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A force de chercher à me réfugier, je me suis droguée

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Pour illustrer mon idée, je présente mon vécu :

Je ne saurais pas trop vous dire à quel age tout a commencé. J'ai commencé les premières crises de BV à 14 ans, mais je me rends compte que j'étais "derrangée" bien avant. A 12 ans, je cherchais à déconnecter de la réalité en avalant les somnifères de ma mère (stilnox, bien connus pour donner des hallucinations). Mais ce n'étais pas le soir ou le week end que je me tappais ces petits délires, non, c'était en pleine semaine. J'avalais trois somnifères à 8h00 et j'allais au collège comme ça. J'avais besoin de ne pas vivre dans le réel.

Avant même mes 12 ans, je fuyais le réel. Pendant plusieurs années (je dirais entre 7 et 10 ans) , je m'étais inventé un monde à moi, avec un ami imaginaire : Raton (un petit rat qui vivait sur mon épaule). Beaucoup de gamin se crée des personnages, mais je doute que ceux ci prennent autant d'importance. Je n'avais que lui comme ami, je restais toujours dans mon coin. Les jeux des autres m'ennuyaient, je me sentais toujours dévalorisée, nulle, ridicule. J'étais grosse, les autres me le rappelaient aussi souvent que nécessaire. Je me souviens d'un évênement marquant pendant mon année de CM1. Je ne sais plus pourquoi, mais j'avais dit à la maitrsse d'école et devant toute la classe, que j'avais perdu 3 kg. C'était faux, mais je ne sais pas pourquoi, j'avais voulu me faire remarquer. A la récré, ma prof, qui étai avec d'autres profs, m'avait appelée. Elle m'avait demandé de lui confirmer devant les autres maitresses, que j'avais bien perdu 3 kg. J'ai confirmé. J'ai alors reçu les plus grande félicitations de toute la troupe de maitresse. Chacune me félicitait en me disant que c'était bien que je réagisse maintenant,… J'avais 9 ans.

L'année suivante a été terrible. Un vieux pervers avait repéré mes trajets pour aller à l'école. Il a abusé de moi tous les jours : à 8h et à 13h45. Le comble : ma mère le connaissait bien et l'appréciait. Je n'en ai jamais parlé à mes parents ou à qui que ce soit d'autre à l'époque. Je crois que je n'ai jamais été autant isolée que cette année là.

Mes envies de drogues sont apparues vers mon entrée au collège. C'est marrant, mais je me suis toujours dit qu'il ne fallait pas que j'y touche parce que je serais tombée dedans très facilement. L'alcool ne m'a jamais provoqué cette impression.

C'est là que je me rends compte d'une chose : il y a un coté "inné" dans les dépendance, une fragilité.

Pour la bouffe, c'est pareil. Je ne saurais dire à quel age mon attitude vis à vis de la nourriture a commencé à être malsaine. Mais déjà à la maternelle, je me remplissais sans faim de toute sorte de saloperies.

Je ne m'étais pas trompée, j'ai rapidement gouté et aimé toutes les drogues.

Il n'y a rien de bien méchant à gober quelques exthasy lors d'une soirée, le problème apparait quand on cherche cet état dans la vie de tous les jours. Je n'arrivais plus à faire quoi que ce soit sans être "perchée".

Je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais pendant les crises, je déconnecte un peu de la même manière. Je rentre dans une bulle où plus rien ne m'atteind. Vous penserez ce que vous voudrez, mais je vis un besoin de crise comme une crise de manque.

D'ailleurs, les crises de BV disparaissaient quand je me droguais.

A force de chercher à me percher par tous lesmoyens, je suis tombée dans l'héroine. Et là, c'est plus la même. Même si je me sentais dépendante psychologiquement à toutes les drogues, ça restait psychologique.

Au début, ça a été le bonheur. Je me sentais enfin bien. Je n'avais peur de rien, je n'étais jamais fatiguée, je ne crisais plus du tout. Le pied. Et je suis devenue dépendante.

J'ai décroché plusieurs fois (sans rien) , mais pour mieux replonger après. Je crois que le plus dur dans le sevrage, c'était cette horrible impression de retrouver le monde réel. A chaque fois, je retrouvais les crises de BV encore plus nombreuses et plus violentes qu'avant.

Comment voulez vous que je reste clean dans ces conditions ? Le choix : droguée de la bouffe ou droguée tout court. Et le pire, c'est qu'aussi difficile que ça peut être, je préfèrai la drogue. Je me sentais bien moins fatiguée, moins sale, moins isolée…

L'année dernière, alors que j'étais accroc comme jamais, j'ai décidé de voir un doc pour en sortir définitivement. En parallèle, je voyais un psy.

J'avais donc en mains de belles ordonnance digne du drogué magnaco dépressif : subutex (substitut de l'heroine) , deroxat (anti dep) , buspar (contre l'anxiété) , effextor (anti dep).

Et ça allait. J'avais trouvé un semblant d'équilibre. Je mangeais à peu près normalement.

Et voilà, il y a un mois, j'ai stoppé le subutex, le deroxat l'effextor et le buspar en même temps. Le truc à ne surtout pas faire !

Et là, ce soir, je me retrouve comme il y a quelques années. Face à moi même avec ce vide qui me bouffe. Les crises ? C'est en permanance. Ca me réveille la nuit. Je bouffe du matin jusqu'au… matin suivant.

Alors que penser ? Ok, je suis nette de toute chimie, mais franchement, je ne me suis jamais sentie aussi mal. Je retrouve ces longs moments de désespoir, cette impression que rien ne va,…

J'ai l'impression qu'il n'y a pas d'autre issue que les addictions.

Avaler deux ou trois cachets tous les jours ou passer mes journées à bouffer, le choix est vite fait.

Je ne crois pas aux théories à la con "il y a eu un évenement pendant l'enfance, blabla". Je reste persuadée que je suis née avec un problème. Il y a un truc qui marche pas bien dans ma tête, un désequilibre.

Comment retrouver un semblant d'espoir quand on se retrouve face à cette évidence ?

Alors je vais retourner voir un psy, pour retrouver ces pillules miraculeuses qui m'aident à vivre…
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61702
b
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