Histoire vécue Amour - Couple > Autres      (33584 témoignages)

Préc.

Suiv.

Surdoué(e), j'en ai bavé !

Témoignage d'internaute trouvé sur elle - 24/05/11 | Mis en ligne le 29/03/12
Mail  
| 153 lectures | ratingStar_233844_1ratingStar_233844_2ratingStar_233844_3ratingStar_233844_4
Bonjour, J'ai 25 ans et j'ai découvert cet automne que j'étais surdouée, HP, précoce, zèbre, c'est au choix selon l'humeur. Quelle nouvelle ! Jamais au grand jamais je n'aurais cru que j'étais surdouée. Nous avons tous ou presque l'image du surdoué qui a son bac à 12 ans et qui n'a pas de difficultés particulières quelles qu'elles soient. Or, loin de présenter les signes et manifestations d'un génie, bien que bonne élève voire très bonne élève durant presque toute ma scolarité, je sentais bien que mon adaptation à la vie et au monde était plus douloureuse que les autres. Je suis une passionnée, je vis sur des montagnes russes depuis toujours, avec des émotions débordantes que j'ai parfois essayé de dissimuler tant bien que mal. Depuis toute petite, j'avais la conviction que j'avais quelque chose de différent, en moins bien, un truc qui ne tourne pas bien rond, en tout cas pas dans le même sens que les autres. Bien sûr ma famille, mes profs ont très souvent dit de moi que j'étais précoce, matûre, vive, intelligente, que j'avais beaucoup de capacités, etc. Ils ont tourné autour du pot autant que moi, et ça a duré près de 25 ans. Cet automne, au moment de rentrer dans la vie active, je me suis écroulée. Le non sens de ce que je faisais, le besoin de faire quelque chose qui en ait, me bouleverse totalement. Un matin de déprime totale, état dans lequel je pouvais plonger parfois avec une violence soudaine et en remonter avec tout autant de vigueur, je me retrouve devant une émission sur les enfants précoces. S'éveille alors en moi une sensation curieuse : les mamans qui parlent de leurs progénitures sont en train de me décrire. Mais précoce, qu'est-ce que ça signifie au juste ? Je passe ma journée à faire des recherches, l'idée semble folle (je ne suis de toutes manières pas loin de penser que je le suis de temps en temps) , mais tous ces mots me décrivent. Je serais surdouée ? Moi ? Le premier avis je le demande à mon fiancé qui ne connait pas le sujet plus que moi mais convient au vu de ce que je lui lis que je correspond en tous points ou presque à ces caractériques. Certes il dit depuis notre rencontre que je suis différente, extra-ordinaire, à part (ah c'est beau l'amouuur). Je prend donc l'avis d'une spécialiste, ma meilleure amie, psychologue. Le verdict tombe en deux phrases, non ça m'étonnerait, tu n'es pas surdouée. Premier écueil, premier constat aussi de la méconaissance de ce qu'est le surdoué, même de la part des spécialistes. Je n'en démords pas, je pense avoir trouvé l'Explication, le pourquoi, je dois savoir si c'est ça. Je prends contact avec une association de parents d'enfants précoces. J'obtiens les coordonnées d'une psychologue spécialiste de la chose, et quelques semaines plus tard je passe un test. "'Au fond, vous le saviez, vous avez toujours senti que vous étiez différente". Oui, oui, différente, en moins bien, en plus difficile, en plus torturée, en plus agitée du bocal (comme dirait mon père, lequel s'est rendu compte, au travers de mon expérience, que je tenais ça de lui… quelle révélation à 65 ans !! ) , en plus sensible, bien plus sensible, en plus douloureuse. Décalée je l'ai toujours été. Petite je cherchais le contact des grands, j'avais des questions à n'en plus finir, je voulais grandir vite pour apprendre plus et faire plus. J'ai toujours eu une soif de comprendre, d'apprendre, de m'émerveiller, de vivre. Et parallèlement, je souffre, je suis une éponge à sentiments, je ressens les gens, leurs joies mais aussi leurs tristesses. Etre surdouée c'est avoir une âme d'enfant et une tête de vieillard. J'exagère à peine. Je comprends vite, j'apprends vite, je m'intéresse à énormément de choses, je me passionne ou je déteste. J'ai la sensibilité d'une petite fille de 4 ans qui est capable de passer du rire au larme en un éclair, de ressentir une joie intense extrême et une douleur tout aussi aigüe. Et par ailleurs, j'ai une lucidité enrichissante mais douloureuse de la vie, je suis capable de voir les choses avec le recul d'une personne de 65 ans. Je suis un peu écartelée entre ces deux états. Etre surdouée c'est avoir une richesse intérieure immense, et une sensibilité douloureuse, c'est se sentir proche des autres et se sentir isolée dans son fonctionnement. J'ai un parcours professionnel atypique, j'ai un mode de fonctionnement atypique, je suis atypique, avec tout ce que ça contient d'intéressant, de curieux et de difficile. Je suis avec les autres, mais je suis à côté d'eux. Comment expliquer cette différence, elle fait peur, elle dérange, même les plus proches. Il y a ceux qui ne veulent pas comprendre, ceux qui ne voient pas pourquoi ce serait une difficulté quoi que j'en dise, ceux qui pensent que j'ai un égo surdimentionné, ceux qui voient que je suis à part, et enfin ceux qui sont comme moi et/ou qui le comprennent, et ceux-là sont très rares. Aimer un (e) sourdoué (e) c'est aimer quelqu'un qui doute à l'infini sur tout et tout le monde, qui demande beaucoup d'amour, d'attention, ça demande beaucoup d'énergie. "Surdouée, j'en ai bavé", non surdouée j'en ai bavé, j'en bave et j'en baverai. Car être surdoué, ce n'est pas facile, à tout âge. Candice.
  Lire la suite de la discussion sur elle.fr


233844
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

A deux doigts de fuir parce que la rencontre m'angoisse - relations amoureuses

image

Bonsoir et merci de passer sur mon post. J'ai pas mal hésité à écrire ici (ou ailleurs ^^) , mais je crois qu'il faut que je mette les choses a plat et je suis ouverte à tous conseils et toutes critiques constructives. Voila, je suis une jeune...Lire la suite

Est-ce un point de non-retour ? - affaires de couples

image

Il s'en fout et il m'a dit "De toute façon, je ne vois pas l'intérêt de me prendre en main, il est trop tard maintenant." (il reste un mois à la fin de l'année). Ce qu'il a envie de faire en garçon normalement constituée. Je parle de le...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages