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Je me sens en décalage avec ma génération

Témoignage d'internaute trouvé sur pathol08
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Jeune homo d'origine étrangère et un peu paumé, en décalage avec les mecs de sa génération.  

Je m'explique, j'ai 20 ans, et  l'impression d'être piégé dans une autre époque, celle où il fallait vivre son truc dans la clandestinité, où la loi et la société criminalisaient ce comportement et forçaient le refoulement, jusqu'à atteindre le degré zero de l'estime de soi. Les progrès du droit et des moeurs, on les ressent mais pour les autres. Notre environnement est figé, l'archaisme de notre milieu a developpé chez nous (je ne parle pas pour tous les homos) une tendance à la paranoïa, à la terreur de se savoir un jour découvert et de voir son image salie et dévaluée de la pire façon. L'éventualité même de l'acceptation d'une certaine branche de votre entourage, qu'on conçoit a priori, ne saurait donner lieu à l'action concrète de l'aveu, tant la pregnance du jugement négatif est inibitrice chez nous.  

 

C'est bizarre, je regrette presque de pas avoir connu cette époque où les homos qui se réunissaient étaient liés par leur volonté de dire merde à la société, de developper des formes originales de rapports. Aujourd'hui on aurait presque du mal à distinguer la ligne de partage entre la logique communautaire qui les enferme et le conformisme qu'ils revendiquent. La propension du monde à les rejeter maintient la séparation tandis que les "progrès" contemporains  les poussent à revendiquer les mêmes "droits" que les autres, ou plutôt le  droit au même mode de vie que la masse.  

Les mecs commencent à s'assumer de plus en plus tôt, mais ils semblent pas se poser ce genre de questions. Tout ce qu'ils veulent c'est profiter dans l'immédiat. En somme, ce qui les unit, c'est leur aspiration à consommer comme tout le monde sous forme de sexe, de sorties, de sappes etc.  

 

A côté y a ceux qui sont sensibles à ces évolutions, qui sont partagés entre la volonté de se démarquer et celle de suivre cette nouvelle mode pour pas tomber dans une double marginalité. Ces mecs sont souvent seuls et pour ainsi dire ringardisés par cette nouvelle marginalité. Perso j'aurais bien du mal à fréquenter des mecs de mon âge (ou même plus âgés en fait) , soit que je les trouverais trop creux pour peu qu'ils se fondent dans ce nouveau moule, soit que je les trouverais trop seuls ou trop excentriques, par référence à cette nouvelle norme. (ou alors, ils me conviennent pas du tout physiquement et là, je zappe avec la  futilité la plus féroce).

 

On (les cérébraux prise-de- tête) se réfugie très tôt  machinalement dans une solitude et toute une série de prétextes pour echapper à un danger qu'on se figure plus nettement avec le temps,  qu'on peut alors mieux peut rationnaliser sans pour autant l'enrayer. Pour ne pas finir bouffé de l'intérieur par la honte et la perspective du regret d'avoir gâché sa vie, on se résout à sauter le pas et passer  dans l'illégalité (partant du principe que nos penchants sont répréhensibles) , et on se rend compte que la logique subversive qu'on prête à notre audace est périmée sinon ridicule. En effet la décontraction de votre génération contraste avec votre phobie et révèle le glissement opéré avec le temps de la condition du planqué refoulé à celui pédé assumé (qui n'est pas encore la norme mais qui y tend) qui consomme et qui s'éclate comme le décrète la mode. Et là on se rend compte qu'on est pas non plus fait pour rentrer dans ce nouveau moule, pas celui du "milieu" loin d'être représentatif des homosexuels, mais celui des personnes à qui l'espace public et l'hétéronorme ne fait plus peur.  

 

Une loi naturelle de cette jungle voudrait que je m'y adapte en recherchant un caractère qui corresponde à mes appréhensions : un mec discret et plutôt seul et qui prend bien soin de ne pas faire déborder sa personnalité sur celle des autres. Et j'en vois des comme ça, pour être honnête, c'est ceux qui m'intimident le moins. Ceux qui ont de l'expérience confirmeront (ou non) cette loi, mais ils me semble que les caractères s'attirent, selon le même type de déterminisme que celui qui "voue" ceux du même rang social à se rencontrer et s'unir.  

Mais au final, moi, j'ai pas envie de me complaire dans la facilité de séduire des mecs avec si peu d'estime pour eux-même, des mecs tellemment seuls qu'ils trouvent chez leurs homologues accessibles (les plus sociables étant hors de portée) de quoi combler leur gouffre d'affection.  

Mais est-ce possible de déconstruire toute cette merde intégrée et dépasser cette fatalité…  
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66507
b
Moi aussi !
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