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Centre de substitution : ils m'ont fait confiance

Témoignage d'internaute trouvé sur e-sante 36 ans
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J'ai été injecteur de produits illicites pendant + de 14 ans.

J'étais considéré comme très gros consommateur, et un jour, après plus d'1 an et demi à pleurer pour être admis, j'ai reçu un rendez-vous pour une admission au centre de substitution du departement voisin (Doubs).

Je précise que j'étais bien entendu polytoxicoman et alcoolique.

Le centre m'a pris pour une chose : m'accorder un peu de soulagement pour la fin de mon long voyage dans ce monde douloureux et d'inégalité, où je me sentais vraiment incompris et pas à ma place.

La première chose qui m'a frappée dans ce centre, c'est le petit clin d'oeil de départ qui n'a pas été fait exprès, apparemment.

Ce petit clin d'oeil va peut-être paraitre incompréhensible pour certains lecteurs, mais d'autres je pense comprendront.

Ce clin d'oeil (pas voulu) était un trousseau de clefs de voiture posé et laissé sur le bureau des infirmières.

J'ai été choqué de voir cela…

Pouquoi allez vous dire ?

Hé bien, parce que pour la première fois depuis aussi longtemps que mes neurones veulent bien me ramener, on ne m'avait fait une telle confiance…

Je vous ai dit, certains vont trouver celà abuser, mais je pense que ces personnes sont loin d'imaginer ce que c'est que de faire ce chemin pendant quinze annèes et imaginer ce que l'on peut subir en préjudice moral.

Bon bref, ce jour là, je suis reparti du centre secoué de ce que j'avais constaté, et cela m'a amené à en faire une déduction.

Cette déduction était et est toujours 2 ans après : J'en vaux peut-être la peine…

Oui ! Arrivé à un moment, on ne se donne même plus le droit de vivre autour du monde dit "normal"

On ne se donne même plus le droit inconsciemment de respirer le même air que son voisin dit "normal"

Oui, on nous le fait sentir à chaque instant de notre "INNORMALITE" au point de s'enfoncer une aiguille dans la jugulaire interne 8 à 10 fois par jour pour oublier ? Non !!!!

On le fait en priant le bon dieu qu'il exauce notre unique voeu :

S'éteindre aussi anonymement que l'on est apparu.

Donc ce petit message juste pour dire aux jeunes ARRETEZ S'il vous plait…

ARRETER DE DIRE, MAIS UN JOINT CE N'EST PAS LA DROGUE.

OU DE DIRE ; CELA N'ARRIVERA PAS A MOI, MOI JE MAITRISE.

Là je ne vais pas dire "ON", mais je vais dire "JE".

J'ai retenu une phrase, cette phrase c'est un grand monsieur qui l'a dit.

La phrase : "OUEP, C'EST LUI QUI VOUS BAISE, QUI VOUS BAISE A L'AISE."

Vous comprendrez tout le sens de cette phrase, mais certains comprendront mieux que d'autres et j'espère qu'ils y penseront encore longtemps.

Je voudrais juste ajouter, et vais faire un seul souhait.

Je souhaite que chaque toxicomane, peu importe le produit qu'il consomme, qu'il pense à chaque fois qu'il croise une personne, ou à chaque fois qu'il rentre dans un magasin ou dans une pharmacie en voulant raconter n'importe quoi pour avoir sa dose.

S'il vous plait, pensez aux prochaines personnes qui passeront derrière vous et qui seront jugées, comme on l'a fait pour moi, on m'a jugé pour le manque de respect et les mauvaises impressions que vous laissez.

IL faut vous dire une chose : Pourquoi moi, on m'a traité ainsi ?

C'est parce que les personnes etant passées avant moi, n'en n'ayant fait qu'à leur tête, sans penser aux autres (copains) qui allaient arriver derrière eux, que l'on m'a traité ainsi.

Pensez y svp.

Je tiens à dire que je suis toujours dépendant, oui à la methadone, mais qu'à cause de ce jeu de clef (vous vous rappelez, au debut ? ) hé bien aujourd'hui je crée ma propre entreprise.

Bon courage à vous toutes et tous, et je pense que certains arriveront à lire ce message d'espoir entre les lignes.

Merci à vous tous, merci à l'infimière qui était présente le jour de mon admission dans ce centre.

Amicalement, Emmanuel.

Ex- héroïnoman, mais toujours dépendant, oui, mais à la méthadone.
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b
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