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Le niveau scolaire

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Bonjour,

Les élèves d'aujourd'hui n'auraient pas un bon niveau par rapport aux générations précédentes… , "Les programmes scolaires au piquet". (1).

Volontairement provocateur, le titre de ce livre veut refléter une réalité : le constat d'une dérive initiée depuis de nombreuses années par les tenants d'une pédagogie plus moderne.

Pour les neuf enseignants qui ont co-signé cet ouvrage, la baisse du niveau des élèves, du primaire au lycée, est une réalité flagrante. Ils ont travaillé à partir des programmes eux-mêmes, des instructions officielles de l'Education Nationale, sur lesquelles tout professeur doit fonder son enseignement. Et leur conclusion est sans appel.

"Les enseignants du supérieur, en IUT et en classes préparatoires ont constaté que leurs élèves n'avaient plus le niveau. Ils ont donc décidé de remonter la filière pour voir où cela coinçait", détaille Morgane Page, professeur d'histoire-géographie au lycée Tocqueville de Cherbourg, et auteur de plusieurs chapitres de l'ouvrage. Ces enseignants sont ainsi remontés jusqu'au primaire.

Et leur étude de ces programmes officiels et surtout de leur évolution depuis plusieurs décennies est édifiante. Pour exemple, les petits écoliers de 1923 devaient, dès la fin du CP, savoir "compter par 2, par 3, par 4. Multiplier par 2, par 3, par 4. Diviser des groupes d'objets en 2, 3, 4 parts égales."

Le programme de CM2 de 2002 aborde les choses sous un tout autre angle : "Les techniques opératoires sont mises en place sur des nombres d'usage courant. Elles ne doivent pas faire l'objet d'une virtuosité excessive. Les élèves doivent être capables d'utiliser des calculatrices comme moyen ordinaire de calcul" qui viennent au secours de ceux qui éprouvent des difficultés.

La lecture… chez les parents.

A quoi sert alors de tenter de résoudre un problème ? La machine le fera tout aussi bien ! Résultat : en arrivant en classe de seconde, regrettent les professeurs, trop d'élèves ne maîtrisent pas les divisions et parfois même les multiplications.

Même son de cloche en ce qui concerne l'apprentissage du français, sans pour autant se pencher sur les techniques d'apprentissage de la lecture. "Au cours de ma carrière, j'ai rencontré des femmes de service qui m'ont dit avoir passé tout un été à lire chaque jour la fameuse méthode Boscher, qu'elles avaient acheté pour leur enfant qui entrait en sixième, car il ne savait pas lire en fin de CM2, à cause de la méthode globale", s'indigne Morgane Page. Et de fait, les éditeurs de ces méthodes d'apprentissage de la lecture rééditent chaque année en plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires leurs ouvrages.

Collèges et lycées n'échappent pas non plus à cet appauvrissement. Les enseignants ont pointé notamment l'absence de notion de conjugaison, car "savoir dire qu'un verbe est au subjonctif n'est pas intéressant. C'est un métalangage qui s'adresse aux professeurs. "On croit rêver. Et cette dérive qui consiste à ne plus nommer les outils utilisés pour la construction des phrases, pour la structuration du langage, a des conséquences directes sur le niveau d'expression, écrite et orale, des élèves d'aujourd'hui. En ce qui concerne la littérature, même constat. Une "note sur l'avenir de la série L" par l'inspection générale, ose carrément parler de "sortir du ghetto culturel de la littérature pure". Car au lycée, point d'auteur, encore moins d'oeuvres. Seuls subsistent les "objets d'étude" et le fait de savoir si "le récit est ancré dans la situation d'énonciation" (!).

Les élèves n'apprennent plus à apprécier la beauté de tel écrit, mais un simple catalogage des formes d'écriture et de discours. "C'est le résultat d'avoir voulu adapter les programmes aux élèves les plus en difficulté. Un véritable nivellement par le bas", ajoute Morgane Page.

L'Histoire sans dates.

En histoire-géographie, la jeune enseignante pose un regard sans concession sur l'enseignement de sa matière. "Tout a été fait pour supprimer l'idée de chronologie dans l'enseignement de l'histoire. Par exemple, en classe de seconde, on doit balayer 24 siècles d'histoire en seulement une année scolaire. Et surtout ne pas essayer de montrer des liens entre les différents grands moments de l'histoire, mais travailler par flashs. C'est comme cela que l'on retrouve dans les copies qu'Aristote était un philosophe des lumières". Et il en va ainsi pour tout le reste, en histoire comme en géographie.

Ces enseignants qui s'opposent à ces dérives des programmes sont-ils des réactionnaires ? Sans doute aux yeux de ceux qu'ils appellent les "pédagogo", spécialistes de la pédagogie mais qui n'ont pas vu un élève depuis trois bonnes décennies. Ils en acceptent l'anathème, mais s'organisent afin de tenter, chacun à son niveau, de contrecarrer ces programmes absurdes.

"Le constat final est qu'on a voulu permettre à tout le monde d'avoir le bac. Donc, la solution était de vider les programmes de leur contenu considéré comme trop compliqué. Le résultat est flagrant, à vouloir une école trop égalitaire, on a recréé les inégalités de l'Ancien Régime, puisque seuls les élèves dont les parents ont la disponibilité suffisante, ou les moyens nécessaires pour leur offrir des cours particuliers, pourront s'en sortir."

L'école théorisée par les héritiers de Mai 68 est devenue la tombe de l'égalité républicaine.

(1) Du primaire au lycée, des maths au fançais. Les programmes scolaires au piquet par un collectif d'enseignants en colère. Textuel. 19 EUROS.
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26771
b
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