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Crise aviaire

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Coqui-chéri et moi avons traversé il y a quelques temps une crise aviaire sérieuse sous forme d'affrontement entre papa autruche et maman poule. Et je ne suis pas certaine que nous en soyons complétement sortis.

Je ne vivais plus que "diabète". Je mangeais diabète, je dormais diabète, je me douchais même diabète. Pas un seul instant dans la journée, le diabète de mon fils ne me quittait. Et mes nuits étaient rythmées par les glycémies. Coqui-ado, lui, allait au collège, s'éclatait (au propre comme au figuré parfois d'ailleurs) au rugby, discutait avec ses copains… Bref, il vivait tout à fait comme avant. Moi je n'avais plus que des connections diabètiques entre les neurones. A part au bureau, heureusement. Un coup à me faire redouter les vacances…

Coqui-chéri se couchait tous les soirs comme avant, ne savait pas très bien ce qu'il en était des doses d'insuline de son fils. Sa seule prise en compte du diabète était de porter la glacière et de la conserver à l'abri lors de nos sorties ou des tournois de rugby.

Et puis un jour le point de rupture a été atteint. Coqui-chéri et malheureusement Coqui-ado, Coquillette et Coqui-petit-dernier m'ont dit leur ras-le-bol. Le diabète avait pris toute la place à la maison. Par ma faute.

Je n'étais plus tellement en mesure de les entendre. A ne dormir que quelques heures par nuit, des heures de mauvais sommeil à cause des cauchemars, on perd un peu de sa capacité à s'arrêter pour écouter vraiment ceux qu'on aime.

Je vous passe les affrontements, les colères et les blessures mutuelles.

La peur et le doute. "Serais-je en train de faire du mal à mes enfants, à mon amour ? "

Je vous promets que j'ai essayé de faire des efforts. Je n'abordais plus le sujet. Mais il était encore tellement présent dans ma tête que ce fut presque pire ensuite. Je m'enfermais dans ma coquille et nous avions tous l'impression de jouer à faire semblant : " Rien n'a changé, c'est comme avant".

C'était terrible d'imaginer les conséquences que cela pouvait avoir dans la tête de mon fils. Quel mal étais-je entrain de lui faire ?

Et puis ça a éclaté. Après plusieurs nuits d'enfer, une discussion avec une autre maman de diabètique qui m'a raconté la même histoire que celle que nous vivions, sauf qu'elle en était quelque peu sortie, heureusement. Et je me suis entendue dire à cette amie que si, nous les mamans, nous reprochions aux papas de parfois en faire si peu, c'est peut-être parce que nous étions dans l'excès. Nous en faisions trop. Eh oui… Moi j'ai dit ça ! Moi qui le matin même "testais" mon mari sur le nombre d'unité à injecter en cas d'hyper avec acétone. Et s'il m'arrivait quelque chose demain ? Si le papa devait prendre en charge ?

Tout au fond de moi je savais bien qu'il saurait le faire. Il a toujours été présent pour ses enfants. Parfaitement présent. Et jusque là l'équilibre était parfait entre mon angoisse et sa décontraction. Ca avait fonctionné pendant 19 ans malgré les coups durs de la vie, ça devait bien pouvoir marcher encore…

Alors j'ai "démissionné". Je n'ai plus rien pris en charge du tout. Au début je ne faisais même plus les glycémies la nuit, mais je ne dormais pas tant que je ne savais pas qu'elle était la glycémie de minuit. Il y a eu quelques cafouillages, parfois même des sueurs froides a posteriori. Comme ce fameux match pour lequel Coqui-ado était parti en bus sans son stylo de rapide, sans bandelettes acétoniques. Alors qu'il était très haut en début d'après midi, qu'il neigeait terriblement fort et que le match se passait dans un autre département… Et s'ils avaient été coincés par la neige ? Et s'ils avaient dû prendre leur repas sur la route ? Et s'il était monté encore et qu'il ne puisse tester son acétone ? Et si, et si, et si, et si… Je travaillais ce jour là. La soirée fut longue avant leur retour.

Et Coqui-chéri de me dire : "Tout va bien… Tu vois, il ne s'est rien passé ! " Oui mais…

Peu à peu Coqui-chéri a appris à vérifier (discrétement) le sac de sport pour être sûr que tout y est. A donner un sucre lent AUSSI après un sucre rapide en cas d'hypo…

Et moi je m'endors parfois sans savoir qu'elle sera la glycémie de minuit.

Je ne fais plus tellement de cauchemars, en partie grace au forum, en partie aussi grace au fait que je ne me sens plus seule à gérer le did de Coqui-ado.

Quant au principal intéressé (malmené ? ) il trouve que c'est cool quand c'est papa qui gère parce qu'avec lui ce n'est pas "prise de tête, il n'exagère pas, LUI". Et puis quand il a un doute sur la conduite à tenir, il appelle maman, parce que sur le sujet, elle est "blindée".

C'est bien loin d'être parfait encore. Il y a des disputes, des incompréhensions, des excès… Mais surtout je m'inquiète du poids de cette crise sur mon fils. Quelles séquelles en gardera-t-il ? Il n'a pas besoin de ça en plus du reste et je m'en veux souvent de ne pas arriver à régler ceci correctement.

J'ai cherché il y a quelques temps sur ce forum des posts à ce sujet. Je n'en ai pas trouvé. Pourtant deux mamans de did m'ont tenu le même discours… De là à penser que nous sommes plusieurs à nous débattre avec ces mêmes difficultés, il n'y a qu'un pas que j'ose franchir pour vous demander comment vous le gérez vous ?

J'en ai encore écrit un pavé. Et c'est peut-être aussi hors sujet, surtout en regard avec ce que certains vivent actuellement, de plus difficile et de plus douloureux. Mais ça me pèse et je tente le coup parce que vous m'avez déjà beaucoup aidée. Si je peux encore abuser de votre patience…
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46910
b
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