Histoire vécue Amour - Couple > Usure du couple      (2408 témoignages)

Préc.

Suiv.

Il y a un moment où on arrête...

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
Mail  
| 150 lectures | ratingStar_270796_1ratingStar_270796_2ratingStar_270796_3ratingStar_270796_4
Bonjour Nereide, Je lis ton post et il se trouve que moi aussi je vais avoir, non pas quarante ans mais c'est idem il paraît, 39 dans quelques jours. Et j'arrive à la même conclusion que toi. Non pas que ce soit une surprise, ça non, mais juste, si je peux dire, une confirmation. Oui comment espérer encore ? Espérer à 15 ans, à 20 ans, à 35 ans même, chaque minute, chaque jour, rêver, sans jamais avoir rien eu, c'est bon personnellement j'ai donné. Mais à 40 encore ?! Et pourtant, comment faire pour poursuivre si on ne se souhaite rien, pas vrai ? Et en même temps vouloir tellement endormir cette petite douleur lancinante qui persiste depuis des lustres due à la conscience même que celui qu'on aime ne nous aimera jamais. Pourquoi ça s'envole pas ça ? Pourquoi, quoiqu'on fasse, ça existe encore ? Sans doute faut-il avoir vécu un retour d'amour pour ne plus espérer de quelqu'un qui ne vous donnera jamais rien. Cesser d'aimer, cesser de sentir son coeur battre pour tout ce qui fait le sel de la vie, c'est pas la vie, enfin je ne crois pas. On dit toujours " L'espoir fait vivre " , je sais pas d'où ça sort mais c'est si vrai, car quand on n'a jamais rien eu que de la merde comment s'en sortir autrement, comment se lever tous les matins si on ne se souhaite plus rien ? Se souhaiter la mort du coeur c'est se souhaiter la mort tout court, Nereide, enfin c'est comme ça que je vois les choses. Personnellement, j'encaisse un sale truc là dans ma vie et je me rends bien compte que tout ce à quoi je m'accrochais jusqu'à présent n'existe en réalité pas. C'était toute une création de mon esprit pour rester là, dans l'espoir d'un lendemain meilleur. C'était pas une surprise ça non plus, j'ai toujours su que c'était grâce à mon monde à moi que j'avais pu vivre jusqu'à présent. Mais survivre sans doute plus que vivre en réalité. Et ça sert à quoi ? Je sens que tout l'amour que pourront me donner mes amies ne me donnera pas vie tant que moi je n'aurai pas l'envie d'un demain meilleur, d'un demain tout court. Tant que seule je n'y croirai pas. Comment s'imaginer après 40 ans, alors que tout ce qui s'est passé n'est que de la douleur, oui comment s'imaginer que là tout d'un coup tout change, y croire surtout ?! J'ai pour ma part le sentiment d'avoir épuisé mon capital espoir. J'ai tant assez de cette chose qui me rassoit quand je me lève, qui m'abat quand je cours. Je mets des choses en place pour changer peu à peu ma vie mais y a toujours un truc qui vient me barrer la route et je me cogne sans cesse la tête et j'en ai assez, je suis fatiguée de me battre pour rester là où je suis. Je suis d'accord avec toi pour ce qui est du passé, de tout ce que l'on doit digérer pour passer à autre chose. J'ai l'impression moi aussi qu'y a pas moyen, que cela vous rattrape tout le temps. Et quand c'est pas soi qui y arrive, quand c'est pas avec l'aide d'un thérapeute, quand on croyait tout le passé dépassé et qu'il vous saute à la gorge à un moment où justement vous vous croyez si sûre d'avoir guéri, comment être enfin tranquille, en paix ? Je viens de connaître le truc qu'on doit connaître et dont parlait Alfred de Musset*, quand au bord de la tombe, on se retourne et j'ai vu que deux choses, deux personnes. L'une si loin de moi aujourd'hui comme hier et une morte. Je n'ai rien fait de ma vie. Je m'obstine à vouloir m'ancrer dans le crâne que la vie n'est rien, que c'est léger. Moi qui disais toujours que dans l'absolu, le quotidien c'est quoi ? Une fois que je serai morte, qu'importera ce que j'ai fait ? C'est l'instant présent qui compte, se sentir vivre le temps où on est là et si on n'agite pas cette chose qui fait que la vie a un prix, mieux vaut s'en aller, enfin c'est ce que je pense. Si je sais aujourd'hui une chose, c'est qu'y a que soi pour s'aider, personne d'autre. Les autres peuvent te pousser, te sourire mais si toi tu n'y crois pas, personne ne pourra rien pour toi, pour moi. Je ne souhaiterai qu'une chose, Nereide et je te le souhaite aussi, c'est ce petit truc qui m'arriverait demain, tout à l'heure, ou dans pas longtemps en tout cas, et qui me ferait me dire : " J'ai bien fait de rester. " Bien à toi, Nina. * "… mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui." Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour (1834).
  Lire la suite de la discussion sur psychologies.com


270796
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Est-ce que je suis vraiment faite pour ca? - ecrire un roman

image

J'ai découvert ce forum il y a peu et je voudrais que vous me répondiez franchement. Voilà, J'ai 17 ans et cela fait à peu près dix ans que j'écris (bon évidemment, à 7 ans et même à 12 ans d'ailleurs, ce n'était pas du Baudelaire loin de...Lire la suite

Difficulte relationnelle, copain tres sociable, amis... - amities et relations personnelles

image

Bonjour à tous, Je sais pas trop ce que ça va m'apporter d'écrire ce que je vais écrire, peut-être me libérer et essayer de comprendre pourquoi je réagis comme ça, avoir des avis aussi… Voilà je suis de nature assez réservée, fétarde...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages