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La c me pousse vers la sortie, d'où j'entends la faucheuse m'appeler

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 18/01/10 | Mis en ligne le 09/05/12
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Bonjour à tous, et bonne année avec quelques jours de retard. Tout d'abord je tiens à avouer que j'ai déjà publié ce post sur un autre forum dans un premier temps, mais que je ressens le besoin de l'afficher là ou il pourrait servir, d'être peut être lu, qui sait… Je me suis laché, c'est long, mais mon triste sort est là. N'attendant pas de réponse particulière, en me relisant je redecouvre à chaque fois je suis TOTALEMENT conscient de l'emprise qu'a cette drogue sur moi, mais définitivement impuissant devant les volonté de Dame Blanche. Triste constat dans cette chute et anéantissement total, avouant enfin mes faiblesses face à cette drogue, parce que oui, la Coke n'avait pas prouvé sa supériorité qu'à son premier coup d'essai, elle m'a laminé de long en large. Pour mon dernier souffle (que je ne sais pas si je dois attendre ou provoquer) je me dois de revenir avec un autre pseudo (certainement la paranoia de se sentir recherché, surveillé par les flics, les stups, les fantomes, esprits et autres ectoplasmes que hantent mes nuits blanches… aaahh les symptôme du cocainomane irrécupérable…). Ce post ne vous fera rien découvrir de nouveau sur le TRISTE parcours d'un coké, et sera à coup sûr fastidieux pour le plus courageux des lecteurs qui sera arrivé au bout de ma prise de conscience évidente, mais qui arrive cependant 6 ans après ce premier trait déclencheur. A défaut de proposer aux cocainomanes qui traineront sur ce post, et les autres badauds, compatissant ou punissant, une nouvelle salvatrice et totalement illusoire sur la réalité de cette drogue, je ressens le besoin de "mettre sur papier" la fin de mon histoire, sans prétention d'happy end (parce qu'il n'y en a aucune avec la cocaine) , juste une sorte de monologue que le coké entretient jour et nuit dans sa tête dès lors qu'il a remarqué que sa triste vie de délabré, menteur, obsedé n'était gerée plus que par la coke, et surtout qu'il a besoin de lire, relire, et relire encore, pour comprendre que c'est bien sa triste autobiographie qu'il écrite… Un besoin d'écrire inutile et desespéré, peut-être un appel à l'aide, d'une certaine compassion des gens () ou alors dans la seule optique de me relire plus tard, genre vers 6h du matin, après 96h sans dormir correctement… heure où les gens normaux sont censés se lever, mais où je suis encore à retourner ma chambre oubliant que mon stock quotidien est vide depuis longtemps, histoire de se rappeler ce qu'il m'arrive… CF le vrai cocainomane paranoiaque. Je SAIS qu'elle a gagné, et ce depuis le début, et tel l'esclave d'une secte insidieuse, ma vie entière n'est consacrée plus qu'à elle. Elle me tient, me dirige, m'obsède, me contrôle, me gère, me ruine, me détruit, m'efface, me désole, me blesse, me transforme, a détourné mon corps, celà dès le début, et telle une baffe dans la gueule, me fait comprendre qu'elle seule peut m'aider. Et que comme c'est ma seule compagne, possessive de plus, je n'ai pas mon mot à dire. De l'illusion d'un véritable Eden procuré par CE simple et premier trait de poudre, de CETTE alternative trop accessible et presque devenue banale dans notre société, elle s'est directement imposée comme un véritable dictateur, guidant la (ma) vie, calquée sur des horaires de trains, des sms codés, des sorties improvisées à pas d'heures, le tout étant heureux d'aller en rechercher et de se ruiner dans tous les sens du terme… Elle rase tout sur son passage, aussi l'entourage de la victime qui devait juste dire non cette fameuse fois. JUSTE DIRE NON. Plus jeune, j'avais l'impression que c'était à 21 ans que j'allais avoir quelquonques pépins fatidiques, finalement, la faucheuse prend son temps, et a choisi de m'en faire bouffer encore longtemps… Plus de rêves, ambitions, intérêts et motivations m'ont quitté, espoir, joie de vivre, motivation, liens sociaux, état d'esprit, relations familiales, amicales, judiciaires, couple, travail, finances, crédits exorbitants, permis de conduire, totale démission… et SANTE : nez démoli, des douleurs nasales atroces uniquement surmontables par un nouveau trait) , Morceaux de viande en bonus dans chaque mouchoir, une humeur enterrée, et les "amis" d'antan qui désertent en me voyant m'enfoncer… LA LISTE EST LONGUE… Force est de constater que l'échec est total. J'ai essayé d'arrêter. A plusieurs reprises. Replongeant souvent, mais gardant toujours l'espoir… J'y croyais. Ma copine y croyait aussi et m'aidait (bien que rien n'empêche un cocainomane confirmé avec ses déplorables motivations toutes tracées…). Je le doutais, et maintenant je pleure naivement que j'ai tout perdu, TOUT. Ma copine a fini par me tromper, souffrant de ce que je lui faisais endurer, bien que je n'ai jamais voulu lui faire directement de mal, que je ne l'avais JAMAIS trompée, toujours rendu service, mais qu'il m'arrivait de dérailler pour me détruire solitairement… (elle représentait tout ce qu'il me restait… et malgré ce mal que je faisais autour de moi, elle comptait tellement). Je lui en ai beaucoup voulu de m'avoir rendu cocu, alors que je savais pertinemment que je lui avais pourri la vie… elle est sa famille était en connaissance de cause avant de commencer notre relation… Etre et se savoir être un junkie dépassé par les évènements n'empêchent pas le droit à encore un peu de dignité… ce ne fut pas le cas, et me précipita en ENFER. Après cette rupture délicate et douloureuse, je pensais avoir retrouvé mon réconfort dans une nouvelle vie bercée d'illusions, mais nettement plus saine, stable, enfin "propre"… de nouveaux flirts, de nouvelles ambitions, de nouveaux projets… Vite disparus, l'illusion était presque parfaite, bien que la chute était connue malgré tout. ON COMPTE LES JOURS, et on se rejouit d'avoir retrouvé un nouveau cercle d'amis. Hop un retrait de permis pour alcool (QUI CECI DIT SUPPLANTE DANS PAS MAL D'ASPECTS LA COKE) ne pouvait m'être que bénéfique… Et du coup reviennent de vieilles compagnes dans mon parcours, que je connaissais déjà depuis les bacs à sable, cannabis et alcool à volonté, d'abord en groupe, puis seul chez soi, puis tous les jours, puis toute la nuit, d'abord roulés chez soi, puis pour le matin, sortie à midi ainsi de suite… Mais la coke, que je savais planquée dans un recoin de mon cerveau, finit toujours par rappeler à l'ordre, et te fait payer toutes les minutes ou tu te forcais à l'ignorer. Mon papa est aussi désemparé en me voyant me détruire ainsi, surtout que j'ai précipité ma mère 6 pieds sous terre juste avant Noel 07 à cause de mon parcours de tox récurrent, parsemé de vols, mensonges et délires complets. Moi qui croyais dur comme fer que la coke m'avait quitté avec l'adultère de ma chérie… et que ces évenements certes peu joyeux m'offraient LA possibilité de repartir sans cocaine… Un cadeau empoisonné. Plus de voiture, nouvelle vie, nouvelle organisation… Sombre dérision. Je pensais ne connaitre que des lieux d'approvisionnement accessibles en voiture, d'ailleurs passablement problèmatiques dans notre SUISSE qui ne fait ABSOLUMENT RIEN contre ces pauvres âmes en peine, qui demandent l'asile ici, mais qui arrivent à trouver la liberté, les moyens de locomotion, de communication, qui distribuent cette mort en toute impunité et sans réelle sanction… Découvrant que ces mêmes dealers avaient la liberté de venir à moi en toute impunité, qu'ils chassent le faible dans ma ville, qu'ils parviennent à s'offrir l'abonnennement général du train alors qu'ils ne touchent tout juste de quoi manger chaque jour, que je les sponsorise grassement par mes impots, et que la justice ne me lache plus alors que je donnerai TOUT pour pouvoir m'en sortir… SI TU NE VAS PAS AU DEALER, LE DEALER VIENT A TOI. Ils sont partout. Et sans amalgame foireux et rasciste, en Suisse romande, nous avons un réel problème avec les demandeurs d'asile, si facilement reconnaissables, qui rodent nuit et jour, et à qui un simple clin d'oeil, même parmis la foule, suffit à leur faire comprendre que l'on veut acquérir de la drogue à fond perdu… Plus d'amis à part mon CHER ET TENDRE DEALER qui me vend la mort à petite dose, uniquement contre des billets… coupée avec je ne sais quelle substance de merde… Ma vie tourne autour des rendez-vous pour m'approvisionner, quite à m'afficher publiquement et quotidiennement aux caméras qui me surveillent à notre chère gare de quartier… à lacher un pote venu pour moi au pub, pretextant tout et n'importe quoi pour le laisser 5 min, malgré le fait qu'il soit venu pour moi, pour me voir, m'aider en voyant ma détresse sans en connaitre la cause exacte…qu'il tente de m'aider à surmonter mon pseudo burn inventé de toutes pièces pour dissimuler mon dérapage complet, QUE JE PENSE ENCORE ET TOUJOURS MAITRISER… Totale démission, je m'invente des excuses pour justifier mon absentéisme professionnel depuis fin 2009. Echec et mat. Il n'y a plus de solution à part continuer à assouvir les désirs de la coke qui a investi mon corps et mon esprit. Et à mourir, parce que j'ai admis que celà restait sans doute LA MEILLEURE et SEULE échappatoire. Triste fin. Mais celà dit à mes yeux inévitable. Mon nez saigne tout le temps, me fait atrocement mal tant que je n'ai pas de la poudre plein dedans. Je me mouche en continu, vois mon visage se transformer, mes yeux se cerner, mon corps déjà peu garni au départ disparaitre pour ne laisser qu'un sac d'os morbide et totalement vide, ne dors plus plusieurs nuits d'affilée. L'ALCOOL et le CANNABIS sont REDEVENUS monnaie courante, et sont là pour apaiser quand la descente commence, accompagnée de ces douleurs infernales… jusqu'au trait suivant… Eux qui m'avaient fait découvrir les joies de l'ivresse et de l'interdit à l'époque, ne sont plus que tout juste capables de me faire patienter lorsqu'il y a rupture de stock. TRISTE CONSTAT, et issue inévitable. Nez détruit, totalement nécrosé, et qui tardera pas à gangrener, m'infecter, m'effacer. Je ne vois pas d'autre solution à part continuer à consommer tel un malade jusqu'à mourir, ou alors me donner la mort directement : SEULE action ou la coke arrive encore à me persuader qu'il est préférable d'avoir mal et de continuer, plutot que de fuir devant son emprise totale… Elle m'a fait démissionner lachement de tout, mais me persuade toujours que je n'ai besoin que d'ELLE. Et je la suis, parce qu'elle reste la seule à me soulager, autant qu'elle m'a détruit. Je suis mauvais perdant, mais là je suis obligé d'admettre que le match est fini. Quand je lis des posts ou les chanceux ignorants avouent vouloir essayer ce bourreau juste pour avoir une opinion personnelle là dessus, la révolte m'envahi. PROFITEZ DE L'AUBAINE DE N'AVOIR PAS CROISE SON CHEMIN. Tout comme les campagnes préventions de la 1 francaise, qui ne protègent pas les droqués… mais dénoncent les déchets dont il faut se méfier. DESOLANT. Je suis conscient de mon échec total, mais suis totalement désemparé devant lui. Voilà. Pardon à toi simple ignorant, novice, ou toxicomane confirmé, prend mon post tel quel, je ne revendique rien, ne me plains plus, je suis le chemin que la coke me force à suivre, et pleure une certaine soirée festive il y a 6 ans de celà. Même que totalement parano, desespéré, à l'écoute du moindre bruit, de la moindre odeur de fumée, si j'ai la chance encore quelques temps, j'accepterai vos commentaires (qui seront certainement peu nombreux à la suite d'un post aussi anormal que celui-là). Et encore une fois merci si tu es arrivé à la fin, en espérant que l'orthographe était au rendez vous, et qu le besoin irresistible de poster une réaction déplacée et destructrice à la suite de mon post ne t'a pas traversé l'esprit. Au revoir.
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252561
b
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