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Psychose du cannabis: petite histoire d'un schizophrène

Témoignage d'internaute trouvé sur sante-az.aufeminin - 07/10/11 | Mis en ligne le 17/05/12
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Veuillez me pardonnez les "fotes d'ortograf"! Ayant consommé du cannabis, puis de l'exta et de la coke à mes 18 ans, j'ai continué de fumé du cannabis pendant une certaine période. Je suis devenu schizophrène sans m'en rendre compte. Mon jugement est devenu altéré, mes conversations et mes discours décousus, mes idées se mélangeaient aux rêves et à l'irréel, je psychotais sur un rien comme sur mes pompes ou sur une petite morve gratté de mon nez sur mon doigt, je parlais donc bizarrement, je me masturbais dans les toilettes de mes potes discrètement quand je venais chez eux, et une fois sur le lit des parents d'un pote (pour retenir l'éjaculation avant la nique du soir, mais le problème est qu'il s'en est rendu compte et il m'a difficilement pardonne) et dans la pire des situations, je parlais très mal à ma mère, j'insultais mon père dans ma tête, je me suis battu avec lui ainsi qu'avec mon frère… Lorsque je ne sortais pas en boite, je passais mes soirées à fumé du cannabis et à écouter de l'electro allemand (T. RAUMSCHMIERE) ainsi qu' à discuté sur msn. Je m'amusais à trouvé des images dégeantés trouvé en surfant sur la toile que j'insérais dans le petit carré d'msn, comme celui d'un extra-terrestre qui tient le monde entres ses doigts. J'exprimais ainsi mes pensés du moment avec une petite phrase ou bien une citation. En plus de tout ça, je fuyais la réalité, à savoir les études, c'est comme ça que j'ai perdu 3 ans à Assas. Normal je venais complètement défoncé avec 3 tazs dans le sang en ayant clubbé 4 fois par semaine en after (la Follow me, lieu de mon baptême de mon premier rail de coke) toute la nuit. Je passais donc au tableau sous taz… Je mélangeais toutes les drogues le soir. J'étais donc devenu un super Gogols. Et complètement schizo. Les tazs ont cependant réussi à me faire couler quelques larmes dans les locos de la corpo (une assoce) d'assas avec une fille que je ne connaissais pas en lui racontant ma petite histoire de la semaine. J'ai donc arrêté l'exta. Mais pas le cannabis. Mon état de pensé étant complètement dans le flou, parfois violent avec ma famille, schizo la journée, le shit fumé tout les soirs m'a quelques peu endurcit. Un jour, une fille qui m'a ajouté sur msn en trouvant mon e@mail sur le forum du livre Hell de Lolita Pille, un livre qui m'a soulé au bout de 30 pages, est devenue ma copine du net le soir entre 2 spliffs et pour me plus grand plaisir mon terrain de jeu favori. Elle est rapidement sans mentir tomber amoureuse de moi. J'étais cependant dans le doute lorsque je parlais avec elle à savoir d'où elle venait, et si elle me voulait du bien ou du mal. Je psychotais sur elle. Ma folie se prolongeait en pensant à un pote d'HEC d'origine russe habitant prés de chez moi, ayant connu des disputes violentes dans ma jeunesse du collège (à cause d'une fille bien sûr) m'a fait porté une affection pour lui des plus bizarres. Ayant coupé mes rapports avec lui, ne le voyant que rarement, j'avais tout de même une pensé régulière pour lui et je portais une affection pour lui incontrôlé, qui serait trop dur à expliqué. Je me suis pourtant porté à croire qu'il était entouré de la mafia russe, et plus énorme, qu'un complot se dressait contre moi. J'en alertais mes parents, mes amis qui me prenaient au jeu, sans vraiment y croire. En plus du complot mafio russe, je considérais que c'était tout le campus d'HEC et de Polytechnique ainsi que de la présence militaire qui me tracait par internet, comme si ils avaient chacun à leur manière une affection pour moi, controlant la musique que je téléchargeais sur mon PC depuis ma chambre. J'avais demandé de partir seul au petit pied à terre de Cannes pendant 2 semaines alors que les cours n'étaient pas terminé. Mes parents acceptèrent à ma grande surprise. Je partis donc un matin en débranchant rapidement mon disque dur externe des musiques téléchargées précieusement pendant la nuit pour mon plus grand plaisir, car je croyais savoir que ce son (essentielement de l'electro composé spécialement pour moi à HEC) allait être le message qui m'était destiné. J'avais 2 énormes valises. Tout un petit arsenal pour me connecter et capter les mafieux russes que je croyais installés là bas. Arrivé sur place, j'appelai mon copain russe à sa grande surprise pour lui dire que j'étais à cannes. J'en profita pour reprendre contact avec un fantasme du collège, une fille dont j'étais amoureuse. Au coup de telephone, je ne révéla pas mon identité et j'avais envie de jouer. "devine qui je suis ? Bon mais là j'ai du gros son electro dans mes oreilles on se capte sur msn." J'ai pris par la suite rapidement contact avec les robeux de la croisette pour obtenir du teshi. Je venais donc à la plage me baigner défoncé, et je me reposais pour bronzer avec mon baladeur. J'écoutais certaine musique en boucle et en mode "slow'" pour mieux apprécier les distorsions. Je continuais d'étendre mes pensés sur msn. Une aprés midi toujours à cannes, aprés avoir fumé, une crise comme jamais j'en ai eu de semblable se produisa : je cru que les mafieux russes m'avaient repéré et m'irradièrent de radiation. Je fût plié en position foetus aprés avoir poussé le lit pour me cacher. J'alertais Polytechnique sur msn en écrivant "xxxxxxx radiation put1" mais en vaint. Je me croyais irradiés c'est dingue non ? A mon retour à Paris, je parlais mal à ma mère dés le premier jour. Bref, j'étais aussi devenu complètement parano. Et surtout des flics, que je pouvais croisé la journée dans la rue à tout moment en étant "fonsdé". La drogue était devenue ma religion, et surtout, c'était un mode de vie. Cependant, j'ai fini par me faire hospitalisé de force. Un soir où j'étais défoncé, j'ai une énième fois insulté ma mère, elle a donc craqué ce jour là et a appelé un service de psychiatrie adéquat à mon cas. Un psy est venu à la maison me faire la conversation, celui ci à donc diagnostiqué ma folie, accompagné de policier qui m'ont gentiment demandé de rejoindre l'ambulance le soir même, j'ai pris le temps de dissimulé mon couteau suisse à l'abri du regard du policier, un grand Black. Dans l'ambulance, j'envoyais des textos à mes potes du style "je me suis fait embarqué c'est trop bad", et c'est là que j'ai reçu un texto "ne t'inquiète pas tout va bien se passer". Arrivé à un hopital, accompagné de mes parents qui ne disaient plus rien, je marchais en rond, je demandais aux psys présents ("vous avez besoins de quelque chose ? Je peux me rendre utile ? ") Une black d'une vingtaine d'année agonisait dans une salle en pleurant et en étant attaché des mains et au pied. Puis là, c'est le drame. On me demande de boire ce fameux liquide, et comme ils étaient nombreux autour de moi, j'ai craqué bordel. Je me suis écroulé, la tête assommée par le poison. Je fus transporté dans un brancard dans un autre hôpital psychiatrique (Henri-Ey) avec les fous. Les premiers jours, les médocs assommant mon esprit me faisait pensé comme un zombie, à moitié endormi. En marchant dans les couloirs je me suis arrêté sur un gros black, qui me regardait à travers le "hublot" de la porte de sa chambre. Face à face avec lui, je me suis mis à lui chanté "I believe I can fly", de R KELLY, comme ça, subitement, puis une autre fois "If I could turn back the Hands of Time". Un flux de compassion mutuel était alors échangé à ces moments. La visite du psy à ma chambre me faisait peur. Etant en cellule chaude avec quelques patients diagnostiqués comme les plus fous, on avait un droit de sorti seulement à l'étage. Je me suis fait copine avec 2 femmes, une moche et une belle et bonne, toutes les deux entre 25-30 ans. Je me suis mis alors à gribonné quelques dessins insignifiants pendant mon temps libre, la moche m'expliquant que ces dessins étaient les premiers hiéroglyphes dessinés par une incarnation antérieur "de moi". Le flou réside encore de ces quelques jours en haute détention. Puis les psychiatres m'ont transféré en détention "normal", avec tous les autres. N'étant plus sous l'emprise de rien du tout, je suis sorti avec une fille là bas, mignonne et un peu timide… Il y avait un parc, je pouvais donc fumé (des cigarettes cette fois ci) et discuté avec les fous comme dans une colonie de vacances. Etant privé de l'extérieur, mais nourrie avec des repas corrects (sauf le petit_déjeuner médiocre à 8h) on pouvait se croire dans une prison de luxe. J'ai pu lire Le Meilleur des mondes d' Aldous Huxley donné en cadeau par un pote polytechnicien de l'extérieur, qui me faisait irrémédiablement pensé à ce que je vivais sur le moment. Bref les médocs le matin auxquels j'étais souvent le premier dans la file d'attente et le temps passé sans l'emprise de la drogue m'ont fait redescendre sur terre sans m'en rendre compte. Je m'étais fait de bons amis là bas, quoiqu'un peu tous fou. Les partis d'échecs étaient mon passe temps favoris. Je pouvais aussi tenir mon journal de bord intitulé "l'expérience ***". Par ailleurs, de la drogue circulait grâce à ceux qui avaient des sortis autorisés, c'était donc ma copine de l'hopital qui me tenda du teshi un jour. J'ai eu à ce moment là un certains dégoût pour ces petits cailloux qui avaient peut être circulé de main en main et étaient donc sales. J'ai refusé de le rouler et d'en fumer. Le dialogue avec ma psy au bureau, pas assez bonne pour que j'essaye de me la taper (ce qui aurait pu être un fantasme) a finalement réussi à me faire déjouer mon esprit en me demandant si je me sentais "menacer". Avant cela, j'ai juste eu une crise de larme avec un bon pote de l'hôpital, entres 2 clopes, sur une discussion auquel je ne tiens pas spécialement à faire de commentaire (j'en ai déjà dit pas mal non ? ). Aprés ma sortie au bout d'un mois et demi, une relation fusionnelle avec ma mère s'est instaurée, je suis redevenu "gentil". Les médocs m'ont rendu pendant 3 mois vraiment très raide, le regard figé, les mains tremblantes, et moi qui avait un physique d'athlète, j'étais devenu très mince. Je ne m'en suis rendu compte qu'après la sortie. Mon instinct de survie m'a poussé à reprendre les études. 1 an est passé. Je m'entend excellemment bien avec ma mère et autres membres de la famille. Ma mère est très soulagée. J'ai repris un physique complètement normal, mais j'ai pris légèrement un peu de poids… J'ai du bide quoi. Je n'ai eu qu'un seul médicament prescrit : le risperdal. En injection, d'abord à 50mg toutes les 2 semaines, puis 37.5, puis 25mg, et finalement Je les ai en comprimé. A votre avis je les prends ? Le Risperdal ? Un anti psychotique ? Je n'aime pas ce médoc. Je déconseille de le prescrire au patient personnellement, mais bon, c'est vrai, je ne suis pas psychiatre… J'ai repris les cours aujourd'hui et tout se passe pour le mieux. Je me suis lancé dans les études d'informatique car j'adore ça. J'ai eu ma première année avec 13.2 de moyenne, je suis troisième de la classe, et j'ai reçu les félicitations. Normal, dans mon enfance un test de Q. I m'a donné 134 (wouah, je ne suis pourtant pas surdoué). Je sors avec une américaine de 25 ans qui étudie le droit international et elle est amoureuse de moi. Elle revient faire une thèse un an de plus en France et pour être avec moi. Je travail en alternance donc je gagne de l'argent. J'ai une petite vie tranquille même si dans ma tête beaucoup de chose me dérange encore. Je connais par expérience les dangers du cannabis et je sais les effets que cela produit en moi et dans ma tête. Pour finir, je suis quelqu'un de silencieux, trés peu bavard, je travail dans ma tête pour trouver une phrase à dire à quelqu'un que je connais peu. Je le ressens comme un handicap, d'avoir peu de conversation. On dirait pas comme ça hein ? Je n'aime pas drogue, mais la drogue m'aime bien. A votre à vie j'ai quel âge ? 22. Bientôt 23. J'espère que mon discours aura apporté un éclaircissement aux médecins et autres psys comme exemple d'un cas comme un autre, et j'espère que d'autres schizos ou ancien schizos auront pu se reconnaître. A bon entendeur vous pouvez me contacter sur. Et surtout, n'hésitez pas !
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256057
b
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