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Chacun réagit différemment à la dépendance au cannabis

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 15/11/10 | Mis en ligne le 24/07/11
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Sur les forums nous assistons souvent à deux avis tranchés sur l'existence ou non d'une dépendance physique au cannabis : - les non-dependants : ceux qui affirment d'après leur expérience personnelle qu'il n'y a aucune dépendance : ils fument quotidiennement du cannabis sur de longues périodes, et peuvent du jour au lendemain s'arrêter sans subir aucun changement psychologique ni physique. - les dépendants : ceux qui affirment d'après leur expérience personnelle qu'il y a une dépendance qui peut être forte et qui vivent des symptomes aigus lors d'un sevrage. Certains non-dépendants n'arrivent pas à comprendre que s'ils n'ont pas de symptômes de sevrage, ce doit être la même chose pour tous le monde. Il peut même arriver qu'ils considèrent ceux qui se plaignent d'effets dû au manque comme des affabulateurs qui feraient retomber leurs problèmes sur le cannabis. La vérité est que nous ne sommes pas égaux devant le cannabis. Il suffit de regarder autour de soi pour s'en rendre compte. Je fais parti des dépendants : si je fume quotidiennement sur une période prolongée, d'une semaine ou plus, j'aurais invariablement les mêmes symptomes lors du sevrage, d'intensité proportionelle à la durée de consommation et au dosage. J'ai des amis qui sont de gros fumeurs, en général 4 ou 5 joints le soir après le boulot. Une anecdote va mettre en lumière cette inégalité devant le cannabis : J'ai un ami qui travaillait avec moi. Nous étions tous deux de gros fumeurs, et nous avions l'habitude de nous retrouver le soir pour fumer quelques joints ensemble. En bref, nous avions à peu prêt exactement la même consommation de cannabis : même produit, même dose, même fréquence. J'ai décidé un jour de stopper totalement ma consommation de cannabis. J'ai eu mes symptômes habituels de sevrage : - forte insomnie - sueurs - perte d'appétit - état dépressif - mal être général - etc… Un mois après mon arrêt, nous sommes partis ensemble en vacances en Grèce pour 3 semaines. Mon ami n'avait pas arrêté, mais il avait décidé de ne pas prendre de cannabis avec lui (peur de se faire arrêter). Hé bien il n'a eu absolument aucun symptôme de manque. Il était content, mangeait bien, dormait bien, et ne se plaignait pas. Un soir que nous partagions la même chambre, il était 5 heure du matin, et en le voyant dormir paisiblement j'ai réalisé à quel point nous n'étions pas égaux devant cette drogue. Moi ça faisait 1 mois que j'avais stoppé net, je nageais 2 heures par jour, bref j'essayais d'avoir une hygiène de vie saine, et je n'arrivais pas à fermer l'oeil. Quelle injustice ! A la toute fin du séjour, mon ami choppe un peu de beuh. A sa place, j'aurais immédiatment été rouler un joint pour soulager le manque. Lui, non. Il avait dû se fournir vers midi, et a attendu la toute fin de soirée pour aller se rouler son petit joint sous la lune, qui ne lui a pas fait plus d'effet que ça. Il était content, mais ce n'était en aucun cas un soulagement de quoi que ce soit. D'une manière général nous voyons bien que les gens réagissent de façon TRES différente à ce produit : par exemple, quand je fume, je suis totalement incapable d'avoir une relation sociale, si je fume je ne sortirais jamais de chez moi, je serais incapable d'aborder une fille dans un bar, etc… Le cannabis me plonge dans un monde baudelairien où se mêle de façon confuse peur et jouissance. Mon ami ça ne lui pose aucun problème de sortir, au contraire même, ça le détend et il est plutôt à l'aise socialement. Il semblerait que pour un certain nombre de drogues (alcool, cannabis, cocaine) , il y ait un ration d'environ 10% des personnes qui sombrent dans une relation de dépendance forte. Personnellement, même s'il m'arrive de boire à haute dose de l'alcool de façon répétée voire quotidienne, je n'ai absolument aucun manque lorsque j'arrête, au contraire tout va mieux. Mais j'ai de la chance, j'aurais pû tomber dans la catégorie des alcooliques : "L'alcoolisme touche en France 5 millions de personnes. En France, on estime que 20% des accidents du travail sont imputables à l'alcool et 10% des salariés ont une consommation problématique d'alcool. Ces statistiques sont particulièrement sujettes à caution : l'évaluation rigoureuse est très difficile en raison d'une dénégation quasi-constante des faits." Je crois que le cannabis comme l'alcool peut rendre certaines personnes dépendante. Les symptômes de manque sont moins violents, mais bien réels. Et quand on voit le nombre de messages sur ce forum où les gens n'arrivent pas à arrêter, je crois qu'il n'y a plus de doute là dessus. Tout ça pour dire qu'il n'y a pas de vérité universelle, la dépendance au cannabis existe bel et bien, elle est même tout à fait sous-estimée dans l'opinion public, seulement elle touche une faible partie des usagers, et les symptômes ne sont pas spectaculaires, ils pourraient être imputables à des problèmes d'ordre psychologique, erreur que font certaines personnes que je qualifierais de "pro-cannabis" qui dénient ou amoindrissent la nocivité de ce produit. Le qualificatif de "drogue douce" est une énorme connerie. Certes il n'y pas d'overdose mortelle possible au cannabis ni de transmission de maladie, mais quasiment tous les autres aspects (délabrement physique, social, psychologique) peuvent se retrouver au même titre que pour l'alcool et les drogues dites "dures". Personnellement j'ai gouté a quasiment toutes les drogues disponibles sur le marché, et la seule qui m'ait posé un véritable problème c'est le cannabis. A contrario j'ai vu des amis sombrer dans la cocaine, alors qu'ils n'avaient aucun problème avec le H.
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217379
b
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