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Témoignage d'internaute trouvé sur mamandco - 23/04/11 | Mis en ligne le 08/04/12
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Adoptés et bien adaptés. Les enfants adoptés à l'étranger ne sont pas plus à risque de développer des troubles de comportement que les jeunes Québécois de souche. Dans l'ensemble, leur adaptation aux milieux familial, social et scolaire est tout à fait comparable aux enfants nés au Québec. C'est ce qui se dégage, entre autres, d'une vaste enquête portant sur l'adoption internationale au Québec, réalisée auprès de parents ayant adopté des enfants entre 1985 et 2002. Selon Réjean Tessier, professeur à l'École de psychologie et l'un des principaux responsables de cette recherche portant sur 1 333 enfants, ce résultat vient en quelque sorte briser certains préjugés entourant l'adoption internationale, à savoir que les enfants adoptés à l'étranger seraient ni plus ni moins des délinquants en puissance ou, de façon moins spectaculaire, vivraient davantage de troubles de comportement et éprouveraient des difficultés à établir une relation d'attachement avec leurs parents adoptifs. Consulter un psychologue ? "Certains psychologues ont tendance à dresser un tableau plutôt sombre de la situation, constate Réjean Tessier. Cela ne fait qu'alarmer inutilement les nouveaux parents. Peu de temps après l'adoption, des parents vont aller consulter un psychologue, croyant que leur enfant a du mal à s'attacher à eux, par exemple. Or, même dans un processus non adoptif, les enfants comme les parents mettent du temps à construire une relation de confiance. On doit donc éviter de parler d'attachement insécurisé avant au moins une année suivant l'adoption. Cessons de croire que tous les enfants adoptés à l'étranger ont besoin d'un suivi particulier. Évidemment, cela n'empêche pas le fait que certains enfants ont besoin de plus d'accompagnement que d'autres." Si les enfants adoptés plus tôt révèlent un taux de sécurité d'attachement plus élevé que les enfants adoptés plus tardivement, une adoption tardive ne conduit pas nécessairement à des problèmes de développement ou de comportement, rapporte l'étude. Ainsi, les enfants adoptés après l'âge de quatre ans ne connaissent pas plus de difficultés d'adaptation que ceux adoptés entre 18 et 36 mois. Ensuite, le taux moyen d'échec ou de difficultés scolaires chez les enfants adoptés est similaire à celui de l'ensemble de la population des enfants du Québec. Même chose dans l'apprentissage du français et des mathématiques où les résultats sont semblables. Enfants adoptés doubles identité. Enfin ! Après toute cette attente, peuplée de questionnements féconds et de démarches multiples, votre projet d'adoption voit le jour ! Vous tenez votre bébé dans vos bras, débordants d'amour, la vie ne peut que vous sourire. Il semble, pourtant, que vous devrez jouer d'encore plus de patience que la majorité des familles. L'adoption exige une grande capacité d'adaptation, et ce, tant pour les parents que pour les enfants. On parle de plus en plus du défi de la post-adoption, au coeur duquel plusieurs mythes et pièges guettent les nouveaux parents. Le plus grand mythe est sans nul doute celui de l'attachement instantané. "Cette croyance vient de l'époque où les parents québécois qui désiraient adopter étaient invités à visiter les dortoirs d'orphelinats. On leur disait : celui qui vous tendra les bras, c'est le vôtre, relate Johanne Lemieux, travailleuse sociale au Bureau de consultation en adoption de Québec. Pourtant, les sentiments positifs ou négatifs qui sont ressentis au moment du premier contact ne sont ni la garantie, ni l'échec de l'attachement et de l'amour. Une adoption, tout comme une naissance, c'est la rencontre de deux êtres totalement différents, qui ont désespérément besoin l'un de l'autre, mais où tout est à bâtir." Alors, pourquoi serait-ce plus difficile de créer des liens solides et stables dans une famille adoptante ? "Parce que l'enfant adopté vivait déjà une autre réalité, rappelle Mme Lemieux. Et tout ce qu'il sent, c'est que cette réalité, même triste et difficile, vient de disparaître. Il ne fait qu'essayer de survivre le mieux possible. Il ne sait pas encore qu'il est avec un papa et une maman pour toujours." Cette insécurité émotive peut persister des années durant, voire même dans la vie adulte. Les parents doivent donc toujours penser à se mettre dans la peau de leurs enfants pour les aider à trouver leur identité malgré leurs différences visibles et… invisibles ! Une famille à part entière. L'adoption internationale a le vent dans les voiles au Québec, notamment depuis les modifications apportées à la loi, en 1990, et l'évolution des mentalités. Chaque année, quelque 800 parents accueillent des bambins venant d'une vingtaine de pays (principalement de la Chine, d'Haïti, de la Russie, du Vietnam, de la Thaïlande et de la Colombie). Les observateurs compétents notent qu'en général, les enfants nés hors Québec s'adaptent assez bien à leur nouveau milieu, surtout s'ils ont été adoptés très jeunes. Ainsi, on entend de moins en moins souvent parler d'histoires racistes ou importunes, comme celle racontée par une mère adoptive dans le site Ces enfants venus de loin. "Au retour à la maison avec notre petite Guatémaltèque de cinq mois, j'étais extrêmement fière de pouvoir enfin faire le tour du voisinage avec mon nouveau bébé dans sa poussette. Nous avions à peine tourné le coin de la rue que deux dames sont accourues pour voir la petite : de loin, ont-elles dit, on aurait cru que vous pouviez être sa mère ! " Cette maman, Leceta Chishlom Guibault, a aussi eu droit à des questions du genre : "Combien a-t-elle coûté ? " , "Est-ce que sa peau deviendra plus foncée ? " ou encore "Est-ce qu'elle est porteuse de maladies ? " Mme Chishlom Guibault raconte qu'il arrive souvent que quelqu'un veuille "informer" sa fille du fait qu'elle est très chanceuse d'avoir été adoptée. Ce à quoi elle répond : "Mais, c'est son père et moi qui sommes chanceux d'être choyés par elle ! " Pour Claire-Marie Gagnon, présidente de la Fédération des parents adoptants du Québec, le racisme peut prendre des formes insidieuses et se manifester différemment selon l'âge et la nationalité de l'enfant. "Par exemple, on sait que ce sont les enfants noirs qui sont le plus souvent victimes de racisme en grandissant, alors qu'on les trouve bien "mignons" lorsqu'ils sont tout petits. Pour les Asiatiques, c'est le stéréotype de l'enfant parfait qui fait souvent la vie dure aux fillettes. Elles sont gentilles, dociles et elles devraient tout réussir. C'est souvent à l'adolescence que l'image tourne au cauchemar" , poursuit Mme Gagnon. Pas question pour Sylvie et Gérald de faire subir cette pression à Rosalie, 7 ans, qu'ils ont adoptée en Chine à l'âge de 8 mois. "Nous voulons avant tout former une famille comme les autres, résume Gérald, en rappelant que les différences culturelles font de toute façon partie de la vie quotidienne montréalaise. Rosalie et Jérôme (un petit Thaïlandais de 3 ans) , parlent français à la maison comme à l'école. S'ils veulent apprendre leur langue plus tard, nous pourrons les inscrire à des cours. C'est important que nos enfants connaissent leurs racines, mais nous n'insistons pas sur leur culture d'origine. L'essentiel, c'est que l'enfant puisse s'épanouir dans sa famille et son milieu. Par exemple, Rosalie est plus anxieuse que Jérôme, elle a un problème d'attachement qui la pousse à vouloir toujours créer des liens avec les gens. Jérôme est plus confiant, peut-être parce qu'il a connu une première année de vie plus sécurisante. Nous devons composer avec ces inconnues. Mais au fond, ne dit-on pas qu'avoir un enfant, c'est toujours un peu une loterie ? " , conclut avec philosophie le papa, avant de se lancer dans la course à la préparation du souper ! Trouver le juste milieu. Johanne Lemieux, du Bureau de consultation en adoption de Québec, donnerait probablement raison au papa de Rosalie et Jérôme… en bonne partie du moins. Puisque si le plus grand défi de tous les parents est d'aider leurs enfants à acquérir une bonne estime d'eux-mêmes, les parents adoptants doivent relever un second défi : reconnaître leurs propres différences. "Je dis toujours qu'il faut accueillir sa différence, en s'en faisant une alliée. Il y a des spécificités que l'on doit comprendre, des outils différents pour remplir le même rôle, précise Mme Lemieux. Nos enfants par adoption sont tous d'extraordinaires survivants. Depuis leur conception, ils ont survécu physiquement et affectivement à une série d'obstacles qui défient l'imagination. Notre expérience nous a permis de déceler certaines caractéristiques propres aux enfants adoptés. En reconnaissant ces différences, les parents peuvent mieux favoriser l'estime de soi de leur enfant qui, bien avant son origine culturelle, constitue la base de son identité." . À la même adresse, vous pourrez consulter la liste des "12 mythes et pièges des nouveaux parents adoptants" . Le dernier point, et non le moindre, porte sur l'importance à accorder au fait qu'un enfant soit adopté. "Certains parents sont si fiers de leur petite fille d'origine chinoise qu'ils transforment la maison en pagode, se mettent à manger avec des baguettes, apprennent le mandarin en famille et racontent continuellement devant l'enfant leur merveilleuse expérience d'adoption, relate Johanne Lemieux. À l'opposé, certains cherchent à effacer toute trace du passé de l'enfant pour qu'il puisse repartir à neuf, comme ce couple qui pensait bien faire en jetant tous les vêtements et petits objets de leur poupon dans les toilettes de l'aéroport pour qu'il oublie son passé pénible. Dans les deux cas, ce sont de graves erreurs, poursuit Mme Lemieux. L'enfant doit apprendre à fonctionner avec ses deux identités en ayant la permission d'être chinois ou roumain lorsqu'il en ressent le besoin et d'être "québécois pure laine" quand il le désire. Cela dépendra des périodes de sa vie, des événements, des sujets abordés ou des difficultés rencontrées." Si tous les intervenants auprès des familles adoptantes insistent tant sur cette question d'identité, c'est qu'elle est fondamentale. "Les parents se préoccupent d'abord de la santé physique et des différences visibles, résume Claire-Marie Gagnon, présidente de la Fédération des parents adoptants du Québec. Mais ils doivent utiliser tous les moyens pour renforcer l'identité de leurs enfants, leur sentiment d'appartenance à leur famille, à leur milieu mais aussi à leur culture d'origine. Nous avons trois enfants, dont deux que nous avons adoptés en Colombie et au Guatemala. Depuis qu'ils sont tout petits, je collectionne les articles de journaux au sujet de ces deux pays, je leur présente des modèles de réussite, etc. Tout ça, toujours dans le but qu'ils se sentent bien dans leur peau et bien dans leur milieu de vie" . Voilà donc le grand défi des parents adoptants. Une quête d'identité bien particulière qui, à n'en pas douter, mérite largement le détour.
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238456
b
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