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Tout était toujours de ma faute sans remise en question.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Moi aussi je suis ravie de cet échange. Ce que tu décris dans le fusionnel, je l'ai vécu tout au long de ma vie. J'ai failli même sombrer à force de donner, donner sans jamais avoir en retour une marque de reconnaissance de mon ex mari. Tout était toujours de ma faute sans remise en question. Au bout de 19 ans, j'ai demandé le divorce. Mais entretemps, j'ai rencontré Celui qui aurait pu être comme le Tien s'il avait tenu le coup. "J'attendais donc de lui, qu'il me donne, ce qui était en moi même a l'état endormi… il me fallait éveiller cela en moi. Comme je m'obnubilais a vouloir cela de lui, au départ et qu'il ne pouvait pas me l'offrir (puisque c'était en moi et non en lui) alors je ne voyais plus rien de ce qu'il me donnait, ou disons plutot cela me semblait sans interet puisque je voulais autre chose ! C'est a ce moment la que l'irrespect nait et que les conflits naissent aussi, donc le manque de reconnaissance, le manque d'amour, d'amitié même… " C'est ce qui s'est passé pour nous. Quoi qu'il me donne, je me disais qu'il était capable de le donner à n'importe qui, que je n'étais pas unique pour lui, celle pour laquelle il existe entièrement, de manière otarcique. Je le voulais pour moi, je ne voyais pas ses forces l'abandonner petit à petit, sa détermination s'étioler au fil des mois. J'avais tant de manques, il les voyait, il les entendait mais était impuissant. Sans doute lui renvoyais-je un peu de ses manques à lui même si nos vies étaient diamétralement opposées. Quand il m'a demandé de partir, je ne lui en ai pas voulu, j'ai compris mais j'avais un poignard planté dans le coeur. Je lui ai dit en larmes : "je pensais que tu m'aimais", il m'a répondu tristement "apparemment pas assez pour toi ! ". J'avais la sensation que même avec lui, je ne remontais pas à la surface et que je l'emmenais plutôt avec moi vers le fond. A partir de ce moment là, j'ai commencé ou plutôt recommencé le travail que j'avais entamé sur moi. C'était en décembre dernier. Depuis, j'ai avancé, évolué, compris. Nous sommes toujours en contact et même s'il constate mon changement, il reste sur ses positions. Pour lui, c'est fini. Sans doute a t'il besoin lui aussi de se pencher sur son passé pour y déterrer les non-dits, les souffrances enfouies qui me paraissaient tellement douces par rapport aux miennes. Cela aussi je l'ai compris, rien ne se compare. Il ne s'est pas senti à la hauteur. Mon chevalier, celui qui était prêt à tout pour me "sauver", a enfourché son destrier pour aller respirer plus loin, là où l'air était plus positif, moins asphyxiant. Je le voyais triste de ne pouvoir répondre à mes attentes. Il me donnait et je prenais comme une petite fille. Inconsciemment, je devais lui demander "encore !! Encore !!! ". "Quoi que je fasse, ce n'est jamais ce que tu attends ! Je ne sais plus comment agir pour ne pas te blesser, pour ne pas réveiller en toi ce qui te fait si mal … " Il me l'a dit … j'étais un zombie, incapable de comprendre le verbe "aimer" dans ce qu'il a de plus noble. Car laisser partir une personne qu'on aime, certes parce qu'on n'en peut plus, mais aussi parce qu'on l'aime justement, c'est une forme de noblesse. Le temps passant, je ne l'ai revu qu'une fois en 6 mois même si nous ne passons pas 8 jours sans nous donner des nouvelles. Nous en étions affectivement au même point, aux mêmes émotions l'un face à l'autre. Tu sais, j'ai cette impression que nous avons peur des réactions de l'autre, comme si (tu le décris très bien) nous n'avions pas pris le temps de nous connaître vraiment. Nous nous sommes retrouvés 30 ans après une histoire platonique d'adolescents et j'étais en train de demander le divorce. Je ne pouvais avoir fait le deuil de mon mariage puisque j'y étais encore ! Parfois, je l'assimilais même à mon ex mari, à tel point qu'il avait des réactions qu'il ne se connaissait pas, comme s'il se pliait inconsciemment à ma vision de l'Homme, déformée, altérée … Quand je l'ai revu la toute première fois (après 30 ans) , je suis allée vers lui comme si je retrouvais mon homme, j'ai tendu les lèvres, il m'a pris dans ses bras. Il n'y avait pas d'étincelle ou de foudre au dessus de nos têtes, juste une évidence, une autre dimension. Il ne m'a pas attirée physiquement, mon coeur n'a pas fait "boum" et c'est ce qui a mis le doute en moi pendant des mois. Car j'étais habituée aux relations fusionnelles, passionnelles, conflictuelles, brutales même ! Pourtant, nous étions des aimants, nous avions tant de visions communes des choses, tant d'amour à partager. Pour la première fois, je rencontrais un homme différent. Alors je l'ai sans doute idéalisé, je lui ai sans nul doute demandé l'impossible. Et à l'impossible .. N'est-ce pas ? Nul n'est tenu !!! Je voulais qu'il soit exactement ce que j'avais attendu toute ma vie et ne laissais pas de place à l'humain dans cet absolu. C'est mon erreur. Alors j'apprends à aimer, aimer sans violence, sans dénigrement de moi-même, sans paille à dégommer de son oeil, ni poutre imaginaire à enlever du mien. C'est difficile mais je sais que l'étoile qui brille au-dessus de ma tête malgré TOUT, m'aide à avancer. J'y crois, je veux y croire. Mais tu parlais du lâcher-prise.. C'est le plus dur … Ne pas l'imaginer avec une autre sans avoir le coeur en larmes, ne pas lui prêter des intentions ou des actes qu'il n'imagine même pas. C'est difficile quand on a été élevé dans la culpabilisation, dans la mauvaise intention et la mauvaise foi. Mais j'y parviens, pas à pas, désancrage après désancrage. Et je vais te dire très honnêtement que j'ai fait lire ton post à ma sophrologue afin qu'elle comprenne encore mieux ce que je ressens, ce que je veux et surtout ne veux plus. Car ton post initial a résumé de manière magique tout ce que je ne parvenais plus à exprimer. Il n'y a pas de hasard dans la vie, juste des connections exceptionnelles avec des personnes exceptionnellement proches par leur vécu, leur sensibilité et leur cheminement. A toi, un grand MERCI !
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274062
b
Moi aussi !
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