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La cantine scolaire est inégale dans certaines régions

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En matière de restauration scolaire, mieux vaut résider dans les beaux quartiers ! Bakchich (d'où est issu ce texte) met les pieds dans le plat… Dix-huit millions de repas servis, 110 000 gamelles à remplir par jour et autant de chères têtes blondes à rassasier, les cantines scolaires parisiennes turbinent. Et le bon maire Delanoë, tout à sa campagne électorale, en est bien conscient. « C’est un sujet majeur, clame-t-il sur son site de campagne : il s’agit de l’alimentation des enfants, donc de leur santé, et nous avons augmenté d’un quart le soutien de la Ville aux caisses des écoles ». Sujet majeur, mais jusqu’à présent légèrement délaissé… Il est des choses que l’on ne dit pas aux parents d’élèves des arrondissements pauvres de la Capitale… surtout à l’approche des municipales. Surtout à l’heure où, lorsque les médias parlent des cantines scolaires, c’est généralement pour évoquer la généralisation des produits bio, qui se situe en bonne place parmi les résolutions de l’après Grenelle de l’environnement… Dans les cuisines municipales du XXe arrondissement, par exemple, on en est assez loin… Avant de ne manger que du « bio », il faudrait commencer par manger « propre ». En effet, « le risque d’intoxication alimentaire par défaut d’hygiène rigoureuse y est réel », écrit l’inspection générale de la ville de Paris dans un rapport d’audit des caisses des écoles adressées à Bertrand Delanoë en avril 2006 et bien caché sur le site de la mairie. Toujours dans le XXe, « des peintures écaillées ou poussiéreuses » sont constatées dans 68% des sites visités. « Des équipements basiques tels que le lave-mains conforme et l’essuie mains à usage unique ne sont pas généralisés à toutes les structures »… Il convient donc « de réagir et d’améliorer sans délai la propreté des locaux et de procéder sans tarder au remplacement des enceintes réfrigérées », écrit l’inspection générale parisienne… Avant d’ajouter qu’hélas, de tels investissements « mettraient en péril l’équilibre fragilisé de la trésorerie des caisses des écoles concernées ». La qualité de ce qui est servi dans les assiettes des cantines du Nord et de l’Est parisien laisse également songeur. Si les viandes reconstituées sont proscrites dans les beaux quartiers, tel n’est pas le cas partout… « Pour rien au monde je ne mangerais ce que mangent les enfants. À de rares exceptions près, tous les instituteurs sont comme moi. Lorsque le menu annonce du lapin, il est difficile de le deviner en regardant ou en goûtant le plat », confie la directrice d’une école du XXe. « Dans le XIXe, il y a quelques années, les enfants mangeaient très régulièrement de la soupe de pâtes pour éponger le déficit de la caisse », rapporte une institutrice… Étonnamment rien de tel, rive gauche, où les caisses des écoles aux recettes confortables affichent des trésoreries largement excédentaires… et des prestations d’un tout autre standing. Ainsi, note toujours le fort instructif rapport, « le prix de revient 2004 s’étend de 4,81 euros (XXe) à 6,17 euros (IVe), soit un écart de 28% que ne peut expliquer à lui tout seul l’effet quantité ». L’effet qualité alors peut-être ? Car ces disparités, qu’il s’agisse de l’état des locaux ou de la qualité de la nourriture sont le reflet fidèle des écarts de richesse entre habitants des différents arrondissements parisiens. Pour une raison simple à comprendre : les recettes des vingt caisses des écoles, qui gèrent de façon indépendante la restauration scolaire, proviennent pour moitié des tarifs acquittés par les parents, et pour moitié d’une dotation de la ville de Paris. Or les parents d’élèves paient un montant proportionnel à leur revenu. Résultat, plus la population est riche, plus les recettes de la caisse sont importantes : dans le XXe, par exemple, 61,16 % des familles acquittent un tarif réduit, contre 7,75 % dans le VIe… Des écarts que la ville de Paris ne compense que très peu. Ainsi, quand « les cinq caisses qui se trouvent automatiquement placées en situation d’excédent sont : le 6e, le 9e le 14e, le 16e et le 17e », le 10e, le 11e, le 13e, le 18e le 19e et le 20e « sont automatiquement placées en situation de déficit ». Une répartition assez claire… Certes, l’actuelle majorité municipale fait mieux que la précédente, qui ne faisait rien pour corriger ces inégalités. Pour chaque repas, la mairie centrale verse aux caisses des écoles une subvention d’un montant de 2,50 euros en moyenne, dont 0,32 euros (soit 15%) est désormais répartie en fonction de critères sociaux. « Le système actuel de la compensation redistribue insuffisamment la perte de recette qui résulte de l’insuffisance des ressources des familles », grogne toutefois le rapport. La « correction » demeure donc symbolique. Mais, bonne fille, l’Inspection municipale a aussi ses petites solutions. L’augmentation de ladite correction par exemple, qui grignoterait les excédents des caisses d’écoles des arrondissements les plus riches. Ou relever le tarif des repas pour les familles les plus aisées des quartiers pauvres… Autant de recommandations que le maire, n’a étrangement pas suivi ; craignant sans doute de froisser son électorat ou les maires d’arrondissement. Pour l’heure les disparités demeurent flagrantes. Pire, les budgets d’investissements, qui servent par exemple à la mise aux normes des équipements, varient de 1 à 4. Des inégalités profondes entre Parisiens, alors que leur réduction figurait en bonne place parmi les promesses du candidat Delanoë. Et comme un leitmotiv contre les mandatures de Chirac et Tibéri à la mairie de Paris, alors accusés d’injustice sociale. Il reste donc du pain sur la planche. En voilà un bon argument de campagne…
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228386
b
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