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Nous pratiquons la garde alternée

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Je suis séparée depuis plus de 6 ans du père de ma fille de 7 ans (avec lequel je suis restée en couple pendant 4 ans) et je partage la garde avec lui (une semaine sur deux, du vendredi au vendredi) depuis notre séparation. Ça se passe franchement très bien depuis toute ces années, autant pour nous que pour Florence (ma fille) et, à lire vos histoires, j'ai pensé que la mienne pourrait vous intéresser et peut-être même vous être utile. On raconte beaucoup de choses au sujet de la garde partagée et de ses effets sur les enfants (on parle moins des parents) , oubliant souvent de dire que la façon dont l'enfant vit la chose dépend surtout de la manière dont ça se passe concrètement au quotidien. Évidemment, si les parents s'engueulent en permanence, disent du mal l'un de l'autre et se détestent pendant des années, ça ne peut que mal se passer et être malsain pour l'enfant. Mais ça peut aussi être autrement et il presse de comprendre que ça ne dépend pas seulement de la maturité de "l'ex" ou de la colère de l'un et de l'autre au moment de la rupture.

Quand j'ai quitté mon ex il y a plus de 6 ans, j'avais plein de raisons de lui en vouloir et de le détester (le contraire était vrai aussi) , il était complètement enragé, me téléphonait tous les jours pour m'insulter (à la maison et au bureau, il a même déjà appelé mon patron pour lui parler de moi…) , venait chez moi voler mon courrier et faisait plein de démarches légales pour ne pas avoir à me verser de pension. Bref, c'était la crise ! Malgré tout ce qui se passait, 2 certitudes ne m'ont jamais quittées : mon ex, malgré tous ses défauts, était un bon père et ma fille avait besoin de lui pour bien grandir et s'épanouir et, plus encore, comme ma fille avait seulement 18 mois à l'époque, je devais me résigner à partager mon existence avec lui (ce serait toujours le père de Florence) pour au moins les 25 prochaines années et il était donc dans mon intérêt (le plus égoiste ! ) de faire en sorte (au prix d'efforts surhumains certains jours…) d'avoir la moins mauvaise relation que possible avec lui (dans le contexte, on ne parle pas de "bonne" relation…).

Première règle pendant la crise : Ne rien faire ou dire qui puisse lui donner des raisons de me détester plus encore et de compromettre ma relation avec lui des 20 années à venir. Bref, avaler en silence, passer ma colère et ma rage ailleurs (vivement 2 bouteilles de rouge avec une copine pour pouvoir en dire tout le mal que j'en pensais ! ) , ne pas répondre à ses insultes et à ses menaces et, surtout : attendre. Le temps arrange bien des choses et la colère n'est jamais éternelle.

Deuxième règle : Se méfier des histoires de fric au coeur de la tempête. Le bonheur de ma fille vaut plus que 100 €, je ne suis pas moi-même à 50€ du bonheur et plaies d'argent ne sont pas mortelles. Il est enragé et ne veut pas payer ? Fort bien, on se débrouille autrement pour le moment et on remettra tout ça sur la table plus tard, quand tout le monde sera calmé et pourra comprendre que l'intérêt de chacun est que l'autre se porte bien, soit heureux, vivent dans des conditions décentes et que son enfant puisse avoir une image positif de chacun de ses parents.

Ça vous semble fou ? Ça a très bien fonctionné chez moi. On ne peut pas détester quelqu'un pendant des années s'il fait preuve de bonne volonté, qu'il se montre compréhensif et qu'il pardonne (les insultes, les menaces et tout le reste). Mon ex est un chic type, la preuve est que j'en avais été amoureuse et que je lui avais fait un enfant. Je ne me souviens plus exactement, mais Florence devait avoir 3 ans le jour où j'ai eu droit à des excuses très sincères et à un "merci" pour ce que j'avais fait dans les mois qui ont suivi la séparation. Pendant les mois où je ravalais ma rage et supportait les insultes sans broncher, j'essayais de me rappeler des raisons pour lesquelles je l'avais aimé et j'étais sincèrement convaincue que ce jour (celui des excuses) finirait bien par arriver.

La réussite de la garde partagée tient ensuite à peu de chose :

1-Accepter que chacun ait son mode de vie et que mon ex n'ait pas à mouler sa vie sur la mienne. Je suis par exemple très préoccupée par ce qu'on mange, chez lui c'est plutôt pizza-frites et MacDonald. Un burger n'a jamais tué personne, ma fille mange bien chez moi une semaine sur deux et elle a plus besoin de grandir avec son père qui est présent et qui l'aime que d'avoir un régime alimentaire sain à temps plein.

2-Accepter qu'il est un père et pas une mère et qu'il fasse les choses autrement que moi, avec quelques… de temps en temps. Il a plein de défauts, mais c'est malgré tout un père formidable. Mon ex n'a jamais coupé les ongles de ma fille de sa vie, ne l'a jamais emmenée chez le coiffeur, oublie toujours de lui faire un shampooing quand il lui donne son bain ou de lui attacher les cheveux avant d'aller à l'école. À quelques reprises, il l'a emmenée à l'école et a oublié d'apporter son lunch (les lunchs qu'il prépare sont de toute façon très différents des miens…). Un jour, il l'a même emmenée à la garderie en oubliant de lui mettre une couche (pipi dans la culotte, évidemment). Inutile de dire qu'il l'habille avec les vêtements du bord (pas toujours harmonieux…) , heureusement, depuis 1 an, elle se soucie elle-même d'agencer ses vêtements. Autrefois, je l'ai souvent vue arrivée chez moi avec le chandail ou le pantalon à l'envers. Bref, mon ex est un homme, un vrai, et il ne se comporte donc pas comme une mère. Ça me dérangeait au début, mais j, ai compris que rien de tout ça n'a jamais dérangé Florence (à 4 ans, on se fout complètement d'avoir son chandail à l'envers ou d'être mal coiffée). Elle est en sécurité avec son père et rien de tout ça n'a d'impact sur son développement, sa psychologie ou sa vie affective. Inutile donc de s'en faire et surtout inutile de chipoter et de faire des histoires à mon ex à propos de ce genre de choses : je ne pourrai pas transformer 40 ans de socialisation masculine, mes remarques pourront juste lui donner le sentiment qu'il est un mauvais père, qu'il ne sait pas s'occuper de son enfant et pourraient l'amener à décrocher. Ce n'est ni dans mon intérêt ni dans celui de Florence.

3-Faire preuve de bonne volonté et de générosité, ça finit toujours par revenir. La garde partagée, sur plusieurs années, ça demande de la souplesse, beaucoup de souplesse, et de l'entraide aussi. Il me demande de prendre Florence un mercredi soir pendant sa semaine sur plusieurs mois pour pouvoir aller jouer au badminton ? J'accepte tout de suite, j'aurai bien moi aussi un jour besoin qu'il me rende la pareille. Il veut avoir Florence un samedi où elle doit normalement être chez moi parce que ses parents sont en visite ? J'accepte. Le don appelle toujours le contre-don. Si j'ai dit oui 4 fois, il est mal placé pour dire non quand c'est moi qui demande ensuite. D'ailleurs, il ne me refuse à peu près jamais ce genre de demande depuis plusieurs années. Aujourd'hui, on s'entend super bien et on se bidouille couramment l'horaire en fonction des besoins et des contraintes de l'un ou de l'autre. Pendant longtemps, c'est plus souvent lui qui a demandé, maintenant, je voyage beaucoup pour le travail et je suis drôlement contente de pouvoir compter sur lui pour m'absenter quand j, ai besoin.

4-Ne pas compter le fric. Je le répète, le bonheur de ma fille vaut plus que 100$. Dans la garde partagée, les dépenses et les factures circulent dans tous les sens. Il faut acheter des bottes, des manteaux, des livres scolaire, payer des leçons de ski, etc. Je n'ai jamais compté les dépenses ni fait d'histoire pour récupérer la moitié des 20€ payé pour une paire de chaussures. J'ai été très pauvre pendant plusieurs années (étudiante sans revenu, seule à payer un appart minuscule) , mais il était exclu de pourrir cette relation pour 100€. Je n'ai jamais tenu les comptes du partage des dépenses et ça a fini par s'équilibrer tout seul. Au lieu de réclamer de l'argent, à certains moments, j'ai plutôt dit "Florence a besoin de sous-vêtements et de bottes et je n, ai vraiment plus d'argent, peux-tu aller en acheter avec elle ? " Il est plus facile de se faire demander des choses que de se faire demander du fric. Quand on fait preuve de bonne volonté et qu'on ne passe pas son temps à chipoter avec l'autre, seul un monstre pourrait refuser de faire sa part. Mon ex n'est pas un monstre, et il a fini par faire sa part (j'ai tout payé toute seule pendant près de 2 ans, fallait que la colère et que la haine passent…). Maintenant, on a des revenus à peu près égaux (en fait je gagne plus que lui, mais il vit avec sa copine qui gagne beaucoup plus que moi et moi j'habite toujours seule) , pas de pension alimentaire ni dans un sens ni dans l'autre et on n'échange jamais d'argent. Nous sommes facturés séparémment (50%/50%) par le service de garde de l'école, nous payons les factures et dépenses plus ou moins chacun notre tour, selon ce qui se passe chez l'un et l'autre. J'emmène Florence chez le coiffeur, c'est donc toujours moi qui paye, lui l'emmène au leçons de ski, c'est donc lui qui paye l'équippement et les cours. J'achète des vêtements (je les paye) , il en achète aussi (Florence est une coquette qui en demande parfois) , il s'en fait donner beaucoup par sa famille, ma mère en achète également.

5-Accepter qu'avoir 2 maisons, c'est avoir des choses qui circulent et se promènent. J'achète des jouets et des vêtements, Florence emporte avec elle des trucs chez son père et l'inverse aussi. Il est humainement impossible dans la vie courante de faire en sorte que tout revienne toujours et que chaque chose soit toujours dans la "bonne" maison. C'est frustrant d'acheter 200€ de vêtements neufs et de voir la valise revenir avec des vieux trucs, le reste étant "au lavage" chez monsieur. Frustrant aussi d'acheter des patins ou une collection de DVD et de ne pas les avoir quand on veut aller patiner ou écouter Harry Potter. Frustrant, oui, mais inévitable. Inutile donc de se fâcher ou de s'énerver. Quand on voyage en voiture, on accepte l'idée de parfois rester pris dans un bouchon. Quand on partage la garde, on accepte aussi l'idée d'être mal pris de temps en temps parce que toutes les chaussettes sont chez l'autre…

6-Accepter qu'il a sa vie, qu'il la refasse, que je ne peux pas choisir la nouvelle conjointe, que ça ne me concerne pas, et que ma Florence va devoir vivre avec elle et que, elle, puisqu'elle vit avec ma fille, va nécessairement intervenir dans son éducation. Je ne choisis pas l'institutrice de ma fille et je n, ai pas non plus choisie la nouvelle femme de mon ex, qui est maintenant d'ailleur la mère de son fils de 3 ans (qui est du coup le petit frère de ma Florence). Il est dans mon intérêt que mon ex soit heureux (c'est le bonheur de ma fille qui en dépend) et que ma fille ait une image positive de lui. Depuis plusieurs années, la façon de manger, les horaires de garde, les règles de vie auxquelles doit se plier ma Florence chez son papa et tout le reste dépendent aussi de la nouvelle femme de mon ex. Difficile au début à accepter (qu'une autre engueule ma fille et lui fasse la leçon). Très difficile par moments, surtout quand Florence s'est mise à me parler du bon dieu, de Jésus et de tout le reste et que j'ai compris que c'est elle qui lui avait appris tout ça. La crise terrible le jour où mon ex m'a téléphoné au bureau pour me dire que sa femme, qui gardait Florence ce jour-là, venait de l'appeler en larmes parce qu'elle avait "perdu patience" et avait gifflé MA Florence. Mais après tout j'avais toutes les raisons de croire qu, elle s'en occupait bien depuis plus de 2 ans et ce n'était dans tous les cas pas une raison pour que Florence cesse de vivre avec son père. C'est le genre d'emmerdes qui font parfois partie de la vie. Ça fait maintenant plus de 2 ans je crois bien et rien de tel ne s'est jamais reproduit.

Et puis quoi ? Vous me direz que ça vous semble difficile ? Moi je vous répète que c'est le bonheur. D'abord parce que j'ai gagné mon pari : Florence est une enfant heureuse, épanouie, brillante, curieuse, très sociale, obéissante et elle ne veut pour rien au monde qu'on vive autrement (à temps plein chez papa ou chez maman). Mon ex est devenu un ami, qui compte pour moi et qui fait partie de ma vie de tous les jours (on se téléphone au moins 3 fois par semaine, parce que l'institutrice à dit ceci, parce que Florence veut dire quelque chose à son petit frère, parce que j'ai besoin d'un conseil pour mes armoires de cuisine, parce qu'il y a une sortie scolaire la semaine prochaine, parce que je ne trouve plus la veste rouge…). C'est aussi et surtout quelqu'un en qui j'ai confiance et sur qui je peux compter, peu importe ce qui me tombe dessus comme catastrophe. Et moi, je vis le meilleur des mondes. J'ai une fille que j'aime qui est heureuse et bien entourée. Je suis libre une semaine sur deux pour sortir, dormir la fin de semaine, ne rien foutre (pas de cuisine, pas de vaisselle, pas de ménage) , voir des amis et me payer quelques délinquances à l'insu de ma sage progéniture de temps en temps. J'ai une carrière géniale qui marche bien et, à la différence de bien d'autres mères, je peux partir n'importe quand en congrès 2 semaines à l'étranger, je peux participer à une réunion le soir, je peux faire des heures supplémentaires si ça m'arrange. Bref, je suis une maman heureuse et j'ai AUSSI une vie à moi, qui me permet de faire des trucs dans la vie pour que Florence soit fière de moi, mais aussi pour que je sois heureuse moi-même (je suis une bien meilleure mère comme ça). Avoir du temps à soi, ça permet aussi d'être de meilleurs parent : plus patient, plus enthousiaste, moins fatigué, et qui ne vive pas avec le sentiment d, avoir raté plein de trucs pour s'être sacrifié pour les enfants.

Bref, les avantages n'ont pas de prix en comparaison des inconvénients. On forme maintenant une famille nombreuse et plutôt unie. Il m'arrive couramment d'aller manger chez mon ex avec eux et eux viennent aussi chez moi à l'occasion (avec le chien). Mon ex est venue chez moi pendant ces dernières vacances faire des travaux dans MA maison (comme il dit en rigolant, cette maison-là, c'est l'héritage de sa fille, il a donc intérêt à ce qu'elle prenne de la valeur). Et depuis un an, je garde parfois le petit frère de ma fille (il est agréable, quoiqu'un peu turbulant ce bonhomme de 3 ans ! ). Et combien de fois est-ce qu'on me dit "ah tu es chanceuse toi, ton ex est vraiment génial ! ". Ou encore "Vous autres, c'est sûr que vous pouvez faire ça (la garde partagée) parce que vous vous entendez bien", comme si ça allait de soi, comme s'il y avait des ex monstrueux et des ex gentil, comme si tout ça n'était pas d'abord une affaire de relation (à deux donc ! ). Je ne pense pas être une femme "chanceuse", je crois plutôt très sincèrement que je mérite mon bonheur et ma vie familiale hamornieuse, parce que j'ai travaillé très fort pour l'obtenir.
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63281
b
Moi aussi !
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par andras | le 17/02/11 à 14:45

http://www.same-story.com/amour-couple/divorce/droits-de-garde/nous-pratiquons-la-garde-alternee-63281b#new_form_place
a quelques details pres...j'aurais pu ecrire ce texte sur la garde alternée....je ne sais pas si l'auteur me lira mais j'aurais aimer correspondre avec elle,ses mots m'ont fais du bien parce que demain mon fils va chez son papa pour une semain (lui est tres content!) mais moi je me sens nostalgique et triste cette apres midi parce qu'il y a des semaines plus dur que d'autres...alors que j'ai accepté la garde alternée (parce que evidemment meme si j'ai detesté mon ex il est aussi le pere de mon enfant!) mais lui a gardé beaucoup de haine envers moi (alors que c'est lui qui m'a quitté pour une autre!) prend tres mal que je sois heureuse en couple et que mon fils adore mo coinjoint (mon ex est lui toujours avec la fille avec qui il m'a trompé!) avant on se parler se voyait,rigolait meme ensemble mais depuis que j'habite avec mon nouvel ami et qu'un projet de bébé me tente...mon ex ne veux plus me parler m'agresse si on se croise (meme devant notre fils!) ne decroche plus son tel (heureusement je dialogue avec sa nana meme si ....) bref je lui sors par les yeux alors que j'ai moi aussi tout fait pour le bien de notre enfant! j'espere que sa colere ne sera pas eternel mais j'en doute !

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