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Mon ex a utilisé mes enfants contre moi

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies 18 ans
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J'ai perdu mes enfants, mais aussi une grande partie de mon honneur. Lors d'une séparation particulièrement houleuse, mon ex a utilisé mes enfants contre moi, les amenant à m'accuser de choses horribles. J'aurais été, selon eux, un pédophile, un père incestueux, un pervers polymorphe, que sais-je encore. Résultat : sept ans de procédures au terme desquelles j'ai été jugé, relaxé, etc. Je passe sur les appels et la tentative de madame d'aller jusqu'en Cassation : le fait est que je suis sorti de ce cauchemar libre. Normal, me direz-vous, puisque je n'avais rien fait. Pas si simple : les prisons sont pleines de gens qui n'avaient rien fait. Surtout dans des histoires de ce type : les juges ont vite fait de laisser l'émotion l'emporter sur la raison. En face d'un présumé violeur d'enfants, ils condamnent sans chercher à comprendre. Disons que j'ai eu, dans mon malheur, la chance de tomber sur un juge qui y regardait à deux fois. Qui ne s'en laissait pas conter. Reste que j'ai perdu totalement le contact avec mes enfants, qui m'ont renié et persistent dans leurs accusations &ndash ; avec, en plus, le rôle des pauvres victimes que personne ne veut croire, et la mère qui enfonce le clou au quotidien. Vous imaginez les dégâts psychologiques. Et moi, je me coltine les séquelles de tout ça. Je me sens comme Berlin en mai 45 : dévasté, en ruines. Je suis en train de perdre mon emploi, qui m'amenait au contact d'enfants. Cette année, on m'a bricolé un poste à l'écart mais ça ne saurait durer. On recommence à me mettre la pression pour que je reprenne comme avant et pour moi, c'est hors de question. Après avoir perdu mes enfants, je n'ai plus envie de m'occuper de ceux des autres. J'ai vécu 4 ans sous contrôle judiciaire, sans en voir un seul. Si je cumule les années où je n'ai plus travaillé à leur contact, j'arrive à 11 ans. Comment, dans ces conditions, reprendre des responsabilités et tenir le choc en face d'une trentaine de gamins ? Surtout que de nos jours, ils sont de plus en plus difficiles. Non, c'est impossible. Et comme je suis sensé faire ça et rien d'autre, on va droit au clash avec mon administration et je redoute le moment où on me jettera purement et simplement en retraite anticipée. Je vous épargne les séquelles physiques : le dos, les cervicales, les problèmes digestifs, les dérèglements divers et variés, le sommeil complètement perturbé, etc. Je suppose que vous imaginez. Et la souffrance psychique : la perte, le deuil de mes enfants, comme s'ils étaient morts. Mais pas que ça. L'angoisse à fleur de peau, surtout quand la nuit vient. Une agitation, un sentiment d'oppression. Aussi, l'impression d'être passé à côté de l'essentiel, d'avoir loupé sa vie, d'être à côté de ce qui bouge, d'être enkysté, encroûté dans une situation à laquelle je ne peux rien. Je donnerais n'importe quoi pour effacer tout ça de mon passer, remonter dans le temps avant le moment où j'ai cédé à cette femme, à son chantage au mariage. Tout le reste découle de ma faiblesse, de mon incapacité à l'envoyer balader. Si j'avais dit non, je ne me serais pas retrouvé piégé dans cette situation sans issue, dans ce couple qui pourrissait sur pied. Bref, c'est pénible de se retrouver maintenant dans le camp de séniors alors qu'on n'a rien fait d'intéressant de sa vie, qu'on a beaucoup perdu de temps à se battre pour des causes désespérées, qu'on a combattu l'immobilisme, la bêtise, la résignation, la pesanteur des choses, à essayer de faire de son mieux pour des gens qui n'en sont pas, n'en ont jamais été reconnaissants. Mais, pire que tout peut-être, le sentiment de souillure. Ma vie a été mise à sac. On m'a fouillé, de fond en combles. Ma maison a été perquisitionnée. On m'a envoyé chez des psychiatres, des gens à qui je disais la vérité, et qui refusaient de me croire. J'ai eu affaire à toutes sortes de personnes qui me parlaient comme si j'étais une ordure. Maintenant reste de cette affaire que beaucoup de gens, je ne sais combien, ont lu dans des dossiers des choses sur moi qui n'étaient pas vraies, mais qui étaient présentées comme telles. Ces gens ont cette image de moi. Pendant toute l'instruction de l'affaire, mon ex a fait courir toutes sortes de bruits sur moi, dans mon village mais aussi dans tous les environs. Je ne sais plus maintenant, quand je croise une personne, si elle ne me méprise pas, ne se fait pas des idées fausses sur moi. Je pars du principe que je ne peux plus faire confiance à personne. Qui plus est, cette situation a fait de moi quelqu'un de particulièrement vulnérable, exposé : j'évite absolument toute situation qui pourrait donner prise à une attaque. Ce qui fait que lorsque je croise des jeunes, je rase les murs, je fais des détours pour ne pas avoir affaire à eux. Je me sens traqué, diminué, affaibli. Il m'est arrivé de croiser des jeunes, des filles notamment, qui me lançaient des phrases que je n'entendais pas forcément, mais dont je devinais l'intention agressive. Que devais-je faire ? M'arrêter, leur répondre vertement ? Oui, ç'aurait été sans doute ma première réaction. Mais la prudence m'amenait à me dire : et si après elles vont se plaindre, de je ne sais quoi ? Ce sera encore pour ma pomme. Alors je faisais profil bas, je fuyais. Comportement de coupable ? Non, comportement de celui qui a déjà morflé, qui connait la chanson et n'a pas envie d'y goûter à nouveau. Comportement de vaincu, d'écrasé. Je vous le dis : Berlin, mai 45. Je dois dire que tout ça m'a beaucoup enlevé de ma confiance en moi, de ma foi en la vie, de mes dernières illusions. Je ne sais plus à quoi j'aspire maintenant. Mes plus belles années sont derrière moi, quand j'étais jeune, relativement insouciant. Maintenant, pour toute perspective, je n'ai que celle de vieillir, finir sans doute mal puisque je n'aurai pas, dans mes vieux jours, le soutien et l'aide de mes enfants. Finir sans doute petitement, avec des moyens réduits, puisque à mon boulot ça commence à chauffer et que très probablement, on me jettera comme un malpropre, avec une toute petite pension. Le pire de tout est ce sentiment de souillure. Je l'ai intériorisé. Je sais pertinemment n'avoir rien fait de mal. Mais ceux que je croise l'ignorent et préfèrent sans doute croire que je suis fautif ; c'est plus croustillant, plus excitant pour eux. Et puis ça les valorise : a contrario, ça fait d'eux des gens bien, respectables. Ils acceptent mieux leurs éventuels défauts puisque je leur sers de repoussoir. Je traîne sur moi cette tache indélébile qui m'accompagnera jusqu'à mon dernier jour. Personne ne me rendra justice, ne dira en toutes lettres que je suis innocent. Même les juges sont restés prudents dans leurs formulations, s'abritant derrière des phrases sibyllines, des tournures tarabiscotées. Il me faut donc vivre avec ça, au quotidien. Mon témoignage ne demande pas de commentaires éventuels. C'était juste que j'avais besoin de l'exprimer. Au quotidien, je suis entouré de gens qui sont résolument incapables de comprendre ce que je ressens. Même les rares personnes qui, à mon travail, sont au courant de mon affaire, se révèlent, dans certaines circonstances, inaptes à appréhender ce que ça peut représenter pour moi. Je suis à des années-lumière de ces gens. Ils sont des gens normaux. Je suis un rescapé, un survivant. C'est tout. J'ai dit ce que j'avais à dire.
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122795
b
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