Histoire vécue Famille - Enfants > Adolescence > Psychologie      (1642 témoignages)

Préc.

Suiv.

Enfant de parents alcooliques, j'ai été placée à la DASS à 14 ans

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
Mail  
| 623 lectures | ratingStar_38444_1ratingStar_38444_2ratingStar_38444_3ratingStar_38444_4

Toute ma famille est alcoolique : mon père, ma mère, mon grand-père, mes 3 oncles… Il n'y a que moi et ma grand-mère qui ne le sommes pas !!!

 

Ce qu'il y a de dur dans les alcooliques (du moins ceux que j'ai connus) c'est cette violence qui sort à n'importe quel moment, de vrais moments de folie.

En ce qui concerne ma mère et mon beau-père (qui lui aussi buvait) c'était des êtres très immatures, je me vois à 10 ans me conduire comme une adulte, dire à ma mère "écoute, ça ne peut pas continuer comme ça, il faut que tu quittes ce mec qui te bat". Mais à chaque fois, ils se retrouvaient et ça recommençait… Ils me culpabilisaient à longueur de journée, un oeuf mal cuit et c'était de ma faute, j'étais le diable paraît-il… Le soir, ils me laissaient seule pour toute la nuit (même nourrisson, jusqu'à 14 ans) en m'ayant bien farci la tête d'histoires de sadiques qui venaient violer les petites filles. Ils ne se gênaient pas en tout cas, eux, pour venir me tripoter les rares fois où ils étaient là.

 

Ce qui me rend malade, c'est que personne ne m'est venu en aide, j'étais une enfant et j'étais considérée comme une paria dans mon école, parce que j'étais négligée. J'en veux beaucoup au "monde" d'avoir détourné les yeux.

 

Ce "calvaire" s'est terminé quand j'ai été placée à la DASS à 14 ans (sur la demande de ma mère car j'étais "impossible" selon elle).

 

Qu'ai-je amené dans mes bagages ? Beaucoup de sensibilité, une très grande empathie. Fonder une famille a été très tôt mon but dans la vie, j'ai d'ailleurs du mal à me consacrer à autre chose. J'arrive à donner de l'affection à mon mari et ma fille, je suis plutôt du genre collante ! Comme je n'en ai pas reçu, de l'affection, dans mon enfance, j'ai compensé en observant énormément les autres. Je pouvais mater pendant des heures une mère qui s'occupait de son enfant sur la plage, la télé aussi m'a donné des modèles tu sais toutes ces séries représentant des familles où tout le monde se dit "je t'aime"!!! On prend ce qu'on peut.

 

Avant d'avoir ma fille, j'étais plutôt du genre baba-cool, un peu molle même (sûrement en réaction à la violence de ma famille). Et puis, quand je me suis mariée et surtout quand je suis tombée enceinte, bref, au moment où j'ai été enfin heureuse, je n'ai été que colère. Depuis, j'ai du mal à décolérer. J'ai des moments de calme où, très lucidement, je vois que j'ai énormément de chance, un mari super, une petite fille très mignonne, aimée de tous. Mais aussi il y a les moments tourmentés, où je suis plus fragile (fatiguée, malade, ou avant les règles par exemple). Dans ces moments-là, je perds confiance en moi, je me sens vite agressée par les "autres", je suis sur du sable mouvant. C'est très dur, ces moments-là, mais je remonte toujours. Et je recommence, la vie est belle, je ne laisse pas tomber.

J'alterne entre compassion pour ma famille (que j'ai toujours eue) parce que des êtres aussi disloqués ont forcément vécu des choses dures et de la colère, de la haine, même, pour eux, pour le mal qu'ils m'ont fait, tout ce harcèlement moral, ce sadisme. J'en ai besoin pour intégrer l'idée que je mérite le respect.

 

Le problème c'est que toute cette énergie que je mets pour ma famille à moi, que j'ai crée, pour ne pas être violente, pour être positive et ne pas reproduire, et bien je n'en ai plus ailleurs. Je suis tout le temps crevée, dans la lune et j'ai beaucoup de mal à aboutir sur d'autres projets : boulot, amis, permis de conduire…

En ce moment, j'en ai un peu marre et j'aimerai bien avancer, alors je ne laisse pas tomber. Aux yeux des gens qui ne connaissent pas mon histoire, je passe pour une gogole, mais bon, il faut avoir de l'humour, ça sauve !

 

Un dernier truc, que je trouve très dur : les gens qui me disent "il faut pardonner à vos parents, ce sont des victimes, vous savez". Merci bien, je n'ai fait que ça, enfant, pardonner ! Mais qui me dira que moi AUSSI, j'ai été une victime ?

 

Voilà, désolée d'en avoir mis une tartine. J'espère que ça t'auras aidéé.

 
  Lire la suite de la discussion sur magicmaman.com


38444
b
Moi aussi !
3 personnes ont déjà vécu la même histoire

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Plan cul ou futur relation amoureuse - relations amoureuses

image

Voila je me lance à écrire parce que mon histoire me pèse beaucoup et j'aimerais avoir l'avis de personnes extérieurs. Il y a un an demi (été 2012) , j'ai rencontré un homme, à une fête de famille (c'est le meilleur ami de mon cousin) , on...Lire la suite

Histoire de fou qui me detruit... - affaires de couples

image

Je préférais à première vue me poser les questions trop top plutôt que trop tard, mais c'est vrai, il y a un temps pour tout. Je suis conscient de ce qui peut se produire, je ne veux pas que ça se produise, je verrais au moment venu ce qu'il en...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages