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A l'école: le niveau des garçons comparé à celui des filles

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"Pour tous les groupes minoritaires ou infériorisés, l'éducation s'avère un formidable facteur de mobilité sociale, note Francine Descarries. Le féminisme a joué un rôle important dans la valorisation de la scolarité des femmes en montrant que l'éducation constituait le meilleur moyen de s'assurer une pleine participation à la vie publique."

Plus studieuses et plus motivées.

Dès que la Révolution tranquille leur a ouvert toutes grandes les portes de l'enseignement supérieur, les filles en ont profité. Plus studieuses et plus motivées, elles sont aujourd'hui plus nombreuses que leurs confrères dans la majorité des facultés. Dans les médias, cette réussite des filles prend souvent les allures d'une catastrophe, qu'on associe aux difficultés scolaires des garçons, à leur taux de décrochage, voire à leur taux de suicide. Francine Descarries est profondément agacée par cette vision des choses. "La participation aux études n'est pas un concours, dit-elle. Le succès des filles n'enlève rien aux garçons."

Pourquoi, dès le primaire, les garçons traînent-ils la patte par rapport aux filles ? Au cours des dernières années, la question a suscité son lot d'hypothèses. "Selon certains, le système scolaire serait mieux adapté aux filles qu'aux garçons, dit Bernard Rivière. Pour d'autres, les difficultés des garçons seraient apparues au moment où on a commencé à les comparer aux filles." D'une manière ou de l'autre, la plupart des experts croient que le problème est lié à la socialisation. Dès la petite enfance, on demande aux filles d'être gentilles, polies et aimables, alors qu'on tolère que les garçons soient plus bruyants, plus agités, plus rebelles. Les premières sont donc naturellement portées à se conformer aux exigences du système scolaire, alors que les deuxièmes s'y adaptent moins bien. Mais si la mixité a permis les comparaisons, "elle n'a pas nui aux garçons" , insiste Francine Descarries. Contrairement à une idée répandue, le taux de décrochage des garçons n'a pas augmenté au cours des dernières décennies. En fait, il était beaucoup plus élevé autrefois quand l'obtention du diplôme était un privilège réservé à une élite.

Il y a quelques années, une polyvalente de l'Estrie a fait la manchette en faisant venir des bulldozers, la police et l'armée lors d'une journée réservée aux garçons et destinée à développer leur sentiment d'appartenance à l'école. "Une conception aussi obsolète de la masculinité est désolante" , déplore Francine Descarries. En fait, selon les travaux de Pierrette Bouchard, professeure de sciences de l'éducation à l'Université Laval, plus les filles et les garçons adhèrent aux stéréotypes associés à leur sexe, moins ils réussissent dans leurs études. "Évidemment, ce n'est pas le seul facteur, nuance Francine Descarries. Le milieu familial et économique joue pour beaucoup." N'empêche. Parmi les étudiants du cégep interrogés par Bernard Rivière, les garçons associaient à la réussite scolaire des valeurs qu'ils jugeaient typiquement féminines. "Dans la mentalité de certains, surtout en milieu populaire, accéder à la culture, c'est suspect pour les garçons" , souligne le professeur.

Faut-il faire quelque chose pour corriger le déséquilibre entre filles et garçons à l'université ? "Oui, répond Francine Descarries. Il faut s'arranger pour avoir plus de filles en génie et en informatique et plus de garçons en sciences infirmières et en travail social." Car les filles ont beau être plus nombreuses à franchir les portes de l'université, elles ne choisissent pas toujours les secteurs qui mènent aux professions les plus payantes. Plutôt que les sciences dures et appliquées, davantage valorisées, elles se concentrent dans les secteurs "mous" des sciences humaines, de l'éducation et des soins. Quant à celles qui deviennent médecins, avocates ou comptables, elles travaillent moins d'heures que les hommes, faisant ainsi augmenter la demande d'effectifs. Il devrait donc rester quelques postes pour les gars…

Quelques chiffres.

Le taux de décrochage des garçons à 17 ans a diminué de moitié en 25 ans, passant de 27,6 % en 1979 à 14 % en 2004. Pendant ce temps, le taux de décrochage des filles est passé de 24,7 % à 8 %. Entre 1986 et 2002, le nombre d'inscriptions féminines dans les universités québécoises a augmenté de 35 %, de 68 000 à 92 000, pendant que les inscriptions des garçons demeuraient stables à 70 000. La part des femmes ayant obtenu une maîtrise est passée de 44 % à 51 % entre 1987 et 2001, et de 30 % à 43 % pour le doctorat.
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