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Crise familiale insoluble... besoin de conseils

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 16/07/11 | Mis en ligne le 12/05/12
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Bonjour (et merci à ceux qui auront eu la patience de me lire) , L'histoire et la situation de mes relations familiales sont incroyablement compliquées et longues à raconter ; même si tous les détails seraient nécessaires pour comprendre, je vais essayer de faire court et elliptique. J'ai 26 ans et je vis à l'étranger, loin de ma famille, de la plupart de mes amis. Je vis avec mon conjoint que j'adore, et j'aime la vie que je m'efforce de créer ici. Mes relations avec mes parents et mon frère ont toujours été un peu compliquées mais, depuis, quelques années, c'est devenu assez catastrophique. Il y a un an, j'ai en quelque sorte coupé les ponts avec eux (pas vraiment, mais c'est comme ça qu'ils l'interprètent). Pour faire bref, mes parents ont eux-même vécu des choses très difficiles étant petits et, même si de leur point de vue ils ont fait de leur mieux, je peux dire maintenant (après des années, des tas de discussions avec des proches et quelques séances de psy ) qu'ils ont incontestablement été, à certains égards, négligents et maltraitants. Mon frère a 14 ans de plus que moi et a toujours nourri des sentiments ambivalents à mon égard, entre affection et jalousie, hostilité. C'est un homme qui a une personnalité très particulière, à la limite de la sociopathie. Lui et mon père sont très caractériels, épouvantablements colériques, violents, orgueilleux, narcissiques, dominateurs, égoïstes, machos, ne supportant pas la contradiction ni la contrariété. Ma mère a toujours été une femme très soumise, dévouée, toujours à s'occuper de la maison, de mon père, de son travail, des autres. Mais pas d'elle ni de moi. En apparence, et pour tout le monde, c'est un ange, une femme souriante, sociable, gentille et serviable, qui se sacrifie pour les autres. Le visage d'elle que je suis la seule à connaître, c'est une femme névrosée, dépressive, à l'équilibre psychique extrêmement fragile, qui peut se montrer d'une froideur et d'une méchanceté insoupçonnables. J'ai toujours été une petite fille assez solitaire et "spéciale". J'étais une enfant précoce et j'avais du mal à me faire beaucoup d'amis, je préférais la compagnie des adultes mais j'étais souvent livrée à moi-même. Mais j'étais quand même heureuse, jusqu'à l'âge de 8 ans. Puis, nous avons déménagé dans le même pays que le reste de la famille. Là, un cousin plus âgé m'a agressée sexuellement à plusieurs reprises. J'ai fini par le dire à ma mère. Pendant des années, j'ai dû voir ce cousin quasi-quotidiennement, m'asseoir à la même table que lui tous les dimanches. A plusieurs reprises, ma mère nous a laissés seuls tous les deux, et les abus se sont répétés. Elle l'a même hébergé chez nous lorsque ses parents étaient en voyage ; pendant tout ce temps, il "prenait ma place" auprès d'elle, lui confiait ses malheurs, m'a insultée devant elle sans qu'elle réagisse. Ma mère a toujours agi comme si c'était une dispute, me poussant à "faire la paix", me grondant sévèrement si je pleurais en public, par exemple, car personne ne devait savoir. Mes notes ont chuté, j'étais renfermée sur moi-même, j'ai commencé à m'auto-mutiler pour me soulager dès que j'éprouvais de la colère ou me disputais avec quelqu'un. Mes parents étaients globalement absents, froids, distants, même s'il y avait souvent des bons moments malgré tout. Il y avait aussi beaucoup de hurlements, de disputes, de critiques et de reproches. Je n'ai jamais fait de crise d'adolescence, à la maison j'étais la bonne fille sage et obéissante qui ne disait jamais de gros mots. Mais je sentais que je les décevais car je n'étais pas ce qu'ils auraient voulu. Mon frère, lorsqu'il était là, était de plus en plus agressif, blessant, me critiquant sans cesse et sournoisement, se plaignant de moi auprès de mes parents et surtout de ma mère. A une époque où il vivait des échecs personnels et où son agressivité était à son comble, il m'a même frappée au visage. Malgré tout ça, j'ai toujours été très proche de ma famille, en particulier de ma mère, nous avons toujours eu un rapport très fusionnel assez paradoxal, vu notre distance et nos conflits. C'est difficile à expliquer. Mon frère a épousé une fille de mon âge, avec laquelle j'ai eu un rapport très fusionnel au début aussi. Mais elle était très jalouse, possessive, complexée, et avait elle-même je crois des blessures d'enfance à réparer. Elle a perçu la fragilité du lien familial et, petit à petit, elle l'a exploitée dans son intérêt, en exacerbant voire créant des conflits entre mes parents, mon frère et moi. Des amis m'ont alertée sur le fait que c'était une manipulatrice perverse et qu'elle souhaitait symboliquement "prendre ma place" au sein de la famille, mais je l'ai réalisé trop tard. Ou plutôt, je me suis dit que si c'était ce qu'ils voulaient, je ne pouvais rien faire pour l'empêcher… Il y a quelques années, mon frère a complètement cessé de me donner signe de vie pendant 3 ans. Je n'ai jamais eu d'explications, mais je sais que c'est lié à cette femme, qui s'était plainte de moi auprès de lui. J'ai eu beaucoup de mal à encaisser cette rupture, au début je pleurais tous les jours, mais j'ai dû faire mon deuil pour continuer à avancer. Il y a un an, en rendant visite à mes parents pour les vacances, "suprise", ma belle-soeur et mon frère étaient là. C'était très éprouvant émotionnellement pour moi, mais pour faire plaisir à mes parents, j'ai souri, parlé, fait comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Mon conjoint actuel était là et mes parents, dans mon dos, lui ont présenté les choses comme "une de ces disputes où on ne sait plus pourquoi on est fâché", ma mère lui a même dit que j'étais une fille particulièrement boudeuse, rancunière, avec des sautes d'humeur. (Avis qu'étrangement, personne ne partage en dehors de ce petit noyau familial). En rentrant de ce séjour, j'ai craqué. Je pensais avoir pardonné à mes parents, réussi à construire une illusion d'enfance heureuse mais tout s'est écroulé : le fait qu'ils ne prennent jamais ma défense dans cette "histoire" avec mon frère et ma belle-soeur, nient complètement mes sentiments, favorisent systématiquement mon frère (exemple parmi d'autres : suite à une rupture douloureuse, j'étais seule dans un pays étranger, je venais de faire une tentative de suicide. Ma mère n'est pas venue me voir, prétextant qu'elle n'en avait pas les moyens. Quelques semaines plus tard, elle et mon père sont allés voir mon frère et ma belle-soeur, à l'autre bout du monde, car il avait exigé qu'ils viennent pour la naissance de son 1er enfant) , tout ça a ravivé mes souvenirs d'enfance et tout ce qui entourait l'agression. J'ai réalisé que depuis toujours, je m'étais efforcée d'être une bonne fille, pour qu'ils m'aiment, je les avais toujours aimés, privilégiés, passant tout mon temps avec eux et négligeant mes amis lorsque je venais en vacances. Toutes les critiques, tous les reproches qu'eux et mon frère m'ont adressés, je les ai toujours acceptés en me disant : "ils doivent avoir raison". Toute ma vie j'ai fait mon auto-critique, je me suis haïe, jugée, efforcée d'être meilleure, essayant de m'adapter et de me conformer à leurs désirs. Même aujourd'hui j'ai beaucoup de difficulté à ne pas penser qu'ils ont raison et à ne pas m'haïr ni m'auto-déprécier. J'ai toujours eu l'impression d'être leur chien, leur esclave, et que sortir de ce rôle c'était me priver de leur amour et m'exposer à la violence. J'ai réalisé aussi que, même si j'avais cru m'en sortir seule et être équilibrée, mon enfance avait profondément marqué mon rapport aux autres. Sous ma joie de vivre et mon optimiste apparents, j'ai du mal à aimer vraiment, à faire confiance. Il y a un an donc, je suis retombée dans une spirale d'auto-mutilation et de pensées suicidaires, tout en me blâmant d'être une faible, une froussarde, tout en ayant honte de moi. Sauf que cette fois, mon amoureux était là et m'a soutenue. Il s'inquiétait pour moi et a tenté d'écrire à mes parents pour les supplier d'accepter de dialoguer avec moi. Ils l'ont pris comme une accusation, comme une remise en question d'eux-mêmes. Mon père lui a envoyé une lettre de menaces, disant qu'on le "faisait chier avec nos états d'âme" (en référance à mon état suicidare). J'ai appris aussi qu'il était au courant pour mon agression sexuelle, mais qu'il estimait qu'il n'y avait pas de quoi en faire un drame. Ma mère m'a envoyé 4 longs mails de reproches, disant à quel point ils étaient une excellente famille et à quel point j'étais une mauvaise fille. De mon côté, je n'avais même pas eu l'occasion de leur dire quoi que ce soit. Pendant un an, j'ai combattu mes pulsions auto-destructrices. Je me sentais trop fragile pour leur écrire, redoutant leur réponse, alors je ne leur ai plus écrit, à part une ligne de temps en temps à ma mère pour la rassurer. Mon père de toute façon ne m'avait plus donné signe de vie depuis mon séjour chez eux, même quand ça allait encore, je ne sais toujours pas pourquoi. Je sais que ma famille est terriblement fâchée contre moi, car de leur point de vue, j'ai plongé ma mère dans la détresse en la laissant ainsi sans nouvelles. Je suis la méchante. Il y a deux semaines, ma grand-mère maternelle est morte. C'était ma personne préférée au monde, la seule personne qui m'ait aimée telle que j'étais et offert un amour inconditionnel. Mon frère m'a annoncé son décès dans un mail sec qui commençait par "pour ton information". Elle est décédée une semaine après le départ de mes parents (c'est ma mère qui s'occupait d'elle à domicile) , qui ont déménagé dans un autre pays pour se rapprocher de mon frère et de sa femme à nouveau enceinte. Comme je savais que ma mère devait avoir beaucoup de peine et devait culpabiliser, je lui ai parlé au téléphone pour la rassurer et pour qu'on se console mutuellement. Je me sens capable de lui pardonner et de dialoguer avec elle, dans un futur proche, même si c'est très dur. Le deuil de ma grand-mère, l'épreuve la plus douloureuse de ma vie, m'a paradoxalement apporté une force nouvelle, une espèce d'optimisme. Mais aujourd'hui, j'ai appris la naissance du 2ème enfant de mon frère, et ça m'a plongé dans une rage folle. Depuis ce matin, je suis incapable de contenir ma colère. Je ne sais pas d'où ça vient. Je suis furieuse contre tout et tout le monde, je me contrefous de cet enfant. J'ai l'impression qu'on attend de moi que je me réjouisse, mais pourquoi ? J'ai envie de hurler ma rage et ses raisons au monde entier, de briser enfin le secret et d'arrêter de me soumettre, de vouloir être gentille, de faire les choses convenablement, de ne pas faire de vagues. Depuis ce matin, j'ai la tête pleine d'insultes et de trucs atroces, je ne sais pas quoi faire pour canaliser cette colère absurde. Evidemment j'ai honte de moi, j'ai l'impression d'être un monstre. Tous mes efforts pour être sereine et compatissante semblent voler en éclats. Je ne veux pas en parler à mon conjoint, qui éprouve beaucoup de colère lui-même envers ma famille, car il sait tout ce qu'ils ont fait et en a vu les conséquences. Je n'en parle jamais avec mes amis, car j'ai honte de moi, de cette situation glauque, et je ne veux pas les embêter avec ça. Je n'ai pas vu ma psychologue depuis la mort de ma grand-mère (j'ai été prise en charge il y a 2 mois car les idées suicidaires étaient devenues envahissantes, mais c'est un service pour étudiants, elle est très gentille mais jeune et inexpérimentée et ne me donne pas beaucoup de directions). C'est pourquoi je me tourne vers ce forum aujourd'hui. J'avais besoin de vider mon sac, en tout anonymat. D'avoir des avis objectifs, des conseils, de l'aide pour gérer cette colère écrasante et surtout, les relations à venir. (Un de mes oncles, qui est très proche de ma mère, vient me rendre visite dans quelques jours et je redoute qu'il me fasse la morale). Désolée pour ce gigantesque message, même en résumant à fond, ça reste beaucoup trop long. Merci infiniment à ceux qui l'auront lu et à ceux qui voudront bien y répondre.
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254146
b
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