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Deuil sans mort

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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J'ai perdu beaucoup de choses. Depuis longtemps sans doute mais c'est seulement maintenant que j'en prends conscience et j'ai peur de me noyer dans mon chagrin. Qu'est-ce que j'ai perdu ? J'ai perdu toute ma famille mais pourtant personne n'est mort. C'est un deuil blanc en quelque sorte. Il faut que je vous raconte un peu ma vie pour que vous compreniez et peut-être que vous aussi vous vivez des choses similaires. Je sais aussi que ce deuil n'est pas comparable à la perte réelle d'un proche. Je suis la 2ème enfant d'un couple en souffrance dés le départ de leur vie de couple. Ma mère était dans un mal être depuis quelques temps, ce sont les médecins qui lui ont conseillé de faire un enfant pour aller mieux !!! A ma naissance, ma mère a fait une dépression et a du être hospitalisée quelques semaines. A 7 ans, mes parents ont divorcé, mon frère aîné et moi avons été confiés à notre mère qui avait de plus en plus des comportements perturbants, elle est ce qu'on appelle une personnalité borderline. A peine quelques semaines après, mon frère est parti vivre chez mon père. Moi je suis restée seule avec ma mère et a commencé une lente et irrémédiable cassure entre mon frère et moi, entre ma mère et mon frère et sans doute mon père et moi. Cette petite famille a volé en éclats. J'ai perdu un frère même s'il a continué à vivre. Ma mère a multiplié les amants et donc les déménagements. Je ne compte plus ces derniers. J'ai changé d'école en moyenne 2 à 3 fois par an en primaire. L'année de mon CM2, j'ai du dire au revoir à mes copains et copines au moment des vacances de Pâques. Ma mère était très amoureuse !!! Honteusement, j'ai refais ma rentrée dans l'école que j'avais du quitter car ma mère n'était finalement pas si amoureuse et ne voulait plus de cet homme qui pourtant lui offrait une maison, un foyer et de la stabilité. A l'adolescence, nous avons moins déménagé, elle a trouvé des amants plus stables. J'ai enfin pu reprendre une vie sociale, car c'est très difficile de lier des contacts à force de changer de lieux si souvent. C'est de là que j'ai commencé à ne plus trop m'attacher car ça fait trop mal de se "détacher" si souvent. Cette période a été très difficile. L'amertume grandissait en moi et quand je pensais à ma vie de tous les jours et à mon avenir, j'avais la rage au ventre. J'ai travaillé un peu pour avoir un peu de liberté. Elle a encaissé l'argent pour elle. J'avais un petit ami, elle m'a obligé à rompre avec des menaces. Que faire ? Mon frère ne se préoccupait pas de moi et je crois que tous les membres de cette family circus me semblait soulagés qu'elle s'acharne sur moi, au moins eux étaient tranquilles !! Et puis, ils y sont passés aussi avant moi alors ! L'année de mes 17 ans, nous avons eu une violente altercation et elle m'a imposé des choses en me disant que ça ne me plaisait pas je n'avais qu'à partir vivre chez mon père. J'ai dis : Ok je pars alors. Lors d'un précédent (et rare) weekend chez mon père et sa femme qui avaient vu mon mal être, j'avais pu confier des douleurs et ils m'avaient dit qu'ils pourraient m'accueillir. Je n'ai pas hésité une seconde lors de cette altercation et je n'ai jamais regretté mon choix même si celui-ci m'a couté très cher. Comme j'étais mineure, passage devant le juge. Ma grand-mère accompagnait ma mère et aucune ne m'a parlé. J'ai lu dans leur yeux qu'elles m'auraient anéantie si elles avaient pu. D'autres membres de cette famille m'ont insulté. C'est vrai, c'était justifié non ? : j'avais 17 ans et je voulais vivre !! Pourtant ils l'a connaissait ma mère, ils savaient ce que je vivais avec elle. J'ai changé de lycée l'année du bac. Une catastrophe évidemment. Et puis quelques semaines après mon arrivée chez mon père, j'ai déchanté car ma belle-mère a fait de moi sa boniche sous le silence de mon père et le regard triste de celui-ci. Mon frère vivait avec nous et il n'a jamais rien dit non plus. Tout était normal ! Cette femme avait 2 enfants, nous vivions à 7 dans une grande maison et c'est moi qui repassait le linge de tout le monde, je devais mettre la table, débarrasser, laver les toilettes, la salle de bain, etc. Bref je m'éclatais quand je rentrais du lycée ! J'ai loupé mon bac de peu. Ce qui est pas si mal vu le contexte de l'époque. J'a redoublé et réussi à l'avoir l'année d'après quand même. Je voulais faire des études et personne ne m'en a empêché. En même temps, j'ai eu la chance d'avoir une bourse et je travaillais toutes les vacances et parfois les weekends, ce qui fait que je n'ai jamais rien demandé à personne. C'était dur pourtant. Je me souviens d'une année de fac où je n'avais quasiment plus d'argent une fois les dépenses essentielles faîtes. J'avais 10 francs de l'époque pour manger pour une semaine. Je ne rentrais plus les weekends dans ma famille car pas d'argent pour le billet de train. Je ne prenais plus le bus pour aller en cours mais préférait la marche à pied. Quelques fois quand je réussissais à rentrer, je volais dans le porte-monnaie de mon père et sa femme. Pas beaucoup, parfois 2 ou 3 francs seulement mais ça me permettait d'acheter un paquet de pâtes et de tenir plusieurs repas. Personne ne le sait. Je n'ai rien dit. D'autant plus que mon frère à cette époque allait lui aussi faire une formation un peu plus loin, il partait pour la semaine. Lui avait droit à un panier repas pour sa semaine, préparé par ma belle-mère. Puis son fils à elle a fait la même chose et a eu droit lui aussi à ses paniers repas. Moi rien. Quand je ne pouvais pas faire autrement, je me servais quand même dans le frigo. Je me souviens encore de la faim de cette époque (c'était il y a 13/14 ans) et la peur de ne pas me sortir de cette merde. Aujourd&lsquo ; hui, qui peut comprendre que je ne tolère plus la faim. Je dois manger vite parce que ça me rappelle cette sensation. J'ai fini mes études. J'ai changé de région. J'ai réussi professionnellement comme on dit malgré ça mais c'est les autres qui me renvoient cette réussite. Moi je garde un goût amer et le sentiment que j'avais pas trop le choix. C'était avancer, foncer ou mourir. Je n'ai pas eu d'idées suicidaires, à aucun moment. J'avais la rage. Elle m'a aidé à l'époque ; aujourd'hui elle m'empoisonne car elle est toujours là. Je suis restée en contact avec toute cette famille. Je n'ai jamais rien dit. Je ne leur ai jamais rien reproché. Au contraire, je me suis souvent dis que c'était moi le problème. En effet, moi je ne peux pas dire que je les aime tous ces êtres qui n'ont pas été bienveillants. Ma mère, mon frère, mon père. Je ne supporte plus de les voir. Je mets une semaine à m'en remettre quand je les vois. J'ai mal aux trippes de les voir vivre comme si tout était normal. Comme s'ils n'avaient rien à se reprocher. Comme si je n'existais pas. Je n'ai absolument aucune personne de ma famille sur qui compter. Ma mère est intolérante à la moindre frustration. Je suis soit merveilleuse, soit une garce. Je ne supporte plus d'être régulièrement jeter comme une m…Mon père obéit à sa femme qui m'apprécie peu, c'est le moins que l'on puisse dire. J'aurais beaucoup d'exemplesp our illustrer !! Et mon frère ? Se soucie t-il de moi ? C'est dur de ne pas avoir de cadeaux d'anniversaire, de cadeaux de Noel d'aucun membre de sa famille. Depuis si longtemps. Les autres sont parfois surpris de me voir les larmes aux yeux si on m'offre un petit truc. Je pense à une collègue qui m'a offert un livre de poche parce qu'elle avait abimé un livre que je lui avais prêté. C'est con, mais j'en aurai presque pleurer. J'ai peur parfois que ces blessures ne cicatrisent jamais. J'ai peur d'avoir toujours mal.Je culpabilise de ne plus supporter de voir les membres de cette famille. Oui je préfère être seule qu'avec eux. Je suis actuellement célibataire. J'ai peur que ce vide familial autour de moi fasse fuir un éventuel prétendant. Et puis j'ai envie d'avoir des enfants. Alors je veux m'en sortir et avancer. Je fais ce qu'il faut, une thérapie mais c'est long. J'ai besoin d'avoir vos réactions et témoignages. Est-ce que les cicatrices font toujours mal ? Je sais que d'autres ont vécu des choses que moi je qualifierais de terribles mais j'ai souffert, beaucoup.Encore aujourd''hui. J'ai d'ailleurs oublié près de 10 ans de ma vie, entre ma petite enfance et mon adolescence.
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126868
b
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