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Les raisons du conflit belle-mère/ belle-fille

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Claude Halmos répond : Chaque cas est bien sûr particulier. Ce que l'on peut néanmoins dire aux belles-filles et qui est vrai dans toutes les situations c'est que ce qu'elles sont n'est pas en cause. Les critiques qui leur sont faites sont des rationalisations : si elles changeaient du tout au tout leurs belles-mères trouveraient quand même quelque chose à leur reprocher. Les reproches en effet n'ont rien à voir avec ce qui semble les motiver. La véritable motivation est ailleurs : ce que les belles-mères ne supportent pas c'est que leur fils ait, dans sa vie, une autre femme qu'elles. Elles refusent cette situation tout en ignorant leurs véritables sentiments car ils sont inconscients. Les conflits belles-mères belles-filles sont en fait l'expression d'une rivalité à caractère incestueux. Quelle est l'origine de cette rivalité ? Les parents " rejouent " en général avec leurs enfants ce qu'ils n'ont pas réglé avec leurs propres parents. C'est une sorte de loi terrible de la condition humaine qui explique l'existence de telles rivalités. On peut en effet supposer que les belles-mères qui persécutent leurs belles-filles sont des femmes qui dans leur enfance n'ont jamais pu renoncer à leur père et que l'on n'a pas aidées à le faire. Leurs propres parents n'ont pas été suffisamment clairs avec elles à ce propos. Certaines d'entre elles ont sans doute senti leur père malheureux et imaginé qu'elles pouvaient le rendre plus heureux que ne le faisait leur mère. Personne ne les ayant " remis à leur place ", elles continuent. Les critiques qu'elles adressent à leur belle-fille à propos de la couleur des rideaux ou de la cuisson du gigot sont une façon de dire que, à leur place, elles seraient plus efficaces. De même si elles s'attaquent à son physique, c'est parce qu'il suscite le désir de leur fils, ce qui leur est intolérable. Les belles-filles jouent-elles un rôle dans ces conflits ? Il arrive que les belles-filles " rejouent ", elles aussi, quelque chose, en général des relations qu'elles ont eues avec leur propre mère : elles sont tentées de prêter à leur belle-mère des sentiments que leurs mères avaient envers elles ou de chercher inconsciemment en elle la mère qu'elles n'ont pas eue. Cependant, le plus souvent, elles entrent sans le savoir dans le jeu parce qu'elles ne comprennent pas de quoi il s'agit. Elles se sentent attaquées personnellement et se défendent. Elles se laissent ainsi attirer par la belle-mère sur son terrain et lui donnent ce qu'elle attend : une guerre dont elle espère sortir victorieuse, qui la maintient dans une problématique oedipienne " petite fille-maman ", et qui lui procure souvent une certaine jouissance d'autant que, malheureusement, ces luttes intestines entraînent souvent des mésententes dans le couple. À l'inverse si la belle-fille réussit à prendre de la distance et à comprendre que sa belle-mère n'est qu'une " pauvre petite fille " qui a mal grandi, cela change tout. La belle-mère continue sa guerre mais elle la fait seule, telle Don Quichotte s'acharnant contre les moulins à vent… Quels conseils donner à ceux qui aimeraient sortir de ces conflits ? Il faudrait que, dans de tels conflits, les hommes – le beau-père et le mari – prennent leur place alors qu'ils sont dans bien des cas spectaculairement absents. – Le beau-père joue souvent un rôle très ambigu. En effet il n'est pas rare que tout le monde s'accorde à le trouver " gentil ", par comparaison sans doute avec sa femme, qui se distingue par sa férocité, mais force est de constater qu'il la laisse en général faire sans intervenir, ce qui n'est pas sans poser quelques questions. – Quant au mari, il devrait avoir une attitude d'adulte responsable : qu'il protège la femme qu'il a choisie, ses enfants – souvent pris en otage dans ce genre de situations – et sa propre autorité et qu'il mette, lui, des limites aux persécutions. Quand les parents ne peuvent pas – ou ne veulent pas – mettre des limites à l'inceste, il faut bien que leurs enfants devenus grands les mettent. – À tous on peut conseiller de méditer cette réflexion du philosophe Hegel, reprise par le psychanalyste Jacques Lacan. Il disait que " l'individu qui ne lutte pas pour être reconnu hors du groupe familial n'atteint jamais à la personnalité avant la mort " (Jacques Lacan, Les Complexes familiaux, Paris, Navarin, coll. " Bibliothèque des analystes ", 1984, p. 35.) Ce qui est une autre façon de dire que la famille est une excellente chose à condition que l'on en sorte, et que moins on tarde à le faire mieux cela vaut.
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