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Interview olivier cresp

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1/ Etre un enfant de Grasse, bercé par la culture des fleurs et de ce patrimoine, vous a-t-il donné des prédispositions pour ce métier ? Oui, parce que mes grands-parents et arrières grand-parents étaient déjà dans les cultures de rose et de jasmin, mon père et mon grand-père étaient courtiers, négociants en matières premières. Naturellement je sentais les matières premières et produits de synthèse, donc depuis mon tout jeune âge j'étais bercé dodeurs absolument fantastiques, qui étaient vraiment purissimes. Au lieu de parler de maladies dans une famille de médecins, nous parlions dodeurs, de parfums, etc. J'ai un frère et une sur, et tous les trois nous sommes dans le domaine de la parfumerie. Ma sur, Françoise Caron, travaille chez Quest : elle est parfumeur et talentueuse. Et puis mon frère Jean était parfumeur : il avait fait lécole de parfumerie de Roure, il est resté parfumeur pendant 4-5 ans puis il a décroché car ce nest pas un métier facile, et aujourd'hui il est dans les matières premières et il sent : il contrôle les matières premières et les produits de synthèse dans le domaine de la parfumerie, mais toujours dans le même univers, et très heureux dy être ! Ça crée pas mal de vocations effectivement ! Oui, c'est sûr : mais ce nest pas parce quon va naître à Grasse dans le milieu quon va devenir automatiquement parfumeur, et disons que depuis lage de 7-8 ans, javais une passion et c'est rare de trouver chez des jeunes des passions si tôt. Je veux dire, à 18-20-22 ans, les jeunes sont en fac, et ne savent toujours pas ce quils veulent faire, et moi je savais qu'à 7-8 ans lorsquon me posait la question, les gens riaient car je disais Moi je serai parfumeur ! . Je faisais dans ma chambre des petites formules, jallais dans le jardin, je mélangeais des fleurs entre elles, et puis je faisais mes premiers parfums comme ça : une goutte de ci, une goutte de ça et puis voilà ! Et à 18 ans, après mon bac, je suis rentré directement dans le métier pour devenir apprenti parfumeur. Dans quelles sociétés avez-vous travaillé ? Quel est votre parcours professionnel ? Je suis parti aux USA pour une société américaine, Biddle Sawyer, c'est mon père qui mavait trouvé un stage, j'y suis resté un an et demi où j'ai fait de la chromato, et j'ai surtout travaillé dans le domaine des arômes alimentaires pendant 3-4 mois, et je dirais que les arômes mont beaucoup plu et ont toujours influencé ma formulation en parfumerie. Quand on sent Angel, il y a tout un accord chocolaté-praliné qui est important, et si vous sentez le dernier Dolce & Gabbana Light Blue, vos sentirez une pomme Granny Smith. Voilà, donc j'ai toujours dans mes parfums une connotation gustative. Donc après mon séjour aux Etats-Unis, je suis ensuite venu à Paris où j'ai eu la chance de rentrer chez De Laire, qui était une toute petite société française qui faisait de très belles bases pour Guerlain, Chanel, et notamment où Edmond Roudnitska était resté 18 ans avec sa femme, et j'y suis resté 4 ans. J'ai commencé mon apprentissage du métier de parfumeur en évoluant dun statut dapprenti à celui de quelqu'un disons dun peu plus confirmé. Par la suite, je suis parti chez Naarden en Hollande puis à Grasse ensuite (Naarden est devenu Quest) et je suis resté dans le groupe 12 ans jusquen 1992. Depuis 1992, c'est-à-dire depuis 11 ans, je suis basé à Paris chez Firmenich, pour faire de la parfumerie fine. Je fais partie dun groupe de 7 parfumeurs à Paris, et on a aussi 6 ou 7 parfumeurs à New-York, où essentiellement on travaille des projets masculins et féminins. 2/ Avez-vous appris le métier seul ou à laide dun mentor ? Je nai pas eu de maître. J'ai pu travailler avec des gens très intéressants au cours de mon apprentissage : Edgard De Laire, qui était chef parfumeur chez De Laire, et j'ai aussi travaillé avec Pierre Bourdon quand j'étais chez Quest. Je crois que c'est le contact de tous les jours avec les clients, avec mes confrères parfumeurs, qui mont fait progressé. Je dis toujours que du dialogue naît lidée, donc j'adore dialoguer, échanger des idées avec les clients, avec nos vendeurs, avec les évaluatrices. Cest un échange permanent, je pense qu'il faut toujours aller vers les autres : donner pour recevoir linformation. Je pense quon ne peut pas réussir aujourd'hui en restant cloisonné dans un bureau. 3/ Quelles sont vos motivations dans ce métier ? Mes motivations en fait sont basées sur ma passion. Je suis quelqu'un dexcessivement passionné, donc je prends énormément de plaisir tous les jours dans ce que je fais, j'aime bien me ressourcer aussi : j'aime bien la nature, la campagne, la forêt, j'adore pêcher, faire du sport, … , pour ensuite revenir et trouver des nouvelles idées. Mais je peux aussi trouver des idées pendant mon travail, pendant mes heures disons de bureau, de laboratoire, et puis aussi le soir lors dune conversation avec des amis, lors dun dîner, ça peut-être n'importe quand : au bord de l'eau, en forêt, quand je ramasse des champignons. Donc lidée vient, mais c'est très difficile dexpliquer comment vient la création : c'est une envie, quelque chose que l'on ressent très fortement à un certain moment, et qui on espère deviendra une tendance. Ce qui me plaît, c'est de faire des parfums qui seront des lanceurs de tendances. Par exemple, Angel a ouvert quelque chose en parfumerie, puisque c'était lère des notes gourmandes et délicieuses, et on est d'ailleurs toujours dans cette bulle de parfums délicieux. 4/ Sinon, avec votre recul, quels sont les avantages et les inconvénients du métier de nez ? Il faut faire très attention, éviter de tomber malade, donc jessaie de me soigner rapidement si jattrape un rhume. Et au Printemps, quand la nature explose, il y a des pollens partout qui sont très allergisants, donc jessaie de protéger mon nez et je me soigne, car le nez est évidemment très important dans notre métier pour vérifier les parfums : c'est très important de sentir par fractionnements : dans la matinée, dans laprès-midi, sentir sur peau, sentir sur touches. Autrement je nai pas de régime particulier, je vis comme tout le monde. De plus, la pratique du métier fait que je suis appelé à perdre plus souvent qu'à gagner : sur 2 ans et pour une centaine didées, je vais peut-être perdre 85 projets pour gagner 15 parfums. Mais dun autre côté, je suis ravi de gagner tous ces beaux parfums qui sont uniques, ces 15 projets gagnés me procurent une joie intense. 5/ Avez-vous comme projet de créer des parfums personnalisés, sur mesure, comme certains de vos collègues ? J'ai lhabitude de travailler avec des clients internationaux. Ce que jessaie de faire, ce sont d'abord des parfums qui vont plaire à mon entourage, jessaie de trouver de nouveaux accords, de nouvelles créations, et puis ensuite comme ce sont des parfums à fort parti pris, fatalement ce seront des parfums qui vont plaire à un certain public, même si ce ne sont pas des parfums qui vont plaire à des millions de gens. Par contre, je naime pas travailler sur une édition très limitée, exemple une centaine de flacons pour une marque X, et je naime pas non plus faire des parfums éphémères car j'y mets tout lamour de mon métier. Ce dont je maperçois, c'est qu'il y a des parfums absolument fantastiques dans le commerce, et quand ils sont positionnés en one shot, on agit de telle sorte quils ne resteront pas et je trouve ça fort dommage. 6/ Ressentez-vous beaucoup de compétitivité dans votre métier ? La compétition existe, mais c'est une compétition qui est saine, qui crée une bonne émulation. On a beaucoup de respect les uns envers les autres car on se connaît tous, c'est une petite famille. J'ai travaillé dans le passé avec certains parfumeurs qui peuvent être amenés à nous rejoindre. Il nous arrive de travailler parfois à plusieurs sur une formule, il y a une grande entraide à lintérieur de la société, mais on se bat toujours contre dautres sociétés, et c'est comme un match de tennis, il n'y a qu'un seul gagnant. Lenvie de gagner est très importante dans notre métier. 7/ En fait, comment avez-vous vécu la période après-Angel au tout début de votre carrière ? On devait avoir un certain nombre dattentes envers vous ? J'ai travaillé pendant 2 ans ce parfum, avec Thierry Mugler et Vera Strubi, qui est la directrice des parfums Thierry Mugler. Cétait 2 ans de bonheur : tous les 2 jours jallais rencontrer mon client, et par le dialogue justement on a fortement fait évoluer laccord, car ça a toujours été une uvre entre Thierry Mugler, Vera et moi-même. Lorsque le parfum a été terminé, j'ai changé de société et j'ai voulu sortir du style Angel, je me suis aussi interdit de plagier ce parfum par déontologie. J'ai fait ensuite dautres choses comme LEau par Kenzo pour femme, qui est quelque chose de très aqueux, transparent, léger, ensuite il y a eu LEau par Kenzo pour homme, qui est basé sur une note très citronnée. En féminins, il y a eu Noa de Cacharel qui est un musc café, il y a un clin dil là aussi sur un accord gourmand, j'ai fait un Gloria de Cacharel aussi qui est très boisé, très épicé, qui na rien à voir avec Angel, qui est un Oriental aussi mais qui nest pas gourmand, j'ai fait un Dolce & Gabbana, Light Blue, qui est basé sur une note pomme verte très pétillante. Donc jessaie davoir plusieurs palettes différentes. Il y a aussi Noa fleur qui est basé sur une pivoine, Lacoste pour femme basé sur une note irisée, un peu mimosa, cassie. Jessaie de travailler toutes les familles dodeurs mais j'adore faire des parfums fleuris et orientaux. J'ai peut-être aussi plus de facilité à travailler les parfums féminins que les masculins. Cela dit, dans les parfums masculins, j'ai fait de beaux jus comme Jungle pour homme de Kenzo, qui est basé sur des épices : cannelle, cardamome, cumin, c'est un parfum très puissant, bien boisé car j'adorais Féminité du Bois, il y a un clin dil à ce parfum. J'ai fait Dune pour homme de Dior qui est basé sur une espèce de figue végétale, puis il y a eu XS de Paco Rabanne en 1992 aussi, qui est une note fougère. Dans les derniers Paco Rabanne il y a aussi LEau de Paco Rabanne pour homme qui marche très bien, qui est une note très originale, basée sur une note transparente musquée, avec un départ très camphré-bornéol. Il y a aussi Moschino pour homme. J'ai plein didées en cours et des nouveaux parfums qui fleuriront à lautomne dont je ne peux pas encore parler. Je minterdis de faire de copies donc je ne sens pas le marché, je ne veux pas que le marché interfère dans mes pensées, dans mes idées. Je déteste lancer un parfum et que ça soit ensuite un flop, car on est toujours associés au triomphe, au succès, et aussi toujours aux échecs ! Je déteste avoir des échecs, ça mennuierait beaucoup de voir un de mes parfums disparaître du marché. 8/ Comment expliquez-vous le succès d Angel survenu 2 ans après son lancement ? Alors ça tient à la stratégie et à lintelligence de Vera Strubi, qui au lieu dinonder le marché français d'abord puis les marchés européen et américain ensuite, a voulu faire une espèce de teasing. Elle a joué la séduction en même temps, et au lieu de prendre 2500 ou 3000 points de vente sur le marché français, elle nen a pris que 150 la première année, peut-être 200-250 par la suite. Il y a toujours très peu de points de vente aux USA, donc les gens parcourent des dizaines de kilomètres pour aller lacheter, mais dans ces points de vente il est leader. Donc elle a joué dune part la rareté et dautre part elle a aussi eu la bonne intuition de ne pas lancer derrière Angel un autre parfum, car si elle avait lancé un successeur d Angel 2 ans après, il aurait pu cannibaliser celui-ci. Ainsi, ce qui a fait le succès d Angel, ce sont son concept fort qui fait rêver et sa stratégie, car elle a divulgué le jus dans très peu de boutiques. 9/ Comment avez-vous eu loccasion de créer ce parfum, car en général les jeunes parfumeurs exercent leurs premières armes sur des briefs jugés de moindre importance, pour des marques moins prestigieuses ? J'ai eu de la chance, je pense que Thierry Mugler était un couturier dans le vent, très connu en France, mais qui navait pas certainement la notoriété de Dior ou de Chanel, il restait une marque créative connue des initiés. Je pense que le parfum a depuis fait connaître Thierry Mugler dans le monde entier grâce à son parfum. Au début, je me souviens, c'était dans les années 1989 chez Quest, une dizaine de parfumeurs travaillait sur le projet en interne, il y avait une saine compétition, et javais cette idée : je travaillais à cette époque une note patchouli-vanillée qui sappelait Patchou, et le directeur marketing a présenté une sélection à Vera Strubi, qui instinctivement avait gardé 2-3 notes dont cet accord. J'ai travaillé encore pendant 15 jours-3 semaines, et puis elle a eu le coup de foudre, on a ensuite travaillé tous les 2 ou tous les 3 avec Thierry Mugler. Jétais le seul chez Quest à retravailler mon accord, cela dit la compétition à lextérieur de la société existait bien, et 2 ans après je savais que javais gagné, que j'étais lélu sur cette affaire. 10/Quel serait selon vous le parfum idéal sans contraintes marketing ? Je vais vous avouer un petit secret : on travaille toujours un petit peu pour soi au départ, par égoïsme, pour se faire plaisir car c'est un métier de plaisir. Ces idées, je les adapte pour mes clients ou en fonction des résultats des tests, mais j'ai quelques notes idéales en attente dans mes tiroirs qui un jour je lespère seront peut-être lancées sur le marché. Je nai aucune contrainte de prix, je regarde toutefois si la formule est faisable en grande quantité. Je me sens totalement libre. Si je n'étais pas libre, je naurais pas envie de travailler, je ne ferais pas de belles choses. Ou alors vous seriez peut-être indépendant ?! Je pense quêtre indépendant aujourd'hui nest pas valable, parce que les briefs que nous travaillons sont des projets internationaux, par conséquent il faut avoir une structure internationale. Aujourdhui on a affaire de plus en plus à des sociétés, à des clients qui se regroupent, et donc à une espèce de mondialisation dans la parfumerie, et il est évident que pour être performant, rapide, efficace, il faut être aux 4 coins du monde : en Asie, au Brésil, aux USA, en Europe, il faut pouvoir faire des tests, être réactif, retravailler rapidement une formule, et en étant seul dans une petite structure, je ne serais jamais efficace. J'ai l'impression de faire de la formule 1, pas du vélo. Par contre, si un client a un petit projet ou veut faire un parfum en édition limitée, je pense qu'il trouvera une meilleure qualité de service auprès dun indépendant. 11/ Quels sont les parfums masculin et féminin que vous auriez aimé créer, et quelles sont les matières premières qui vous touchent particulièrement, et pour quelles raisons ? Jaime bien le patchouli, pour sa note boisée, je l'ai utilisé dans plusieurs parfums et je continue de laimer énormément. Le jasmin aussi, parce que c'est une note fleurie et que ce sont mes racines. Le parfum que j'aurais peut-être aimé créer ? Je suis déjà heureux avec ceux que j'ai signé mais j'espère bien en faire dautres ! J'ai beaucoup de respect pour Shalimar, c'est une belle uvre et j'adore les Orientaux. Parmi les masculins qui peuvent me faire vibrer, il y a l Eau Sauvage qui est excessivement bien faite. Il y a plein de belles choses de toute façon dans le commerce, et certaines n'ont pas marché parce que le concept ou le flacon n'était pas mis en valeur, il faut une alchimie parfaite entre le parfum, le flacon et lhistoire du parfum. Il n'y a pas une autre raison ? Lhistoire du parfum, son flacon, ? Personnellement je suis plus attiré par les odeurs que par les formes. Vous vous parfumez ? Jamais ! Je fais beaucoup de parfums pour ma famille et mes amis, des sur-mesures de temps en temps. Mais je ne me parfume jamais sauf un shampooing et un déo-cologne tous les jours, parce que je garde les bras sans odeur pour vérifier les essais que je crée. 12/ Que représente le parfum pour vous ? Quelle est sa vocation ? Le parfum sert avant tout à donner du plaisir. Ça peut-être un parfum intimiste pour quelqu'un, un parfum de séduction pour une autre personne, mais je pense quavant tout on cherche à donner de la joie lorsque la personne portera ce parfum. Les notes orientales sont des notes chaudes, animales, et donc ce sont des armes de séduction ! Je pense qu Angel porté, pas tout de suite mais 1 à 2h après sur peau, plaît énormément aux hommes qui le sentent sur la peau dune femme. Et si les femmes le rachètent aussi, c'est parce que c'est un parfum qui plaît aux hommes. J'ai remarqué aussi que pas mal dhommes, et en particulier les étrangers, portaient Angel car sur la peau cela créait une certaine alchimie, un accord très sexy. Cest une question à poser aux gens de Thierry Mugler ou de Clarins, mais Angel est certainement porté par 5% dhommes : d'ailleurs c'est comme Féminité du Bois, javais des copains qui le portait. Vous savez, la barrière entre les masculins et les féminins est vraiment très fine. Je pense que les parfums que nous faisons aujourd'hui, comme Cool Water de Davidoff, peuvent être aussi bien portés par une femme que par un homme. Cest pour ça que je pense que sans faire des parfums androgynes, les parfums aujourd'hui peuvent être aussi bien portés par un homme ou par une femme, tout dépend de la personnalité de lindividu. Un Chanel 5 peut éventuellement être porté par un homme, il faudrait très peu de choses pour le retoucher, lui amener un aspect masculin. Le Light Blue de Dolce & Gabbana a tout un fond très masculin également. 13/ Si le métier de parfumeur était une formule magique, laquelle serait-ce ? La clé du succès dans tout métier, ce sont la passion, lobstination et le travail. Si on peine, ça ne sert à rien de poursuivre et ça peut-être un métier ingrat. 14/ Quest-ce que vous pensez du droit dodeur ? Pensez-vous qu'il est temps de créditer le parfumeur pour enfin se faire une vraie culture olfactive ? Il y a encore 20 ou 30 ans, les parfumeurs étaient dans lombre et les journalistes ne venaient pas les interviewer. Aujourdhui dans notre industrie, les gens savent ce que nous créons, et nous avons même notre nom dans les magazines, nous pouvons faire partie démissions à la télévision, etc., nous sommes reconnus au même titre que des grands cuisiniers. Cela dit on ne fait jamais rien tout seul, c'est une équipe qui crée : parfumeur, évaluatrices, vendeurs, client. Prenez le cas de Schumacher qui gagne un grand prix, derrière il a des ingénieurs, une marque, des sponsors. Si demain il devait courir sous une marque inconnue, il serait certes un grand pilote, mais il gagnerait beaucoup moins de courses. Donc ce nest pas encore demain que l'on va pouvoir voir le nom du parfumeur sur le flacon et le suivre olfactivement parlant ? Il existe un nouveau concept dans les boutiques Frédéric Malle à Paris : il a lancé une douzaine de parfums qui mettent en avant les parfumeurs, et ces derniers ont leur nom sur les étiquettes. Je pense que c'est un créneau, mais moi personnellement ça ne mintéresse pas davoir mon nom sur un de ses flacons, ça ne mapporte rien car je ne cherche pas à en vendre une centaine. Et puis je sais que je suis reconnu, et ça me suffit. Si je me sentais frustré, j'aurais pu sortir mon propre parfum Olivier Cresp . De temps en temps, j'ai un journaliste qui me téléphone et qui me dit Tiens je pense que c'est toi qui a fait ce parfum parce que j'ai reconnu ton style, et ça me fait très plaisir. Ny a-t-il plus dauthentiques artisans parfumeurs où les personnes pourraient sinformer, avoir un parfum sur-mesure ou sinitier à la création, comme vous mais en boutique ? Il y a un autre concept avenue Raymond Poincaré dans le 16ème arrondissement de Paris Patricia de Nicolaï, qui est la nièce de Jean-Paul Guerlain et qui fait des parfums sur-mesures, tout comme Francis Kurkudjian, et ils ont dû toucher une certaine clientèle. Autrefois dans les années 1850-1880, des parfums sur-mesure étaient composés par le maître parfumeur pour quelques rares personnes, bourgeois ou aristocrates. En ce qui concerne la formation, le parfumeur dans une société va sentir beaucoup les matières premières et produits de synthèse, travailler plusieurs heures par jour, faire ses gammes, et petit à petit il transmettra son savoir à la nouvelle génération. Et ces jeunes qui ont 25 ans deviendront 10 ans après des seniors. Et ces jeunes justement, comment les repérez-vous ? On les repère essentiellement à travers lISIPCA, car il y a des étudiants brillants qui en sortent, ou rarement dunivers différents mais ça peut arriver, ce sont essentiellement des scientifiques. Ces étudiants trouvent des stages en alternance dans des sociétés pour une durée de 2 ans. Et justement, quels conseils pourriez-vous donner à un jeune étudiant qui souhaiterait devenir parfumeur ? De montrer sa passion ! Et aussi sa personnalité, mais quand on a 18-20 ans, ce nest pas toujours facile. Source : parfumessence.
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524866
b
Moi aussi !
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