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Tout sur l'art de la séduction des femmes

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Voici le plan de ce poème : Soldat qui affrontes, pour la première fois, des combats où. Tu es novice, préoccupe-toi en premier lieu, de trouver. L'objet de ton amour, consacre-toi ensuite, à séduire. La jeune fille qui t'a plu, et enfin, exerce-toi à faire durer. Cet amour. C'est le chemin que tu dois suivres si tu es. Avide d'aimer. Voici les endroits où je te conseille de chasser : Toi qui recherches un objet qui fixe ton amour pour longtemps, apprends d'abord où se trouvent en grand nombre les jeunes filles. Pour trouver, tu n'auras pas à parcourir une longue route. Tant et de si belles filles se rencontrent dans ta ville, que l'on peut dire : "Notre ville possède tous les genres de beauté qu'a pu produire l'univers." Si tu es séduit par le charme de plus jeunes qui ne sont pas encore femmes, s'offrira à tes yeux une jeune fille encore vierge. Si tu préfères une beauté déjà épanouie ? Te plairont alors, mille d'entre-elles, dont la beauté est éblouissante, que, malgré toi, tu ne sauras où fixer ton choix. Mais si, par hasard, tu aimes celle d'âge mûr et plus experte dans l'art de l'amour, la meute sera alors plus abondante. Les promenades et édifices publics sont des endroits favorables : Tu n'as qu'à faire lentement les cent pas sur les voies publiques dans les marchés publics et les lieux de commerce ou dans l'ombre des grands jardins aménagés. N'oublie surtout pas les foires, et les fêtes de toutes sortes. Ne fuis pas non plus les lieux sanctifiés non plus que les lieux qui ne le sont pas car on y rencontre toutes sortes de femmes, des saintes et d'autres qui ne le sont plus. Les arênes sont également bien : Les arênes, qui pourrait le croire, conviennent à l'Amour, et, tout bruyants qu'ils soient, souvent une flamme y est née. En ces lieux, souvent, un beau parleur ne peut trouver les mots pour séduire ; de nouveaux intérêts l'occupent et c'est pour lui-même qu'il plaidera. Le théâtre, l'endroit chéri par les mélomanes : C'est surtout au théâtre avec ses gradins en demi-cercle que la chasse sera la meilleure : ces lieux t'offriront plus que tu ne peux espérer. Tu trouveras là, de quoi aimer, de quoi lidibiner, de quoi conquérir au passage, de quoi nouer une liaison durable. Les femmes dans leurs plus beaux atours, se pressent aux spectacles où va la foule ; j'ai souvent hésité de faire un choix devant leur trop grand nombre. Elles y viennent pour voir ; mais aussi pour être vues ; l'endroit est des plus périlleux pour leur chaste pudeur. Tu regardes derrière toi, tu repères de l'oeil la femme que tu désires, alors s'agitent dans ton coeur, mille pensées licensieuses. Crois-en mon expérience, le théâtre est rempli de pièges pour les belles si tu sais t'y prendre et en faire bon usage. Fréquente également le stade où de rares femelles feignent d'aimer la joute : Ne néglige pas non plus les champs de courses où rivalisent des chevaux fringants. Le public qui les fréquente, offre de multiples occasions. Tu n'auras pas besoin du langage des doigts pour exprimer tes secrets, et les signes de tête ne sont pas nécessaires pour que tu aies une marque d'assentiment. Assieds-toi contre celle qui te plaît, tout près, nul ne t'en empêche ; approche ton corps le plus possible du sien ; la disposition des lieux et la dimension des sièges force les gens à se serrer, et la belle à se laisser toucher. Engage une conversation qui te servira de trait d'union, et que tes premières paroles portent sur des banalités. Si une poussière s'accroche à la poitrine de ta belle, que tes doigts l'enlèvent aussitôt mais n'hésite pas à le faire s'il n'y en a pas. Tout doit servir de prétexte à ta galanterie. Si son manteau est trop long, soulève-le avec empressement pour qu'il ne traine point dans la boue. En récompense pour ce zèle officieux, sans que ta belle puisse s'en fâcher, tes yeux verront des jambes qui en valent la peine. La zone historique de la ville est un endroit prisé : Et lorsque débarquent, des wagons luxueux, des troupeaux d'étrangères. Dans cette foule égarée, tu n'auras pas été le seul à trouver l'objet passager à aimer. La langue n'a pas pour seule fonction celle de parler, applique-toi plutot à baiser celle qu'elle t'offrira. Combien, hélas, sentirent ainsipour une pure étrangère les tourments de l'amour!Assure-toi de toujours triompher : N'hésite pas à raconter tes expériences, tes voyages et les aventures amoureuses qui sont le sujet de ta prose. Jeunes gens et jeunes filles assisteront pleins de joie et pêle-mêle, à ton triomphe ; tous, le coeur dilaté par ce jour où tu triompheras ; si l'une d'elles demande le nom des héros, ou bien quels sont ces lieux, ces montagnes, ces rivières dont tu décrits la beauté, tu dois répondre sans attendre les questions ; même quand tu ne sais pas, parle comme si tu connaissais la chose à fond. Tu trouveras toujours des noms à mettre sur les lieux, les visages, exacts si tu peux, du moins qu'ils soient vraisemblables. Comment tu dois te comporter à table : Tant d'occasions se présentent à table, durant les repas, et le bon vin n'est pas la seule chose qu'on puisse y goûter. Le vin est la boisson qui rend les coeurs aptes aux échanges amoureux ; les soucis s'envolent et se noient dans de multiples libations. C'est alors que le rire naît ; que le pauvre devient hardi ; que la douleur disparaît, et nos soucis et le stress qui rides notre front. Les âmes s'ouvrent alors en une franchise trop rare à notre époque ; c'est que Bacchus chasse les artifices en nous. Là souvent le coeur des jeunes hommes a été captivé par des belles ; Mais n'accorde pas trop de foi à la trompeuse clarté de la lampe, pour juger de la beauté, la nuit et le vin sont de mauvais conseil. C'est de jour et en plein air qu'il te faudra choisir. La nuit dissimule les taches et est indulgente à toutes les imperfections ; à ces heures-là, toute femme te semblera belle. Laisse-toi conseiller par la clarté du jour pour juger des traits du visage et des lignes du corps de la belle que tu choisira. Pour tes ébats nocturnes. Et comment agir en dehors de la grande cité : En dehors de la grande cité, dans les grandes banlieues et la campagne on ne peut compter les lieux propres à la chasse aux belles. En quittant ces endroits propices aux congrégations de femmes plus d'un, le coeur percé d'une blessure s'est écrié : "Non, je ne crois point ceux qui disent que ces lieux sont sans danger pour la faune." Voici quelques moyens de plaire à ta belle : Maintenant que tu sais où choisir l'objet de ton amour, où tendre tes filets, je voudrais t'indiquer les moyens decaptiver celle qui a su te plaire, c'est l'objet le plus important de mon traité. Écoute-moi attentivement et que mes promesses trouvent en toi, un auditoire recueilli. Ais confiance en toi : Sois persuadé avant tout, que toutes les femmes peuvent être prises : Tends seulement tes filets et tu sauras les prendre. Si l'homme ne prenait pas l'initiative de faire les avances, la femme, vaincue, prendrait bientôt sur elle de les faire ; il en est ainsi chez certains animaux où c'est la femelle qui fait les préliminaires à l'accouplement. La passion est plus ardente et plus folle chez la femme que chez l'homme. N'hésite pas, et espère pouvoir triompher de toutes les femmes ; il y en aura à peine une sur mille a vouloir te résister. Qu'elles cèdent ou qu'elles résistent, elles adorent qu'on leur fasse la cour ; et si elle te cache son sein, l'échec sera pour toi un moindre mal. Mais pourquoi penser être repoussé, quand il y a tant de plaisir à une volupté nouvelle, et que l'on est plus séduit par ce qu'on n'a pas que par ce qu'on a ? La moisson est toujours plus riche dans la maison d'autrui, et le troupeau du voisin a les mamelles plus juteuses. Assure-toi de la complicité de l'amie de ta belle : Lie connaissance avec l'amie de la femme que tu veux séduire, tu dois t'y employer, c'est elle qui te facilitera les premiers pas. Assure-toi jusqu'où vont ses confidences avec son amie, et de l'assurance et la discrétion qu'elle aura pour tes amours. Afin de la gagner, emploie les promesses, emploie les prières ; ce que tu demandes, il lui sera facile de te le procurer, si elle le veut. Elle choisira le moment favorable où l'âme de son amie est la mieux disposée et prête à la séduction. Cette âme se prêtera d'autant à la séduction qu'elle sera épanouie d'allégresse, comme la moisson l'est dans un champ fertile. Quand le coeur est joyeux, quand il n'est pas chargé de douleur, il s'ouvre de lui-même ; alors l'amour peut s'y glisser. Il faut également attaquer la belle lorsque l'affront d'avoir une rivale provoquera son ressentiment ; alors tu travailleras à ce qu'elle ne reste pas sans vengeance. Tu me demandes s'il est utile de séduire aussi l'amie ? C'est une pratique bien chanceuse ; l'une, pour t'avoir accordé ses faveurs, sera plus zélée, une autre sera moins active ; l'une t'aidera à devenir l'amant de sa confidente, l'autre l'amant d'elle-même. Le succès sera toujours hasardeux, même s'il doit te rendre plus audacieux, mon avis serait que tu t'abstiennes. Si pourtant l'amie quand elle donne ou raçoit un cadeau, te plaît par sa beauté autant que par son zèle, assure-toi de posséder d'abord la maîtresse, et que l'amie vienne ensuite ; Mais ton tribut à l'Amour ne doit point commencer par elle. Les circonstances favorables pour l'attaque : Il n'est pas toujours sûr de s'attaquer à une tendre beauté ; Souvent, on réussira plus ou moins bien selon le moment choisi. Prends note de l'anniversaire de ta maîtresse, et que le jour où il faudra lui faire un cadeau, ne soit point néfaste à tes yeux. Tu auras beau te défendre, elle saura t'arracher quelque chose, la femme connaît l'art de s'approprier l'argent d'un amant passionné. Les femmes te demanderont souvent de leur laisser quelque chose, soi-disant, qu'elles te rondront plus tard ; mais elles ne veulent pas rendre, ce que tu auras donné ; autant de perdu pour toi, sans que l'on te sache gré de ta perte. Non vraiment, si je voulais énumérer tous les abominables artifices des courtisanes, dix bouches et autant de langues ne me suffiraient pas. Use des lettres et des paroles : Que l'encre sur le papier soit la première confidente de tes intentions. Qu'elle dise des compliments, des mots qui transpirent l'amour ; quel que soit ton rang, ajoute des prières plus que tièdes. Fais des promesses, cela ne coûte rien ; tout le monde peut-être riche en promesses. L'espérance, du moment qu'on y ajoute foi, dure longtemps : c'est une déesse trompeuse, mais bien utile. Si tu as fait quelque cadeau que tu n'as pas fait, tu peux sembler toujours sur le point de le faire. Le point difficile, le travail délicat, c'est d'obtenir les premières faveurs. Sans avoir fait de présent : pour n'avoir pas accordé par pure bienveillance ce qu'elle a accordé, la belle accordera plus encore. Étudie les arts libéraux, je te le conseille, non pour défendre l'accusé tremblant ; aussi bien que le juge, la femme, vaincue, rendra les armes à ton éloquence. Mais cache tes moyens et n'étale pas ta faconde. Supprime de tes paroles toute expression pédante. Il ne faut point adresser toute une déclamation à ta tendre amie. Souvent une lettre a puissamment contribué à en faire détester l'auteur. Que ton style soit naturel, tes mots usuels, mais tendres, si bien que l'on croie t'entendre parler. Si elle refuse ton billet et le renvoie sans le lire, espère qu'elle le lira et persiste. Fais en sorte qu'elle lise jusqu'au bout tes phrases tendres. Après avoir voulu les lire, elle voudra répondre à ce qu'elle aura lu : tout ce que tu désires viendra en son ordre et par degrés. Peut-être recevras-tu d'abord une lettre de mauvais augure, où elle te demandera de cesser tes poursuites : ce qu'elle te demande, elle craint de l'obtenir ; ce qu'elle ne demande pas, elle le souhaite, Je veux dire que tu sois plus pressant ; poursuis et bientôt tu verras tes voeux accomplis. Profite des occasions de la séduire : Cependant, si ta belle se fait transporter allongée dans un carosse, approche-toi d'elle comme par hasard, et, pour éviter que l'oreille d'un fâcheux ne recueille tes paroles, Autant que possible explique-toi par des signes à double entendement. Si c'est un vaste portique que parcourt, à pied, sa promenade oisive, là aussi associe ta flânerie à la sienne. Arrange-toi pour marcher tantôt devant elle et tantôt derrière, tantôt pour précipiter ta marche, tantôt pour la ralentir. Et tu ne craindras pas d'avancer durant quelque temps en dehors des colonnes ou de marcher tout contre elle. Ne souffre pas que, sans toi, elle aille, dant tout l'éclat de sa beauté, s'asseoir sur les gradins semi-circulaires du théâtre : un spectacle te sera offert pas ses épaules, tu pourras la regarder, tu pourras l'admirer, tu pourras lui dire mille choses par le mouvement des sourcils, mille choses par des gestes. Se lève-t-elle, lève-toi ; tant qu'elle reste assise, reste assis ; Suivant la volonté de ta maîtresse, sache perdre ainsi ton temps. La tenue qui sied pour lui plaire : Une beauté sans apprêt sied aux hommes. C'est par la simple élégance que doivent plaire les hommes : Que ta peau soit hâlée par les exercices au terrain de sport ; Que ton veston t'aille bien et n'ait pas de taches. Que ta chaussure soit bien correctement nouée ; que les agrafes n'en soient pas rouillées. Que ton pied ne nage pas dans un soulier trop large ; qu'une coupe maladroite n'enlaidisse pas et ne hérisse pas ta chevelure ; que tes cheveux, que ta barbe soient taillés par une main experte, que tes ongles soient propres et bien coupés, qu'aucun poil ne se dresse dans tes narines ; qu'une haleine désagréable ne sorte pas de ta bouche, et que l'odeur du mâle, père du troupeau, ne blesse pas les narines. Tout le reste, abandonne-le soit aux jeunes filles lascives, soit aux hommes qui, contre nature, cherchent l'amour d'un homme. Profite de la chaleur du vin : Si une femme est ta voisine à table, prie Bacchus de ne pas permettre que le vin te porte à la tête. Alors tu pourras, à mots couverts, dire mille choses que ta voisine sentira dites pour elle, tracer discrètement de tendres signes avec un peu de vin, pour qu'elle lise sur la table qu'elle est maîtresse de ton coeur, et la fixer dans les yeux avec des yeux qui avouent ta flamme. Souvent un visage muet a une voix et un verbe plus éloquents. Tâche de t'emparer le premier de la coupe qu'auront touchée ses lèvres charmantes, et du côté où elle aura bu, bois aussi. Tous les mets que ses doigts ont effleurés, prends-en également et effleure sa main en les prenant. Ne dédaigne pas de plaire également à l'amant de ta belle ; il te sera plus utile s'il devient ton ami. Si le sort t'accorde la royauté du festin, cède-lui cette royauté donne-lui la couronne posée sur ta tête ; même s'il est ton inférieur ou ton égal, laisse-le se servir avant toi et ne néglige pas d'approuver ce qu'il dit. C'est un moyen sûr et fréquent de tromper en feignant l'amitié, mais, bien que coupable, ce moyen est fréquent et toujours efficace. Voici la juste mesure à conserver tout en buvant. Que ton intelligence et tes pieds restent à même de remplir leur office. Évite surtout les discussions qu'anime le vin et la trop grande propension aux combats cruels. Chante si tu as de la voix ; danse, si tes bras sont gracieux ; plais, si tu as d'autres moyens de plaire. L'ivresse, si elle est véritable, te fera du tort ; si elle est feinte, elle peut t'être utile. Emploie-toi à prononcer, en hésitant, des mots balbutiés, pour que toutes tes actions ou tes paroles un peu hardies soient attribuées à des libations trop copieuses. N'hésite pas à dire : "Bonne santé à celle que j'aime ; bonne santé à celui qui partage sa couche", tout en souhaitant intérieurement. "Que meure l'amant de celle que j'aime". Ne lésine pas sur les compliments: Lorsque les convives quitteront la table, la foule te fournira le moyen et l'occasion d'approcher ta belle. Faufile-toi dans la foule, glisse-toi près d'elle pendant qu'elle s'en va, pince sa taille de tes doigts et touche son pied de ton pied. Voici le moment de l'entretenir, laisse fuir toute Pudeur incensée. Ce n'est que d'audace que se livre l'Amour. Il te faut jouer l'amant, et, dans tes paroles, te donner les apparences d'être blessé d'amour ; ne néglige aucun moyen pour l'en persuader. Et il n'est pas difficile d'être cru : toute femme se juge digne d'être aimée ; Si laide soit-elle, il n'en est aucune qui ne se trouve bien. Souvent d'ailleurs celui qui faisait semblant commence à aimer réellement, souvent il devient réellement ce qu'au début il feignait d'être. Aussi, jeunes beautés, montrez-vous indulgentes pour les apparences ; il deviendra réel, L'amour qui tout à l'heure était feint. C'est le moment de gagner furtivement le coeur par des mots caressants ; N'hésite pas à louer son visage, ses cheveux, ses doigts fuselés et son pied mignon. C'est un plaisir pour les plus chastes que d'entendre faire l'éloge de leurs attraits : Même les vierges soignent et aiment leurs attraits. Et les promesses qui n'engagent à rien : Et promets hardiment : ce sont les promesses qui entraînent les femmes ; prends tous les dieux à témoin de tes engagements. Use des larmes, des baisers, et de la hardiesse : Les larmes également sont utiles : avec des larmes tu amollirais le diamant. Tâche que ta bien-aimée voie, si tu peux, tes joues humides. Si les larmes te font défaut, mouille-toi les yeux avec la main. Quel est l'homme expérimenté qui ne mêlerait pas les baisers aux paroles d'amour ? Même si elle ne les rend pas, prends-les sans qu'elle les rende. D'abord elle résistera peut-être et t'appellera. "insolent"; tout en résistant, elle désirera d'être vaincue. Mais ne va pas lui faire mal par des baisers maladroits sur ses lèvres délicates, et garde bien qu'elle puisse se plaindre de ta rudesse. Prendre un baiser et ne pas prendre le reste, c'est mériter de perdre même les faveurs accordées! Qu'attendais-tu, après un baiser, pour réaliser tous tes voeux ? Hélas! tu as fait preuve de manque d'usage, et non de retenue. C'aurait été de la violence, dis-tu ; mais cette violence est agréable aux femmes ; ce qu'elles aiment à donner, souvent elles veulent l'accorder malgré elles. Une femme, prise de force brusquement par un vol amoureux, s'en réjouit : cette insolence vaut pour elle un présent. Mais celle que l'on pouvait forcer, et qui se retire intacte, peut bien affecter la joie sur son visage ; elle sera triste. La pudeur interdit à la femme de provoquer certaines caresses, mais il lui est agréable de les recevoir quand un autre en prend l'initiative. Oui! un homme compte trop sur ses avantages physiques, s'il attend que la femme commence à faire les avances. C'est à l'homme de commencer, à l'homme de dire les mots qui prient, à elle de bien accueillir les prières d'amour. Veux-tu la prendre ? Demande. Elle ne désire que cette demande. Explique la cause et l'origine de ton amour. Si tes prières se heurtent à l'éloignement d'un orgueil dédaigneux, ne va pas plus loin et bats en retraite. Combien désirent ce qui leur échappe et détestent ce qui est à leur portée! Sois moins pressant, tu ne seras plus repoussé. Et l'espoir d'arriver à tes fins ne doit pas toujours apparaître dans tes demandes ; pour faire pénétrer ton amour, cache-le sous le voile de l'amitié. J'ai vu des beautés farouches être dupes de ce manège : leur courtisan était devenu leur amant. La pâleur du teint : Si ta peau est blanche, on en sera choqué. Mais tout amant doit être pâle ; c'est le teint qui convient à l'amant. Bien des gens pourraient croire que cela n'a jamais servi à rien. Le corps maigrit par les veilles, les soucis, et la douleur qu'engendre un violent amour. Pour voir tes voeux couronnés, inspire la pitié, afin qu'en t'apercevant on dise aussitôt : "Il est amoureux." Ne fais aucune confidence à quiconque : On ne peut sans danger faire à son ami l'éloge de celle qu'on aime. S'il croit à tes éloges, aussitôt il te supplante. Rien ne plaît que ce qui est honteux ; chacun ne pense qu'à son plaisir, et même celui que procure la douleur d'autrui a son charme. Quel scandale! ce n'est pas un ennemi que doit craindre un amant. Fuis ceux que tu crois fidèles, tu seras à l'abri du danger. Un parent, un frère, un ami cher, défie-t'en ; les sujets de crainte réels, voilà, ceux qui te les fourniront. Voici comment adapter ces conseils aux caractères féminins : Avant de terminer, sache que les femmes ne ressentent pas toutes les mêmes sentiments, bien au contraire ; vous trouverez mille âmes diverses ; pour les prendre, employez mille moyens. Dans les poitrines, il y a autant de caractères différents que de visages dans le monde. L'homme habile s'accommodera à ces innombrables variétés de caractères ; La même méthode ne conviendra pas à tous les âges : une vieille biche découvrira le piège de plus loin ; si tu te montres savant auprès d'une novice, trop entreprenant auprès d'une prude, aussitôt elle se défiera et se tiendra sur ses gardes. C'est ainsi que, parfois, la femme qui a craint de se livrer à un homme honnête se laisse honteusement tomber dans les bras de quelqu'un qui ne le vaut pas. Voici le but du livre second : La proie que tu as poursuivie est enfin tombée dans tes filets. Non seulement mes vers ont amené à toi celle que tu aimes, et tu as pu la prendre grâce à mon art qui t'aidera à la conserver. Autant de talent te sera bien plus nécessaire pour garder tes conquêtes que pour les faire : dans l'un, il y a du hasard, et l'autre sera l'oeuvre de mon art. Les difficultés du sujet que je dois traiter : Je projette ici, une grande entreprise, dire par quel art se fixe l'amour, cet enfant si volage dans le vaste univers. Il est léger et il a deux ailes qui lui permettent de s'échapper ; il est difficile d'en régler les mouvements. Les moyens illusoires de faire durer l'amour : Pour faire durer l'amour, les herbes médicinales ne te serviront à rien, non plus que les formules divinatoires, les chants magiques et les enchantements. Et il n'y a rien à attendre des drogues qui rendraient les jeunes filles amorphes ; les drogues troublent l'esprit et engendrent la folie. Parmi les moyens conseillés, sois aimable : Loin de moi de te conseiller les moyens interdits. Pour être aimé, il te faudra être aimable, ce à quoi ne suffira pas la beauté des traits ou du corps. Si tu veux conserver ta maîtresse et n'avoir jamais la surprise d'être abandonné par elle, ajoute aux avantages du corps les dons de l'esprit. La beauté est un bien fragile, tout ce qui s'ajoute aux années la diminue ; elle se flétrit par sa durée même. Forme-toi maintenant l'esprit, bien durable, qui sera l'appui de ta beauté, seul il subsiste jusqu'au bûcher funèbre. Ne crois pas futile de cultiver ton intelligence par les arts libéraux et de bien maîtriser les langues. Il est utile d'être beau parleur. Donc, qui que tu sois, crains de te fier à une beauté trompeuse, et, outre les avantages physiques, assure-t'en de plus précieux. Je te conseille également d'avoir un caractère agréable : Ce qui gagne surtout les coeurs, c'est une adroite condescendance, la rudesse engendre la haine et les guerres cruelles. Les discussions et les combats d'une langue acerbe sont inutiles, seules les douces paroles sont l'aliment de l'amour tendre. Qu'il y ait des discussions pouvant écarter le mari de la femme et la femme du mari et leur faire croire sans cesse qu'ils sont en procès l'un avec l'autre, permis à des époux ; Ce n'est pas une contrainte de la loi qui vous a réunis dans ce lit, mais l'amour, votre unique loi. Présente-toi avec de tendres caresses et des mots qui charment l'oreille de ta maîtresse, afin qu'elle se réjouisse de ta venue. La persévérance te sera nécessaire : Si ton amour reçoit un accueil peu caressant et peu affable, supporte tout et tiens bon, bientôt elle s'adoucira. Et de la complaisance il te faudra aussi : Si ta maîtresse te contredit, cède ; c'est en cédant que tu sortiras vainqueur de la lutte. Borne-toi à jouer le rôle qu'elle t'imposera. Elle blâme ; blâme ; tout ce qu'elle approuve, approuve-le ; ce qu'elle dira, dis-le ; ce qu'elle niera, nie-le. Elle rit, ris avec elle ; si elle pleure, ne manque pas de pleurer. Que l'expression de ton visage se règle sur la sienne. Elle veut jouer ; joue et laisse-là gagner. Tiens toi-même son ombrelle déployée ; toi-même fais-lui place dansla foule, si elle la traverse ; empresse-toi d'approcher l'escabeau à son lit ; ôte ou mets les sandales à son pied délicat. Souvent lorsqu'il fait froid, réchauffe sur ton sein les mains gelées de ta maîtresse. Et ne juge pas honteux, toi, un homme libre, de lui tenir le miroir. Si elle te demande de venir à l'Opéra, arrange-toi pour y être toujours avant l'heure dite et ne le quitte que bien tard. Cours à l'endroit qu'elle te dit et que la foule ne retarde pas ta route. Le soir, quand elle retourne chez elle, après un repas, offre-toi encore à la place d'une servante. Si elle te veut à la campagne, accours car l'amour hait tout retard, et si tu n'as pas de voiture, fais la route à pied. Rien ne doit t'arrêter, ni le mauvais temps, ni la canicule qui altère, ni la chute de la neige qui couvre le chemin. Surtout ne te laisse pas arrêter par les obstacles : L'amour est une espèce de service militaire. Arrière, hommes lâches ; ce ne sont pas des hommes pusillanimes qui doivent garder ces étendards. La nuit, l'hiver, de longues routes, de cruels chemins, toutes les épreuves, voilà ce qu'on endure dans ce champ du plaisir. Dépouille tout orgueil, si tu veux être aimé longemps. Si tu n'as pas une route sûre et facile pour rejoindre ta bien-aimée, si tu trouves devant toi une porte verrouillée, eh bien! laisse-toi glisser, chemin périlleux, par une partie accessible du toit, une fenêtre ouverte. Ta maîtresse sera transportée de joie, et saura qu'elle est la cause du péril que tu as couru pour elle, ce sera le gage assuré de ton amour. Il te faudra te concilier les bonnes grâces de la domesticité : Ne rougis pas non plus de gagner les bonnes grâces des servantes, selon leur rang ; ne rougis pas de gagner celles de la guardienne d'enfant ou de l'amie intime. Salue chacun par son nom. Fais un petit cadeau à la servante qui te le demandera. Fais-en également à la guardienne. Crois-moi, mets ce petit monde dans tes intérêts ; en tout cas, n'oublie pas la servante qui surveille la porte de la chambre à coucher. N'oublie surtout pas de faire quelques cadeaux : Je ne te conseille pas de faire à ta maîtresse des cadeaux somptueux : qu'ils soient modestes, mais choisis et offerts habilement. Dois-je te conseiller de lui envoyer aussi des vers d'amour ? Hélas! la poésie n'est guère en honneur. On fait l'éloge des poésies, mais ce sont de grands présents qu'on réclame : pourvu qu'il soit riche, le rustre lui-même plaît. Il y a tout de même des femmes cultivées, mais un groupe peu nombreux ; l'autre groupe n'est pas cultivé, mais veut le paraître. Faites, dans vos vers, l'éloge de l'un et de l'autre ; et vos vers, bons ou mauvais, que le lecteur les fasse valoir par le charme de son débit. Aux unes et aux autres, des vers en leur honneur, composés durant une nuit d'insomnie, leur tiendront peut-être lieu d'un petit présent. Par exemple ce que tu ferais de toi-même, ce que tu crois utile, arrange-toi pour que toujours ta maîtresse te le demande. Tu as promis un congé à l'une de tes servantes ; arrange-toi pour qu'elle la sollicite de toi par ta maîtresse. Tu fais grâce à une servante d'un châtiment, grâce des fers pénibles ; ce que tu avais l'intention de faire, qu'elle te le doive!Que l'avantage soit pour toi, mais laisse-lui l'honneur : tu ne perdras rien à lui donner le rôle d'une personne toute-puissante. Sois en admiration perpétuelle : Mais, si tu as à coeur de conserver l'amour de ta maîtresse, fais en sorte qu'elle te croie émerveillée de sa beauté. Porte-t-elle un manteau en pourpre de Tyr ? Vante les manteaux en pourpre de Tyr. Porte-t-elle un tissu de Cos ? Pense que le tissu de Cos lui va bien. Est-elle brillante d'or ? Dis-lui qu'à tes yeux elle a plus de prix que l'or. Si elle t'apparaît vêtue de la seule tunique, crie : "Tu m'embrases". Admire ses bras, quand elle danse, sa voix, quand elle chante, et, dès qu'elle cesse, plains-toi qu'elle ait fini. Vos embrassements mêmes et ce qui fait ton bonheur, tu pourras les célébrer et les voluptés secrètes qu'elle goûte la nuit. Garde-toi seulement de paraître, dans ces paroles, déguiser ta pensée, et que l'expression de ton visage ne démente pas l'effet de ton language. L'art est utile, quand il est caché ; s'il est découvert, il donne à rougir et détruit justement la confiance pour toujours. Donne des preuves de ton dévouement : Puisse ta maîtresse rester bien portante! Mais si quelque indisposition la force à garder le lit, si, malade, elle ressent la maligne influence du ciel, qu'elle voie bien alors ton amour et ton dévouement. Sache que la force de l'habitude développe l'amour : Que ta maîtresse te voie toujours ; qu'elle t'entende toujours ; que la nuit et le jour lui montrent ton visage. Lorsque tu auras plus de raisons de croire qu'elle peut te regretter, lorsque ton absence lui causera quelque inquiétude, laisse-lui un peu de repos. Mais il est plus sûr que ton absence soit courte : avec temps les regrets diminuent, l'absent n'existe plus, un nouvel amour se glisse alors dans son lit. Surtout, assure-toi de guarder secrètes, tes infidélités : Le crime d'un époux, la violation de la loi conjugale, c'est ainsi que se rompent des unions bien assorties, des unions solides : un homme prudent doit éviter ces accusations. Ce n'est pas que, censeur sévère, je vous condamne à n'avoir qu'une maîtresse. Aux dieux ne plaise! C'est à peine si une femme mariée peut suivre cette conduite. Amusez-vous, mais soyez prudents ; que votre faute soit cachée et furtive ; il ne faut tirer aucune vanité de votre action coupable. N'aie point d'heure fixe pour ton infidélité, et si tu ne veux pas qu'une maîtresse te surprenne dans une retraite qu'elle connaît, ne donne pas toujours tes rendez-vous au même endroit. Chaque fois que tu écriras commence par bien examiner toi-même les tablettes ; combien de femmes y lisent plus qu'on ne leur écrit! Et si tes infidélités étaient connues, voici comment t'en défendre : Si tes actes, quoique bien cachés, viennent à se découvrir, même découverts, nie-les jusqu'au bout. Ne sois ni soumis ni plus caressant qu'à l'ordinaire ; ce sont là de fortes marques d'un coeur coupable. Mais n'épargne pas tes reins ; la paix est à ce seul prix : c'est le lit qui doit prouver que tu n'as pas auparavant goûté les plaisirs de la chair. Dans certains cas tu devras provoquer la jalousie:Il y a des femmes auprès desquelles une obéissance craintive va contre le but, et dont l'amour languit, faute d'une rivale. Ainsi quand le coeur languit dans l'indolente torpeur de la sécurité, il faut employer des aiguillons pénétrants pour réveillér l'amour. Arrange-toi pour que ta maîtresse ait des inquiétudes sur ton compte ; réveille l'ardeur de son coeur attiédi ; qu'elle pâlisse en apprenant ton infidélité. O heureux celui dont la maîtresse gémit de se voir offensée, et qui, aussitôt s'évanouit. Puissé-je être celui dont sa fureur arrache les cheveux. Puissé-je être celui dont ses ongles déchirent les joues délicates, qu'elle ne peut voir sans pleurer, qu'elle regarde d'un oeil farouche. Qu'il soit court le temps pendant lequel tu la laisseras se plaindre de son offense, un trop long retard permettrait à la colère de prendre des forces. Hâte-toi d'entourer de tes bras son cou blanc, et appuie sur ta poitrine son visage baigné de larmes. A ses larmes donne les baisers, à ses larmes donne les joies de l'amour. La paix se fera. C'est le seul moyen de dissiper sa colère. Lorsqu'elle se sera bien emportée, lorsqu'elle paraîtra une ennemie bien déclarée, demande-lui de signer sur son lit un traité de paix. Elle s'adoucira. C'est à ce seul endroit que le pardon est possible.Pour te faire valoir il faut te connaître toi-même : Seul celui qui se connaîtra sera sage dans ses amours et proportionnera les entreprises à ses forces. Si la nature lui a donné de beaux traits, il doit se faire regarder de ce côté ; s'il a une belle peau, il dormira souvent l'épaule découverte ; celui qui plaît dans la conversation évitera un morne silence ; celui qui sait chanter chantera ; celui qui sait boire boira. Mais que les beaux parleurs ne se mettent pas à déclamer dans une conversation ordinaire, ni les poètes extravagants à lire leurs vers. Quiconque sera sage dans ses amours triomphera et obtiendra ce qu'il désire en se conformant à mon traité.Quelques mots sur les tristesses de l'amour : Peu de plaisirs et plus de peines, voilà le lot des amants : qu'ils préparent leur âme à de nombreuses épreuves. On te dira que ta maîtresse est sortie, au moment où peut-être tu l'aperçois ; pense qu'elle est sortie et que tes yeux te trompent en l'apercevant. Elle t'a promis sa nuit et sa porte t'est fermée : supporte avec patience d'étendre ton corps même par terre dans la saleté. Peut-être une menteuse servante ira-t-elle jusqu'à dire d'un air insolent : "Pourquoi cet homme assiège-t-il notre porte ? " Suppliant, adresse des paroles caressantes aux battants et à la cruelle servante, ôte les roses qui sont sur ta tête et pose-les sur le seuil. Lorsqu'elle te voudra, tu viendras ; lorsqu'elle t'évitra, tu t'en iras ; un homme bien élevé ne doit pas être importun. Voudrais-tu forcer ton amie à dire : "Il n'y a donc pas moyen de s'en défaire!" Ses sentiments ne te seront pas toujours contraires. Et n'aie pas honte de supporter les injures de ton amie, ses coups, et d'aller jusqu'à baiser ses pieds délicats.Quelle conduite à tenir envers un rival : Souffre avec patience un rival ; la victoire sera de ton côté. Ton amie fera quelque signe à un rival, supporte-le. Elle lui écrira : ne touche pas aux lettres. Qu'elle vienne d'où elle voudra ; qu'elle aille où il lui plaira. Cette complaisance, des maris la témoignent à leur épouse légitime, lorsque, toi aussi, bon Sommeil, tu vienx jouer ton rôle. En cet art, je l'avoue, je ne suis pas versé. Plus habile est l'amant qui présente lui-même les autres. Le mieux est de tout ignorer. Laisse-la cacher ses infidélités et ne la force pas à composer son visage pour échapper à la rougeur de l'aveu. Raison de plus, jeunes gens, pour éviter de surprendre vos maîtresses. Qu'elles vous trompent, et qu'en vous trompant elles pensent vous en avoir donné à garder! C'est croître l'amour de deux amants, que de les surprendre ; dès que leur sort est commun, ils persistent l'un et l'autre dans ce qui causa leur perte. Ne disposez pas de filet autour d'un rival et n'interceptez pas des lettres écrites secrètement. Laissez-les prendre, s'ils jugent seulement à propos de les prendre, laissez-les prendre aux hommes dont l'eau et le feu feront des maris au sens légal. Je le proclame pour la seconde fois. On ne badine pas ici sur ce que la loi défend. A nos jeux n'est mêlée aucune robe de matronne.Sois absolument discret en amour : Ce qu'il faut pour nos rendez-vous, c'est une chambre bien close, et généralement nous couvrons d'un voile ce qu'il est indécent de montrer, et nous recherchons, sinon les ténèbres, du moins une demi-obscurité et quelque chose de moins éclatant que le grand jour. Aujourd'hui, nous affichons nos conquètes. Pour le seul plaisir de parler. Aussi bien en tous lieux on détaille les charmes de toutes les femmes, pour dire au premier venu : "Celle-là aussi, je l'ai eue", pour en avoir toujours une à montrer du doigt, pour que toutes celles que tu auras touchées deviennent le sujet de conversations légères. Il y a plus encore : certains inventent des aventures qu'ils désavoueraient si elles étaient vraies, et, à les entendre, ils ont eu les faveurs de toutes les femmes. S'il leur est impossible de prendre la personne, ils s'en prennent à son nom, et la renommée est flétrie, bien que le corps n'ait jamais été touché. Ferme bien la porte sur ta maîtresse, mets cent verrous à la porte solide. Où trouver une protection sûre, puisqu'il y a des gens qui violent les réputations et qui désirent faire croire à un bonheur qu'ils n'ont pas eu ? Pour nous, nous ne racontons qu'avec retenue nos succès, même réels ; nos larcins amoureux restent protégés par le mystère d'un silence impénétrable.Il te faudra louer même les défauts de la femme que tu aimes : Ne va pas surtout reprocher à une femme ses défauts physiques : Ce que tu as du mal à supporter, il faut t'y accoutumer ; tu le supporteras facilement ; l'habitude atténue bien des choses, tandis que l'amour naissant remarque tout. La fuite des jours suffit à supprimer toutes les tares physiques, et ce qui était une défectuosité cesse de l'être avec le temps. Des mots peuvent pallier les défauts. Appelons agiles les petites, et bien prises les énormes. Bref, déguisons le défaut sous la qualité qui en est le plus voisine.Comment te comporter vis-à-vis l'âge de ta maîtresse : Ne t'informe pas de son âge, ni de l'événement qui l'a vue naître, surtout si elle n'est plus dans la fleur de la jeunesse, que sa meilleure saison soit passée et qu'elle s'arrache déjà des cheveux gris. É cet âge, les femmes sont plus savantes au travail amoureux, et qu'elles possèdent l'expérience, qui seule fait les artistes. Par des soins elles compensent les outrages des ans ; suivant ta fantaisie, elles se prêteront, pour l'amour, à mille attitudes, à des poses diverses. Chez elle le plaisir naît sans provocation artificielle ; pour qu'il soit vraiment agréable, il faut que la femme et l'homme y prennent part également. Je hais les embrassements, où l'un et l'autre ne se donnent pas, voilà pourquoi je trouve moins d'attraits à aimer les petits garçons. Je hais la femme qui se livre parce qu'elle doit se livrer, et qui, n'éprouvant rien, songe à sont tricot. Le plaisir qu'on m'accorde par devoir ne m'est pas agréable ; je ne veux pas de devoir chez une femme. Je veux entendre des paroles traduisant la joie qu'elle éprouve et me demandant d'aller moins vite et de me retenir. J'aime à voir les yeux mourants d'une maîtresse qui se pâme, et, qui, abattue, ne veut plus, de longtemps, qu'on la touche. Ces avantages, la nature ne les a pas accordés à la première jeunesse ; ils ne se rencontrent ordinairement que dans la fleur de l'âge. Que les gens pressés s'abreuvent au vin nouveau ; pour moi, une amphore remplie depuis longtemps me procure un vin béni des Dieux. Voici la pratique des choses de l'amour : Crois-moi, il ne faut pas hâter le terme de la volupté, mais y arriver insensiblement après des retards qui la diffèrent. Quand tu auras trouvé l'endroit que la femme aime à sentir caressé, la pudeur ne doit pas t'empêcher de le caresser. Tu verras les yeux de ton amie briller d'un éclat tremblant, comme il arrive souvent aux rayons du soleil réflétés par une eau transparente. Puis viendront des plaintes, viendra un tendre murmure et de doux gémissements et les paroles qui conviennent à l'amour. Mais ne va pas, déployant plus de voiles que ton amie, la laisser en arrière, ou lui permettre de te devancer dans ta marche. Le but, atteignez-le en même temps ; c'est le comble de la volupté, lorsque, vaincus tous deux, femme et homme demeurent étendus sans force. Voilà la conduite à suivre, lorsque le loisir te laisse toute liberté, et que la crainte ne te contraint pas à hâter le larcin d'amour. Lorsqu'il y aurait danger à tarder, il est utile d'activer ton éperon et de le lancer à toute allure dans le volcan fumant.Conclusion et transition au livre troisième : Mais voici que les tendres jeunes filles me demandent des préceptes : vous serez le premier objet dont vont s'occuper les vers suivants. Var site="sm7MarcoPoloChez"
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260016
b
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