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L'alcool le rend violent verbalement

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J'étais divorcée, seule avec 2 enfants lorsque j'ai rencontré mon mari il y a environ 2 ans. Ça a été le grand amour tel que chacune l'attend, on habitait des villes assez éloignées mais on a décidé de vivre ensemble et il est venu chez moi, en laissant son appart dont il est propriétaire et toute sa vie derrière lui. Il s'est tout de suite très bien entendu avec mes enfants, ils se sont "adoptés" mutuellement.

Peu de temps (1 an à peu près) avant notre rencontre il a vécu un très grand malheur personnel qui l'a poussé à "boire pour oublier". Une fois ce malheur surmonté, le goût de l'alcool lui est resté, sans pour autant en abuser au point d'être ivre, mais ce sont des prises quotidiennes, le soir (jamais la journée). Ça peut aller de 2-3 verres à une bouteille entière (mais jamais d'alccols fort). Enfin bref, dès que j'ai constaté ça je lui ai dit que ça me déplaisait beaucoup, vu qu'en plus il ne tient pas l'alcool et au bout de 2 verres il n'est plus le même et on ne peut pas avoir une discussion normale à partir de là. Et le soir, quand je rentre du travail je n'ai aucune envie de passer la soirée avec lui quand il est comme ça. Il a reconnu que c'était son point négatif et qu'il faudrait qu'il ne boive jamais en semaine, mais à ce jour il n'a jamais été capable de s'y tenir. Il ne se cache pas du tout pour boire, il ne va pas dans les bar, il se fait son apéro à la maison en m'attendant du boulot (je rentre tard souvent) , mais à la minute où je le vois je sais s'il a bu et combien. Il me dit qu'il ne fume plus depuis l'an dernier est que son apéro c'est son petit plaisir et que c'est dur de s'en séparer (moi personnellement je ne bois pas du tout, donc il dit que je suis fermée là-dessus et que je ne peux pas comprendre).

Le problème, dès le départ, c'est que lorsqu'il a bu même très peu, son comportement change radicalement, sa façon de parler aussi et il devient très violent. Jamais physiquement Dieu merci mais psychologiquement il m'anéantie (puisque c'est uniquement à moi qu'il s'en prend). Ça commence toujours par une conversation anodine et il peut m'accabler pendant des heures. La plupart du temps ce sont des sujets récurents, comme le fait que selon lui quand je suis concentrée sur mon ordinateur (quelques minutes en rentrant du boulot pour décompresser ! ) je n'écoute pas ce qui se passe autour, que je ne suis pas attentive à mes enfants, que je ne fais pas assez de ménage etc… Moi je monte en pression aussi parce que sa façon de parler quand il a bu m'exaspère, il begaye, il a des yeux de poisson mort, il ne comprend rien à ce que je lui dis, il ne fini pas ses phrases. Ça me met dans un état de colère noire, surtout qu'il me dit des choses injustes, parfois fausses ou partiellement vraies alors je pleure. Et là c'est pire parce qu'il ne supporte pas les gens qui pleurent, il me dit que je suis faible et qu'il déteste ça qu'il va me quitter si je continue à le gonfler comme ça, parfois il va jusqu'à un "ta gueule". Ces scènes peuvent durer des nuits entières, c'est épuisant et j'ai beaucoup de mal à m'en remettre.

Le lendemain il redevient normal (là il est parfait, je l'adore) et me dit qu'il ne pensait pas ce qu'il a dit, qu'il regrette mais que c'est moi qui le fait monter en pression en ayant le comportement que j'ai (c'est vrai, pendant ces scènes je me pose beaucoup de questions sur lui, donc je lui pose beaucoup de questions et ça l'exaspère, parce que j'ai tendance à insister très longtemps quand je n'ai aucune réponse, je sais je devrais pas). Lui il explique ces crises par son lourd passé, qu'il en garde des séquelles et qu'il n'y changera rien, que j'ai récupéré un homme détruit qui se remet à peine, et que ça le rend dur, parfois trop.

Ces crises quand même n'arrivaient pas tous les jours, les bons moments étaient largement plus fréquents, on a dû avoir des mauvais moments 2 ou 3 fois en 1 an. Si bien qu'on a décidé de se marier.

C'est au moment du mariage que tout a basculé, sa mère est venue passer quelques jours chez nous à cette occasion et on est d'accord pour dire qu'elle est "chiante", je ne disais rien, mais elle m'a tapé sur les nerfs pendant les 10 jours qu'elle est restée, rien ne lui convenait, elle voulait tout gérer (alors qu'elle ne gérait rien du tout et ne faisait que stresser tout le monde). Son fils lui-même avait du mal à la supporter et pas mal de fois ils ont frolé la dispute. J'ai présenté sa mère à mes parents, vu qu'ils ne se connaissaient pas et ça s'est mal passé, là encore ma belle-mère ne s'est pas sentie correctement accueillie. Moi je n'ai rien constaté de spécial, mes parents l'ont accueillie normalement. Le jour du mariage c'était merveilleux pour moi, pour mon mari aussi je pense mais avec le recul ça s'est en fait très mal passé : ma belle-mère ne s'est pas sentie intégrée, le discours du maire ne lui a pas plu (il n'a parlé que de ma famille, dont il a été le médecin traitant pendant 40 ans) , elle était témoin mais ne s'est pas sentie intégrée, rien n'allait. J'ai su aussi par la suite que mon mari n'avait pas été content non plus, pour des petits problèmes d'organisation (il a dû installer l'apéro seul avec quelques invités) , mais je n'ai rien perçu de tout cela le jour du mariage, j'en garde un souvenir merveilleux donc je suis un peu amère maintenant quand on me dit tout ça.

Les jours qui ont suivi le mariage étaient chargés en électricité, pas avec mon mari puisque nous étions très heureux mais ma belle-mère était très déprimée, pleurait pour un rien, faisait des hausse de tension artérielle, s'énervait à la moindre contrariété (on essayait de lui faire visiter des choses mais rien ne lui plaisait). Moi je me mettais en retrait volontairement, je la laissais faire ce qu'elle voulait : à manger, le ménage même su cela me gênait terriblement, je ne savais pas comment faire ni comment agir, j'étais perdue. J'en parlais à mon mari qui me disais "ça va pas durer, dans quelques jours elle sera partie". Et c'est justement la vieille du départ que tout a éclaté. Pour un incident anodin mon mari et sa mère m'ont reproché un tas de choses : manque d'hospitalité de moi et de ma famille, mariage pourri, organisation pourrie, mon caractère pourri. J'en ai pris mais plein la tête et bien sûr mon mari n'était pas de mon côté. Ça s'est passé il y a un mois, je ne m'en suis jamais remise et je crois que je m'en remettrais jamais même si par la suite mon mari m'a dit que c'était oublié et qu'il ne fallait plus en parler, les paroles ont été dites et j'ai du mal à oublier. Il me dit que sa mère m'aime bien et qu'elle n'y pense plus mais je n'y crois pas, je n'ai eu aucune nouvelle depuis un mois, ni même une carte ou un cadeau pour mon anniversaire qui a eu lieu entre temps (je m'en fiche, c'est juste révélateur). Bon ça s'est pas grave, je ne serais pas la seule belle-fille détestée par sa belle-mère pour des raisons obscures, je n'en mourrai pas !

Le vrai problème c'est que 6 jours après notre mariage mon mari est rentré chez lui pour terminer les travaux dans son appartement afin de le louer et il y est resté parce que ce n'était pas terminé (la distance importante fait q'uon ne peut pas se voir). Je ne l'ai pas revu depuis, ça fait 1 mois. Nous parlons le soir sur msn et au téléphone. Et les crises s'enchaînent (environ 1 jour sur 2 c'est disputes ! ). Au départ c'était à nouveau par rapport au séjour de sa mère, il m'a traité de pas mal de choses, d'égoiste, de menteuse (j'aurais caché volontairement certaines choses à sa mère, on aurait monté un complot avec ma famille…). Ça s'est arrangé. Puis sa mère est tombée malade, il m'a plus ou moins accusée d'en être responsable (là il avait bu) , il a parlé de mauvais sort jeté par ma mère ou mes tantes, enfin n'importe quoi ! Ça s'est arrangé. Puis après il a décidé que je voyais des hommes sur internet, plus précisément sur msn. Je lui ai donc donné mon pseudo et mon mot de passe pour qu'il regarde mes contacts, inocemment. Effectivement, j'ai dans mes contacts supprimés des vielles connaissances masculines avec qui j'avais discuté avant de le connaître, mais vraiment rien de bien sérieux et il ne s'est jamais rien passé avec aucun d'eux et encore moins maintenant ! Il ne m'a cru qu'à moitié et continue d'être méfiant. La fois d'après il s'est énervé contre moi parce que j'ai peur de l'eau et que je lui ai dit que je ne voulais pas faire du canoe, c'est impossible à cause de ma phobie, ni de la plongée. Là j'en ai pris plein la tête et j'en ai pas dormi de la nuit tellement j'ai pleuré. Le lendemain c'était arrangé et il retirait tout. Il y a eu d'autres prétextes, que j'ai oubliés.

Et hier, comble du comble, je lui ai annoncé que le club de natation où je devais inscrire mon fils ainé est complet et qu'il est sur liste d'attente. Là ça a été le déchainement : je suis de mauvaise volonté, je n'assume pas mes enfants, je leur ferme des portes, ma mère décide pour moi puisqu'il est persuadé qu'elle ne veut pas qu'il fasse de la natation et que c'est elle qui a décidé qu'il n'irait pas (!!?) , et moi je décide de la vie de mes enfants et d'en faire des incapables de nager. J'ai eu beau expliquer cette chose simple mais pourtant primordiale : je n'y suis pour rien si le club de natation est complet et c'est le seul dans le coin, s'il y avait des places il irait ! Non, rien à faire, la discussion a tourné en rond pendant des heures, il avait bu (il nie mais je l'ai vu à la webcam, il dit qu'un verre ne suffit pas, moi je sais que oui). Ensuite on a continué au téléphone jusqu'à 5 heures du matin (je sais, je devrais pas entrer là-dedans mais je n'arrive pas à faire autrement) et là il m'a dit que je lui martelais la tête, que je ne tournais pas rond (quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit "parce que tu es personnelle dans tous les actes de ta vie" mais quand j'ai demandé des exemples précis, incapable de m'en citer un seul). Ça a été terrible, avec des "waou, où on va aller comme ça, et tu te rends même pas compte de ce que tu fais ! ". Il m'énervait au plus au point, parce qu'alcoolisé et très pénible à comprendre sans aucune suite dans ses idées et ses paroles. Je lui ai proposé de raccrocher et de continuer la discussion le lendemain, quand les vapeurs de l'alcool ce seront dissipées. Ce matin je l'appelle, donc, il n'est plus alcoolisé et il me dit que rien a changé depuis la veille, qu'il pensait ce qu'il a dit et que je le gonflais de façon pas possible, que c'est moi qui le cherchais sans cesse, que j'allais fermer des portes avec lui… Là il me dit qu'il rentre dans 15 jours pour voir si on a pas fait une connerie de se marier (6 semaines après la mariage, bravo ! ).

Bref, j'ai le cerveau cuit, je ne sais plus où j'en suis, je suis morte. Pardon d'avoir été si longue, je sais même pas ce que j'attends de vous, juste du soutien peut-être parce que je pense qu'à part arrêter l'alcool il n'y a pas de solutions mais ça je ne pense pas qu'il en soit capable. Moi je me sens coupable mais je ne sais pas de quoi, je le crois quand il me dit que c'est moi qui provoque tout ça mais je sais pas en quoi c'est moi. Je ne suis même pas capable de manger ou de faire quoi que ce soit, je perds du poids depuis 1 mois (je père 45 kilos, je suis l'ombre de moi-même) je sais pas comment je vais aller travailler demain.
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108980
b
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