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Lettre à ma mère 26.04.2009

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Vais-je encore longtemps continuer à t'appeler " maman " , toi que j'ai mis si longtemps à appeler ainsi ?! L'autre soir, au téléphone, tu as critiqué ta soeur, ma tante en l'occurrence, comme tu le fais depuis toujours. J'ai toujours répondu à ce que tu disais. Durant des années, je t'ai même approuvée dans ce que tu disais. Depuis quelques années maintenant, je me suis détachée de ta façon de penser la concernant, en retrouvant la mienne, mais je te répondais tout de même, histoire que tu saches que je t'écoutais voire partageais dans certains cas, l'opinion que tu en avais. Là, je n'ai même rien répondu. Face à face avec toi-même, tu n'as pas aimé et tu as rompu la communication en me disant :   " Bon je vais te laisser. " Finalement, quand tu ne trouves pas ce que tu viens chercher, tu t'en vas. Mais t'es-tu rendue compte une seule fois que tu avais un être humain en face de toi, même si le terme " ta fille " ne te parle pas ? Tu as même été, quand tu as su que tu ne serais pas grand-mère, par moi, en tout cas -entre parenthèses le seul de tes enfants à qui tu aies mis la pression à ce sujet- jusqu'à me suivre quand je disais, épuisée, que je pourrais faire prélever mes ovules avant qu'on m'enlève mes ovaires et mes trompes, les faire congeler pour, le jour où je rencontrerai celui avec qui je voudrai concrétiser notre amour, me faire transplanter un embryon. Puis c'est moi qui ai dit : " C'est pas possible puisque je n'aurai plus d'utérus " . Et là tu as dit :   " Ah oui ! C'est vrai " . Cet enfant dont j'ai avorté il y a onze ans pour vous écouter tous dans votre rage contre celui que vous ne connaissiez pas et dont j'ai eu le tort de vous parler. J'ai renoncé à faire ma vie pour ne pas vous déplaire, pour rester ce que vous attendiez de moi, toi surtout et avant tout : un être malheureux, déçu de la vie, aigri, frustré, mal au possible. Bref un être qui déçoit ses parents quoiqu'il fasse. Mais qui correspond tant à l'éducation donnée : dans un bain de négativité, de désamour de la vie. Bref tout le contraire de moi. Quand il y a quelques mois, j'ai entamé mon bilan de compétences, et que j'ai eu besoin de toi pour me dire (me confirmer) comment j'étais, petite, tu m'as dit avec envie : " Tu as toujours été vers les gens " . Et quand il s'est agi de mes qualités et de mes défauts (en vue de comparer l'image que les autres ont de moi à celle que j'ai moi-même) , tu n'as rien trouvé sauf deux défauts et tu as dit que pour le reste, je n'avais rien de marquant. Quand j'ai été vers toi pour trouver de l'aide quand mon oncle me regardait et me parlait plus avec sa libido qu'avec les yeux d'un oncle, tu as dit de " ne pas fiche le bordel dans la famille " tant que je n'en étais pas à " coucher " avec lui. J'ai mis 36 ou 37 ans à te dire que ton aîné avait abusé de moi, que de là entre autres, j'étais partie dans un parcours de déni de moi, de violence vis-à-vis de moi-même. Tu m'avais soit disant écrit une lettre que je n'ai jamais reçue et tout ce que tu m'as demandé c'est comment ça s'était passé, combien de temps ça avait duré, et que mon frère en l'occurence avait toujours agi bizarrement dès son plus jeune âge. Quand je t'ai parlé de mon ex, tu m'as demandé ce que les psys en disaient. Tu m'as demandé si tout cela provenait d'un manque de confiance en moi. Quand je t'ai dit que j'avais de mauvais résultats de frottis, tu m'as dit que la navigatrice Maud Fontenoy avait eu aussi un problème et que maintenant elle était maman. C'était rien, puisque tu avais à me dire que tu avais rencontré un homme sur ton ancien lieu de boulot et que tu avais " envie de ce mec " , ce sont tes termes. Comme au bon vieux temps, tu te souviens, quand tu me racontais tes histoires à deux balles et qu'un jour tu t'es fait sauter et que tu es arrivée contente, ravie, d'avoir fait triquer un autre homme que mon père que tu as descendu en flèche le soir même devant ses enfants, lui malade, lui au chômage, viré comme une merde de son travail. Je t'épargne le fait de ne pas être venue quand je me suis fait hospitaliser pour me faire opérer. Ça va bien avec le reste, finalement. Aucune faute de parcours. Tu n'as pas reçu certains sms les jours où tu savais que je devais voir le médecin ou passer un examen. Je rentrais tard chez moi le soir et tu n'avais même pas cherché à m'appeler. Je n'ai rien à te dire à toi devant qui je pleurais, petite, pour que tu me prennes dans tes bras. Plus grande, pour que tu me prennes dans tes bras, me donnes la main, me caresses la main, la joue, un geste. Toi qui m'as fichu la tête sous l'eau parce que j'étais somnambule. Qui as passé le relai à un médecin pour mes problèmes de sommeil. Toi qui jouais à celle qui souffrait, la porte de votre chambre ouverte, quand mon père venait pour te sauter. C'était votre petit jeu qui moi m'a fait souffrir. La petite fille que j'étais était terrorisée que son papa fasse souffrir sa maman et tout le monde en rigolait le dimanche chez ma grand-mère. Ma grand-mère, abusée, qui quand elle racontait les agissements de son oncle, sept décennies après les actes, te faisait lui dire : " On le sait ! Tu nous l'as assez dit !  " . La petite fille qui faisait semblant d'avoir envie de faire pipi afin que le papa cesse de faire du mal à la maman quand il saurait que quelqu'un était au courant. La petite fille qui sentait ses paupières tremblantes quand le papa après être passé aux toilettes, venait vérifier qu'elle dormait. Elle faisait semblant, terrorisée qu'elle était à l'idée de payer la note. J'ai bien ri d'avoir une mère comme toi, vraiment. Je suis heureuse. A la loterie de la merde, je dois avoir parmi les plus beaux prix qui soient. Je ne t'aime pas mais je te déteste encore. Mais ça va pas durer. Je fais tout pour. Salut ordure ! J'ajoute que tu es celle qui as ouvert le courrier de mon petit frère et que quand tu y as compris qu'il était homosexuel, tu as tapé ta crise en lui disant que s'il poursuivait, il te rendrait malheureuse. Finalement, faut choisir entre te garder en ne faisant pas sa vie propre qui correspond à soi et pas forcément à toi, ou te convenir. Je te dis merde. Mon cher Guitry, que j'aime tant avait dit : " Je crois que l'on peut s'aimer malgré que l'on soit de la même famille. Mais s'aimer pour cela, non non " . Il fait dire cela dans " Mon père avait raison " . Moi je ne t'aime pas. Je culpabilise de ne pas arriver à t'aimer telle que tu es. C'est pas la même chose. Tu ne t'étais d'ailleurs pas privée de dire à mon frère cadet que s'il n'avait pas été ton fils, tu aurais eu du mal. J'ai vu le film " Conte de Noël " y a peu. Un des fils du personnage joué par Deneuve lui dit qu'il ne l'a jamais aimée. Elle lui répond : " Moi non plus " . Tout cela sereinement. J'y arriverai. Au moins à te le faire sentir.
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271807
b
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