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Aide humanitaire : beark !

Témoignage d'internaute trouvé sur familles
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Bonjour, Je me souviens il y a quelques temps, il y a eu une discussion très intéressantes sur l´humanitaire. Certains avaient peur que leur argent n´aille pas où il devrait. Je viens de tomber sur cet article, long (désolée) , atterrant, écoeurant sur ce qui se passe en coulisse. Finalement, en donnant un sandwich au clochard de sa rue, on sait à qui on donne. Bonne lecture. TCAT. Voici le lien si vous préférez directement lire sur la page : Sylvie Brunel, présidente démissionnaire d'ACF : "Les organisations humanitaires sont devenues un business" Par Jean-Dominique MERCHET. Le jeudi 07 mars 2002. Après dix-sept ans d'engagement dans l'humanitaire, Sylvie Brunel raccroche. Dégoûtée. A 41 ans, cette géographe démissionne de la présidence d'Action contre la faim (ACF) , où elle exerçait diverses responsabilités depuis douze ans. Elle avait été auparavant responsable de la recherche à Médecins sans frontières. Auteur de nombreux ouvrages, souvent critiques à l'égard du tiers-mondisme, Sylvie Brunel vient de publier Famines et Politique aux Presses de Sciences-Po. Pourquoi quittez-vous la présidence d'Action contre la faim, à peine huit mois après votre élection ? Je me suis vite rendu compte que j'étais confrontée à un business. Le fossé se creuse entre l'attente des citoyens, notamment les donateurs de l'humanitaire, et la réalité des ONG. J'ai malheureusement l'impression que ces organisations roulent davantage aujourd'hui pour elles-mêmes que pour leurs prétendus bénéficiaires. J'espérais pouvoir inverser la tendance, mais je n'ai pas les moyens de modifier cette situation. Je ne suis pas certaine que les donateurs soient bien informés de la dérive des structures qu'ils soutiennent. Qui sont ces donateurs que vous estimez floués ? Pour ACF, ce sont 500 000 personnes, 75 millions de francs de dons par an, mais l'ensemble des organisations humanitaires touche infiniment plus de monde, à la fois par les collectes de fonds et les actions de communication. Quand les ONG disent que 80 % de leur budget vont "sur le terrain" , elles oublient de préciser que "le terrain" englobe les salaires de ceux qui, dans les sièges, travaillent de près ou de loin pour les missions. Quelles dérives avez-vous constatées ? D'abord, j'ai découvert en devenant présidente des niveaux de rémunérations qui, sans être choquants en eux-mêmes, me paraissent incompatibles avec le fait d'être associatif et de solliciter la générosité publique. Dans de nombreuses ONG aujourd'hui, les salaires des cadres supérieurs dépassent 30 000 francs par mois. Ils semblent avoir explosé ces dernières années, et pas seulement à ACF. Les ONG répondent que si l'on veut des professionnels, il faut les payer. Je veux bien que ce raisonnement soit tenu, mais les donateurs doivent être informés. Aujourd'hui, le donateur moyen gagne entre trois et quatre fois moins que les responsables des ONG. Et il ne le sait pas parce que les organisations fonctionnent dans l'opacité. Je ne voulais pas qu'on me reproche un jour d'avoir trompé les donateurs, qui reçoivent en permanence des courriers dans lesquels on leur montre un gamin au Soudan ou ailleurs et où on leur dit : "Si vous ne donnez pas 100 francs, il mourra." Les ONG, qui exigent la transparence de tout le monde et qui passent leur temps à donner des leçons aux autres, sont loin de se l'appliquer à elles-mêmes. Ces structures ont produit des nomenklaturas qui n'ont plus rien d'humanitaire, ni dans leurs rémunérations, ni dans leur mentalité. Le business tourne et il s'agit de ne pas le perturber. Il y a peu d'évaluations des actions et, lorsqu'elles existent, elles ne sont pas divulguées. C'est-à-dire ? J'ai le sentiment très net que, à ACF, les critères d'ouverture et de fermeture des missions sont devenus purement financiers. Les critères qui conditionnent la vie des missions, ce n'est pas leur utilité pour les populations, mais : est-ce que des bailleurs de fonds institutionnels continuent ou non à financer ces missions ? Est-ce que la marge que nous dégageons sur ces programmes est suffisante pour nous permettre de financer les frais de siège ? Les ONG se disent indépendantes, elles prétendent aller là où il y a les besoins. Moi, j'ai surtout vu des conseils d'administration qui fonctionnaient selon une logique purement comptable. Se demander quelles sont "les missions rentables" , terme utilisé en permanence, semble désormais la préoccupation principale. Nous sommes devenus les sous-traitants des grands bailleurs de fonds. Tout cela me choque, parce que nous avons un devoir à l'égard de nos donateurs et surtout des populations pour lesquelles ACF a été créée en 1979. Nous avons bien un "fonds d'urgence" mais il sert surtout à financer les frais de structure. L'urgence, nous sommes incapables d'y répondre en moins de trois semaines. Entretemps, les gens meurent de faim, mais nous collectons des fonds. Trois semaines, c'est énorme ! C'est beaucoup, mais nombre d'ONG sont plus lentes encore. On se contente d'envoyer immédiatement des représentants pour "planter le drapeau" et justifier l'appel aux dons. Lorsqu'il y a urgence, certaines ONG sont très fortes pour alerter les médias et donner leur nom et un numéro de compte bancaire aux donateurs. Après, elles mettent des semaines pour agir effectivement sur le terrain. Pour l'Afghanistan, les ONG ont demandé des fonds pendant des semaines et des semaines, alors qu'objectivement elles ne faisaient rien ou pas grand-chose. Et l'affaire de la Sierra Leone, où des ONG sont impliquées dans l'exploitation sexuelle de réfugiés ? Elle pose le problème de fond de la transparence et du suivi des missions. J'espère que ce scandale va obliger les organisations à s'interroger davantage sur leurs méthodes. Je souhaite que l'affaire de la Sierra Leone soit une exception, mais je n'en suis pas certaine. L'absence de contrôle est-elle générale ? Même les meilleures ONG fournissent rarement le vrai bilan de leurs actions. Elles disent toujours "nous allons ouvrir un centre nutritionnel" , "nous allons distribuer des médicaments" , mais on ne sort jamais du cycle "victimes, donations" . Il y a peu d'évaluations de programmes, peu de transparence sur les critères de choix des interventions. J'ai appris récemment que pour éviter de bloquer un mois les mères d'enfants sévèrement malnutris dans les centres de nutrition thérapeutique, au détriment de leurs autres enfants, ACF est en train de tester des biscuits nutritionnels distribués directement à domicile. Or, il semble que ces produits, qui doivent être accompagnés d'eau potable, soient mal tolérés dans certains cas. Pourquoi de telles actions ne sont-elles pas au préalable l'objet d'un débat éthique ? L'humanitaire semble fonctionner en roue libre… J'ai le sentiment que certaines ONG tirent argument de la souffrance, réelle, des gens pour justifier leur existence et accroître leur "part de marché" . Leur perpétuation devient leur principale raison d'être et leurs vrais "bénéficiaires" une nomenklatura. Beaucoup d'ONG ne sont des associations que par leur statut fiscal privilégié et l'absence de distribution de dividendes, mais leur démarche marketing et commerciale les éloigne de leur objet pour en faire de vraies entreprises. Leur situation va d'ailleurs devenir de plus en plus délicate parce que, jusqu'à présent, elles arrivaient à financer une partie de leurs frais grâce aux "marges sur mission" , les donateurs fournissant le reste. Mais ces "marges" sont en train de décroître parce que les bailleurs de fonds institutionnels sont de plus en plus réticents à alimenter des machines qui grossissent de plus en plus sans forcément intervenir plus efficacement sur le terrain. Malgré tout, l'humanitaire continue à séduire. Il y a toujours un besoin de militantisme et c'est tant mieux. Mais je suis triste en pensant qu'en devenant des volontaires de terrain, beaucoup de jeunes donnent leur vie, leurs compétences au service d'un idéal qui leur apporte parfois de cruelles désillusions. J'en suis arrivée au constat paradoxal, après dix-sept ans au service des ONG et de l'humanitaire, que l'Etat devrait aujourd'hui remettre de l'ordre et exiger plus de transparence dans le monde humanitaire. Au nom de l'humanitaire aujourd'hui, on fait n'importe quoi.
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500913
b
Moi aussi !
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