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C'est pas des conneries.

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 05/01/11 | Mis en ligne le 14/05/12
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Holà, Angelo. Tu quoques, filii ? Content de te retrouver. Tu me souhaite le meilleur ? Jahwohl. Je veux bien. Tu sais ce que ce serait le meilleur pour moi ? Je ne peux m'empêcher de recopier ici une réponse formulée ailleurs. Tu pardonneras le procédé et la longueur, mais voilà : Je suis à la croisée des chemins : soit ça marche d'ici un an maximum, soit faut que je fasse autre chose à côté. Mais vu mon état plutôt délabré, vu mon moral, vu mon isolement géographique et social, ça n'est pas évident. Surtout que ne manquent pas les gens qui cherchent à gratter un peu de fric, plus jeunes, en meilleure santé, plus disponibles, pour faire des petits boulots, souvent un peu physiques (débroussailler, etc). Je suis tout au bout de mes droits, à mi traitement mais je continue de payer plein pot la pension alimentaire (prélevée directement à la source suite à un seul plantage de la banque, mais je suis baisé total sur ce coup) , et donc le compte plonge, la pauvreté me menace, la déprime me cloue les ailes, etc. Brêfle, tutto va bene ! Voilà globalement la situation. Oui, on m'a causé de l'histoire des génies méconnus. Je ne me pense pas génie, mais créateur. Certainement. Cela suffit à mettre sur la touche dans notre société. A moins de rencontrer la bonne personne… Un jour, j'ai eu en face de moi Jean-Pierre Jeunet, dont j'avais adoré le "Délicatessen". J'ai montré mon boulot, mais ça ne correspondait pas à ce qu'il préparait à l'époque. Il n'a pas donné suite. J'ai eu ma chance, elle est maintenant grillée. C'est la vie. Enfin, ma vie. Concernant ce que je fais en ce moment, quand j'arrive à me bouger un peu, il y a des échantillons de mes oeuvres en terre ici, quoi que depuis j'en ai fait plein et des mieux foutus, mais pas eu l'énergie de les y ajouter, mais bon, mieux que rien : … Et pour mon travail graphique, voilà un endroit où j'en expose quelques-uns. Bon, ils sont tagués, pour qu'on ne me les pique pas, mais ça n'empêche pas d'apprécier et d'avoir une idée de la démarche : Je précise qu'à l'époque de Jeunet, j'ai montré de l'infographie, mais c'était nettement moins abouti que maintenant. M'enfin, il y avait de quoi voir que j'avais des trucs à dire, et ça aurait pu le motiver, mettons s'il avait eu en tête un projet S. F. Bon, quand à mon travail d'auteur, je préfère ne pas en parler, vu qu'ici je tiens à ma tranquillité, donc mon anonymat. Je dirai seulement que sur le fil "écriture", ici même, se baladent de nombreux extraits de mon roman en cours et qui veut se faire une idée n'a qu'à y jeter un oeil, voire deux, pour le même prix. Enfin, pour moi, la théorie du gâchis prévaut. Je ne demande toutefois qu'à être détrompé… Tu sais, je suppose, par quoi je suis passé. On se sent souillé, on se sent inapte et maudit. Toute ma vie on m'a rejeté. Comme dans Pagnol : "Tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout". Maintenant, dans le no man's land social où je me trouve, soit je réussis à faire connaître mes oeuvres et à en tirer de quoi survivre, soit ce sera la chute totale. Mais l'histoire du vilain canard me colle à la peau, et puis, par moments, je suis tellement mal foutu, tellement dégoûté, que je n'ai plus l'allant minimal nécessaire pour produire quoi que ce soit. Le monde est un gâchis, les tortues et autres bestioles pondent des milliers d'oeufs, très peu de petits s'en sortent une fois éclos. Ceci m'amène à penser à deux choses : 1) peut-être que dans un monde moins protecteur, sous un régime plus dur, un comme moi aurait été éliminé bien avant, n'aurait pas eu ce parcours si terrible. La question aurait été réglée et basta. Si j'étais né dans un pays pauvre, j'aurais été un des premiers à crever. Enfin, je ne sais pas. 2) La nature produit beaucoup, parfois en pure perte. Or, c'est peut-être pareil chez nous, les humains. Certains présentent des caractéristiques originales, un peu énigmatiques, et on se représente, et on a raison je pense, ceci comme un bien, un mieux. Mais toujours post mortem. La plupart du temps, les gens qui sortent de l'ordinaire sont surtout marqués, mis à part, rejetés, déclassés… Et finissent miséreux et fous. C'est rare qu'un créateur soit reconnu de son vivant. La nature produit en plus, et si elle produit un créateur de temps en temps, dans notre monde obsédé de rentabilité, on n'a pas le temps d'observer les gens, de se demander pourquoi ils sont faits. On a le feu au cul, faut du rentable et avanti ! Moi j'ai cru pendant longtemps que ce que j'avais en plus représentait une chance. J'en ai été convaincu, je me disais, ok, il m'arrive ceci ou cela, mais il y aura une contrepartie un jour, ça prendra du temps mais on s'apercevra de ce que je vaux. Et puis tiens, récemment, je me suis dit, bof, personne ne s'aperçoit de rien, tout le monde s'en cogne, et la vie ne me doit aucune contrepartie. Je suis le fruit du hasard, je suis un parmi des milliards, et comme tel, je suis sacrifiable à tous moments, pour toutes sortes de raisons. Sur le forum ados, je raconte que ma gamine m'a récemment avoué avoir tout manigancé, du haut de ses neuf ans à l'époque. Tu parles, comme ça me fait une belle jambe, maintenant. C'est à ces gros cons de juges et ces abrutis de pandores, qu'elle devrait aller le chanter. En fait, je suis comme l'oiseau sur la branche : aussi bien dans trois mois ou quatre je suis à la rue, comme aussi bien si quelqu'un me fait confiance, j'expose et je fais gagner des ronds au mec de la galerie. C'est vraiment cette logique binaire en ce moment. Maintenant, beaucoup de gens me disent que je devrais exposer, et aussi que je devrais contacter les gens qui font des effets spéciaux, ou qui créent des jeux vidéo. Moi je veux bien, mais pour l'instant, j'habite dans un coin, c'est quasiment la jungle. Et ma maison est tout ce que j'ai. A moins que, par internet, sait-on jamais ? Seulement voilà : admettons que je contacte les boites qui ont créé des jeux de toute beauté, comme Myst, et tutti quanti. Et je leur envoie un lien vers mes créations chez Deviant Art. Et les mecs, ça leur plait, voilà qu'ils développent un truc dans ce genre et je me retrouve baisé. Non, ceci n'est envisageable qu'une fois que j'aurai un minimum de notoriété, que j'aurai exposé, etc. Que j'aurai une existence officielle avec mon design. Je peux intenter un procès si un rigolo s'attribue mon design. Mais pas contre une énorme boîte, parce que là je n'aurai pas les moyens de suivre économiquement. Surtout pas à l'international. Maintenant, tout se passe à Paris, dit-on. Me dérange pas d'aller à la capitale si c'est pour rencontrer des gens, s'il y a du sérieux à la clé. Mais comment montrer une part de mon design sans le griller ? Tu as été voir ce que je fais ? Franchement, je ne dis pas que tout est ficelles, mais il y a des trucs qui m'obsèdent et je pense que les petits malins de chez Cryo ou autres soient capables de se l'approprier, quitte à l'appauvrir ou le réduire à des clichés, ou simplement le simplifier grossièrement, voire le dévoyer pour l'utiliser dans un jeu de baston à la con. Quant au talent, si on fait abstraction de mes idées, il y a des gens sur la place, à foison. Et qui ont plus de talent, dans le sens qu'ils maîtrisent toutes sortes de programmes, alors que moi, c'est du Photoshop 100 pour 100, et que c'est le seul logiciel que j'aie vraiment, je ne dirais pas dans la poche, mais disons avec lequel j'arrive pratiquement toujours au résultat que je désire. Après, se vendre, convaincre, je pense que si je crois à mon truc, je peux le faire. Par contre, peut-être avec maladresse : Jean-Pierre Jeunet, quand je l'ai rencontré, a dit à sa compagne, "il sait se vendre, celui-là". J'ai répondu : "je ne cherche pas à me vendre, je veux travailler avec vous parce que j'ai envie de donner tout mon potentiel, parce que votre univers est passionnant". Mais faut croire que quelque chose dans mon enthousiasme (ou mon design) lui a déplu. M'en fous d'aller à Paris, pas de blème. Si j'y vais, c'est que déjà ça bouge. La dernière fois que j'y ai été, c'est parce qu'un éditeur me publiait et souhaitait me voir présenter moi-même mon roman aux distributeurs - tu vois donc l'importance qu'il m'accordait. J'étais le seul auteur présent. Le comble c'est le lendemain même, de retour à mon boulot, quand on a recommencé à me harceler, me traiter comme un crétin. A Paris, les gens avaient bu mes paroles. Et là… Dégoûté. J'ai vraiment l'impression que ma chance a joué avec moi : exemple, on m'a publié, mais ça a fait pétard mouillé. J'ai rencontré des gens qui comptaient pour moi : Mc Coy Tyner, Michael Brecker, Christian Vander plusieurs fois, Klaus Blasquiz, Serge Brussolo, Jean-Pierre Jeunet, mais j'ai échoué à chaque fois, en tous cas à chaque fois que j'attendais quelque chose de précis. Elle a joué avec moi, j'aurais pu rester dans mon patelin pourri et ne rencontrer personne. Là, j'ai vu, parlé, et pour que dalle. Par contre, je n'ai jamais rencontré Dick et je le regrette de tout mon coeur. A présent, j'ai le sentiment que si je trouvais le biais pour mon roman, je pourrais frapper très fort, faire un truc incroyable (je ne parle pas du succès et du marketing, mon éditeur est une truffe dans le domaine et je lui dois mon prochain manuscrit, je parle en terme de qualité et d'impact émotionnel). Mais je coince. J'ai l'impression, idem, que je pourrais faire des progrès rapide au sax, si je me m'y mettais sérieusement. Seulement j'ai l'impression de la poisse qui me colle, et je réagis par l'apathie. Les années de galère m'ont entamé, je le constate. J'ai le sentiment qu'un mec comme Jeunet, ou plus simplement Marc Caro, moins connu mais aussi intéressant, pourrait me donner ma chance s'il voulait bien. Exemple : Jean-Marie Vives, graphiste et infographiste, vit dans un coin perdu du Var, en pleine cambrousse, il bosse chez lui, il fait des matte paintings pour des films (il a participé à Alien 4, Aeon Flux et je ne plus quoi encore) , ceci n'empêchant manifestement pas cela. Il paraît qu'il a un énorme écran de 24 pouces plus une puissante loupe fixée sur pied, pour pousser les détails à fond. Si ça se trouve, il habite une ancienne bergerie et a des chèvres dans le jardin. Ma foi, moi je serais fier de participer à des films de SF, même si Alien 4, par exemple, a un scénario à la noix. Mais indéniablement, tout y est très bien foutu, irréprochable sur le plan de la beauté esthétique (sauf le monstre de la fin, qui a l'air complètement con). Bon, que dire de plus ? C'est compliqué. La putain fait voir un peu ses jambes, pour donner envie, mais si elle se mettait à poil, ça ne fonctionnerait pas. En montrer suffisamment, mais pas trop. Comment je fais ça, moi ? Sans tout me faire piquer ? Tu imagines, j'envoie un truc dans une de ces boites, et quelques mois après, sort un film que je n'irai pas forcément voir à la parution, et puis incidemment, un ou deux ans après, le truc m'arrive dans la tronche et je reconnais mon oeuvre… les boules… Non ? Excuse la longueur. A toi de jouer, man. Moi aussi, te souhaite le meilleur, même si je ne sais pas en quoi il consiste pour toi. Le retour de la libido, déjà ? Une super histoire d'amour ? Ma foi… A te lire, Ubik.
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254780
b
Moi aussi !
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