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Homme battus

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Bonjour.

Voici 2 articles que j'ai trouvé interessants sur ce sujet… bonne lecture à toutes et à tous…

HOMMES BATTUS : OUI, ILS EXISTENT !

Difficile à croire, mais pourtant vrai : on compte autant d'hommes que de femmes victimes de violence conjugale. Explications.

TEXTE SOPHIE POULIOT.

"Un jour, des voisins ont entendu des bruits de bagarre provenant de chez nous et ont appelé la police. Ma femme m'avait roué de coups parce que j'avais passé la soirée à l'extérieur, sans elle. Quand les agents sont arrivés, ils ont demandé à madame si elle voulait porter plainte" , raconte Alexandre, 29 ans, encore hébété.

Jean, bel homme de 42 ans, grand, costaud, dit qu'il a vécu pendant sept ans avec une femme qui quotidiennement, l'insultait, le diminuait et, à l'occasion, l'agressait physiquement. Un soir, elle l'a menacé d'un couteau. Lorsqu'il lui a annoncé qu'il désirait la quitter, il est sorti de chez lui la chemise en lambeaux. S'il est facile de se représenter une femme rudoyée par son conjoint, le contraire est beaucoup moins évident. Cela ne fait pas partie de notre imaginaire collectif. Pourtant, les statistiques du ministère de la Sécurité publique révèlent que, entre 1997 et 2000, les plaintes pour violence conjugale déposées par des hommes et jugées fondées par les autorités ont augmenté de 40%. Parmi les méfaits ? Actes de violence physique allant des voies de fait simples (coups, bousculades, etc.) aux voies de fait graves (mutilations, blessures, etc.) , menaces, agressions armées et harcèlement criminel. Comment expliquer qu'on en entende si peu parler ?

Sujet tabou.

"Un homme, ça doit être grand, fort et toujours capable de régler ses problèmes tout seul c'est comme ça qu'on a été éduqués et socialisés" , explique Claude Roy, directeur du Centre préventif d'hébergement à la famille qui accueille pour de brefs séjours des hommes en difficulté. "Je me souviens d'un homme en particulier, dont la situation conjugale et familiale était critique. Il est passé devant notre organisme trois jours de suite, sans avoir le courage d'y entrer. Lorsque je l'ai rencontré, il m'a confié que s'il avait tant hésité, c'est qu'il avait eu peur de faire rire de lui" , relate Yvon Lemay, coordonnateur de la Maison Oxygène, un centre d'hébergement temporaire pour hommes ayant quitté leur domicile avec ou sans leurs enfants. "Et puis, les homme ont leur fierté ; on ne leur a pas appris à demander de l'aide" , poursuit-il.

"J'avais le choix entre endurer la situation actuelle ou briser notre famille. Je n'ai jamais pu me résoudre à rompre" , avoue Robert, 51 ans, toujours en relation avec la femme qu'il a épousée il y a 27 ans. Jean a vécu le même dilemme. "Je savais que je risquais de perdre mes enfants et ma femme, la seule personne qui ait jamais cru en moi (c'est ce que je pensais à l'époque) , ma seule confidente. Et, par-dessus tout, je ne pouvais pas me décider à renoncer à cet idéal d'une famille unie auquel j'ai toujours aspiré." Pour sa part, Alexandre confie : "Honnêtement, j'espérais toujours qu'elle change, qu'elle prenne conscience de son comportement. Elle ne pouvait quand même pas être comme ça toute sa vie…" Ce jeune père de quatre enfants a passé outre aux aventures de sa femme, à ses crises de possessivité et d'agressivité pendant huit ans. Il y a quelques mois, c'est elle qui a mis un terme à leur relation.

Comme les femmes qui connaissent des difficultés semblables, les hommes entretiennent la plupart du temps une dépendance affective envers leur conjointe violente. "Je ne parlais à personne de nos problèmes, car, mis à part la honte de me trouver dans cette situation, je savais bien qu'on allait me répondre de la quitter et je n'avais pas envie d'entendre ça. Je l'aimais. En plus, comme elle me renvoyait une image négative de moi, je me disais que personne d'autre qu'elle ne voudrait de moi" , ajoute Alexandre, qui a longtemps été victime de violence psychologique, physique et même sexuelle.

Chose certaine, Alexandre, Jean et Robert ne sont pas seuls à vivre cette situation. Les derniers chiffres recueillis par l'Institut de la statistique du Québec indiquent que 6,7% des femmes et 6,2% des hommes ont été victimes de violence conjugale au cours des cinq dernières années, ce qui équivaut à 165 000 femmes et à 139 000 hommes. Statistique Canada publie des données semblables pour la même période : 8% des Canadiennes et 7% des Canadiens disent avoir été victimes de violence. Enfin, le sondage SOM commandé en 1999 par Yvan Lussier, psychologue et professeur à l'Université de Sherbrooke, confirme la tendance, puisque 13,8% des Québécoises y déclaraient avoir commis au moins un acte violent au cours de la dernière année, comparativement à 8,1% des Québecois.

Ce que les chiffres ne disent pas.

Il y aurait donc pratiquement autant de victimes masculines que féminines. Mais faut-il se fier aveuglément aux statistiques ? Fort de son expérience sur le terrain, Claude Roy apporte une nuance. "Il est important de noter que, dans ces chiffres, on ne distingue pas les couples hétérosexuels des couples homosexuels, ce qui peut faire une différence notable en ce qui a trait au taux de femmes violentes par rapport au nombre d'hommes violentés." En effet, lorsqu'on analyse attentivement les données du ministère de la Sécurité publique, qui révèlent que le nombre de plaintes pour violence conjugale formulées par des hommes a augmenté de 40% en trois ans, on s'aperçoit que le quart de ces plaintes a été porté contre des agresseurs masculins. À cela, Yvan Lussier met un autre bémol en expliquant que les femmes montrent une nette tendance à amplifier les actes violents qu'elles commettent, alors que les hommes minimisent en général les leurs.

De plus, Caroline Babin, de la Fédération des ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec, ajoute que les statistiques ne mentionnent pas combien, du nombre des femmes ayant commis des actes violents contre leur conjoint, ne faisaient que se défendre des attaques de ce dernier. Justement, notent de nombreux spécialistes : il est essentiel de mentionner que dans plusieurs foyers où sévit la violence, les deux conjoints en sont les auteurs. C'est d'ailleurs cette violence mutuelle, suggère Denis Laroche, chercheur à l'Institut de la statistique du Québec, qui peut expliquer qu'il y ait presque autant d'hommes que de femmes victimes de violence.

Concernant les conséquences des actes violents, en revanche, hommes et femmes ne sont pas tout à fait égaux. D'abord, les hommes victimes de violence conjugale, sauf exception, ne craignent pas pour leur vie. Au demeurant, le nombre de femmes assassinées par leur conjoint dépasse largement le nombre d'hommes ayant subi le même sort. Les données de Statistique Canada montrent que 8,0 femmes et 2,9 hommes sur un million de couples ont été tués par leurs conjoints en 1999. Ensuite, les conséquences physiques de la violence chez l'homme sont beaucoup moins sérieuses que chez la femme, le déséquilibre des forces physiques régnant toujours dans la plupart des couples. Enfin, autre différence importante, la violence sexuelle touche encore beaucoup plus de femmes que d'hommes. Statistique Canada indique que 8% des femmes victimes de violence conjugale subissent ce type d'agression, comparativement à un "nombre infime" d'hommes.

Les conséquences psychologiques de la violence, quant à elles, semblent être les mêmes : perte de l'estime de soi, culpabilité, angoisse, difficultés à se concentrer et à être efficace au travail, etc. Sauf que les hommes ont davantage de mal à trouver du soutien, vu le nombre limité de ressources disponibles et le peu de publicité auquel elles ont droit, fait remarquer Sophie Torrent, auteure du livre L'homme battu – Un tabou au coeur du tabou. Ce qui a bien sûr pour effet d'augmenter leur détresse.

Fait de société.

Publications de récentes statistiques, d'articles de journaux et de lettres ouvertes sur les hommes victimes de violence, lancements d'ouvrages sur le même thème – La violence faite aux hommes – Une réalité taboue et complexe, du psychologue Yvon Dallaire, et le livre de Sophie Torrent (tous deux parus aux éditions Option Santé). Décidément, le sujet est dans l'air. Observe-t-on pour autant une montée de la violence des femmes envers les hommes ? Pas vraiment. C'est plutôt de l'apparition d'un sujet délicat sur la place publique qu'il s'agit.

"Nous assistons en ce moment aux réactions post-féministes des hommes, commente la chercheuse suisse en politique et intervention sociales Sophie Torrent. Comme l'ont fait les femmes avant eux, ils réclament des droits dans plusieurs domaines, notamment celui de la garde de leurs enfants en cas de divorce."

Signe des temps, les Québecois se sont dotés d'une Fédération des hommes du Québec en mai dernier afin de mener à bien leurs diverses revendications, dont la reconnaissance du phénomène de la violence faite aux hommes. Claude Lachaîne, un des fondateurs de cet organisme et directeur de la Maison père/enfant du Québec, qui vient en aide aux pères en difficulté, ajoute, pour expliquer le soudain intérêt porté à ce phénomène : "Peut-être s'est-on enfin décidé à regarder le nombre incroyable d'hommes qui se suicident au Québec et à se demander quelle détresse peut les pousser jusque-là." Quant à Robert Philippe, psychologue et membre fondateur de Pro-gam, le premier service d'aide aux conjoints violents au Québec, il avance qu'une nouvelle conception des hommes est en train d'infiltrer notre société. Eux aussi ont leur part de fragilité et ont besoin d'être protégés. Ainsi, paradoxalement, ce serait parce que les hommes acceptent dorénavant leur vulnérabilité qu'ils n'admettent plus de se faire rudoyer.

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Les morts ne témoignent pas…
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26123
b
Moi aussi !
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