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Mes enfants ont eu Mme Guigui en classe (Provins)

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Témoignage d'un parent d'élève (tiens encore un qui ne veut pas être pris pour un crétin) :

Que Villehaute77, et tous les parents de l'école Ville haute de Provins qui peuvent être dans l'expectative d'une rentrée sans Brigitte Guigui, se rassurent : la résistance s'organise. C'est avec le concours du plus grand nombre que Mme Guigui sera lavée des infamies qui l'accablent.

Nous, parents de Provins, nous montrons depuis 2 ans que nous ne sommes pas des crétins que l'on fait taire sous prétexte que nous ne sommes pas des "experts", nourris de la bonne parole pédagogiste de quelques gourous : nous résistons ! Nous nous refusons de répéter à longueur de temps, comme des perroquets imbéciles, des vérités toutes faites. Car en matière de science, ces scientifiques supposés devraient reconnaître avec humilité qu'ils sont au fond sûrs de bien peu de chose. Les certitudes d'aujourd'hui sont potentiellement les erreurs de demain : tout chercheur honnête le sait. En conséquence, en l'absence de vérité toute faite, la modération s'impose. Si les autorités de l'Education nationale sont incapables de faire correctement leur travail et commettent de graves manquements à la déontologie, c'est au citoyen d'alerter sur ces dysfonctionnements. Quant aux politiques qui interviennent abusivement, ou qui n'interviennent pas par lâcheté, vos électeurs dégoûtés savent ce qu'ils vous doivent, et en tireront les conséquences devant les urnes.

La rentrée approche, et l'affaire Guigui n'est pas close. L'injustice est flagrante, pour peu qu'on prenne la peine de lire les témoignages présents sur ce forum, et de consulter la presse. Personne ne peut cautionner la tyrannie de quelques sous-fifres de l'Education nationale sur une institutrice qui exerce depuis de longues années de manière excellente… Même Philippe Meirieu, opposant farouche de la méthode de lecture syllabique, et particulièrement du manuel de lecture Boscher. Toute personne raisonnable, de quelque camp que ce soit (puisque la réthorique guerrière semble de mise) , s'accorde à reconnaître qu'il faut laisser les instituteurs travailler comme ils l'entendent, étant bien entendu que cet instituteur oeuvre avec dynamisme et honnêteté pour la réussite des enfants… ce qui est le cas de Brigitte Guigui.

L'affaire Guigui a été évoquée par un parent d'élève sur l'antenne de France Inter le 7 août dernier à l'émission "Ca vous dérange" consacrée à l'école, dans laquelle intervenait Jean-Paul Brighelli (auteur de "La fabrique du crétin") et Philippe Meirieu (ancien directeur de l'IUFM de Lyon, chercheur en Science de l'éducation). J'ai souligné les passages qui me semblent particulièrement intéressants.

Recension scripturale du dialogue qui suit l'intervention d'un parent témoignant de la persécution de Mme Guigui.

Parent d'élève de l'école primaire Ville haute de Provins : …Alors j'ai assisté à quelque chose de lamentable. Mes enfants ont fréquenté une école à Provins, une école primaire. Ils sont passés dans un CP. Ils ont eu une institutrice tout à fait excellente, Mme Guigui, qui fait vraiment l'unanimité…

Jean-Paul Brighelli : Je suis très content que vous en parliez, très, très content…

Journaliste (Nicolas Stoufflet) : Vous la connaissez ?

Jean-Paul Brighelli : Oui, absolument. Je veux dire, il y a un vrai scandale autour de cette femme.

Journaliste : Expliquez-nous.

Parent d'élève : Donc, voilà. C'est une dame qui est très populaire à Provins. Elle a un tort selon sa hiérarchie, c'est d'utiliser une méthode de lecture, un manuel plus particulièrement, un manuel qui s'appelle Boscher. Moi, personnellement, je témoigne en tant que parent d'élève.

Journaliste : Oui.

Parent d'élève : Ce que j'ai constaté, c'est qu'à la rentrée 2004, un nouvel inspecteur est arrivé, un inspecteur de circonscription, et dès ce jour, elle a été persécutée. Et on en est arrivé, avec des méthodes d'une autre époque…

Jean-Paul Brighelli : Ce sont des méthodes staliniennes, vous pouvez le dire… En tout cas moi je peux le dire… Pour aller dans votre sens, on lui a reproché d'apprendre à lire en méthode alphabétique, c'est-à-dire selon les recommandations du ministère. Et à partir de là, elle s'est fait matraquée par sa hiérarchie, comme l'ont été la plupart des instituteurs qui utilisent une méthode autre que les méthodes mixtes, c'est-à-dire à départ global. On est actuellement dans une vraie guerre scolaire au niveau des méthodes de lecture, alors qu'on sait que dans la très grande majorité des cas, les méthodes à départ global donnent des résultats pitoyables, pitoyables parce que ce que l'on n'apprend pas aux enfants, c'est à reconnaître véritablement la composition des mots. Ils les reconnaissent globalement dès le départ, moyennant quoi la petite Véronique qui a appris à lire son prénom globalement, lorsqu'elle voit écrit "volonté" ou "véhicule" , elle lit "Véronique" .

Journaliste : Philippe Meirieu, pédagogue, il y a un sujet terrible, là.

Philippe Meirieu : Ce sujet est très complexe.

Journaliste : Oui, mais attendez, on dit toujours ça. Dans le domaine de l'enseignement, pardonnez-moi, mais on dit toujours : "C'est complexe" , "C'est compliqué" , "Il faut analyser les choses" . Donc, attendez, c'est quand même assez simple de définir l'école que l'on veut, et l'éducation que l'on souhaite.

Jean-Paul Brighelli : Je voudrais juste demander une chose, quand même, à Philippe Meirieu. Etes-vous par principe, au moins, solidaire avec un collègue qui se fait matraquer pour des raisons purement administratives. C'est de l'ordre de la chasse aux sorcières, je peux vous assurer qu'elle n'a commis aucune faute pédagogique.

Philippe Meirieu : Je suis solidaire totalement. Alors je voudrais dire trois choses simples par rapport à l'animateur de l'émission. Dire un : C'est pas indécent de dire que c'est compliqué quand on parle du traitement du cancer ou de la maladie d'Alzheimer, et quand un médecin vient vous dire : "C'est pas si simple et l'aspirine marche pas à tous les coups" . On lui dit pas : "Mais attendez, vous avez pas le droit de dire ça" . L'éducation aussi, il y a des choses compliquées, qui nécessitent qu'on se penche un peu d'une manière scientifique sur les problèmes, et je pense qu'il faut l'accepter. Deuxième chose : je ne suis en aucun cas favorable à cette chasse aux sorcières. Je trouve d'ailleurs que globalement il faut revoir en France le rôle des corps d'inspection. Moi, je suis favorable à ce que d'ailleurs tout inspecteur qui vient inspecter dans une classe fasse la classe aux élèves devant le professeur qu'il a inspecté pendant au moins autant de temps pour montrer qu'il sait faire et pour montrer comment et à son avis il faudrait faire. Il y a là un changement radical. Il faut arrêter cette inspection persécutante telle qu'elle est vécue par un certain nombre d'enseignants.

Journaliste : Est-ce qu'il faut laisser de la liberté aux enseignants ?

Philippe Meirieu : Il faut laisser de la liberté dans un projet, dans une finalité. Pas la liberté de massacrer les élèves, de les humilier ou de faire n'importe quoi.

Journaliste : Bien sûr, bien sûr. Mais dans la méthodologie, on peut laisser un petit jeu ?

Philippe Meirieu : Dans la méthodologie, je pense que l'enseignant doit être, dès lors qu'il est formé, qu'il est accompagné, doit pouvoir choisir toute une série de choses, et en particulier choisir ses méthodes. Alors sur la lecture d'une manière précise, il faut dire que quand Jean-Paul Brighelli écrit ou dit : "On sait que les méthodes mixtes sont des méthodes qui produisent de l'échec" , c'est pas complètement vrai…

Jean-Paul Brighelli : Qui ont souvent…, qui ont souvent…, Philippe Meirieu.

Philippe Meirieu : Il y a des scientifiques qui disent le contraire. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a un problème majeur autour de la lecture aujourd'hui. Ce problème, il est lié aux méthodes de lecture à l'école ; il est aussi lié à un ensemble de choses, et au statut de l'écrit dans notre société. Il est lié à l'utilisation des onomatopées, à la diminution du lectorat en France, à la diminution des écrits sociaux et écrits épistolaires qui se pratiquaient traditionnellement.

Journaliste : Mais d'où le rôle encore plus important de l'école.

Philippe Meirieu : …Encore plus important de l'école, bien évidemment. Encore plus important de l'école. Il faut savoir que il y a encore trente ans, la majorité des jeunes filles tenaient un journal de bord. Il n'y en a plus que 20% aujourd'hui.

Journaliste : Il y a des blogs, il y a des blogs !

Philippe Meirieu : Il y a des blogs. C'est pas tout à fait la même chose.

Journaliste : Mais oui, bien sûr.

Philippe Meirieu : C'est une écriture spontanée ; cela n'est pas une écriture réfléchie. Donc l'école a un rôle, bien évidemment, pour lutter contre cette forme d'illettrisme social qui s'empare aujourd'hui de nous, de la dysorthographie à travers la publicité, le fait que nous téléphonons tout le temps.

Journaliste : Oui, mais vous renvoyez toujours un peu la balle à la société. C'est la faute de la société, c'est pas la faute de l'école.

Philippe Meirieu : Ah si, c'est la faute de l'école. Je dis que c'est une responsabilité globale du statut de l'écrit. Si nous écrivions plus, nous tous, si nous écrivions au lieu de téléphoner, si pendant les vacances les parents écrivaient de longues lettres à leurs enfants pour leur expliquer à leur avis ce qu'ils pensent, ou ce qu'ils veulent, au lieu de leur passer des coups de fil sans fin qui leur coûtent des heures sur leur forfait, je pense que ça changerait…

Journaliste : Bon, écoutez, le monde il est comme ça. On va pas le changer.

Philippe Meirieu : Non, le monde n'est pas comme ça.

Journaliste : Ben oui, mais attendez…

Philippe Meirieu : Le monde n'est pas comme ça. Le statut de l'écrit est en péril. Et je pense qu'il faut faire de l'écrit une grande cause nationale, et pas faire des enseignants les boucs émissaires de la difficulté d'accéder à l'écrit.

Jean-Paul Brighelli : Je voudrais dire plusieurs choses. Je vois avec plaisir que Philippe Meyrieu a lu en détail mon dernier livre "A bon école" , parce que nous sommes d'accord par exemple sur le rôle de l'inspection. Les inspecteurs devraient venir… Moi ce que je proposais, c'est qu'ils viennent deux fois dans l'année, une fois pour voir le niveau des élèves, et une fois pour voir ce qu'on en avait fait.

Philippe Mirieu : Il faut revoir le statut des inspecteurs, c'est clair… et puis leur rôle.

Jean-Paul Brighelli : Cela, c'est évident. C'est-à-dire que peu importe finalement les méthodes utilisées, pourvu qu'on amène un enfant du point A, où il était, jusqu'au point B, et si possible Z.

A bon lecteur, salut !
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9096
b
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