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Droguée depuis 5 ans

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
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J'ai 21 ans (en décembre). Je retombe sans cesse dans cette abysse sans fond. Cela fait 5-6 ans.

Depuis la drogue.

Enfin, j'ai été précoce. Mon 1er sniff fut à 12 ans. Pas pour imiter, mais par curiosité.

Tout ce que j'ai fait, c'est par curiosité, pour "Savoir", pour tester…

Je n'ai jamais été influençable. Sans cette force de caractère, je serai encore dans le caniveau.

Je prenais chaque week-end des drogues "festives" et n'allait jamais en cours le lundi. Trop dur, trop déprimée.

En 3° ; , je suis tombée dans cette crotte puante qu'est l'héroïne. Je m'y suis mise seule. J'aimais ça.

Je me suis trouvée un copain qui partageait le même amour que moi pour la M… en poudre (métaphore, hein ?! ) …

Nous vivions chez ma mère. Je partais au collège avec mon "képa" et sniffait, avant de prendre le bus, entre les cours, et même pendant. Je n'ai jamais été élève modèle (fous-moi la paix et je fous pas l'bordel, en gros) , ma place à toujours été au fond, près du radiateur et de la fenêtre. Plonger le museau dans son sac en faisant semblant de chercher un truc n'éveille pas beaucoup les soupçons. Les reniflements, un peu, mais tout le monde peut être enrhumé,

J'ai arrêté par obligation. Mon copain, au début, trouvait ça cool que sa copine sniffe avec lui. Mais très vite, je consommais plus que lui (20g par jour à 2, ça revient cher^^) , alors il a dit "stop" et est parti en désintox. Il était dans la came depuis 7 ans. Moi, depuis plusieurs mois.

A 15 ans, j'étais en centre de désintoxication. Pas fermé. Juste pour un suivi psychologique et médical.

On m'as mise sous Subutex (médicament de substitution). J'y suis toujours.

Je le sniffe. Imaginez écraser vos Dolipranes sur un quelconque support et le sniffer. Berk, nan ? Ben c'est ce que je fais avec le Sub.

Ça reste un médoc.

J'en prends peu, mais me débarrasser du geste est difficile.

Je suis également sous antidépresseurs, anxiolytique et somnifère.

Enfin, là j'en ai plus.

Je fume chaque jour du shit ou de l'herbe, et très puérilement je vais vous dire que j'aime ça et n'ai aucunement l'intention d'arrêter ça.

Quand j'aurai un projet d'enfant ce sera différent. Enfin, là je suis aussi en pénurie de fume. Les temps sont durs.

Alors je bois (applaudissez ! ). Mais ma grand-mère maternelle était alcoolique, ma mère a trop souffert, jamais je ne pourrai tomber dans l'alcool.

C'est passager… (dit la jeune-femme naïvement^^).

Il est 1h du mat', je fume ma misérable roulée en rêvant d'un joint, avec ma bière forte, écrivant un condensé de ma vie sur un forum de dépressifs… Hum !

Je vais mal depuis l'arrêt de la came. Enfin, ça date forcément d'avant, mais ça ne s'est véritablement remarqué qu'après, quand je me suis isolée de tout.

Pendant ces 6 ans de galère, j'ai vécu. Je suis sortie de ma cage dorée par périodes. J'ai "squatté" les teufs (rave-party) , puis le milieu keupon (punk) ou la drogue n'était pas absente. Mais chez les keupons, c'était plus l'alcool. Vous savez, les cuby en plastoc (le rouge) mélangé au coca (= calimucho). La drogue, c'est cher pour les s.d.f… J'ai aussi été dans "la zone" (la rue) à dormir dans les parcs, faire la manche devant le monop', rencontrer des gens la veille et décider de faire une virée en Bretagne… Sans le sou, bien-sûr. Souvenirs impérissables, cette misère.

Ceci dit, j'ai grandi, j'ai muri et mes cheveux ont repoussé. On ne soupçonne plus mon ancienne crête…

Je suis toujours marginale, et le serai toujours. Etre une chèvre et pas un mouton, j'en suis fière !

J'ai envie de me sortir de ma torpeur, et de ma chambre. Mais ceci demande des efforts. Et voyez-vous, je suis paresseuse. Ça n'explique pas tout. Ça n'explique rien en fait. La paresse, on passe par-dessus si on a un tant soit peu de volonté ! Mais j'en ai pas. Même si je le veux. Le plus petit effort est insurmontable !

Et voyez-vous, ce qui ne m'aide pas, c'est de vivre dans ce charmant petit village isolé. La ville est à, 30km. Et je n'ai pas le permis. Avoir une vie sociale est très dur dans ces conditions.

En même temps, vivre ici me sauve et me tue. Car ici, je n'avais pas le moyen de me trouver de la came. En ville, j'aurai pu.

Enfin, la drogue n'est plus trop mon problème actuel. Et je vous dit que la fume n'est pas problématique (en plus, je suis sûre de moi. J'aime trop ça pour stopper ou penser que c'est un problème.).

Je changerai d'avis quand j'aurai un projet d'enfant, et ce n'est pas pour tout de suite !
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90624
b
Moi aussi !
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