Histoire vécue Amour - Couple > Divorce > Droits de garde      (1680 témoignages)

Préc.

Suiv.

Aspects psychologiques de la garde alternée

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
Mail  
| 464 lectures | ratingStar_13361_1ratingStar_13361_2ratingStar_13361_3ratingStar_13361_4

Voici des avis de spécialistes de la petite enfance sur la garde alternée : quest pour un enfant lattachement ? LATTACHEMENT. Il se définit comme un lien particulier, sélectif, que lenfant établit au départ avec une figure maternelle du fait de la nature de la relation la plus précoce (accouchement, allaitement) , et dont le but est pour lui de maintenir la proximité physique avec un être de référence et son corollaire interne : le sentiment de sécurité.BOWLBY en fit la première descripion. Plus tard, ROBERTSON décrira chez le jeune enfant trois phases évolutives exprimée à partir de la séparation davec sa figure dattachement : - protestation désespoir détachementCest Mary AINSWORTH qui proposera le concept de base de sécurité. Elle met au point un protocole dobservation en sept épisodes de la séparation réunion entre la mère et lenfant qui lui permet de décrire trois types dattachement : - sécure, le plus fréquent, considéré comme la norme : lenfant proteste lors de la séparation et accueille avec plaisir sa mère au moment de son retour- insécure, comportant deux situations : insécure-évitant : lenfant paraît peu affecté par la séparation et évite la proximité avec sa mère lors des retrouvaillesinsécure ambivalent ou résistant : lenfant montre de la détresse lors de la séparation mais mélange contact et rejet lors de la réunion avec sa mère. MAIN en 1985 introduit une autre catégorie, insécure désorganisé : lors du retour vers sa mère, lenfant a un comportement dépourvu de stratégie cohérente : il est débordé par langoisse, et narrive pas à obtenir un soulagement à sa détresse.Cette épreuve (de la séparation réunion) a montré son intérêt pour prédire les compétences du bébé dans des études liant la qualité de lattachement à 12 mois et le fonctionnement émotionnel et social de lenfant avant 6 ans en ce qui concerne la tolérance aux frustrations, la résistance et la capacité deffectuer des apprentissages.Cependant il est très important de noter que le déroulement normal et progressif de cette évolution suppose quil ny ait pas dévénement de vie venant la contrarier.Les deuils, les séparations, les traumatismes, les maladies graves, etc ont un impact sur lattachement qui peut modifier le style dattachement, dautant plus que lenfant est plus jeune et quil bénéficie moins de lintervention de facteurs protecteurs . (N. Et A. GUEDENEY, Lattachement). ET PLUS TARD ? De nombreux travaux de recherche démontrent quun attachement sécurisé protège lenfant contre linstallation de troubles psychologiques.BOWLBY en 1960 décrivait les peurs phobiques de lenfant comme des conséquences possibles de langoisse de séparation. En 1980 il souligne les liens qui existent entre psychopathologies et dysfonctionnements plus ou moins précoces de lattachement.Dautres travaux plus récents mais le plus souvent ignorés confirment ces faits. Ils montrent un lien entre système dattachement et : - troubles de lhumeur (TYRELL DOZIER, 1997) - troubles anxieux (FONAGY, 1996 ; WARREN, 1999) - troubles alimentaires : anorexie, boulimie (KOBAK, 1996) - conduites addictives : toxicomanie, alcoolisme, etc (FONAGY, 1996) La perte ou la séparation de la figure dattachement pendant lenfance sont ainsi considérées comme des facteurs de vulnérabilité aux troubles anxieux et aux états dépressifs chez ladulte.Enfin les études les plus récentes montrent que les expériences traumatiques, les séparations prolongées davec la figure dattachement jouent un rôle dans le développement et les troubles limites de la personnalité. En cas dattachement insatisfait, lenfant reste collé à sa mère, nose pas sen éloigner, nose pas explorer le monde, ce qui altère ses capacités dapprentissage et peut même dans certains cas entraîner une déficience intellectuelleLes jeunes enfants ont des STRATEGIES DE COMPORTEMENT dont lobjectif est de promouvoir lattachement. Ces stratégies saccompagnent détats psychologiques particuliers qui forment un modèle interne opérant (MIO) : une sorte de filtre à travers lequel une personne perçoit les événements de sa vie. Lorsquun enfant sinterdit dintégrer des informations trop négatives pour lui, il ne pourra plus tard ajuster son MIO à ce quil vit dans le présent et reproduira les mêmes types déchanges que ceux quil a connus dans son enfance : cest la transmission transgénérationnelle.LE PERE : FIGURE DATTACHEMENTLes premiers travaux sur lattachement nétudiaient que la dyade mère-enfant. En 1964, SHAFFER et EMERSON ont montré que le père peut être également une figure dattachement pour lenfant, et que ce dernier peut nouer plusieurs attachements différents.Les travaux qui ont suivi ont confirmé lattachement précoce dun enfant à son père.Se pose alors la question du POUVOIR SECURISANT des pères et des mères. Cest surtout LAMB, chercheur suédois spécialiste des relations père-enfant, qui apporte une réponse, non remise en question aujourdhui : Après avoir étudié des familles suédoises dans lesquelles la mère travaille à lextérieur et cest le père qui sinvestit dans les soins à lenfant (congé parental) , il constate quen cas de fatigue, maladie, présence dune personne peu familière ou stress quelconque, cest vers la mère que lenfant se tourne car cest avec elle quil se sent le mieux rassuré et consolé.Depuis les années 1990, les scientifiques admettent que la qualité de lattachement à la mère est le meilleur garant de ladaptation socio-scolaire. Cependant les meilleurs scores de compétences se retrouvent chez des enfants attachés de façon sécurisée à chacun de leurs parents.TRANSMISSION DU MODELE INTERNE OPERANT.On retrouve dans toutes les études un lien entre les représentations de la mère et celles de lenfant : - mère sécurisée : enfant sécurisé- mère insécurisée : enfant insécurisé.Autrement dit, en fonction de son propre modèle interne opérant (quelle sest construit dans les premières années de sa vie) , la mère va influencer le sentiment de sécurité de son bébé par les interactions quelle a avec lui.Les études, à ce jour, ne montrent pas la même influence du modèle interne opérant du père. Cest plutôt par le langage quil influence lenfant.Tous les travaux confirment lexistence dun attachement précoce de lenfant à son père, mais ils montrent aussi que cet attachement se différencie de lattachement de lenfant à sa mère : il est aujourdhui démontré que la présence physique du père est bénéfique à lenfant dès le début de sa vie ; quil doit interagir avec lenfant à loccasion des bains, des jeux, dactivités diverses, mais tout en restant HOMME. La paternité ne doit pas effacer la masculinité : masculinité physique (voix, consistance musculaire, peau, etc) , et masculinité psychique (fonctionnement émotionnel, etc) Ce que lon constate aujourdhui et qui va être dommageable à terme, cest la volonté de rabattre le modèle paternel sur le modèle maternel comme le font la plupart des médias. Réduire la paternité à une affaire de couvade, de couches, de bains, de biberons,. Cest passer sous silence le rôle véritable et essentiel du père. Cette fabrication de mères-bis ne sera pas sans conséquences. Comme le disait récemment le Professeur B. GOLSE, Président de la section française de la WAIMH (World Association for Infant Health) : Le juge aux affaires familiales peut imposer la place du père mais ne peut rien sur son rôle. Or seul ce dernier a de limportance.Que conclure au regard de ces données ? 1. Les pères doivent être présents auprès de leur enfant jeune : ils sont plus stimulants que les mères.2. Les mères sont plus sécurisantes pour leur enfant. Le couple parental est ainsi complémentaire, la sensation de sécurité permettant à lenfant de souvrir sans crainte à lenvironnement.Alors que les pays anglo-saxons ont adhéré très vite à la notion dattachement initiée par BOWLBY, AINSWORTH ., la France et les pays latins en général (Italie exceptée) ont négligé les travaux très récents de chercheurs réputé tels que ZEANAH, MAIN, LYON-RUTH, etc et ont pris beaucoup de retard dans ce domaine.Actuellement ces travaux de plus en plus nombreux montrent pourtant limportance cruciale de lattachement de lenfant, et particulièrement dun attachement sécurisé à sa mère : il est en effet un gage de son adaptation sociale et comportementale ultérieure.GOLSE affirme quil est important pour lenfant de constituer un attachement premier sécurisant avant den construire un second : à limage de lapprentissage dune langue, il faut dabord en connaître bien une, la langue maternelle, qui sera alors la base pour en apprendre une seconde. Ceci exclue lalternance de résidence à des rythmes inadaptés dans les premières années de la vie.EN CAS DE SEPARATION PARENTALE : ?Lexplosion du nombre des séparations parentales avec des enfants de plus en plus jeunes pose de façon grave le problème de lhébergement de lenfant et des visites parentales.La résidence alternée : sujet médiatique sil en est, mais plus encore idéologique.Tout dabord les études : Elles nous viennent pour la plupart des USA et du Canada et ne concernent que des enfants de plus de 6 ans. Les études sérieuses sont beaucoup plus nuancées dans leurs conclusions que ce que certains leur font dire : - la résidence alternée non imposée peut convenir parfaitement à certains enfants, mais pas à tous.- La résidence alternée imposée fabrique des enfants perturbés, et en outre accroît le conflit parental qui est destructeur pour lenfant.Entre 0 et 6 ans : à notre connaissance il nexiste quune étude concernant limpact de la résidence alternée sur les enfants de cette tranche dâge. Mais si elle est largement diffusée dans les pays anglo-saxons, elle est curieusement passée sous silence chez nous.Cette recherche a été commanditée aux USA par le Programme de Recherche de Santé chez lEnfant et réalisée en 1999 par deux spécialistes de lattachement réputés : SOLOMON et GEORGE.Selon un protocole bien défini, ils ont observé 145 enfants âgés de 12 à 20 mois, puis les ont revus entre 24 et 30 mois. Trois groupes denfants ont été distingués : - enfants de parents non séparés, - enfants de parents séparés ne passant pas de nuit en dehors de chez leur mère- enfants de parents séparés passant une ou plusieurs nuits par semaine chez leur père (80% des enfants passaient 1 ou 2 nuits en 1 ou 2 semaines loin de leur mère). Ils ont observé que les 2/3 des enfants passant une ou plusieurs nuits chez leur père développent avec leur mère un attachement beaucoup plus insécurisé que les enfants des deux autres groupes, attachement qualifié de désorganisé. Dans cette étude, le conflit parental paraît aussi aggraver linsécurité des enfants.Or lon sait quun tel attachement désorganisé sobservait seulement en cas de maltraitance ou de négligence grave de lenfant et hypothèque sérieusement ladaptation socio-comportementale ultérieure de lenfant. LIOTTI (1999) considère lattachement désorganisé comme un antécédent des troubles dissociatifs. Ces derniers réunissent des anomalies fonctionnelles (sans lésion anatomique) associant des troubles de la personnalité, des réactions dangoisse incontrôlée, des troubles de la mémoire et de la logique de pensée, des difficultés dans les relations avec les autres personnes En un mot il sagit de troubles graves de la personnalité. A moins dignorer délibérément ces risques, comment ne pas être inquiet aujourdhui de certaines décisions judiciaires auxquelles sont soumis nombre de jeunes enfants ? Cette étude montre par ailleurs que la ou les nuits passées chez le père napportent aucun avantage à la qualité de la relation père-enfant.T. BRAZELTON est un spécialiste du développement de lenfant de renommée internationale, reconnu par la communauté scientifique du fait du nombre et de la qualité de ses travaux. Dans son ouvrage Ce quun enfant doit avoir (éd. Stock) il aborde le sujet des hébergements des jeunes enfants (de 0 à 6 ans) lors des séparations parentales.Le calendrier de progressivité quil recommande ne relève pas dun caprice ni dune élucubration desprit, mais de la profonde connaissance et de lexpérience acquises concernant le développement psychologique et affectif de lenfant. Ce calendrier repose sur quelques principes de base : - avant 3 ans, pas de nuit en dehors du domicile habituel- à 6 ou 7 ans, possibilité pour lenfant de passer deux semaines daffilée chez le parent qui na pas la garde habituelle- installation progressive des changements de mode de vis de lenfant en favorisant les visites diurnes régulières et très fréquentes du parent qui na pas la garde - bonne entente parentale pour tout ce qui concerne les besoins et les intérêts de lenfant, en évitant formellement dimpliquer celui-ci dans un conflit parental - modulation de lorganisation de la vie de lenfant en fonction de son tempérament et lorsquil sera plus grand de ses souhaits.NOTRE EXPERIENCE DE TERRAINElle émane des nombreux dossiers qui nous sont soumis par des parents séparés, inquiets devant les symptômes de leur enfant et recherchant un avis ou un conseil. Lanalyse des dossiers montre les faits suivants : - la résidence alternée imposée (selon des rythmes divers) sans tenir compte de lâge de lenfant ni du conflit parental (à son point dexacerbation au moment de la séparation) est une décision à haut risque. Elle nest pas, comme certains se plaisent à le dire par ignorance ou inconscience, la moins mauvaise des solutions. Elle est le système qui fait le plus de ravages chez nombre de jeunes enfants de parents séparés. Les faits sont là.- Et par ailleurs, dans la majorité de nos cas, lalternance du jeune enfant ne se fait pas entre la mère et le père, mais entre la mère et la grand-mère paternelle, ou entre la mère et la nouvelle compagne du père, ou encore entre la mère et la jeune fille au pair.La multiplication des dossiers denfants en souffrance que nous recueillons nous permet de proposer une représentation des principales situations rencontrées lors des séparations parentales, et une estimation des niveaux de risque pour lenfant en fonction de ces situations : SITUATION ENFANT DE 0 A 6 ANS ENFANT DE PLUS DE 6 ANS Séparés entente parentale Risque variable Risque modéré Séparés conflit alternance de la résidence Risque majeur Risque sérieux Schéma des niveaux de risque de troubles encourus par lenfant dans les différentes situations dalternance de sa résidence.CONCLUSIONAu regard de toutes ces données notre question est la suivante. Combien de ces jeunes enfants soumis à des rythmes dalternance qui les séparent de leur base de sécurité maternelle (dans la majorité des cas) - pendant plusieurs jours et nuits consécutifs- de façon répétée pendant des mois et des mois- sur fond de conflit et de non-communication parentale - et qui présentent des symptômes importants. Combien vont sen sortir INDEMNES ? Et combien ne le seront pas ? La résidence alternée doit être un mode de garde et dhébergement parmi dautres, mais elle peut être dangereuse pour lenfant lorsquelle ne lui est pas adaptée : elle ne peut lui être bénéfique que si ce dernier a un âge suffisant, si les parents la pratiquent à lamiable et en coopération éducative. Ils auront alors assez dintelligence de cur et desprit pour en modifier le rythme et les modalités si lenfant ne la supporte pas. MYTHES ET REALITES : les nouveaux pères Ce sont des pères (et encore pas tous) qui nhésitent pas à extérioriser leur affection pour leur bébé ou leur jeune enfant, à changer une couche, à donner un bain ou un biberon : nous avons vu plus haut que ces interactions sont une bonne chose pour la relation père-enfant.Mais pour autant cela ne suffit pas à en faire de véritables mères. Hommes et femmes ont évidemment des natures différentes, régies par des gènes et des hormones différentes qui influent non seulement sur leur aspect physique, mais aussi profondément sur le comportement émotionnel et psychique des uns et des autres.- Qui peut penser que les neuf mois de grossesse durant les quels un être humain se fabrique, et dont on a la preuve aujourdhui quil interagit en permanence avec sa mère, nont pas de signification intrinsèque et nont aucune place dans les perceptions de lenfant ? - Qui peut croire que le nouveau père soit devenu subitement un hermaphrodite psychique doué de toutes les compétences et de toutes les aptitudes la mère étant alors ravalée à nêtre quun ventre à reproduction ? Un père ne peut pour lenfant remplacer une bonne mère, pas plus quune mère ne peut remplacer un bon père, même si parfois certains et certaines sen sortent mieux que dautres.- Qui peut penser par ailleurs que les enfants qui naissent aujourdhui ont été informés et préparés à navoir besoin du 1er au 8 que de leur mère, du 8 au 15 que de leur père, du 15 au 22 que de leur mère, etc- Enfin peut-on sérieusement penser que lhumanité aura attendu lan 2000 et larrivée des nouveaux pères pour découvrir enfin ce quest un père ? Une co-parentalité de qualité na jamais été et ne sera jamais une machine à décompter le temps.Un père doit être pour lenfant beaucoup plus quune mère-bis, encore faut-il quil ait conscience de la nature de sa fonction paternelle. "
  Lire la suite de la discussion sur aufeminin.com


13361
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Perverse narcissique - perversion

image

Bonjour. Je viens vous demander conseils car mon mari et moi sommes confrontés à une perverse narcissique, son ex-femme. J'ai rencontré mon mari il y a quelques années. Il était séparé de son ex-femme depuis un an et s'occupait de son enfant...Lire la suite

Situation explosive, ma compagne ne supporte plus ma vie de famille... - familles recomposees

image

Bonjour, Il y aurait tant de choses à raconter du haut de cette relation de deux ans mais je vais essayer d'être concis et clair… Depuis quelques temps ma compagne ne supporte plus ma vie de famille avec mes enfants… J'en ai 2, une grande de 7...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages