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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 28/03/10 | Mis en ligne le 26/04/12
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L'auteur n'a pas la prétention de proposer une formule magique du bonheur conjugal, il essaie de dégager le sens des difficultés, de rendre un peu plus visibles certains conditionnements en espérant que leur connaissance permette de les dépasser, pour enfin guérir. L'auteur nous propose une analyse assez fine des différents freins psychologiques inconscients qui nous jouent des tours, et font de nous des hommes qui on peur de s'engager, et des femmes qui aiment trop. Il prend l'exemple d'une banale histoire entre elle et lui sur le canapé qui représente un champ de bataille. Cette guerre entre homme et femme existe depuis que le monde est monde. Mais comment sortir du champ de bataille ? Il ne faudra pas attendre l'arrivée d'échecs dans la relation de couple pour s'interroger sur notre propre vision de l'amour : Qu'est ce que l'amour pour moi ? Comment et avec quels bagages je m'engage dans une relation ? Quels sont les conditionnements qui m'empêchent de m'épanouir dans mon couple ? Est-ce nécessaire de vivre en couple pour être heureux ? Il faudrait que les partenaires fassent individuellement un effort de se tourner vers l'intérieur d'eux-mêmes et de réfléchir sur ce qui se passe en eux, d'examiner les mouvements de leur vie sans les juger, et de tenter de se réconcilier avec eux-mêmes, leurs parents et tous ceux qui partagent leur vie. Cette réconciliation empêche l'emprise de la souffrance sur nous, et nous permet de donner du sens à notre vie. Il décrypte les différents paramètres qui entrent en jeu dans la relation de couple : pour aimer l'autre il faut d'abord s'aimer soi. C'est ainsi que l'amour de soi reste un élément majeur et en particulier, l'amour-propre qui est un facteur d'équilibre psychologique. "L'amour de soi est une dimension fondamentale de notre identité et une clé de son développement réside dans l'amour que nous nous accordons. L'estime de soi est d'ailleurs un facteur déterminant de nos relations affectives. En nous accordant plus de valeur nous avons la chance d'éviter de tomber dans des relations de dépendance où nous quêtons le regard de l'autre pour avoir le droit d'exister. Il est important de saisir que l'amour de soi et l'amour d'autrui sont fortement articulés l'un par rapport à l'autre. Une identité saine repose sur une saine estime de soi. Pour avoir la capacité d'aimer et de s'aimer, il faut avoir senti que l'on nous aimait. Les miroirs que nos parents et les autres figures parentales nous ont tendus à travers leurs gestes et leurs regards sont des éléments essentiels de la fondation d'une saine estime de soi. Les enfants naissent rois et se prennent pour le centre du monde, peu à peu, pourtant ils doivent accepter de ne plus être le centre de l'univers. Comment des parents peuvent-ils permettre à l'enfant de passer de sa toute-puissance imaginaire à une perception plus exacte de la réalité ? Comment aider l'enfant à développer une saine estime de lui-même et une confiance par rapport à son pouvoir personnel ? La valeur que l'on s'accorde est le résultat d'un compromis entre nos besoins de toute-puissance et les limites imposés par la réalité. L'amour de soi permet de s'autoriser à être soi-même sans attendre l'approbation des autres, à rechercher et à expérimenter ce qui nous attire et nous fait plaisir, sans jugement, tout en respectant les autres. Cesser d'attendre l'approbation d'autrui pour s'apprécier et apprécier la vie est sans aucun doute la révolution la plus fondamentale qui puisse affecter une vie." En réalité "Elle et Lui" ne sont pas seuls sur le canapé du salon, ils ont des compagnons intérieurs qui mènent le bal des attirances et des répulsions à leur insu. Il s'agit de "l'anima" et de "l'animus" . Nous pourrions dire que dès la puberté un archétype s'active en nous pour nous aider à nous séparer de nos parents et à poursuivre notre vie psychologiquement par nous-mêmes en pleine autonomie. Sa trace est visible dans le fait que chaque être humain porte en lui une représentation plus ou moins claire du partenaire idéal ; cette image le fait rêver, fantasmer et courir après l'amour pour former un couple. Tout se passe comme si l'animus et l'anima nous lançaient dans l'aventure de l'amour, mais que leur véritable fonction était d'être reconnues comme des dimensions intérieures de nous-mêmes. Car en réalité nos partenaires ne pourront jamais incarner cet part manquante de nous-mêmes. Voilà ce que les échecs amoureux nous font comprendre peu à peu. Qu'en est-il dans le couple ? Dans le couple traditionnel, la paix domestique reposait sur le sacrifice de la femme. On pouvait penser que l'homme régnait en Seigneur et Maître. Les femmes elles-mêmes semblaient se complaire dans cette situation où elles n'avaient que la place que l'homme voulait bien leur donner ; c'était la période du patriarcat : système de pensée qui a façonné les identités psychologiques et sociales des hommes et des femmes. Les relations ne se prêtaient guère à valoriser l'estime de soi des enfants, puisqu'ils n'avaient pas droit à la parole, tout comme leurs mères, et ces mères ne pouvaient donner que ce qu'elles avaient elles-mêmes reçu. L'arrivée de la contraception a affranchi la femme de la maternité systématique, et petit à petit l'homme a commencé à perdre de sa toute-puissance. Le patriarcat n'a pas seulement opprimé les femmes, il a aussi aliéné les hommes, c'est notre participation à tous à ce mythe collectif qui nous éloigne de plus en plus de la vie, et de toute possibilité d'intimité avec l'autre. Ce patriarcat s'exprime encore à chaque fois que nous faisons passer les devoirs extérieurs avant les valeurs affectives, à chaque fois que la raison l'emporte sur le coeur. Que de frustrations, d'amertumes, et de colères refoulées. Ces sentiments nous rappellent combien la gestion de notre estime de nous-mêmes reste un travail de longue haleine. Mais comment pouvons-nous nous améliorer ? C'est d'abord et avant tout une prise de conscience personnelle. Le nouvel enjeu sur le plan de l'intimité ne se pose plus en termes de sacrifice l'un pour l'autre, mais bien de la façon suivante : être unis en continuant d'être deux individus à part entière, être deux sans cesser d'être unis. Les êtres qui aiment au point de se perdre dans l'autre, ne s'aiment pas suffisamment. Ils ont oublié la seconde partie du précepte chrétien qui dit "aime ton prochain comme toi-même" un identité saine repose sur une saine estime de soi. Ainsi il ne saurait y avoir d'intimité avec l'autre sans intimité avec soi-même. C'est l'ampleur de la révolution amoureuse qui sera accomplie par les générations qui viennent et à laquelle nous pouvons déjà participer si nous consentons à la crise et aux enseignements qui en découlent. A quoi sert le parent du même sexe ? C'est une référence incontournable dans notre identité sexuelle, grâce à lui nous pouvons nous reconnaître dans notre sexe ; s'il est absent, ou rejette l'enfant que nous sommes, nous aurons du mal à nous aimer dans notre sexe, voire même nous aurons honte de nous. A quoi sert le parent du sexe opposé ? Il nous enseigne notre différence fondamentale. La différenciation sexuelle est nécessaire parce qu'elle sert à l'éveil de soi. Plus un être se sent sécurisé dans le sentiment d'appartenir à son propre sexe, plus il peut affronter les différences sans se sentir menacé. Dans notre culture, en absence de modèles paternels adéquats, les hommes, au lieu de se développer positivement en rapport avec la sensibilité paternelle, se développent négativement contre l'image maternelle. Ils procèdent ainsi pour ne pas être assimilés aux femmes. En rejetant les femmes et leur propre sensibilité féminine, les hommes ont construit un monde où domine la sécheresse. La crise économique et le chômage sont en train d'achever l'oeuvre de remise en question que les femmes ont commencée. Combien d'hommes dépouillés de leur carrière et de leur métier sentent qu'ils ne servent plus à rien, combien se sentent humiliés de ne plus être les principaux pourvoyeurs d'argent à la maison ? Au fond la question de l'éros et de la valeur accordée au féminin dans notre société est au coeur de cette histoire (pages 62/63). Les hommes qui bénéficient le plus de la crise sont ceux qui se mettent à intégrer les valeurs associées au féminin : écoute, réceptivité, souplesse, fidélité, authenticité, accueil, attention à la vie. Il ne s'agit pas d'imiter les femmes mais plutôt d'oser incarner les valeurs qu'elles stimulent en nous et qui sont humaines avant d'être féminines. Nous allons vivre de plus en plus avec la réalité de l'homme multidimensionnel dans sa façon de vivre sa vie et sa carrière hors de la linéarité temporelle des générations précédentes, mais aussi au niveau psychologique. La conscience doit s'assouplir et apprendre à entrer en relation avec toutes les parties de l'être. Pour les hommes comme pour les femmes, pour le père comme pour la fille, pour la mère comme pour le fils, il s'agit de sortir de la projection sur l'autre de nos parties noires et de consentir à ce que l'on déteste le plus comme étant une dimension de soi. Ce n'est qu'ainsi qu'on récupère l'énergie de tels complexes, qu'on se met à l'abri des passages à l'acte brutaux et qu'on cesse de choisir des partenaires qui incarnent nos pires démons parce que nous ne voulons pas les exorciser. (page 170). La prise de conscience de la nécessité de se prendre en charge parce que l'amour ne nous sauvera pas, invite à dégager l'autre de nos exigences. Il s'agit d'arrêter de lui demander de se plier à l'image idéale de l'homme ou de la femme que nous portons. Les projections de l'animus et de l'anima doivent être retirées. Le retrait des projections s'avère le seul moyen de récupérer son pouvoir personnel et de toucher son être fondamental. Pour arriver à connaître l'essence de son identité, un être doit absolument accepter la part d'ombre qu'il porte. Tant qu'il vit dans l'illusion de sa projection, on ne peut pas parler de progrès psychologique ou même spirituel. Le travail de retrait des projections s'appuie sur une communication authentique qui engage les partenaires au lieu de les opposer à travers blâmes et jugements. En développant sa capacité de communiquer, un couple peut devenir un élément de libération et de connaissance de soi. Les perceptions de l'autre et ce qu'il vit par rapport à nous peuvent aider à dépasser certaines limitations. (page 275). Nul ne peut éviter la souffrance et nous pouvons même la saluer, car elle nous confronte aux questions essentielles de l'existence ; elle constitue sans doute un facteur fondamental de la vie puisque personne n'y échappe. Il devient mesquin d'accuser les parents de la souffrance de leurs enfants ou l'inverse. Les êtres ont tellement besoin de la souffrance pour grandir qu'il devient même parfois malsain que les parents essaient de l'épargner à leurs enfants. La seule solution réside dans l'intériorité. Selon l'auteur, le nouvel enjeu posé par le contexte contemporain est le suivant : comment pourrait-il y avoir intimité avec l'autre s'il n'y a pas d'intimité avec soi ? Le rapport amoureux y apparaît non seulement comme une magnifique occasion de travail sur soi, mais également comme un pont pour une communion avec l'autre et l'univers. Dans un monde qui change tellement vite, la seule solution réside dans l'intériorité, là où les choses ne changent pas aussi rapidement. Confrontés que nous sommes à tant de changements et d'instabilités, il faut rechercher et cultiver en soi ce qui dure, ce qui est permanent. En stabilisant dans son être le plaisir de vivre et d'exister, on commence à toucher à l'immortalité de sa propre essence. Je parle ici de l'expérience d'un appui intérieur dans une profondeur d'être qui à la fois embrasse, contient et dépasse la contingence de notre vie actuelle. En conclusion, l'amour n'est pas une relation, c'est un état. Nos expériences difficiles dans l'enfance ou dans le couple servent à notre épuration. Le danger est alors que le feu de l'émotion soit trop fort et précipite l'explosion : c'est la séparation. Lorsque le feu est trop faible, il n'y a pas transformation. Tout l'art réside donc dans la production du feu adéquat. Il en est de même pour la crise, elle permet de passer à de nouvelles valeurs, nous fait abandonner l'illusion d'un bonheur dans l'autre. Cette prise de conscience est essentielle car l'amour existe déjà en nous. La vie est parfaite dans sa manifestation intelligente, consciente d'elle-même et joyeuse, elle possède une capacité d'autogénération et d'autocréation. Ce génie habite chaque cellule vivante et l'être qui se reconnaît dans le miroir cosmique réalise sa souveraineté sur lui-même et son aptitude à créer sa vie à partir de ce champ de tous les possibles qu'est l'existence. Passer d'un monde où je suis tout pour l'autre et où l'autre est tout pour moi, à un monde ou j'aime que l'autre existe et où finalement j'aime exister, le défi est là. L'amour émotif est un amour de réactions et d'actions toutes inscrites dans la passion et les jalousies. Mais l'amour du coeur est un amour fondé dans la joie, la joie profonde d'exister et de voir exister l'autre, cet amour existe dans l'amour de soi et dans l'amour de la vie en soi et dans l'autre. Guy Corneau en mettant en jeu un couple "Elle et Lui" essaye tout le long du livre de nous faire partager ses réflexions sur les conditionnements psychologiques qui se sont mis en place depuis l'enfance à l'insu des partenaires. Dans la deuxième partie du livre, il nous livre des techniques qui nous permettent de comprendre les enjeux, pour cela il nous propose le plan suivant : 1. La crise qui secoue les couples dans le contexte du patriarcat. 2. Des notions théoriques. 3. Les relations père-fille. 4. Les relations mère-fils. 5. Les rapports amoureux. 6. L'amour en joie. 7. L'intimité avec soi. 1) LA CRISE QUI SECOUE LES COUPLES. Selon l'auteur, c'est d'abord le patriarcat qui est responsable de cette crise de toujours. A travers le discours de ce couple, comprendre les failles et les forces qui les lient. Ce livre est écrit à la première personne du singulier, il s'identifie comme pouvant être auteur et acteur à la fois. Ce couple est devenu un champ de bataille. Dans les couples traditionnels, il allait de soi qu'une femme nie son individualité, c'est-à-dire ses goûts, ses ambitions, sa créativité, pour élever des enfants. La structure patriarcale s'est trouvée remise en question lorsque les femmes ont commencé à affirmer qu'elles étaient des êtres humains à part entière. Ce patriarcat a aussi opprimé les hommes. Et les femmes ont essayé de pénétrer dans le royaume des hommes par leur dureté, et la négligence de leur féminité. En réalité, il s'agit d'un mythe collectif qui nous éloigne de la vie. L'intimité entre les femmes et les hommes n'a jamais vraiment existé, c'est une hypothèse. Guy Corneau commence son analyse en expliquant les notions d'identité, qui est comparable à la respiration dans son inspir et son expir et qui pourrait définir le double balancement de la relation : attachement/détachement, dépendance/indépendance, aimer/haïr, venir/partir. Et cette ambivalence est mise en place dès la naissance et nous conditionne. Tout commence à la naissance. 2) LES NOTIONS THÉORIQUES. A) La formation du moi. Selon Guy Corneau, le Moi c'est la conscience de Soi. A la naissance, elle fait partie intégrante de l'être qui n'en a pas encore conscience. A mesure qu'il grandit, conforté à la réalité, le Moi se cristallise, et dans les différents stades de développement le Moi occupe le centre de la conscience. Le Moi détermine la personnalité qui va engloutir les valeurs des parents dans un premier temps pour se différencier au fur et à mesure des rencontres avec d'autres acteurs de la société. La condition cependant fondamentale pour son bon développement reste l'amour des parents et des proches. B) La formation des complexes. Ce sont toutes les idées fabriquées, qui vont se loger dans notre inconscient et qui nous empêchent d'affirmer notre individualité profonde, ils nous mettent des bâtons dans les roues. C) Le moi est aussi un complexe. C'est notre personnalité consciente. Le paradoxe est que les complexes sont généralement inconscients, et nous les projetons par un mécanisme de défense que le moi conscient utilise pour se protéger de certains affects qui risquent de la perturber s'ils montent de l'inconscient. D) L'estime de soi. C'est un des pôles de notre identité : l'amour de soi pour avoir la capacité d'aimer et de s'aimer, il faut avoir senti que l'on nous aimait. C'est le rôle des parents, et de l'entourage proche. Si les circonstances de la vie nous ont enseigné le contraire (les parents qui ne prennent pas plaisir à élever les enfants) nous aurons une mauvaise image de nous. Ce sont les parents qui éveillent la confiance en soi de l'enfant, par le jeu de frustrations et récompenses. E) L'identité sexuelle. Qui suis-je ? Je suis une fille, je suis un garçon. Le sexe : encore un élément incontournable de notre identité. Le fait de naître dans une famille avec deux parents de sexe opposé me permettra de trouver ma place dans mon sexe. C'est ainsi que le parent du même sexe que moi, me permettra une identification, le parent de sexe opposé, me fera saisir ma différence. Dans la famille traditionnelle, les enfants garçons souffrent d'une blessure d'identité en raison du manque de modèle masculin. Pour les enfants filles la blessure laissée par le père est une blessure relationnelle affective. La différenciation sexuelle est importante car elle sert à l'éveil de soi. F) L'anima et l'animus. C'est notre moitié, la partie de moi que nous rechercherons dans l'autre. C'est l'âme soeur et nous désirons ardemment la retrouver dans l'autre, chose qui est impossible. Quand nous attirons des hommes ou des femmes ayant les mêmes traits ou ressemblance que l'un de nos parents, nous sommes victimes de nos complexes et de notre anima/animus. C'est comme si nous avions des schémas préétablis dans notre cerveau. L'anima est cette force en l'homme qui inspire le besoin d'aimer et d'être aimé, de prendre soin et d'être apprécié, cette capacité d'accueil et de tolérance au-delà de la raison. Pervertie, elle devient dépendance, soumission, servitude esclavage, masochisme. Refusée elle se fait froideur, rejet, dureté. L'animus est cette énergie qui a besoin de s'accomplir en transformant la matière par sa volonté, il est puissance d'action, de mouvement, d'impulsion. Perverti il devient frénésie, maniaque, autoritarisme, dictature, sadisme. Refusé il se fait mollesse, manque de rigueur, autodestruction. G) La relation triangulaire. La réalité de l'enfant se situe dans un triangle, la formation d'une petite société. L'enfant tient à l'unité du couple parental parce qu'elle symbolise la complémentarités des opposés qui assure le maintien du monde. Le drame des enfants dans notre société, c'est qu'ils manquent de repères stables. La société actuelle laisse l'enfant livré à lui-même, les deux parents travaillent, et l'enfant doit grandir presque seul. Les signes d'une identité saine sont : La confiance en soi, la capacité de faire des choix, celle de suivre ses goûts, ses envies, la capacité de rapport avec des sentiments et ses besoins, la capacités de créer des liens affectifs. Cependant, les parents ne sont pas responsables du destin des enfants. 3) LES RELATIONS PÈRE-FILLE. 1) La relation père-fille. Dans la famille traditionnelle, c'est le déséquilibre du triangle, père manquant ou absent, où la mère essaie de compenser, qui crée des femmes qui aiment trop. La trop grande sollicitude des mères crée des hommes qui ont peur d'aimer, de s'engager. Selon le regard que le père aura posé sur sa fille plusieurs scénarios possibles : A) Le père présent physiquement mais silencieux. - la fille peut avoir un sentiment de vide, peut développer une mauvaise image d'elle-même, papa ne me parle pas parce que je n'en vaux pas la peine, je ne suis pas à la hauteur. - la fille pour remplir ce vide va se projeter dans des rêveries : elle va idéaliser le prince charmant, elle est romantique, et va chercher cet idéal d'homme père à travers ses relations. - la fille blessée (illustrations d'un conte "la jeune fille sans mains") , une fille qui n'a pas été nourrie par le sentiment paternel, demeure insatisfaite, et peut céder à son animus destructeur. B) Le père incestueux. - elle se sent responsable des agressions du père, c'est une blessure à son intégrité corporelle, son corps souillé, car non respecté. Elle n'arrive pas à s'accorder du respect. - Elle méprise les hommes à travers son père. * Les pères trop collants. Sans avoir connu l'inceste, un fille qui a eu un père trop collant, qui la désirait fortement, provoque les mêmes problématiques que l'inceste, la fille peut devenir exhibitionniste, une façon de se défendre. * Le désir d'inceste. L'envie de faire l'amour avec sa fille peut signifier une insatisfaction sexuelle du parent. C'est une manière de vivre l'interdit sous une forme qui n'entraîne pas la condamnation. * L'inceste affectif. Il s'agit de juste distance entre un père et sa fille, car parfois l'inceste n'est pas sexuel, il se déroule sur le plan affectif. Le père parasite alors la vie affective de sa fille. Le résultat : la fille qui aime trop. * Le père prude. C'est l'opposé du père incestueux. C'est un père très réservé. Cette pudeur est motivée par le même désir incestueux cependant. Chez le père prude il y a inhibition de l'acte. Cette pudeur empêche au père d'entretenir des relations affectueuses avec leurs filles. Dire "je t'aime" à sa fille à l'adolescence, crée de l'ambiguïté, d'autant que le père a tendance à sexualiser toute marque d'affection ou de tendresse envers les femmes. Le père a tendance à confondre tendresse et sexualité, chaleur humaine et fièvre amoureuse. * Les éternelles adolescentes. Les filles qui ont manqué de père pour les soutenir dans leur développement psychologique demeurent prisonnières du besoin de plaire ou se cantonnent dans la révolte, se construisent une armure, deviennent des maîtresses ou des muses. Elles refusent de grandir, elles éprouvent de grandes difficultés à prendre des décisions, des initiatives, elle sont changeantes, et vivent dans un monde de fantasmes. Pour sortir du cercle de la dépendance et acquérir son propre pouvoir, elles devront accepter de briser leur image de petite fille charmante et risquer de déplaire en affirmant leurs idées et leurs talents. * Les amazones. Pour survivre à la blessure laissée par le père, les amazones épousent des comportements d'homme, elles sont actives, des femmes de devoirs et de principe, elles rejettent les séductions masculines, et peuvent mépriser les hommes, elle tente de réussir là où leur père aurait échoué. Le meilleur moyen de ne jamais être déçue, c'est de ne rien attendre de personne. 4) Les relations mère-fille. C'est une relation haine/amour. L'attention du père confirme la fille dans sa différence sexuelle. La présence du père lui permet de se séparer et de se différencier de la mère. Le père lui permet de gagner son individualité de femme. Lorsque la relation père-fille n'est pas soutenue, elle met à mal la relation mère-fille. Le parent du même sexe a souvent de fortes exigences envers son enfant. Le contexte du patriarcat a imposé tant de limites à la liberté de la femme, qu'il a permis ou contribué à ce que les mères bloquent inconsciemment l'émergence de l'individualité de leurs filles. "La mère vampirise sa fille" , ce n'est pas étonnant que la fille puisse entretenir une relation intérieure plus positive avec son père absent qu'avec sa mère présente. Si le père influence la formation de l'animus de la fille, il ne faut pas oublier qu'à l'inverse la fille tente d'incarner l'anima du père pour se rapprocher de lui. Ainsi se tisse un lien privilégié d'inconscient à inconscient. Les rapports entre une mère et sa fille peuvent également se compliquer, quand la fille apprécie chez son père ce qui irrite sa mère. Un rapport de rivalité inconscient se développe. Quelles attitudes permettent de guérir la blessure infligée par le père et de sortir dans l'attente du prince charmant ? - L'agressivité : ou la bonne colère. Il n'a pas de processus de guérison qui ne passe en bonne partie par la colère. Les filles qui ont manqué de père ont en commun d'avoir beaucoup de difficultés à exprimer de l'agressivité verbalement, elles ont été habitués au refoulement, elles ont une mauvaise image d'elles mêmes. Exprimer sa colère et sa rage contre autrui sans jugement et de préférence dans un environnement sécuritaire est une étape essentielle. Il s'agit de ressentir pleinement la rage, et de la déverser sur quelqu'un, un contenant symbolique. Pour entrer en relation avec l'inconscient et recevoir les informations qu'il nous transmet, il est nécessaire de se prêter à l'émotion, et même de fusionner avec elles de temps en temps. Le véritable travail sur la colère consiste à répondre aux besoins qu'elle révèle en nous. Le fait de comprendre que l'on manque de respect envers soi-même en tolérant l'abus et en se réfugiant dans une position de victime constitue la deuxième étape du processus de transformation. Il s'agit de reconnaître que l'on se fait à soi-même ce que l'on accuse son père ou son partenaire de faire ou d'avoir fait. Reconnaître posséder en soi une arme "l'agressivité" qui peut aussi nous détruire de l'intérieur, s'approprier ce pouvoir au niveau conscient qui va la transformer en force intérieure. S'accepter avec cette partie sombre de soi-même pour ne plus avoir à se battre de l'intérieur : on est ce que l'on est. Quand cette colère est pleinement reconnue et intégrée, elle devient un pouvoir qui génère initiatives et décisions, alors la vie devient beaucoup plus agréable, plus intense, plus lumineuse et joyeuse. - La guérison de l'amour-propre. Tant qu'une femme ne prend pas conscience du manque d'estime personnelle laissé en elle par le père manquant, elle arrive dans le couple alourdie par le poids d'une attente qui risque de tout faire échouer. On ne peut pas charger une autre personne de régler un tel problème pour nous. Pour arriver à transformer une estime de soi dépendante du regard masculin, il y a certaines attitudes à développer : * récupérer sa part d'ombre. - la colère interdite. - la misogynie. Les femmes continuent à donner du pouvoir aux hommes, quand elles nient leur propre féminité. La façon dont les femmes dévalorisent tout ce qui est féminin à l'intérieur d'elles perpétue la misogynie des hommes. Aussi longtemps qu'une femme place la responsabilité de la dévalorisation du féminin à l'extérieur d'elle, elle accentue sa position de victime, pour s'en sortir elle doit finir par s'avouer en son for intérieur qu'elle renforce elle aussi les stéréotypes patriarcaux. Ce changement repose sur la prise de conscience de ce double jeu. Une femme doit être douce, compatissante, soumise et docile et en même temps tous ces comportements ne sont pas valorisés dans la société, pour la femme c'est un véritable dilemme, elle se sent à côté de la plaque puisque sa valeur n'est pas confirmée par son environnement. Tant qu'une femme dévalorise inconsciemment le féminin en elle, elle reste fragile aux jugements misogynes. Il est essentiel pour les femmes de retrouver en elles-mêmes la beauté féminine dans sa façon particulière d'être au monde. * Donner une expression à l'animus. La relation ne sert vraiment à la connaissance de soi que si on fait l'effort de mettre en conscience sa propre masculinité. Intégrer son propre animus positif : En éveillant et en incarnant ce que l'on reconnaît chez l'autre qui nous plaît tant, on s'affranchit de l'importance démesurée de l'amour dans sa vie et on rehausse son estime de soi. Il s'agit de cultiver une attitude symbolique et de regarder les liens que nous tissons comme autant de facettes de nous-mêmes qui veulent venir à la conscience. Le véritable amour peut commencer lorsque l'on commence à comprendre ce qui est en jeu de part et d'autre, on peut apprendre de l'autre qui nous sert d'initiateur à une dimension de soi. Si cet amour ne sert qu'à nous remettre en position de petite fille, tous ces sentiments s'éprouvent en vain, on est retombé sans le vouloir dans le piège du patriarcat. Faire l'effort de prendre conscience de la projection de l'animus aide à sortir d'une position de faire valoir du monde masculin. Au lieu d'attendre que les hommes changent on amorce son propre changement, abandonnant du même coup les attitudes liées à la frustration. L'animus a besoin d'apprendre à se dire et à s'exprimer, il doit apprendre à parler ; prendre conscience de ses désirs réels accélère leur réalisation concrète. * Imaginer la beauté du féminin. Pour corriger une estime de soi déficiente le recours à l'imagination peut être d'un secours insoupçonné. Il faut combattre le feu par le feu, éveiller son imagination pour créer de belles images de soi. L'imagination positive constitue une façon de nourrir la femme qui est en germe et qui veut venir au monde ; honorer le féminin profond et le revaloriser est une tâche léguée par l'histoire aux filles du silence. La relation mère-fils : le couple impossible. A) Devenir mère. Si le père nous introduit au monde social, la mère au sens symbolique ou mythique nous introduit au monde du Vivant : elle donne la vie. Les qualités d'une mère : accueil, dévouement, don de soi, ouverture. De tout le registre d'expression de la féminité, seul le fait d'être épouse ou mère a trouvé grâce aux yeux du patriarcat. Le statut de mère était valorisé, alors que celui de femme n'est pas suffisamment reconnu. Les fils auront, devenus adultes, à entrer en relation amoureuse et sexuelle avec une personne du même sexe que leur mère. Le triangle dysfonctionnel père-mère-enfant sera la première cause du conflit mère-fils. Le "mariage symbolique mère-fils" En absence du père, le lien puissant qui unit la mère à son fils aura tendance à se renforcer. Le ciment de l'union mère-fils sera la déception affective d'une femme qui, manquant d'attention de la part de son conjoint, fait de son fils un partenaire de remplacement ; cela peut conduire à une sorte de "mariage symbolique" qui constitue un véritable inceste, ne se déroulant pas sur le plan sexuel mais sur le plan affectif. La relation qui s'établit entre une mère et son fils est une relation de codépendance. Cet inceste affectif empêche le fils d'appartenir à une autre femme. B) La bonne limite. Le meilleur moyen d'éviter la guerre est encore d'apprendre à dresser les limites lorsque l'enfant est encore en bas âge afin de bien différencier le territoire de la mère et celui du fils. Les limites donnent un cadre sécuritaire à l'enfant et fixent les balises à son comportement. Il faut acquérir le sens de sa destinée individuelle et se rendre compte que l'on est avant tout responsable de ce qui se passe en soi. C) Les coûts de l'inceste affectif. Le fils reste attaché à la fusion émotive de sa mère. Le désir d'autonomie de la mère peut devenir une menace pour lui. Les mères sont parfois aussi dévorées par leurs fils jaloux et possessifs. L'anima du fils reste prisonnier du complexe maternel négatif, comme l'animus était prisonnier du complexe paternel négatif. Pour les libérer et reprendre contact avec son coeur, sa créativité, le garçon comme la fille doit faire face à son ombre. Les enfants intègrent les blessures psychologiques du père ou de la mère par le biais des complexes parentaux que représentent les parents à l'intérieur du psychisme. Toutes ces blessures se transmettent d'une génération à l'autre. La première blessure qui se transmet est le manque d'estime de soi. D) Le divorce mère-fils : un sacrifice. La mère et le fils sont liés dans l'inconscient, à l'adolescence la mère doit pouvoir laisser son fils gérer ses difficultés. 5) LES RAPPORTS AMOUREUX. Vivre en couple n'est pas une obligation. Le couple n'est pas une condition essentielle de l'existence. Le déséquilibre du triangle père-mère-fils pousse la mère et le fils à vivre un mariage symbolique, et va rendre périlleux le couple que ce dernier vivra dans le futur avec une autre femme : il aura peur de s'engager. Le mépris envers les femmes. La méchanceté masculine à l'égard des femmes, les blagues les dénigrant et la volonté de les soumettre ne visent qu'un seul objet caché : le complexe maternel négatif qui continue des profondeurs de l'inconscient à opprimer un moi qui n'a jamais osé s'affirmer. Les hommes n'ont pas appris à se détendre et à partager le plaisir avec leur partenaire, ils ont souvent du mal à s'abandonner. La sexualité est niée dans certaines familles. Les hommes entrent dans le rapport romantique et dans l'amour par la sexualité tandis que les femmes entrent dans la sexualité par l'amour et le romantisme. Pour qu'un homme puisse s'investir complètement dans le rapport intime, il est nécessaire que sa vie sexuelle puisse être accueillie sans jugement, car elle est le lieu de symbolisation par excellence du rapport non résolu avec les complexes parentaux. Comment les hommes tentent de faire échec à leur peur des femmes. * la dépendance : la femme devient la mère de substitution. * laisser l'enfant prendre place dans le lit conjugal. * le célibat défensif (ses besoins d'union et de dépendance sont refoulés). * avoir plusieurs relations (se servir des morceaux de femmes). Pour les femmes. Le romantisme a aussi son aspect négatif (prendre ses rêves pour la réalité) , l'attente du prince charmant. La difficulté de communiquer clairement : pour communiquer, il faut s'ouvrir à la réalité de l'autre en prenant de la distance par rapport à soi, il faut faire l'effort de comprendre les besoins cachés derrière les sentiments et les frustrations, il n'y a pas de partenaires magiques. Même sur le plan sexuel, ne pas jouer aux devinettes, être clair, s'exprimer franchement sur ses désirs. Les femmes peuvent être contrôlantes, autoritaires, elles infantilisent leur mari et paradoxalement seront déçues de vivre avec un homme silencieux. 6) L'AMOUR EN JOIE. Tomber en amour n'est pas entrer en relation. Former un couple c'est d'abord devenir amoureux. L'amour passion est un feu de paille. L'amour ne peut pas nous sauver de nous-mêmes. Les passions sont fondées sur les carences de chacun, et deviennent des prisons. La relation est basée sur des choix de vie conscients, articulés et fondés sur le partage des valeurs ainsi que sur la négociation d'un but commun. La passion amoureuse est narcissique, la relation conduit à l'entraide, la collaboration. Une relation peut se construire à partir du moment où les deux partenaires ont accepté l'un comme l'autre cette perte de virginité. Le couple possible passe nécessairement par l'amour de soi et le respect de soi-même. En apprenant à s'apprécier, un être s'affranchit de sa dépendance à l'autre et peut relâcher son contrôle sur lui. Le couple est donc un champ de bataille où se mène la lutte contre l'orgueil personnel. S'unir par amour et rester ensemble par amour représente incontestablement un défi. Le sentiment amoureux est motivé par un besoin de communion que nous cherchons à concrétiser en nous unissant à une autre personne (réparation narcissique). La joie est la marque de la relation réussie et d'un éros qui vit. 7) L'INTIMITÉ AVEC SOI. Pour sortir du champ de bataille de l'amour, il faudra se pencher sur l'intériorité. L'amour est éminemment difficile, il représente un défi constant. Le défi de l'intimité est une invitation au travail sur soi. Choisir ce qui est bon pour soi en délaissant consciemment ce qui nous fait souffrir et nous dégrade n'est pas une mince affaire, nous éprouvons un véritable attachement pour ce qui nous détruit, nous annihile. Apprendre à s'accorder un peu de sollicitude que nous réservons à l'être aimé peut guérir le coeur, cette compassion est le secret du respect de soi-même, et le germe de l'estime de soi. S'aimer signifie être bon pour soi et se donner une chance au lieu d'être une exigence, passer du stade de l'enfant à celui de l'adulte responsable de ses états intérieurs, pour arriver à se donner ce qui est bon pour soi, il faut cultiver en soi des états de bonté, il faut connaître la paix et la joie intérieure. Lorsque nous admettons notre entière responsabilité par rapport à ce qui se passe en nous, alors les difficultés prennent leur sens. Il nous faudra travailler sur les axes suivants : - rejet des projections. - confrontations avec sa partie sombre. - communion de l'âme et la joie du coeur. La vie est parfaite dans sa manifestation intelligente, consciente d'elle-même et joyeuse. Ce génie habite chaque cellule vivante et l'être qui se reconnaît dans le miroir cosmique réalise sa souveraineté sur lui-même et son aptitude à créer sa vie à partir de tous les possibles qu'est l'existence. Nous communions sans cesse avec l'univers ; il n'y a pas de séparation. "Le meilleur moyen d'être heureux, c'est d'être heureux" M. Vlady. Informations détaillées. Auteur : Marie Bourguignon. Editeur : J'ai lu. Langue : français. Année : 2008. Ajouté le : 07-01-2008. Lien-aide. Com/dos_description. Php ? Id=169.
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b
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