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Je regrette d'être dépendant au cannabis, je n'arrive pas à m'en sortir

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Lorsque j'ai fumé mon premier pétard, j'ai eu l'impression de devenir un homme. C'était il y a maintenant presque 15 ans. Depuis, bien des choses ont changé, et bien d'autres non...malheureusement. J'avais 17 ans. je sortais d'une enfance durant laquelle j'avais bien fait tout ce qu'on attendait de moi. L'école, puis le lycée, et enfin le bac, obtenu pile poil comme il le fallait. C'était l'époque où j'allais enfin commencer à décider un peu ce que je voulais pour moi. J'avais un petit boulot, un peu d'oseille pour me payer un loyer et surtout quitter le nid familial. Pas trop mauvais en cours, j'intégrais une université dans un bon quartier, tranquille, auprès de petits bourgeois tranquilles et dociles comme moi. Je suis vite arrivé à un 25g par semaine. La situation : étudiant, un peu de thunes, un "chez moi", plein de soirées et des potes partout. "Star" des soirées - je le croyais- et plus malin que tout le monde. Et puis la progression : incompréhension de l'entourage, qui ne comprenait pas cette envie de se déchirer en permanence, mais qui gardait toujours un certain respect de ce que j'étais. J'avais cette aura de celui que tout le monde aime bien, un peu déjanté, souvent foncedé. Sincèrement, je n'ai absolument pas senti le piège se refermer sur moi. Je dis aujourd'hui le piège. J'aurais dit à l'époque une habitude, un regard sur la vie, une philosophie, presque. Dealer du quotidien, je faisais un peu de sous grâce à la chose, et surtout, j'avais une dimension. Dread locks sur la tête, chapeau et vélo vert jaune rouge, je traînais de concerts en soirées, dancehall, rap, reggae. Jah rastafari, you know... c'était coool. Putain comme j'ai kiffé ces années. Une bouffée de plus. un pétard de plus. Une consommation bien chronique. Le joint festif... pour encore un peu de temps. En fait, je n'étais pas véritablement moi. Je m'étais construit un univers qui gravitais autour du bédo. Achat, vente, consommation. Le gars qu'on attendait dans les soirées, quoi. Et puis la vie a continué. J'ai vieilli...un peu. Fini l'université, bonjour la vie active. Les galères, le manque de thune parce que vie pas si active que ça. Alors j'ai continué, mais différemment. De moins en moins d'amis, ceux qui trouvaient ça de plus drôle du tout de se défoncer la tronche. Ils ont tracé leur route, dans ce que j'ai considéré être la douleur et l'ennui. Je me sentais plus funky, plus malin, plus sociable.Toujours autant de potes. 10 années ont passé comme ça. Jusqu'à ce que je réalise que je suis devenu seul et solitaire. Sans mon entourage -très- proche, il n'y aurait que les potes de galères et de bédo. J'ai perdu un temps fou, à rêver ma vie plutôt que de la construire. Souvent, vers 15 heures, plutôt que d'aller voir des gens, plutôt que de faire du sport, plutôt que de chercher des clients (je suis freelance), et bien je rentrais vite fait chez moi, et me dépêchais de vite vite rouler un pét. Souvent, je le faisais sans réfléchir. Je me retrouvais chez moi, et avant de réaliser ce que je faisais, j'avais les mains sur la boulette et le briquet. Et puis, de plus en plus, une fois ce premier ouvrage terminé, c'était parti pour continuer, et JE NE POUVAIS PLUS SORTIR DE CHEZ MOI. Pour être honnête, je dirais même que je n'osais pas. Je ne répondais au téléphone qu'à quelques personnes triées sur le volet. Des personnes dont la "vitalité" ne me faisait pas peur. Les autres, les vraiment vivants, je les zappais. Toujours. Fini le temps des soirées, et du funky blablabla J'ai toujours pensé arrêter un jour. Mais il y avait cette satanée force de l'habitude. Et puis le fait, aussi, qu'à chaque embrouille, chaque petit détail qui n'allait pas dans le sens que je voulais, il me FALLAIT mon bédo. Aujourd'hui, j'ai commencé à franchir le cap et.... j'arrête. Cela s'est fait en plusieurs fois, plusieurs tentatives, avec de grosses rechutes, désolantes mais sûrement inévitables. Il n'est pas dit que je ne retombe pas, je ne me sens pas du tout à l'abri, loin de là, mais JE SAIS QUE J'EN SUIS CAPABLE. Pour la petite histoire, cela a été grâce à une femme. Grâce à l'amour. Beaucoup grâce à moi, aussi. Ça va faire 3 semaines que je n'ai pas touché un joint. Je tiens bon, même quand je ne suis pas avec elle et que des potes roulent sous mes yeux. Je dis pas que c'est facile. Mais il y a un truc qui est sûr et certain : ÇA FAIT BEAUCOUP DE BIEN. Bien sûr, tous mes problèmes ne se règlent pas automatiquement. Je tape encore des crises d'angoisse dès que quelque chose me déplaît ou va pas dans le sens que je désire. Je n'ai pas vaincu d'un coup la "phobie" sociale qui s'est emparé de moi et m'empêchait de sortir le soir, à la rencontre des "autres". Mais franchement, c'est bon de reprendre le contrôle et je sens des choses positives se mettre en place. Je passe bien entendu par des grosses phases d'ennui véritable, mais je tiens bon parce que je commence à comprendre qu'il n'y a que comme ça que je pourrai re-diriger ma vie. Alors j'accepte les insomnies et les toutes ces phases d'ennui qui, au final, vont carrément en s'estompant. Le pétard, c'est bon. Ya pas à dire, c'est mieux qu'une bière. Sauf que... il faut savoir se contrôler et lui accorder la place qu'il mérite. Je n'en ai pas été capable, et aujourd'hui, je le regrette. Peut être qu'un jour je saurai fumer de façon disciplinée, comme beaucoup se font leur apéro du soir sans être des alcooliques. Pour le moment cela est loin d'être le cas. Voila. C'est mon témoignage. Ce post fait partie de tout un tas de choses que je fais pour pérenniser mon arrêt. Je vais voir un psy spécialiste des addictions (avec qui je parle de moins en moins de pétard, et de plus en plus de mon entourage et de ma vie). Je recommence le sport et m'inscrit à des activités qui m'occuperont quelques soirs de la semaine. Et puis, bien sûr, je cultive l'amour que je porte à cette femme. Cela faisait longtemps que je vivais mal cet état de fume permanent et la culpabilité qui en résultait. Aujourd'hui, je recommence à sentir une vraie envie de vivre, littéralement. Je suis de tout cœur avec ceux qui se sentent enfermé et veulent arrêter, qu'ils s'en sentent capables ou non. J'ai envie de leur dire vasy mon pote, vas y miss, tu peux y arriver. Essaie, continue à essayer, continue à y penser. Un jour, ça va le faire. ET C'EST DE LA BALLE
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