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Je ne vis plus dans l'angoisse, je suis devenue plus forte

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j'ai connu des violences conjugales. Cela a été tout d'abord un vrai travail de sape : longtemps il m'a démontré que je ne valais rien, que j'étais la plus nulle, tout devenait prétexte à me rabaisser. Hélas moi aussi j'étais amoureuse et je prenais d'autant plus ce qu'il me disait pour argent comptant. Puis est venue la période des coups, des rapports sexuels forcés. J'avais honte, je n'en parlais à personne même à ma famille. Je pense que les médecins de famille que j'ai rencontré avait des doutes mais personne n'a jamais abordé le sujet et je continuais à me taire. J'ai subi cela pendant des années et pourtant j'avais un travail régulier mais comment ne pas le croire quand il disait qu'il me menaçait de me séparer de mon enfant ou quand il me prédisait les pires difficultés. Il en a profité en me torturant moralement (me décrivant ce qu'il vivait avec ses maîtresses, me laissant des heures attendre dans la voiture pendant qu'il s'amusait etc... Et puis un jour j'ai suivi un stage professionnel d'affirmation de soi et je me suis rendue compte que personne n'avait le pouvoir de porter un jugement aussi dur sur quelqu'un d'autre. Bref il n'était pas dieu bien loin s'en faut, que finalement tout ce qu'il me faisait subir et notamment ses crises de jalousie et autres étaient des preuves de sa faiblesse. Pourquoi si j'étais vraiment si moche ne me quittait-il pas ? La j'ai commencé à faire un bilan de ce que je perdrais ou gagnerais à le quitter. Je savais que le futur proche ne serait pas facile, nous avions énormément de dettes qu'il faudrait bien rembourser. En concubinage, je savais qu'il ne me laisserait pas rester dans la maison que de toute façon je n'aurais pas réussi à payer seul (il a retardé la vente de cette maison tant qu'il a pu sans plus payer les crédits)En fin de compte j'ai estimé que le quitter m'apporterait plus de bonheur malgré les difficultés que de rester. J'ai surtout compris que de toutes façons ces violences ne s'arrêteraient pas d'elle même sauf si je décédais (il me tirait dessus à coup de fusil de chasse et heureusement qu'il était ivre car il m'a toujours râté). Et puis il y a eu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : le jour de noel il est entré dans l'une de ses crises et à plusieurs reprises il a complètement détruit l'arbre de Noël que nous avions réalisé pour mon petit garçon de 3 ans. C'est son regard à lui qui était le témoin de ces scènes et le fait que je ne voulais pas lui donner cette image là d'une maman qui m'ont décidé à partir. Je me suis sauvée par une fenêtre. Comme il s'était baricadé avec mon fils et le fusil, des voisins m'ont aidé à appeler la police. J'ai bien entendu porté plainte et je l'ai maintenu. Ce ne fut pas facile car son avocate (une femme !) m'a pratiquement traitée d'affabulatrice.Aujourd'hui cela fait 17 ans que je suis partie et j'en suis toujours aussi contente. Je me suis reconstruite, lentement mais sûrement, j'ai comme beaucoup de monde des difficultés à boucler certaines fins de mois mais au moins je suis celle qui décide des dépenses (avant je ne pouvais rien dire sur ces choix et surtout ne rien dépenser pour moi alors que nous travaillons à deux)Bizarrement, le fait que j'ai eu ce courage a en quelque sorte épaté mon ex comme si j'avais mérité par cette action le respect qu'il ne m'avait pas accordé.Je n'ai pas réussi à refaire confiance à un autre homme mais je n'en souffre pas; je suis également très fière de ce que mon fils est devenu (je n'ose même pas imaginer ce qu'il serait devenu s'il avait continuer à grandir dans cette ambiance ; d'ailleurs en grandissant il s'opposait de plus en plus à son père. Ce dernier n'a jamais reconstruit sa vie de façon stable et aujourd'hui il est décédé.Voilà, je sais quels sont les doutes qui nous assaillent avant de prendre la décision de partir. Je suis passée par là. Dans ma tête je me suis dit qu'il fallait que je mette le plus de chances de mon côté et j'ai attendu le moment où une de ses crises qui devenaient de plus en plus courante me permettrait de partir en victime et non comme celle qui abandonne lachement son gentil mari.Je ne regrette rien. J'ai aimé sincèrement, je lui ai laissé plusieurs fois la chance de se reprendre, il ne l'a pas saisie. Je suis devenue quelqu'un de plus fort et surtout quelqu'un qui ne vit plus dans l'angoisse que le moindre mot interprété de travers ne dégénère en violence.
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