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Le silence de nos campagnes , on y veille depuis l'école

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
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Négatif : Le harcèlement des automobilistes et la repression chez les jeunes qui ne font rien de mal :  

 

Dans le silence de la campagne électorale, la mise au pas de la jeunesse avance. Les élèves du lycée public de Tréguier (Côtes d'Armor) ont fait les frais d'une opération coup de poing dirigée contre eux le mardi 6 mars. Comme de nombreux autres lycées ruraux, les consommateurs de "matières illicites" ont été mis en fiche. Objectif avoué : impressionner les jeunes.  

 

Échos d'une actualité régionale qui passe inaperçue en temps de campagne : mardi 6 mars, 170 élèves du lycée public Savina de Tréguier (côtes d'Armor) sont en cours quand ils subissent un déploiement de gendarmes dans le plus pur style des opérations coup de poing du ministre Sarkozy. Une vingtaine de gendarmes accompagnés d'un chien renifleur prennent position autour du lycée avant d'investir l'établissement. Élèves mis au pas, alignés dans un ordre militaire dans les couloirs, avant de se voir intimé l'ordre de rentrer en classe sans toucher à leurs effets personnels. Là, un par un, chacun est soumis au flair du zélé auxiliaire policier. Sacs et vêtements sont considérés comme des éléments suspects par ces visiteurs de choc. Au passage, quelques-uns ne résisteront pas aux crocs et griffes… La même opération se déroule dans les chambres de l'internat où les effets personnels sont soumis sans ménagement au même traitement. Après le départ des inquisiteurs, les lycéens abasourdis essaient de comprendre pourquoi leur statut de jeune les rend d'emblée suspects aux yeux de la loi… Dans les salles de classe, c'est la consternation. Les rumeurs vont bon train ; une vingtaine d'élèves manqueraient à l'appel… Les comptes exacts seront plus précis mais tout aussi inquiétants, parmi les lycéens mis en cause, plusieurs sont notoirement connus pour n'avoir jamais été tentés de consommer une de ces matières non taxées par le ministère des Finances. En fait, 15 lycéens ont été appréhendés et 6 d'entre eux ont été reconnus possesseurs de substances coupables. Des élèves, encore traumatisés par ce qu'ils viennent de subir sans comprendre ce qui s'est passé, informent leurs parents. Ces derniers interrogent la direction de l'établissement : comment cette incursion violente des forces de gendarmerie a-t-elle pu se produire dans un lycée réputé pour son calme ? Pourquoi une telle mise en scène alors que le sujet de l'addiction aux drogues douces et alcool n'a jamais fait l'objet d'actions concertées avec les élèves, enseignants et parents ? La proviseure de l'établissement n'entend pas répondre aux questions des représentants des parents d'élèves. Elle réserve sa version des faits pour la presse. Sa justification ne manque pas d'inquiéter à propos de l'exportation des thèses du "tout Karsher" vers des espaces scolaires que l'on espérerait être préservés de ce traitement musclé. Inaptes à assurer leur mission éducative dans l'accompagnement et la concertation, certains gardiens du "temple de la République" n'hésitent plus à justifier leur posture au nom de l'effort fait pour l'assainissement de la société scolaire qu'ils régentent. Cette étrange reproduction du discours sécuritaire entendu en d'autres lieux accompagne le communiqué de presse des responsables du lycée. Le lecteur des quotidiens régionaux apprend ainsi que "à Savina, on lutte contre. Ce n'est pas un lycée où l'on fait semblant d'ignorer" et "qu'il y en a marre de fermer les yeux. Pas uniquement à l'école, mais dans toute la société" . La vertu des pourfendeurs de "racailles" peut-être adeptes de fumettes suspectes s'étale sans pudeur assénée avec un bon sourire paternaliste affirmant que ce lycée est fréquenté par "de bons enfants" .

 

Il pourrait s'agir là d'un écho isolé de la vie rurale. Mais ce type d'opérations perpétrées selon le même scénario pénalisant les conduites non conformes au modèle de la bonne éducation se banalise dans les établissements ruraux. En Bretagne, la presse régionale relate des faits similaires depuis plusieurs mois. Nous sommes loin de la répression des trafics de stupéfiants annoncée dans les statistiques du ministère de l'Intérieur. Sont stigmatisés ici ceux qui, justement, sont censés être protégés des trafics et faire l'objet de l'attention de la communauté éducative. Mais les temps ne sont plus à la discussion, il sont à l'action déclare-t-on en haut lieu du côté de la place Beauvau. Il faut faire du chiffre, être efficace, montrer la force, faire des exemples, frapper les esprits, médiatiser le juste combat mené contre l'altération de l'ordre. Alors qui se plaindrait de cela dans la société de l'ordre et du travail méritoire ? Qui irait se demander pourquoi même les "bons enfants" donnent parfois des signes de désaffection vis-à-vis de l'idéal de société qu'on leur promet ? Le silence de nos campagnes s'installe, on y veille dès l'école.
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b
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