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Je n'en reviens pas que tu sois allée chercher dans mes écrits passés…

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Promenade, je te l'ai dit maintes fois, tu m'épates, tu es étonnante. Je n'en reviens pas que tu sois allée chercher dans mes écrits passés… moi-même je ne le fais jamais, je ne prends ni le temps ni la peine. J'ai sûrement tort d'ailleurs d'avancer sans me retourner sur ce qui a été et je promets d'aller me relire, peut-être qu'avec le recul je saisirai d'autres nuances. Je "crois" que je me questionne alors que je ne fais que fuir ce qui a été. Tout dans mon comportement m'indique que je cours, que je fuis toujours plus en avant mais que ce qui est attaché fermement à mes pieds me suit toujours à bonne distance. Je ne parviens pas à m'en débarrasser. C'est d'ailleurs un rêve récurrent que je fais depuis de nombreuses années "Sensation de devoir avancer, de se mobiliser pour courrir mais d'avoir les pieds liés, les jambes lourdes et de faire des pas de fourmies avec un poids, toujours le même, à tirer". Hier je suis allée sur le site DASA et bien que je sois croyante, j'ai été dérangée d'y voir cité Dieu. Peur d'être manipulée. Cependant j'ai fait le t'est des 40 questions et je peux dire sans conteste que je suis addict sexuelle à Philippe. Je suis très étonnée de lire ce que j'étais capable d'écrire en 2006 à Cézanne sur la dépendance sexuelle. Mes mots de l'époque ont toujours le même sens pour moi 3 ans après. Il est effectivement des choses que la morale et la pudeur imposent de taire. Cependant, tes écrits et ceux de Sotgrenue me font descendre au fond de mon âme, dans ma Vérité, dans ma Conscience. Sotgrenue a écrit je crois que notre histoire se scellait de façon inéluctable. La mienne d'histoire a commencé à s'écrire alors que j'avais 4 ans et à 51 ans je n'ai toujours pas trouvé le fil (comme dirait Klam) de la pelote de laine à tirer. Promenade me croiras-tu, j'ai l'impression désagréable (et pourtant nécessaire pour moi car il n'y a qu'ici que je puisse écrire) de me distinguer or je déteste me distinguer. Je lis ici des histoires d'adultère mais je vois peu de personne descendre aussi profond que moi dans leur inconscient. L'infidélité ne se limite pas à une souffrance d'égo. Je suis souvent dérangée de lire qu'elle se limite à cela. Il nous faut plonger sous la surface et explorer les fonds : notre âme. Encore une fois ce constat me renvoie à la petite fille pleine de questions sans réponse que j'étais et je me sens, encore une fois, différente. Pas intégrée dans la "famille forum" tout autant que je n'étais pas intégrée dans ma propre famille. Pourtant, j'étais et je suis parfaitement intégrée dans le monde social dans lequel j'évolue et où je porte un masque charmant. Je ne me suis jamais sentie la fille de mon père, excepté ma peau mate, je ne ressemble pas à ma famille paternelle. Cela était si fort que je me suis autorisée à penser que je pourrais sans problème avoir des relations sexuelles avec lui dans ma petite tête d'ado. Lorsque j'avais 14 ans ma mère ne voulait plus faire l'amour avec lui alors les scènes de violence étaient multipliées. Du haut de mes 14 ans, de cet homme qui me répugnait à l'époque, je me disais que pour le calmer, j'étais prête à me sacrifier à la place de ma mère, juste pour que la violence cesse, juste pour ne plus avoir peur qu'il nous tue et surtout, surtout, encore plus que tout, juste pour ne plus le voir humilié, en attente de gestes afffectueux, juste pour le voir relever la tête et non plus quémander. Mélange curieux de peur et de pitié poussées à leurs paraxysme. Je voulais la paix. J'aurais pu tout donner, même mon corps, pour avoir la paix dans cette maison devenue invivable et ne plus ressentir ni peur, ni pitié. Heureusement pour moi, il ne m'a jamais prêté la moindre attention. J'étais transparente pour lui. Mon père était un homme très pudique avec ses filles. Heureusement. Avec recul et pour la toute première fois depuis l'interpellation de Sotgrenue vendredi dernier, je prends conscience du mal sournois qui s'est infiltré en moi en jour d'adolescence. Serais-je plus mal, plus détruite s'il avait véritablement utilisé mon corps ? Les pensées incestueuses, les pensées magiques font-elles autant de ravage que les actes ? Je crois que oui. J'ai voulu posséder cet homme pour avoir la paix et ne plus ressentir peur et pitié. Ai-je peur, en quittant Philippe de tomber dans le chaos, le même chaos qui a suivi entre mes 14 et mes 20 ans, moment de sa mort et où, de nouveau, j'ai utilisé un stratagème pour pansement. Inconsciemment, le bébé que j'attendais ne devenait plus celui de mon mari mais celui de mon père. Quels mécanismes psychiques peuvent se mettre en place pour ne pas sombrer ? Pour ce qui est de ma place dans la fratrie, mon père ne voulait pas d'enfant du tout et je n'ai pas souvenir qu'il ait vraiment voulu un fils. Je suis la deuxième fille. Ma soeur aînée était sa fille, ma petite soeur était la fille de ma mère et moi j'étais le défouloir de la famille. C'était ainsi et je l'acceptais. C'était ma place de "rien du tout". Bizarrement, j'ai aimé cette place, la mienne et j'ai été privilègiée d'avoir cette place car elle m'a donnée une certaine rage et m'a permis de n'avoir pas d'exigence de résultat de la part de nos parents. Ils n'attendaient rien de moi. Je ne crois pas en avoir véritablement souffert en tous cas. Mon père aurait été fier de moi s'il avait pu suivre mon parcours social. J'ai été la première de la famille a avoir le bac et il était très fier de ce tout petit résultat alors… le reste… Je sais qu'il ne voulait que mon bien dans le fond mais c'est la mère qui donne la place et ce que j'ai vécu enfant et ado, je le dois à ma mère. Je sais aussi que si la violence de mon père a été difficile à vivre, c'était un homme d'engagement, d'honneur, de valeurs et ma mère m'a fait bien plus de mal qu'il n'y paraît. J'ai fait les comptes avec chacun de mes parents. Quant à ma liaison, j'ignore comment mon père aurait pu voir celle-ci. Je pense que s'il avait été vivant je n'aurais jamais éprouvé le besoin de me blottir contre la poitrine d'un homme qui lui ressemble tant physiquement. Je me sens sereine et calme malgré tout Promenade, mais je ne trouve pas le fil sur lequel tirer pour démêler tout cela. Je te remercie encore pour tout. M.
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280240
b
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