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Être intello dans une famille d'ouvriers peu scolarisés

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 11/12/10 | Mis en ligne le 03/05/12
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Voici une situation très mélangeante. J'ai découvert il y a peu de temps, que je suis profondément une intellectuelle. Je l'ai toujours été, mais je n'osais pas me l'avouer, parce que je considérais cela snob. En fait, le milieux d'ou je viens trouve aussi cela snob. Je suis issue d'un milieux défavorisé, d'un père ouvrier et d'une mère femme au foyer. Ils sont peu scolarisés, n'ayant pas terminé leurs études de niveau lycée. Nous vivions en zone rurale, dans un endroit ou les intellectuels sont considérés comme des "pédés" et des ratés, car ils ne savent pas se servir de leurs mains (c'est pas moi qui le dit). Mes parents sont nés dans des familles nombreuses et ont été éduqués à la dure. La majorité des jeunes de mon âge sont nés en milieux urbains et leurs parents les ont gâtés pourris. Ce ne fut pas du tout mon cas, alors je sens un très grand décalage de mentalité et de la vision du monde entre eux et moi. J'ai été privée d'à peu près tout, sauf de nourriture, car en campagne les grosses recettes, c'est très important. Dans ce coin de campagne il n'y avait rien à faire. Pas de divertissement, ni activités sportives et culturelles pour les jeunes. Nous étions très défavorisés en comparaison des gens de la ville. Nos écoles étaient de mauvaises qualité. Il y avait encore des enseignantes religieuses très arriérées et les profs d'anglais, ne savaient pas parler anglais. À l'école, il ne fallait pas trop paraître intelligent et avoir des bonnes notes, sinon on allait être l'objet de moqueries incessantes. Moi et mes rares amies, nous étions des "rejets sociaux". Une de mes amies avait un accent de la ville, ce qui était mal vu là-bas. Mon père nous disais souvent qu'il avait hâte que nous quittions la maison pour travailler et gagner de l'argent. Faire des études ? Cela ne faisais pas vraiment partie des sujets de conversation chez-nous. Mais il ne s'y est jamais opposé mais ne nous y a pas encouragé non plus. De toute façon, c'est l'État qui paye. L'important c'est qu'on ne lui demande pas d'argent, et il est tranquille. D'ailleurs, je ne me souviens pas que mes parents aient déjà fait un commentaire sur mon bulletin scolaire. Vous voyez, ce n'est pas le genre de famille d'ou émergent les médecins et les avocats. Pourtant j'avais de la facilité à l'école. J'étais paresseuse et je réussissais tous les cours sans grand effort. Parallèlement à l'école, j'aimais me cultiver par moi-même, et écouter de la musique classique (et rock aussi). J'avais une grande ouverture d'esprit, même pour les choses qui ne sont pas à la mode. Plus tard, j'entrai à l'Université en beaux-arts, mais non sans angoisse. C'est qu'il n'y avait personne pour approuver ni désapprouver mon choix. Par moment j'aurais eu besoin de soutient et un peu d'encouragement. Et il n'y avait évidement pas de soutient financier non plus. Pour mes parents, je vivais sur une autre planète qu'ils ne comprennaient pas. Ma mère a toujours préférée ma soeur, qui est tombée enceinte à l'adolescence, chose qu'elle trouvait parfaitement normale. La seule source de valorisation chez-nous, c'était faire des gosses. Mais la plupart des gens avec qui j'étudiais venaient des familles d'artistes sont tombés dedans quand ils étaient petits. Quelques s'uns étaient dans des situations similaires à la mienne, et je crois que notre parcours était plus difficile, plus semé de doutes. Mes rares amis ont toujours été des gens très intellectuels torturés à l'intérieur, qui aimaient des sujets de discussions spéciaux, hors norme. (cinéma, littérature, politique, etc…). Je me suis toujours demandée pourquoi je n'attirais pas les gens "normaux", plutôt que des rêveurs souffrants ? J'ai vraiment essayé d'être normale, et de m'intégrer socialement auprès des gens "normaux", d'être populaire, mais ne n'y suis jamais arrivée. Mais aujourd'hui, avec du recul, je crois que les gens "normaux" ne m'intéressent pas. J'ai passé ma vie assise entre deux chaises. Trop intello pour ma famille, qui ne comprennent rien du tout à ce que je raconte, et qui n'ont jamais reconnus que j'avais un certain potentiel. Ma mère croit que je suis idiote. Et trop "simple" trop "campagne" pour les gens des milieux intellos. Ils ne me prennent pas au sérieux, à l'exception de mes quelques amis intellos introvertis et torturés de l'intérieur. Je suis encore là à chercher ma place dans le monde. Pendant trop longtemps, je ne savais pas du tout qui je suis. J'ai fini par rejetter les milieux intellos (ne trouvant pas de travail, ni d'opportunités intéressantes) , et ma famille aura eu raison. Je déteste qu'ils aient raison là-dessus. On dirait que le milieux d'ou je viens essaie de m'aspirer vers lui. De me ramener à ma condition. Mon parcours est sûrement plus dur que celui de ceux "qui sont tombés dedans quand ils étaient petits. J'ai l'esprit torturé, je me sens frustrée de ne pas savoir ou est ma place.
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250124
b
Moi aussi !
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