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Pour lui ma personnalité est néfaste à son épaouissement

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Un dimanche ordinaire.

Le temps est vaguement gris, l'air humide et froid, un des premiers week end d'automne. Nous sommes chez sa mère, le lendemain de son dîner d'anniversaire auquel seule sa soeur est venue. Le dîner s'est plutôt bien passé, tranquillement autour d'une conversation qui m'a semblée légère mais je n'en ai pas réellement gardé de souvenir. En tout cas l'aspect festif ou affectueux de l'anniversaire m'a complètement échappé. Il y avait des cadeaux, certes, mais qui paraissait plutôt relever de la remise d'objets que d'un témoignage d'affection.

Moi, je n'avais pas de cadeau à lui donner.

Faire de nos anniversaires une fête, fait depuis longtemps partie de ma gallerie souvenir. J'aime les anniversaires, les célébrations, toutes les occasions de monter à une personne que j'aime ce qu'elle représente de spécial. Lui ne les aime pas. Il trouve ce penchant pour les célébrations “culnuche” à tendance trop “américaine”. Donc après quelques années d'anniversaires à sens unique, d'enguelades amères sur le thème “tu/ne/penses/pas/a/moi-mais/si/mais/pas/a/date/fixe”, d'attente non avouée que cette année enfin, il réalisera l'importance que cela revêt pour moi, forcément déçue, j'ai remisé nos anniversaires dans la catégorie des événements récurrents à traiter et j'ai reporté cette envie sur les anniversaires des enfants qui chaque année deviennent de plus en plus somptueux à la limite de l'obscènité.

Nous voilà donc le lendemain de ce dîner d'anniversaire. Les enfants se sont réveillés tôt et nous déjeunons tous les trois. Lui, dort encore. Je serais au calme pour faire travailler mon fils pendant que me fille essaie son nouveau jeu video. Petit à petit, la maison se réveille. J'ai le sentiment que personne n'a l'air réellement heureux d'être là, chacun pour ses propres raisons enfermé dans son silence, les enfants ignorant avec superbe les drames intérieurs des grands qui leur paraissent absolument déraisonnables.

Il se réveille, entre dans la cuisine embrasse ses enfants, dit bonjour à chacun mais pas à moi, boit un café, fume, me dit que les enfants ne sont pas à la campagne pour faire des jeux vidéo, sa mère approuve, renchérit, sort de la pièce. Il la suit, et disparaît sans dire un mot. Il est allé se recoucher. Je me sens abandonnée, désavouée, bannie une fois de plus, une fois de trop.

Il est presque midi. Nous sommes tous prêts pour une balade à vélo. Il dort, personne n'ose aller le réveiller, même sa mère qui envoie courageusement sa petite fille en la poussant dans le dos.

Quelques minutes plus tard nous sommes en forêt. Mon fils est très fier des progrès qu'il accompli en vélo et veut me montrer ses prouesses. Mais son vélo ne fonctionne pas très bien, les freins se bloquent, il est contrarié de ne pouvoir se montrer fort devant sa maman et je suis contrariée par sa grand-mère qui ne cesse dire que son “vélo marche très bien, qu'elle vient de le faire réparer, que tout est impeccable”, les efforts de mon fils pour faire avancer ce foutu vélo paraissent encore plus vains. Les rivalités sous jacentes font surface, d'un coté mon fils et moi, les extra terrestres sans réalité corporelle, gauches, empotés et maladroits, de l'autre un second couple mère/fils décalés d'une génération, physiquement aptes, déliés et habiles de leur corps et de leurs sensations.

Au milieu ma fille.

Mon fils pédale comme un fou et se bagarre pour avancer du mieux qu'il peut. Nous nous sommes fait distancer, les autres sont quelques centaines de mètres en avant.

Ah ! Les voilà, ils se sont arrêtés, il nous attendent, c'est gentil.

Une flaque d'eau nous sépare, Ils encouragent le petit à la franchir d'un seul coup “Vas y, Vas y fonce”. Je vois leur regard qui se croisent, un sourire naissant au coin des lèvres. Il est déjà lancé, confiant, se disant sans doute qu'il va la passer cette flaque, il va les rejoindre, c'est sans problème, son père et sa grand mère le regardent, l'y encouragent. Il s'enfonce lamentablement, les deux pieds bien au fond de ce qui est en réalité un petit trou d'eau. Ils rient, ils rient de lui en ajoutant au passage “Lève les pieds ! ” Je vois le visage de mon petit garçon se décomposer de honte. Mon sang ne fait qu'un tour, et je deverse un torrent d'injure sur ces **** regressifs, grégaires et attaviques. La vigueur de ma réaction est sans doute disproportionnée ou à tout le moins inadapté au moment. Mon fils n'avait pas besoin que je le défende avec autant de violence. Cela lui a peut-même fait du tort l'obligeant à choisr un champion pour un événement qu'il aurait sans doute préféré oublier au plus vite. Mais cet éclair de méchanceté que j'ai vu dans leur yeux, pareil à celui d'une chienne qui s'apprête à dévorer ses chiots, m'a boulversé, m'a saisi aux tripes, comme le signe d'une menace aussi imminente qu'inattendue.

J'ai fait plusieurs fois un rêve particulièrement poignant dans lequel sa mère et lui conversent sur le ton du complot, projettant de m'enlever les enfants maintenant qu'ils sont grands. Ce n'est qu'un rêve et je ne sais pas quelle est sa signification, si tant est qu'il en ait une. Je crois cependant que la mésaventure de notre ballade en forêt montre à quel point mon sentiment d'insécurité, lié aux événements de mon enfance, est encore présent.

Je ne me sens pas en sécurité avec lui. A tous points de vue, sexuel, sentimental, matériel. Etant orpheline de père, je suis censée chercher consciemment ou inconsciement à retrouver une figure parternelle dans mon entourage. Et pourtant je me suis unie à la personne la moins apte à me protéger, une personnalité romantique et immature, incapable bien malgré lui d'endosser même par intermittence le rôle de protecteur qui m'a tant manqué.

Le déjeuner fût moins léger que le dîner, il n'était plus question d'anniversaire mais uniquement de l'incident dans la forêt ; sa mère tentait comme elle pouvait d'affirmer sa suprématie sur moi et son droit sacré d'ainesse devant une brochette de temoins muets. Je savais bien que chacun attendait, et lui en tête, que je me couche pour la tranquillité de leur meute. Mais j'ai décidé de ne pas le faire et je crois avoir pris cette décision en toute connaissance ce cause. Le droit d'ainesse n'est sacré que s'il est utilisé à bon escient. Qui n'est pas avec eux est contre eux. Je ne peux pas fonctionner sur ce mode. J'ai peut-être tort, je l'entends me dire que je dois me soumettre par amour, mais honnetement je ne le crois pas, abandonner ses convictions intérieures pour être accepté de l'autre n'est pas un acte d'amour ; c'est un acte de soumission induit par la peur, la peur d'être seul, la peur de mourir.

Nous sommes rentrés à la maison dans l'après midi, à ma demande, dans un silence à peu près total et pas si éloigné de notre quotidien. Puis dans la soirée j'ai eu l'arrogance de lui demander de regarder la television dans le salon parce que je voulais dormir. Il l'a très mal pris sans doute parce qu'il n'a pas regardé la télévision dans le salon depuis 3 ans. En realité et plus sérieusement cette histoire de télévision a rapidement tourné à l'affrontement. Alors que depuis des années je ne protestait que mollement sur ce point, car finalement la situation m'arrangeait bien (pas de sexe à affronter) , ce soir là j'ai craqué. Je lui intimé l'ordre d'éteindre cette maudite télé.

Le départ.

Pour des raison professionnelle, je faire un déplacement imprévu. Je l'appelle pour lui expliquer la situation et lui demander s'il est à la maison ce soir, et s'il peut emmener les enfants à l'école le lendemain.

Il me répond que je fais bien de le prévenir car il comptait aller à l'hotel.

Je pars.

L'absence.

Pas vraiment de souvenir, je suis bien, la maison est calme, rangée, organisée Je parle de la situation à deux proches amis.

Les enfants sont inquiets je ne sais pas quoi leur dire, je suis obligée de leur mentir et cela me deplait.

La révélation.

Je comprend qu'il a une maitresse. Je lui dis. Il est interloqué. Puis commme soulagé il me dit qu'il arrive, qu'il vient me voir. On parle un peu, surtout lui, pour m'expliquer comment ma personnalité est néfaste à son épaouissement. Nous dormons dans le même lit mais il me repousse, dit qu'il a besoin d'être seul et pourtant il est là.

J'encaisse tout cela plutôt bien. Une maitresse, ce n'est pas la première, ni même surement la deuxième. Je vais l'appeler son amie. C'est moins vulgaire. Et puis elle a l'air de l'aimer et de croire sincèrement qu'il nous quitte pour elle.

Il nous quitte pour elle. En réalité il me quitte pour elle, pour lui, une autre. Il me quitte. J'ai beacoup de mal à donner une réalité à ces événéments. Cela me parvient par bouffée de chaleur, par vague d'écoeurement.

J'essaie d'occulter l'amie. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. D'autant que je me doute bien qu'il doit avec elle comme avec moi manier le chaud et le froid, un jour oui, un jour non. Selon son “feeling” dieu absolu qui doit être obéi sous peine de perdre toute sensiblité.

Quel sera le “feeling” demain ?

Massacre au jardin.

Je lui propose de nous retrouver dans un jardin public pour parler ou pour rien. C'est lui qui parle encore. Je suis entrain de le tuer à petit feu depuis des années, il est déjà presque mort, complétement éteint, coupé de ses amis, de son métier, de sa passion, de sa famille par ma faute. Il a toujours suivi mes préférences, mes choix et se retrouve à présent démuni, incapable de faire quoi que ce soit. Tous ses amis qu'il n'a plus a cause de moi, me détestent, sa famille ne m'aime pas, même la femme de ménage a peur de moi et est terrorisée dès que je suis dans la maison. Je mets une mauvaise ambiance partout où je passe. Il ne peut plus vivre avec moi, car vivre avec moi c'est mourir.

La seule chose que nous avons en commun ce sont les enfants. Et parce nous ne nous aimons plus, nous les aimons trop. Surtout moi, je les aime trop, ils “ont bouffé notre couple” et pourtant je sais qu'il les aime.

J'écoute. Je pleure. Je ne conteste rien. Je lui dire de faire ce qu'il doit faire, de prendre un appartement puisque c'est son souhait. Je lui dis que je l'aime, que je l'aime vraiment et que j'attendrai.

C'est bête de dire ça. Sur le coup je le pense et pourtant je sais que ces foutues bouffées de chaleur me feront plus tard monter la rage aux joues.

Je lui dis qu'il faut qu'il parle aux enfants. Il ne veut pas. Il n'est pas prêt. Je dois continuer à mentir.

Il part. Je reste seule sur le banc au milieu du parc couvert de feuilles mortes. J'ai connu des jours meilleurs.

Je rentre et lui cherche un appartement.

Je veux un homme fort, il est faible. Je veux un homme courageux, il est lâche. Je veux un homme fier, il est orgueilleux. Je veux un homme droit, il ment tout le temps, à propos de tout même des choses les plus insignifiantes, souvent pour se donner une contenance.

J'ai une réunion de boulot assez importante. J'ai l'impression de devoir tout reconfigurer pour pouvoir être à peu près à la hauteur. Changement d'univers. Parlons d'argent, parlons de stratégie, parlons parlons parlons, pendant que je pense, je ne pense pas. Par moment, je me demande si la détresse peut se voir, mais non on ne dirait pas.

La réunion se termine enfin. Il est près de sept heures du soir. J'ai 10 messages de mon mari qui prend panique, qui me dit qu'il garde espoir. Que je ne doit pas abandonner.

Mardi.

Il vient à la maison vers 5h30 du matin. Pour donner le change aux enfants. Il s'allonge dans le lit. Je viens à côté de lui. J'ai envie de lui d'une manière bizarre. On veut toujours ce qu'on pas. Je n'ai pas l'impression qu'il ait envie de moi. On veut toujours ce qu'on a pas. Nous nous carressons pourtant et je suis excitée, c'est assez rare pour le dire. Je lui explique que je veux qu'il me fasse l'amour différement qu'il m'attrape et qu'il me parle. Il me repond que pour ça il faudrait que je sois différente.

On sens bien une émotion entre nous mais les ficelles sont usées, comme une impression de dernière fois Puis, il se retient il ne veut pas faire l'amour avec moi. Pourquoi ?

Mercredi.

Je ne l'ai pas vu. Pas appelé. Il m'appelle vers 21heures30. D'ou ?

A nouveau je suis laminée de reproches. Des phrases qui pour moi sont définitives, sans appel, sans retour. Il veut que je réalise que ma personnalité l'empêche de vivre et que pour qu'il revienne je dois changer. Mais comment ? Comment puis je changer ma personnalité ? Elle constitutive de moi. Comment la changer ? Il faudrait que je puisse changer mon passé, je ne le peux pas.

Moi, je l'aime comme il est dit malgré et même avec ses défaut. Il est lâche, menteur, immature, peureux, orgeuilleux et ne réalise pas qu'un jour il va mourir pour de vrai, mais il aussi fantasque, amical, doux, rêveur, insousciant, créatif, joueur. Je l'aime lui comme il est et je ne veux pas le changer. Je n'ai jamais voulu le changer. Je n'ai jamais voulu lui imposer quoi ce soit, ni le mariage, ni les enfants, ni la maison. A chaque étape je ai lui toujours demandé son consentement de manière très claire. Pourquoi me faire endosser la responsabilité de n'avoir pas clarifié ses propres choix, de s'être menti à lui-même sur des décisions aussi importantes. Enceinte j'ai avortée à deux reprises sur sa décision, sans discuter, sans émettre le moindre reproche sans demander la moindre assistance ou compassion. Peu de femmes sont aussi respecteuses des décisions des hommes dans ce domaine, à commencer par sa propre mère. Moi, je l'ai été et j'ai failli y laisser la vie, mais je suis bien vivante et les enfants qu'il m'a fait, que j'ai porté et mis au monde sont des enfants aimés, désirés, du moins le pensais-je, de leur deux parents.

Jeudi.

Je n'ai pas de force aujourd'hui. Je ne veux plus. J'en ai assez. Toute notre histoire est remise en cause. J'ai bien sur des problèmes psy à régler, mais fondamentalement je vais bien, je ne dois pas me laisser entraîner par le fond.

Il a trouvé un appartement, ne m'a pas dit où ; je n'ai pas demandé. Son crédo est de dire qu'il doit prendre de la distance pour trouver les solutions qui nous permettront de vivre ensemble. Il commence à réaliser qu'il traverse une crise assez banale et qu'on est pas si mal barré !

Je n'ai plus trop envie d'échanger avec lui, parler car je marche en permanence sur des oeufs. Tout ce que je dis est immédiatement utilisé contre moi. Je crois comprendre qu'à ce stade, tout doit tourner autour de lui, je ne dois surtout pas parler ni de moi, ni ma perception des choses.

Il veut qu'on aille voir un psychologue de couple. Incroyable mais vrai ! Moins drôle il a choisi le même que son cousin dont il est très proche et qui est également entrain de se séparer de sa femme.
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39729
b
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