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La violence

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 09/02/10 | Mis en ligne le 27/04/12
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"Phénoménologie de la violence. Est-il nécessaire d'admettre l'existence d'une pulsion de mort à l'origine des comportements violents ? L'inconscient est-il par nature "bestial", ou bien ne le devient-il pas à la suite d'une histoire traumatique du sujet ? Si c'est le cas, ne peut-on cerner l'apparition de la violence directement dans la conscience ? Cette dualité entre une violence qui serait causée par la frustration et une violence qui serait une sorte de volonté démoniaque de destruction peut être localisée directement dans notre conscience. La violence doit être vue dans son apparition phénoménale, avec une attention totale, dans une lucidité complète (texte). 1) La violence a une origine intentionnelle. Elle est une intention de nuire dirigée vers un objet qu'elle veut détruire : d'abord l'autre à qui j'en veux, que je me mets à haïr, ou aussi moi même que je finis par ne plus supporter et que je cherche à détruire. Tout ce que je n'accepte pas et que je voudrais détruire. Derrière la violence vers autrui qu'y a-t-il ? Georges Gusdorf le montre remarquablement dans La vertu de force. Il y a l'impatience du désir supportant mal les obstacles. Que vienne s'interposer entre moi et mon désir un obstacle et l'envie me vient de le détruire, l'envie me vient de forcer le passage. La violence sur l'autre contient une impatience parce qu'elle participe du caractère prédateur du désir. Elle est intimement liée à la frustration du désir. Mais dès qu'elle apparaît, l'unité de la relation avec l'autre se brise. La dualité entre moi/l'autre se structure sous la forme d'un conflit. Ce qui est fondé sur le terrain de l'unité, c'est la possibilité d'une reconnaissance mutuelle, d'une entente, d'un respect mutuel. En brisant la relation, la violence détruit ce qui rend possible une communication. "La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison et choisit le moyen le plus court pour forcer l'adhésion" . Mais à ce titre, le violent se retrouve seul avec sa violence. La violence nous referme sur vous-même et vous coupe des autres. Mais en même temps, la violence se retourne contre nous-même. "Toute violence, par delà le meurtre du prochain, poursuit son propre suicide. Elle est en effet destruction de soi ; les Anciens savaient déjà que la colère est une courte folie" . On dit justement que celui qui est livré à la colère est hors de lui. C'est seulement quand on est détendu que l'on est soi-même. La colère est une émotion qui aliène le sujet, elle est une folie. Il y a certes une différence entre le brusque accès de colère qui retombe assez vite et vous laisse honteux de vous être laissé emporter, et la haine qui entretient le ressentiment, nourrit dans la pensée l'intention de nuire. Mais le fait même de laisser la violence s'emparer de soi, c'est aussi se perdre soi-même. Que la colère soit déjà une folie, cela se montre dans le déchaînement qui s'empare du corps : "La violence suppose un échappement au contrôle : l'explosion émotive se libère en déchaînements paroxystiques, cris et gesticulations, qui atteste l'échec de toutes les disciplines personnelles. Le violent, incapable de se contenir, recherche dans sa propre frénésie une sorte d'apaisement" . Il est au plus mal car il ne parvient plus à se retrouver, il est emporté par une tempête émotionnelle. S'il peut décharger son affectivité, il regrettera pourtant de s'être conduit comme un enfant. Il aura besoin du pardon pour lever sa culpabilité. 2) Mais il y a plus grave. "il arrive que le violent, une fois hors de soi, ne puisse à nouveau se posséder. Il fait confiance à la violence, méthodiquement, comme on le voit dans le domaine de la terreur" . Le régime de la terreur, c'est la violence devenue système, la violence suivie dans sa logique de négation. (document) C'est là que le nihilisme se révèle le plus radical et que nous serions tentés de penser à l'existence d'une volonté démoniaque logé en l'homme. "La violence se fait institution et moyen de gouvernement. Il a existé, il existe une civilisation de la violence, monstrueuse affirmation de la certitude qui rend fou, selon la parole de Nietzsche"" . Mais il n'y a aucune cohérence dans ce qui est construit par la violence, aucune permanence possible dans la durée possible, car ce qui est obtenu par la violence s'autodétruit. "Ce qui est obtenu par la violence demeure en effet sans valeur : ce n'est pas en violant une femme que l'on obtient son amour, et la persécution ne saurait gagner cette libre approbation des consciences – que pourtant l'on désire secrètement conquérir" . Mais le drame horrible, c'est que l'enchaînement de la violence entraîne à la fois la victime et le bourreau dans un cycle de négation, le cycle infernal de la violence. "L'esclave qui se complaît dans son esclavage, le déporté que se faisait le valet ou l'auxiliaire des S. S. Ceux là, pour sauver leur vie, ont tout perdu" . Évidemment, la formule "civilisation de la violence" est contradictoire, la violence est l'opposé de toute civilisation, mais pourtant elle indique que l'Histoire peut nous mettre devant une organisation systématique de la violence. Dans cet abîme, l'humanité trahit la possibilité d'un nihilisme foncier. Il nous faut voir et comprendre la violence dans son origine dans la pensée, voir qu'elle est un produit de notre propre pensée. La compréhension du processus de la violence déjà nous en libère. Nous ne pouvons pas accepter la violence quand nous avons vu ce qu'elle est, ce qu'elle entraîne, dans quel néant elle nous précipite. Aussi, avant de sauter le pas par dessus notre violence pour prôner la non-violence, il faut d'abord comprendre la violence." Serge carfantan.
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b
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