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Je suis victime de violence conjugale

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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J'ai vécu ce qu'on appelle la violence conjugale. J'ai 50 ans, deux enfants adolescents, un métier que j'aime, un mari. Tout pour être heureuse. Mais… J'avais dix-huit ans quand j'ai rencontré l'homme qui allait devenir mon mari quatorze ans plus tard. Il était à peine plus âgé que moi et était marié. Notre fille est née quelques jours avant la prononciation de son divorce. J'avais alors 33 ans. Nous nous sommes mariés un an plus tard. C'était le bonheur. Puis des "grains de sable" sont venus se glisser dans les rouages sans que je sache exactement d'où ils venaient. Notre relation s'est progressivement détériorée, sombrant dans la violence verbale surtout, physique parfois. La situation s'est aggravée à la naissance de notre fils. Malgré mes efforts pour comprendre, je n'arrivais pas à redresser la barque. Tout ce que je tentais se retournait contre moi, impossible de trouver la source de l'agressivité de mon mari.Je n'acceptais pas cette violence, je me révoltais, affrontais, lui proposais même de divorcer. Il me suppliait alors de lui pardonner, me promettait que cela ne se reproduirait plus, me jurait son amour. Je le croyais et bien sûr cela recommençait. Malgré tout, je ne voulais pas baisser les bras car je l'aimais, mais refusais pour autant de me laisser détruire. Alors j'ai cherché des pistes, j'ai beaucoup lu et entrepris une thérapie pour y voir plus clair et essayé de faire prendre le même chemin à mon mari. Sans succès évidemment. J'ai persévéré dans ma voie en dépit de ses dénigrements et de ses tentatives pour me faire renoncer. J'ai retrouvé ma joie de vivre et mes enthousiasmes, renoué avec mes valeurs et mon éthique personnelle, acquis l'assurance que je n'étais ni folle ni hystérique comme il le prétendait. Ré-équilibrée, j'ai pu faire la part de ce qui me revenait et lui laisser la sienne. Ses attaques ne me touchaient plus, j'avais pris de la distance. Et malheureusement, pour vaincre ce qu'il considérait comme une résistance, du défi, de l'orgueil, il en est venu aux mains. Les mots lui faisant défaut. Cela est arrivé quelques jours avant la mort de Marie Trintignant. Les conséquences de son acte n'ont pas été aussi dramatiques pour moi que pour Marie ou bien d'autres femmes anonymes qui vivent ce calvaire au quotidien. Mais cette mort qui a parfois été justifiée par la passion, la jalousie et la souffrance de B.Canta, m'a atteinte de plein fouet parce que, oui la passion existe je l'ai vécue, mais je voulais comprendre comment un homme pouvait en arriver à de tels extrêmes. Alors j'ai regardé mon mari avec d'autres yeux que ceux de ma frustration, de ma peur. J'étais intimement persuadée qu'il était sincère quand il me disait son amour, mais ce n'était pas vraiment d'amour qu'il me parlait. J'ai entendu : passion, désir, frustration, jalousie, possession, peur d'abandon, et derrière l'homme, j'ai vu un petit garçon terriblement blessé dans son enfance. J'avais enfin trouvé la clé pour ouvrir le dialogue. Mon mari voulait désespérément être aimé et donner l'amour qu'il portait en lui, ce qui lui avait été refusé. Il a pu alors commencer à reconstituer son histoire et demander l'aide d'un thérapeute. Cette histoire est mon histoire, je ne prétends pas que toutes les histoires d'amours passionnées et violentes peuvent se reconstruire ainsi. Oui, la violence est condamnable, rien n'autorise ni ne justifie son utilisation. Mais ce que je voudrais dire, c'est qu'elle est parfois un symptôme, un signe d'impuissance à gérer ou exprimer ses émotions parce que ces émotions ont été systématiquement étouffées, niées, enfouies et n'ont jamais pu être extériorisées. La difficulté pour le partenaire confronté à ce type de comportement est de discerner la véritable sincérité et la "vraie" culpabilité (qui, pour moi, est de se sentir responsable de la souffrance qu'on inflige à autrui) , de ce qui pourrait être aussi de la manipulation ou de la perversité. Si le repentir est vrai, il se manifeste par une prise de conscience, par une volonté de réparation et une démarche pour y parvenir (malheureusement cela peut tarder à venir ! ). Dans ce cas, je pense qu'il est possible d'accorder une chance, en se positionnant fermement tout de même. Dans le cas contraire, il vaut mieux partir avant l'irréparable, sans culpabilité, en se disant qu'on a atteint ses limites et donné le meilleur de nous-même. Et si on éprouve des difficultés pour choisir ce qui est le mieux pour soi, je crois pour en avoir fait l'expérience, qu'il ne faut pas hésiter à solliciter une aide extérieure et neutre (thérapie ou toute autre relation d'aide) ; elle apporte dans tous les cas un soutien précieux en rompant l'isolement et une écoute sans jugement. Après des années de galère, je m'émerveille du pouvoir et des richesses du psychisme humain et mon Dieu, que la vie est belle ! " C'était mon témoignage à Psy.com, il y a 4 ans… J'y croyais à ma conclusion… dur comme fer… Depuis, il a fallu, pour me protéger, que je "porte plainte" avec toute l'humiliation que cela suppose… Puis j'ai "commis" une "faute" irréparable aux yeux de mon mari… Je l'ai trompé… J'estimais mon couple au bout du chemin… Nous essayons de reconstruire… mais il ne peut pardonner… Et aujourd'hui, j'en ai MARRE…
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200367
b
Moi aussi !
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