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Jeux video : combien de temps/j pour un enfant ? - informatique, photos, video, mp3

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 28/10/13 | Mis en ligne le 27/05/14
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Merci. C'est vrai que j'avais un peu une vision clichet des JV (et je sais que moi aussi, sur des jeux d'un autre genre, tetris quand j'étais ado, des équivalents candy crush maintenant, je suis vissée à l'écran, et que ça a un pouvoir captivant/hypnotisant à en devenir addict). Mais oui, je me rends compte que ce n'est pas que ça. Ça a, comme tout, des bons et des mauvais cotés. Il faut juste réussir à trouver un équilibre. Citation : Bref, ce que moi je te conseille surtout, c'est de ne pas chercher à trop vouloir quantifier le temps qu'elle y passe. Comme dans toute chose quant on élève un enfant, la difficulté est de trouver un équilibre entre le structurer et le laisser libre. Si la vie sans barrières est chaotique, la vie régulée par une horloge et des cases de calendrier n'a rien d'intéressant (et elle ne ferait que lui donner envie de "fuir"). Je ne suis pas sûr que tes filles vivraient mal d'enchainer deux dessins animés à la suite, surtout si elles ne sont pas du genre à en redemander le lendemain. C'est une passion comme une autre ; il faut surtout te demander si tu leur interdirais de [dessiner/lire/jouer du piano/faire du poney/autre truc socialement approuvé] plus d'une heure par jour. Et si la réponse est non, pourquoi l'un et pas l'autre ? Parce que, pour la console, elle se met des objectifs, de la pression (elle même dit, mot pour mot "j'y arrive pas, ça me stresse"). Et qu'elle est irritable après, et passe ses nerfs sur se soeurs. Et souvent son père comme moi, nous lui rappelons que c'est un jeu, que ça ne devrait pas la stresser. Hier après-midim, on en a parlé avec elle et son père. On a décidé de mettre en place quelques fonctionnements. Par exemple, on va découper le temps quotidien en 2 ou 3 (à elle de gérer) , histoire qu'elle ne joue pas + de 3/4h consécutives. Et on lui demande d'aller ensuite passer 10 minutes dans sa chambre pour se relaxer un peu (chose qu'on lui demande très (TROP) souvent pour plein d'autres choses). Citation : Dans tous les cas, le jeu vidéo ne rend pas diabolique, et s'il a tendance à faire ressortir quelques traits d'agressivité chez ta fille, il n'est pas l'instrument de déchéance que les médias désinformés en manque de sensationnel dépeignent. Ce que j'ai compris de mon expérience et de celle de tous les gens avec qui j'en ai parlé, c'est que le jeu vidéo n'est pas un vecteur, mais un révélateur. Je m'explique : On a tendance à [vouloir nous faire] croire que les jeux vidéo referment les enfants sur eux, les désocialise. Discours qu'on a beaucoup entendu au sujet de la télévision aussi. C'est vrai, depuis que j'ai eu ma première console lorsque j'étais enfant, j'y ai passé beaucoup de temps. À côté, je ne sortais pas beaucoup. Le raccourci entre les deux est facile… Mais c'est un sophisme. Avant d'avoir une console, je ne sortais pas davantage : Je restais dans ma chambre, et je construisait et déconstruisais des trucs en légo, ou bien je lisais des BD ; bref, j'étais un peu solitaire (et le suis toujours). Et là encore, contrairement à ce qu'on veut faire croire, aucun des deux n'est plus "enrichissant" que des jeux virtuels. Lire Astérix en boucle n'est pas meilleur pour l'esprit que de jouer à Mario. Faire des maisons en légo ne rend pas plus créatif que Minecraft (et l'inverse non plus). Là est toute l'hypocrisie de la diabolisation du jeu vidéo : Un enfant seul qui s'ennuie dans sa chambre est "sage" ; un enfant seul qui joue à un jeu vidéo est "possédé". Pourtant, il peut s'agir du même enfant ; la seule différence, c'est si on lui a donné ce moyen d'évasion ou pas. Me plonger dans les jeux n'a pas eu pour effet de m'enfermer dans un monde irréel (pas plus que Tintin - voire moins, d'ailleurs). Ça ne m'a pas empêché d'avoir beaucoup d'amis par la suite, de sortir régulièrement, et d'avoir une vie sociale relativement bien remplie. C'est vrai, j'ai piqué des crises à cause de jeux vidéos. Parce qu'un passage est trop dur, parce que c'est parfois rageant. Mais d'une part, ça m'a appris la persévérance, ça m'a aidé à trouvé mes limites, à me construire tout simplement. D'autre part, encore une fois, si ces crises étaient provoquées par le jeu, ce n'est pas lui qui m'a rendu comme ça. Je suis quelqu'un qui a des crises de colère parfois spectaculaires (jamais à l'encontre des gens cependant) : Il m'est arrivé d'enfoncer une porte à coups de pied simplement parce que je m'étais coincé le doigt dedans, et que c'était vraiment la goutte d'eau ce jour là. Régulièrement, mon solide bureau ramasse de sévères coups de poing parce que [y a une coupure internet pendant que je bosse/le programme a planté pour la troisième fois/autre raison pas intelligente]. Bref, le jeu vidéo ne m'a pas rendu colérique, il était simplement susceptible, comme bien d'autres choses, de déclencher ma fureur. Je comprends ce que tu dis en parlant de révélateur. Et je pense que oui c'est ça. Elle se contient énormément. Elle est émotive +++. Elle est "la première" et encadre beaucoup ses petites soeurs (c'est vrai que des fois on lui dit "là, on compte sur toi pour nous aider à faire ça" mais aussi, on lui rappelle souvent que ce n'est pas parce qu'elle est l'ainée qu'on attend d'elle qu'elle soit le "modèle", et on ne lui dit jamais "montre l'exemple" parce qu'on sait qu'elle va prendre ça très au sérieux). Elle a du mal à trouver sa place dans un groupe, du coup, c'est un peu son exutoire (comme la lecture ou le dessin). Pour la colère, je vois très bien de quoi tu parles, je suis pareille. Et pour ce qui est de la diabolisation des JV, j'ai une théorie très perso sur le sujet qui est que, comme toute chose qui n'est pas connue et/ou maitrisée, ça fait peur. On peut prendre n'importe quel sujet, et on en arrive à la même conclusion. La peur des blancs vis à vis des noirs, qui a conduit à l'esclavage. Ou des européens/indiens d'Amérique. Ou ces fous-sorciers qu'on a brulé parce qu'ils faisaient des trucs bizarres qui se sont révélés longtemps après être à l'origine d'inventions techniques, d'avancées scientifiques ou médicales. Ou des anciennes générations à l'arrivée du Rock'n Roll. Ou quand j'étais ado et que la techno que j'écoutais n'étais que des boom-booms d'autres. Ou de Doctissimo décrié par plein de gens qui en réalité n'y ont jamais mis un pied virtuel. Et tant d'autres. Diaboliser en gardant la tête dans son trou, c'est + simple que de se renseigner et chercher à comprendre. Citation : Bref, voilà pourquoi, encore une fois, je te propose de bien te demander si cette activité est réellement plus nocive qu'une autre, et si son apparente addiction ne te semblerait pas moins "préoccupante" s'il était question d'histoires ou de mathématiques. Dans six ans (et tu sais que ça passe vite ! ) , ta fille devra choisir son orientation professionnelle. Et qui sait, peut-être que si elle a le choix entre Pythagore et Mario plutôt qu'entre Proust et Einstein, elle pourrait choisir de devenir conceptrice de jeux vidéos. Après tout, je vis mieux ma vie en ayant pris le risque de devenir développeur - métier que j'adore - que mes potes qui ne trouvent pas de boulot dans la branche "sûre" de technico-commercial qu'ils ont prise par défaut parce qu'on leur a bourré dans le crâne que "ça au moins, c'est un vrai métier" . C'est "nocif" uniquement dans le fait qu'elle se met la pression. Sinon, non. Elle y découvre des univers, acquière des réflexes, des stratégies, etc … C'est un jeu, comme les autres. Une expérience comme une autre. Et pour ce qui est des choix à faire pour l'avenir … Nous avons, son père comme moi, commencé nos vies pro par des postes prometteurs que nous avons décroché l'un comme l'autre après nombre d'années d'études supérieures et l'obtention de beaux diplômes et surtout par le + grand des hasards, en les acceptant en se disant que c'était des occasions à ne pas rater. Pour 10 ans + tard tout plaquer, et nous installer dans une petite affaire sans prétention mais qui est la NOTRE. Alors l'idée de l'orienter dans une voix dite sure … c'est pas notre trip. Citation : Et enfin, petite aparté : Je te conseille d'essayer un peu de partager cette activité avec tes filles, de temps à autres. Un petit peu de Wii Sport ne t'engage à rien, ne te prendra pas des heures, et surtout elles seront enchantées de te montrer comment on fait, de jouer avec toi et de voir que malgré les limitations de temps que tu leur impose, tu ne réprouves pas cette activité ; la grande va bientôt entrer en adolescence, c'est mieux de lui apparaître comme complice que bourreau (les jeunes, ça exagère). Et en plus, tu verras que si c'est bon pour les enfants, c'est aussi le cas à 20, 30, 40, 50… Et plus : Voilà pour mon avis. Bon courage avec tes schtroumpfettes. On le fait, de temps en temps. Avec moi, essentiellement Just Dance et Wii Sport. Et Mario Kart avec son père (et des fois moi, jusqu'à ce que j'en ai marre de tomber dans des ravins ). (si ça c'est pas du stéréotype ). Je te remercie de cette longue réponse, très riche et très intéressante, à laquelle j'aimerais faire beaucoup + de commentaires, mais le temps me manque.
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529026
b
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