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Journée rêvée

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Mais c'est plus fort que moi Tu vois je n'y peux rien Ce monde n'est pas pour moi Ce monde n'est pas le mien.

Ce matin, le vide. Pas réussir à dormir. Réveillée à 4h57. Cauchemar.

(Non, non j'voulais pas j'voulais pas j'voulais pas. Mais.).

Hier, j'arrive pas à raconter. Une enguelade à 9h.

L'indifférence à 10.

La colère à 11.

La déception à 12.

Un fou-rire à 13h et puis.

Des larmes juste après.

Après après après.

Accélerer. Bibliothèque, BIJ, Hélène…

En rentrant, appeler des gens et puis griffoner sur le papier, des noms de villes du Togo, du Cambodge, ou du Tibet. (Croire ? ).

J'aime pas ce post. J'arrive pas à écrire. Matin gris. DS de litté en perspective (déjà, ça, ça gâche toute la journée…) , et puis quoi d'autre ? De la philo, des langues. Une L, quoi.

Une L qui n'a rien à faire d'autre que d'aligner quelques mots sur un écran.

Je vais effacer le blog. Y'en a qui savent pourquoi.

19.10.04.

A St Petersbourg, la neige tombe C'est Dieu qui pleure le sang du monde.

(Sur mes joues, y'avait comme des larmes. Et puis en fait, c'était la pluie.

Sur mes joues, y'avait comme de la pluie. Et puis en fait, c'était des larmes.).

Pas trop parler de cette journée-là, parce que. C'était pas très beau, comme journée.

Ce matin, à la poste, pour affranchir la lettre, j'ai payé avec des pièces de 1 et 2 centimes. 1,90 ^^'. Mêmepashonteuh.

IUT, DESS, LEA, BTS, DUT, CP, CM, TD, HEC, Majeurs, Mineurs, 180 Crédits, Normale Sup', Licence, Master, Doctorat. La conseillère d'orientation, elle m'aurait parlé en chinois, je crois que j'aurais mieux compris. Non mais sérieusement, la prépa, à côté de ce qu'elle a expliqué, ça paraîssait tout simple. (paraîssait, hein).

Au travers de la vitre de l'arrêt de bus, je lui ai dit trois mots en silence. En articulant bien. Mais je ne sais pas si elle a compris. Trois mots. Tu me manques. Et puis c'est tout.

Non, c'était pas beau comme journée. Juste à la fin.

J'ai reçu un mail de réponse à ma lettre laissée dans le métro… Sourire.

Ce soir, la chambre plongée dans le noir, seulement deux bougies (Merci Ju) qui tremblent, et Saez en fond sonore. Avec le cours de litté dans les mains. (Mais ça c'est qu'un détail.) Et c'était bien.

(Indifférence. Faire comme si de rien n'était. Pas pleurer pour ça. Pas pour ça.).

Moi j'm'en fous Rien à foutre Même pas mal.

(Censure.).

Une lettre laissée sur la rampe de l'escalator pour sortir du métro, une dame qui me dit : "il ne faut pas pleurer… ", la prof de philo pas là, un chocolat dans la salle mal éclairée, finir Perceval et ne plus s'en souvenir une heure plus tard.

Il pleut.

[- Maman, je peux descendre à Avignon, la semaine prochaine ?

- Pour ?

- Pour voir une amie du net…

- Pour quoi ?!

C'est bon, j'ai compris.]

Chez moi, ça crie. Dans ma tête aussi. Chez moi, les clés ne veulent plus rentrer dans la serrure, je sens que je vais rester coincée dehors, bientôt. Chez moi, les voisins du dessus font des traveaux, de 7h du matin à 21h. Chez moi, j'aimerais que ce soit ailleurs.

(Serre-moi fort. Etouffe-moi, même. Tue-moi, aussi, si tu peux. Tu peux, j'en suis sûre.).

17.10.04Mélancolisons-nous encore Car l'unique ruée vers l'or C'est la vie qu'il faut consommer Sur place ou à emporter.

J'avais presque oublié.

Et puis en fait non, on n'oublie rien. Les graviers, le marbre froid, le regard lointain. Le silence aussi. Les fleurs un peu fanées, les larmes, cachées.

Juste avant, il y a eu le restaurant et les bonbons à la pomme ; le chiot qui nous mangeait les pieds sous la table, et Célia qui écrit sur mon portable "Je t'aime Amélie tu et tros gentille. Célia" et puis c'était beau, même avec les fautes ; il y a eu Pearl Harbor dans la voiture, et lire dix pages de Perceval en une heure (ça devient grave, faut vraiment que je m'y mette) ; ce matin se réveiller en pleurant ; cette nuit, le couvre-lit qui était resté dans le tiroir depuis le déménagement.

Juste après, il y a eu le concours de bisous, les calissons, leurs cheveux blonds comme le blé. (Des fois je me dis que ce n'est pas possible que ce soit mes cousines.) Sigur Ros dans la voiture sous la pluie, c'était drôlement beau (c'est Yerno qui l'a dit) , et puis je suis pas arrivée à me concentrer sur mon cours de géo en anglais.

(Serre-moi fort. Etouffe-moi, même.).

16.10.04.

Quand les larmes sont montées Ils ont regardé ailleurs Genre "on n'a rien vu du tout"

Larmes sur le clavier, un espoir mort-né, des rayures sur les bras, claquer des dents en sortant du théâtre, une disserte de philo en suspension, des mots qui font mal, d'autres qui font pleurer, solitude dans un coin, épines de rose dans la peau, souvenirs quand tu nous tiens, les mains gelées, les yeux qui brûlent, et tout qui semble faux.

Des fois, j'aimerais ne pas exister.

Aujourd'hui par exemple.

(Serre-moi fort.).

16.10.04.

Certaines nuits dans lombre Je me surprends parfois A vouloir toucher du doigt Une mort muette et sombre.

(Continuer à dire. Même si tu as lu, je m'en fous. Même si tu sais maintenant, je m'en fous. Je continue quand même.).

Ecrire une lettre à un inconnu et la déposer sur un siège du métro, en espérant que quelqu'un la lira. Sauter le petit déjeuner et le repas de midi, parce que. Marcher sous la pluie. Des violons et un piano dans la tête, une boule dans la gorge. Croiser un jeune homme ce matin et avoir envie de. Le dessiner. La façon dont il tourne les pages de son bouquin, dont il écrase sa clope, tout ça. (Sauf que je ne sais pas dessiner. Zut.) Traîner à la librairie du voyage. Acheter un cadeau. Oublier les larmes écarlates et son regard "t'as fait quoi à ton poignet ? ". Rien.

Sourire jusqu'aux oreilles pendant le concert de Jeanne Cherhal. Rire. Envie de pleurer aussi, quelques fois. Ovation à la fin, toute la salle debout, un rappel à l'infini. Demander un autographe au vigile. (Oui oui, vous avez bien lu, au vigile.) Se poser au bar, en attendant que Jeanne arrive. Chercher une affiche. Remercier la dame de l'accueil qui me donne gentiment la dernière. Voir le vigile - le fameux - qui nous explique que Jeanne ne va pas venir, mais que si on file à l'entrée des artistes, on a des chances de la voir. Partir comme deux folles en courant, dévaler les escaliers, attendre. Quelques mots griffonés au stylo bille, une Jeanne souriante emmitouflée dans une grande écharpe. Merci.

(Cette semaine, j'ai reçu des bougies parfumées ; j'ai rêvé qu'il y avait 150 personnes chez moi et que pour les faire partir, je faisais clic-droit, supprimer ; j'ai dit bonsoir à mon voisin à sept heures du matin et j'ai validé ma carte Técély en sortant du métro ; j'ai imité une abeille au milieu d'un champ avec Laure ; j'ai du sortir ma carte d'identité pour entrer au lycée, soi-disant parce que je n'étais jamais venue avant et… bref. C'était pas une semaine réaliste.).

7.10.04.

Tu souris pourtant tu trouves ça triste Tapprouves mais tu regrettes Cest ton côté socialiste.

Mordre.

(Dis, ça ressemble à quoi, un ange ? ).

J'avais un dictionnaire de latin dans chaque main, et puis un sourire sur les lèvres, parce que des fois, la prof, en plus d'une voix soporifique, elle a des idées bizarres.

(Dis, ça veut dire quoi "avenir" ?).

La prof de philo, ben elle a dit que ce serait bien qu'on fasse une prépa. Oui mais. Y'a des phrases qui restent gravées dans ma tête. Qui m'disent que ce n'est peut-être pas une bonne idée. Oui mais. On peut pas savoir, si on n'a pas tenté, hein ? Oui mais.

(Dis, pourquoi il y a des mots qui font pleurer ? ).

A midi, dans le gymnase, y'avait le bruit des balles de ping-pong qui résonnait dans ma tête. Et puis et puis. Un garçon qui n'arrivait pas bien à jongler. Je lui ai montré, un peu. Mais. J'avais les doigts engourdis. Alors je me suis assise contre la fenêtre. La fenêtre, une où il y a encore des mots dessus. "Les cailloux, ça fait mal aux fesses" en lettres rouges. Et puis je me suis plongée dans Les Nourritures Terrestres. Quand ça a sonné, j'avais oublié où j'étais. Ca m'a fait bizarre. J'l'aime bien, Nathanaël. J'aurais bien aimé rester encore un peu avec lui.

(Dis, est-ce que le monde tourne rond ? ).

En bas, il y a une ambulance qui passe, et ça projette des ombres sur le mur du salon. Les yeux hagards. Rougis. Non pas rougis. Plus. Ou rien qu'un peu.

Rien qu'un peu.

(de retour le 15. Bonne semaine).

6.10.04.

Ici et là Et se rejoindre en bas Puisqu'on se lasse de tout Pourquoi nous entrelaçons-nous ?

Euhporqiue. Euphorique, pardon. Tellement que je n'arrive pas à écrire correctement. Journée-soleil. J'en voudrais plein des comme ça.

Ca avait commencé normalement. La pluie chagrine sur les toits de la ville, un yaourt à la framboise, un sac fait à la va-vite dans le noir, des mains aveugles qui cherchent des clés. Les deux heures d'histoire du mercredi matin, et puis après.

D'abord, la conférence de philo. Un monsieur très renommé dont j'ai déjà oublié le nom est venu nous parler de l'inconscient et du corps. Très intéressant, vraiment.

(Y'avait des prépas, et on comprenait même pas leurs questions, tellement c'était compliqué… plus j'y pense, plus j'me dis que c'est pas une bonne idée, la prépa, pour l'année prochaine.).

A 13h, se poser dans les grands sièges gris du foyer. Zoé. Zoé et son sourire, son pas de madison qu'elle n'arrive pas à faire, son jonglage de moins en moins hésitant. Zoé et les cours de latin, une mélodie sur des paroles et sa volonté de "socialisation des hommes". Zoé et ses histoires incroyables, Zoé et ses DM de… Zoé et ses cinquante activités. Zoé Zoé Zoé. Parler une heure toute entière avec elle. Des fous rire, des histoires et puis des bons conseils, comme d'habitude. Zoé est quelqu'un d'extraordinaire, vraiment.

La danse. Un projet qui arrive, comme ça, d'un coup, et puis avoir très envie d'y arriver, très envie de le réaliser. Mais à une condition. Avec Ju. Si elle veut bien.

"Si j'veux bien, évidemment que j'veux bien… "

Bah j'sais pas moi. T'étais pas obligée.

Rien qu'pour ça, sourire comme jamais…

En rentrant, un paquet posé sur le lit. (J'aime recevoir du courrier ^^). Un CD avec Miossec à la Cigale et Ben Harper que demander de plus ? (Alors Merci…).

Ma soeur. Mettre Tryo dans la chambre et danser debout sur son lit. Ca f'sait longtemps que. Ca.

(Empêchez-moi de penser à la philo, et aux analyses de sujets.

Empêchez-moi de penser au compte-rendu d'allemand, et au bac blanc d'anglais.

Empêchez-moi de penser à tout ce que j'ai oublié.

Empêchez-moi de penser qu'un jour, ça va retomber.

Empêchez-moi de penser que, plus on tombe de haut, et plus ça fait mal.).

5.10.04.

Histoire de famille.

Mon père qui m'a sorti tout à l'heure : "J'ai lu un article sur les gens qui écrivent des trucs qu'ils appellent blogs. Je me demande vraiment quel plaisir ils peuvent prendre à déballer leur vie sur le net." tu veux qu'j't'explique papa ?

Ma soeur qui a foutu son prénom sur la porte de NOTRE chambre. Je lui fais la remarque et elle trouve le moyen de me répondre : "ahh c'est aussi ta chambre ? Nan mais parce qu'on te voit plus cette année ! ". Oui mais bon. C'est pas une raison. Merci Marion.

Mon autre soeur qui me dit : "Amélie, t'as des traits rouges sur les jambes". Répondre que c'était ce week-end aux scouts, je suis tombée dans des ronces. L'entendre qui réplique : "C'est quand même vachement symétrique pour des ronces"…

Ma mère ? Je ne l'ai pas vue depuis une semaine.

Vous savez quoi ? J'aime ma famille…

… J., pourquoi tu réponds pas ?! J'ai besoin de toi, moi…).

5.10.04.

Est-ce qu'en vivant avec des remords On s'en sort ?

(19h40).

Tout à l'heure, quand elle est arrivée, il était presque 11h15. On a cru qu'elle ne viendrait pas. On se voyait déjà allongées dans le parc, à regarder les nuages, et puis à ne plus penser aux cours pendant deux heures. Et en fait non. Elle est arrivée. Elle s'est excusée de son retard dans un français hésitant, et elle a ouvert la porte. C'était une salle de maths, au troisième étage. Ca f'sait deux ans que j'n'étais pas montée au troisième. Ca fait bizarre. Quand elle est passée devant nous, il y a eu des effluves de noix de coco.

(Comme il y a longtemps. Celui qu'on glissait au coin du cou, en vitesse, le matin, parce qu'il l'aimait bien. C'était oublié tout ça. Elle et moi sur le lit avec tous les cahiers et une musique horrible en fond. C'était oublié tout ça.).

Elle a des yeux bridés et des cheveux noirs, brillants. Elle parle doucement, en articulant bien, en prononçant les tons presque exagérément. Mais au moins, je comprends. Lui poser des questions, en mélangeant un peu les mots. Tant pis. Je crois qu'j'l'aime bien, l'assistante de chinois.

A midi, au self, on a mangé des chips. Parce que les conduites d'arrivée de gaz ne marchent plus et qu'ils ne peuvent plus cuisiner. Donc, ça fait une semaine qu'on a des chips. Le pire, c'est que l'établissement, il est en plein milieu du quartier bourge de Lyon, et qu'il a pas d'sous pour réparer. J'aime mon lycée.

Cet après-midi, il y a eu la piscine. Les 250 mètres chronométrés. Et puis le crawl où on n'arrive pas bien à respirer. Avoir froid dans l'eau. En sortant, un début de rhume dans la rue. Courir jusqu'au métro. Mais ça n'sert à rien.

(Avoir envie de s'excuser auprès d'Ae. Sans vraiment savoir pourquoi. Ou en faisant semblant de pas savoir. Parce que les lettres ça suffit pas. Et parce qu'au téléphone, les mots sont sans couleur. J'ai besoin de temps. Du temps, pour elle, pour ses yeux. Pour elle et puis pour les autres. Pour détruire le silence. Pardon.).

Ska-P. Ca met comme du soleil dans la maison.

4.10.04.

Est-ce que demain Finira bien ? J'n'ai que dix ans Je n'en sais rien.

Ce matin, en cours dhistoire euro, jarrivais pas à écouter lprof. Il parlait avec un accent qui écorche les oreilles. Et javais envie de lui crier de se taire, de lui dire que la prof danglais, bah elle au moins elle sait parler correctement. Et puis jlai pas fait. Parce que ça serait peut-être mal passé. J'ai juste tourné ma tête vers la fenêtre. Et comme on était au deuxième étage et que les plafonds du lycée sont très hauts, je ne voyais plus que les toits des maisons.

Les toits, les cheminés, et au-delà.

Je voyais le ciel bleu matinal, le ciel un peu nuageux, comme si yavait des moutons qui sy baladaient. Je voyais les premières fumées des cheminées déjà rallumées. Comme si on voulait attraper lhiver du bout des doigts. Comme si on était pressés quil soit là. Mais en fait non. Pas tellement.

(Même si. Les flocons de neige par la fenêtre. La longue écharpe multicolore. Les gants et les moufles dE. Quelle a faites elle-même. Courir pour arriver à la maison, les joues gelées, et puis quand on pousse la porte, ça fait une grande bouffée dair chaud.).

Je voyais les tuiles rouges sur les toits, et la croix sur léglise à côté du lycée. Je lai tellement regardé, le paysage, que je crois que je le connais par cur maintenant. Et puis, le prof ma interrogée, et ça a du lui faire bizarre que je sache répondre. Il croyait que jétais ailleurs. Oui mais non. Cétait vrai. Mais quà moitié. Du coup, quand j'ai eu fini de lui parler de la globalization et des metropolises, il ne savait plus quoi dire. Et j'ai eu envie drire.

En allemand, la prof nous a rendu les DS. J'ai eu envie de me taper la tête contre un mur, tellement javais fait des erreurs stupides. Mais vraiment stupides. Elle ma mis 8, mais en relisant ma copie, je trouve que cest bien payé. Wir hat. Seine Vater. Wollst du. Magnifique, vraiment.

Et puis après, il y a eu la philo. La philo, ça passe vite, même quand jarrive pas tellement à mconcentrer. La philo, ça parle et ça fait réfléchir, et puis moi jsuis pas souvent daccord avec les autres, et jle dis. Du coup, ça fait des longues discussions.

La prof : Pour accéder au désir, il faut passer par la souffrance.

Moi : Mais madame, si le désir, cest la souffrance ?

Une élève : Dans ccas-là, va te faire soigner Amélie !

Mouais.

A 17h, courir jusquau bureau de tabac. Arriver toute essoufflée et demander un timbre. Retourner au lycée en courant, poster la lettre en passant devant la boîte aux lettres.

(Attends rien quun peu, ma fée, elle arrive, promis).

Rentrer dans le lycée, avant que la dame de la loge ne ferme les portes. Juste à temps. Sinstaller dans la cour avec quelques uns du journal. Faire le clown et empêcher Ae de répondre au téléphone correctement. Parcque. Chocolat au lait. Fous rire et anecdotes.

Six heures. Grande salle de réunion, pour lODD. Ca fait bizarre de ne pas être dans notre petite cave toute décorée de dragons Ici, tout semble si sérieux, si officiel dire bonjour aux nouveaux dragonneaux qui arrivent timidement Allez-y, entrez, on va pas vous manger Lancer le premier numéro de lannée.

Articles. Rubriques. Coordinateurs.

Fiches dinscription. Cotisations. Sourires.

(Ils ont été sages. Ils ont même pris des notes. J'ai encore du mal à y croire.).

Projets. Mise en page. Dossier.

En rentrant, métro et penser à lallemand qui nous attend. En rentrant, passer devant lorgue et puis pas savoir sempêcher desquisser un air irlandais sur les touches froides. En rentrant, une lettre : ma première fiche de paie, grâce aux vendanges. Cinquante-trois euros et quatre-vingt-quatorze centimes pour un projet humanitaire dans deux ans.

Et rien que dy penser, ça fait du bien.

3.10.04.

Pouvoir… c'est vouloir ?

Qui peut faire de la voile sans vent ?

Qui peut ramer sans rame ?

Et qui peut quitter son ami.

Sans verser de larme ?

J'aurais pu vous parler du ciel en noir, rose et violet, et de la lune comme une boule de cristal. J'aurais pu vous parler d'une bataille d'herbe et d'une tarte aux amandes. J'aurais pu vous parler d'nos rêves, d'nos projets. J'aurais pu vous parler des chansons de Brel et de Bénabar qu'on a murmurées dans le soir qui tombait. J'aurais pu vous parler de la nuit glaciale sous la tente.

J'aurais pu vous parler des sourires et de la façon dont on fait du vélo à quatre tout en ayant les mains liées. J'aurais pu vous expliquer le sentiment qu'on éprouve quand on fait du toboggan, toujours attachées à cinq. J'aurais pu vous expliquer le foulard qu'on apprend à nouer, et la chemise verte Espoir.

J'aurais pu et puis en fait non. J'le fais pas.

Parce qu'on ne partage pas les choses comme ça.

Je peux faire de la voile sans vent.

Je peux ramer sans rame.

Mais je n'peux quitter mon ami.

Sans verser de larme…

[Et puis j'aurais aussi pu vous parler d'l'envie de tout casser devant ces mots qu'on lit derrière l'écran. J'aurais aussi pu vous parler de l'envie de ne pas retenir les larmes. J'aurais aussi pu vous parler de la boule au ventre quand on ne sait pas quoi répondre. J'aurais pu, mais ça non plus, je n'le fais pas. Parce que.]

2.10.04.

Une semaine emmêlée.

Samedi. Des voix qui résonnent entre les murs de pierre et des blagues même pas drôles mais qui font rire quand même, un agenda et des dates, Siméo en concert et échanger quelques mots à la fin, des artistes de rue, des dames blanches sur un tabouret, un dessinateur chinois. La Fnac fête ses cinquante ans, des plantes dans le magasin et se faufiler entre les rayons. Y'a tellement de monde qu'on se croirait presqu'à Noël. Presque. Pas savoir résister à la tentation d'acheter un bouquin, passer au ralenti devant le nouvel album de Ben Harper. Fourrer mon menton dans mon écharpe. Commencer de lire dans le métro, continuer en marchant. Plus être là.

Dimanche. Du chinois à huit heures du matin et un pin yin oublié. Tracer des signes sur une feuille de papier, jusqu'à ce que le sens des traits devienne automatique. Se replonger dans le bouquin, dévorer les pages. Replier les jambes sous soi, tirer le sweat pour plus avoir froid.

Une journée grise et glacée.

Une journée triste et effacée.

Lundi. Sourire en cours d'histoire. Journée bruyante, journée silence… journée mal au coeur… journée banale, futile, bancale, une journée qui file… une journée jalouse, amère. Une journée perdue, froide, des mots glacés sur le papier, une boule dans la gorge… je voudrais m'échapper.

Mardi. Un chat noir aux yeux émeraudes et quelques confidences.

(Tenter de comprendre.).

Quelques rires et beaucoup de rêves. Des rêves d'ailleurs, de costumes colorés, de chaînes de montagne, de rencontres.

Mercredi. Le matin, finir le livre en pleurant, tâcher les pages.

(Mais personne ne voit.).

Croiser le monsieur aux livres en allant au lycée. Un sourire et attraper le sien du bout des doigts.

Le gymnase vide, elle n'est plus là, même si il y a d'la musique même si il y a des danseuses, ça fait vide, ça fait noir comme ça. Elle n'est plus là. Alors j'ai tourné tourné tourné dans la grande salle jusqu'à en avoir mal à la tête, pour oublier que je ne la verrai plus.

Des larmes en fin d'après-midi, et des phrases comme "Tu vis pour toi et non pas contre quelqu'un." Oui mais non.

Dans la voiture, faire semblant de dormir pour pas avoir à expliquer ce qui ne s'explique pas. Faire semblant de dormir et puis… s'endormir vraiment.

Et puis le soir, un sourire édenté et un nouveau surnom, des alphabets qu'on oublie et de la tarte aux pommes, des fous rire, et… c'était bien.

Jeudi. Quelques lignes griffonnées en allemand. L'envie d'écrire, sans y'arriver.

Vendredi. Octobre. Le temps file. Une lettre à Ae. Hésiter pour aller à la cantine. Y'aller quand même, et puis regretter. Trop de bruits. Trop de regards qu'on fuit. Lâchez-moi…

On m'a tapée trop fort pour m'réveiller.

Et puis, une main qui tremble sur un clavier et le coeur qui bat à toute vitesse, déchiffrer les mots et essayer de comprendre ce qui se cache derrière, du djembé qui résonne de partout, du jonglage, de la danse, de la musique, des réunions pour le journal, vingt nouveaux dans l'équipe, apprendre à pousser les murs d'une salle de dix mètres carré, des va-et-vient entre la salle de perm' et l'administration du lycée, une disserte de philo sur "le sujet peut-il s'illusionner complètement lui-même ? " (si une âme charitable a des idées, merci de me contacter…) des feuilles mortes, Lyon en lumières la nuit, les coups de téléphone qui ne servent à rien, une place de concert pour Jeanne Cherhal, Noir Désir et des frissons dans le car…
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54220
b
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