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Face au cannabis nous ne sommes pas tous égaux.

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Pour certains, le cannabis ne sera qu'une drogue plaisir et occasionnelle. Pour d'autres, elle sera le début d'une série de malheurs : échecs scolaires, perte d'emploi, dépression, accidents de la route, accidents du travail, schizophrénie.

C'est à la fin du XVIIIe siècle que le cannabis arrive en France pour être aussitôt interdit par Bonaparte par un décret du 8 octobre 1800. Il s'était développé dans les pays arables où il avait pris la place de l'alcool depuis l'essor de l'islam au VIIIe siècle. La situation actuelle vient donc de loin !

Des récepteurs cannabinoïdes variables d'un individu à l'autre.

Ce qui est nouveau, c'est que nous connaissons beaucoup mieux cette drogue et que nous sommes mieux à même de comprendre ses effets. Au cours d'une conférence organisée par le Club Perspective santé et Economie, le Pr Nordmann a rappelé que les récepteurs aux cannabinoïdes n'ont été découverts que dans les années 90, ce qui est très récent. Nous comprenons ainsi pourquoi il n'existe pas d'overdose avec le cannabis : il n'existe pas de récepteurs aux cannabinoïdes dans les centres vitaux du bulbe rachidien. Nous comprenons surtout que nous ne sommes pas tous égaux devant cette drogue et que son effet sur chacun dépend de notre aptitude à fabriquer plus ou moins de récepteurs : plus nous en aurons, plus nous serons dépendants !

C'est le tétra-hydro-cannabinol ou THC qui provoque les effets du cannabis. Certains sont agréables comme la relaxation, l'euphorie ou la désinhibition. D'autres sont dangereux comme l'altération de la vigilance, la perte de la mémoire court terme et la baisse de l'aptitude à traiter les informations. Dans quelques rares cas, des épisodes délirants aigus peuvent être observés.

Le THC diffuse dans nos graisses, c'est-à-dire principalement dans le cerveau (organe riche en graisse ! ). Il se stocke dans le tissu adipeux et cela explique pourquoi le THC est retrouvé dans l'organisme de nombreux jours après avoir été consommé (1 à 3 jours pour une prise occasionnelle, 3-4 jours pour une prise régulière, et jusqu'à 20 jours pour une consommation).

Alcool et cannabis réguliers chez un garçon sur cinq à 17 ans.

Le cannabis est devenu une consommation très courante chez les jeunes et avant le bac, six garçons sur dix et une fille sur deux en ont déjà pris. Ce qui est le plus préoccupant, c'est le début, avant l'âge de 15 ans, pour le quart des garçons et le sixième des filles. Une relation a été en effet établie entre un début précoce et l'apparition secondaire de troubles psychiatriques graves.

Ce qui est encore plus préoccupant, c'est l'augmentation observée depuis plusieurs années de la consommation régulière d'alcool et de cannabis chez les jeunes de 17 ans (plus de dix fois par mois) : cela concerne près d'un garçon sur cinq et plus de 5% des filles. C'est probablement le signe qu'une partie de la jeunesse se marginalise et souffre beaucoup.

Une bonne nouvelle dans cette accumulation de statistiques. La récente baisse de la consommation du tabac chez les jeunes, s'accompagne, depuis seulement un an, d'une très légère baisse de la consommation régulière du cannabis chez les jeunes. On ne peut rien en conclure si ce n'est que les actions publiques sont efficaces et qu'il faut sans cesse informer et protéger les jeunes.

[i risque d'accident multiplié par 4,6[/i.

L'autre effet très négatif du cannabis est sa responsabilité croissante dans les accidents de la route des jeunes. Il est retrouvé dans 35 à 45% des cas chez les jeunes, une fois sur deux en association avec l'alcool. Ceci est d'autant plus grave que, comme le rappelle le Dr Muhlmann-Weill, les 15-24 ans, qui ne représentent que 13% de la population, constituent 26% des tués sur la route et 31% des blessés graves. Il faut savoir que la consommation de cannabis à elle seule multiplie par 2,5 le risque d'accident et que la combinaison alcool-cannabis le multiplie par 4,6 ! Il faut aussi savoir que le cannabis atteint son taux maximal dans le sang en 7 à 8 minutes et qu'il a besoin de plusieurs heures pour s'éliminer. Comme pour l'alcool, fumer un joint ou conduire, il faut choisir !

Peu de gens savent en effet que la loi Gayssot de février 2003, dite "loi Marilou", interdit de conduire sous stupéfiant et que la recherche de cannabis devient systématique chez tous les sujets impliqués dans un accident. La tolérance en la matière est 0 (alors qu'elle est de 0,5 g/l d'alcool). Des tests de dépistage du THC dans la salive sont à l'étude et ils devraient faire un jour partie des tests de contrôle.

Premier facteur de rechute chez les schizophrènes.

A terme, les effets pathologiques du cannabis commencent à être bien connus. Le cannabis est plus cancérigène que le tabac et comme lui, il contribue à la prématurité des grossesses, à l'infertilité, aux malformations foetales et au développement des maladies cardiovasculaires. Il a, en revanche, des propriétés pathologiques spécifiques, notamment au niveau psychique. Outre les effets très négatifs du syndrome amotivationnel (baisse de la performance scolaire, désocialisation) , le Dr Rohmer observe que la prise de cannabis est devenue le facteur N°1 de rechute des schizophrènes équilibrés. Ceci est très préoccupant car il s'agit de la plus grave des maladies psychiques.

En conclusion, les conséquences de la consommation du cannabis sont loin d'être négligeables. D'où tout l'intérêt de prévenir cette pratique chez les jeunes, et c'est avant l'adolescence qu'il faut agir !

22/12/2004.

Dr Philippe Presles.

Conférence du Club Perspective Santé et Economie (CPSE) animée par M. Delattre des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA) , le 9 décembre à Strasbourg, en présence des Pr Louis Hollender et Roger Nordmann de l'Académie Nationale de Médecine et des Dr Muhlmann-Weill, Rohmer et Presles.

E-sante.
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