM-petition-petitions-98d9a227733af1a8ceb3377e67c184f3.html
Il faudrait qu'elle recueille 10 000 signatures
Sylvie - Association BACLOFENE - www.baclofene.com

Par sylvie31 | le 16/11/11 à 09:08

Erreur de lien, la pétition sur le baclofène est ici:
http://liencs.fr/040

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