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Je ne culpabiliserai plus à cause de ma mère

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Aujourd'hui je me suis égarée un peu dans Paris, j'ai marché sous la pluie et le vent et quand j'ai réussi à trouver un bus qui me ramène vers chez moi, j'ai envoyé un texto à ma tante pour lui dire que si elle assume de venir seule me voir, je l'accueillerai volontiers mais que je ne pourrai pas supporter que ma mère vienne, qu'elle me fiche la gerbe, que je vais sans doute lui écrire. J'habite à Paris, j'ai quitté le Sud depuis douze ans et ma mère est venue une seule fois me voir, quand elle a fait une formation alors qu'elle travaillait. C'était il y a dix ans. Je me sens tout à coup un peu différente, je n'ai pas envie de revenir sur mes pas, cela fait trop longtemps que j'encaisse sans broncher et j'ai été assez mal pour ne pas poursuivre dans cette voie. Je crois que je suis sur le chemin de m'investir, de remplir ma chair et ma peau de moi, d'habiter mon corps et ma tête telle que je suis moi. J'imagine que si ma tante me répond, elle va jouer à me faire culpabiliser, c'est le grand crédo que la famille transmet de génération en génération et moi je ne peux plus. Je ne culpabiliserai plus de me protéger, je n'entendrai plus qui que ce soit de cette famille me dire que ma mère a des circonstances atténuantes, qu'elle est particulière. Elle est comme elle est mais je ne veux pas en pâtir pour autant. J'ai mon chemin à mener, je me l'étais promis il y a maintenant quelques mois, faire sans les avis extérieurs. Fob m'a dit une chose et c'est là que j'ai vu que je n'avais pas tort dans mon ressenti, qu'il était légitime. Voir débarquer ma mère maintenant, ou dans quelques mois, alors qu'elle aurait pu, à défaut d'en avoir elle-même, emprunter de l'argent à ma tante pour venir me voir quand j'étais à l'hosto. Là elle viendrait alors que quand c'était important, essentiel, elle m'avait demandé si je voulais qu'elle vienne au lieu de prendre le premier train jusqu'à sa fille qu'elle a toujours su trouver pour lui raconter ses soucis à elle. Une mère qui ne se souvenait même pas que la tumeur de sa fille était toute petite. Une mère qui a laissé pleurer sa fille combien de fois depuis qu'elle est née sans faire autre chose que garder le silence, lui mettre la tête sous l'eau froide. Sa fille qui a pleuré il y a peu, criant une fois encore sa détresse à sa mère, le ventre vide (ablation de l'utérus, des ovaires, de la collerette vaginale et autres tissus) et pleine de chagrin qu'on lui ait enlevé une partie d'elle-même, qui ne peut plus supporter son corps, qui a eu peur d'être maman à un moment donné de sa vie. Où étais-tu quand je me mourrais de solitude face à moi-même comme face à tout ce qu'il me restait? Où étais-tu quand, la veille je me mourrais de terreur, pétrifiée sur mon lit à regarder seule la télévision, à pleurer sur l'épaule d'une infirmière, inconnue de moi et pourtant sensible à ce qu'il m'arrivait. J'ai trouvé plus de chaleur en cinq jours à l'hôpital que je ne voulais pas quitter qu'en 39 ans d'être ta fille. Pas étonnant que j'ai pas voulu les quitter. De l'aide-soignant qui m'a fait un clin d'oeil le lendemain de l'opération à l'infirmière de nuit qui était à mes côtés toutes les heures la nuit qui a suivi l'opération. De ma chirurgien qui se souvient encore aujourd'hui de ce que je lui avais raconté à l'époque alors qu'elle a vu tellement de patients depuis. Qui a eu une geste enveloppant avant l'opération, qui a tenu compte de ma détresse et y a répondu. Et maintenant tu voudrais que je me crève le cul à te ballader dans Paris. Tu veux que je t'emmène à l'hôpital où j'étais? Là où j'ai passé mes examens? Là où j'ai avorté? Là où on a incinéré mes organes? Je veux que tu me laisses tranquille, à défaut d'être là pour moi. Je veux me reposer et faire ma vie, tu m'entends? Je ne répondrai plus à tes coups de fil. Je vais t'écrire et en finir cette fois, vider ce que je retiens depuis que je t'entends, que je te respire, que je te rejette parce que tu n'es pas une mère. Apparemment il suffit d'être génitrice pour qu'on vous appelle mère. Pas moi. Je ne veux plus t'appeler maman.
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b
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