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Mon ado de 15 ans s'est envolé

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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L'année scolaire est terminée. Le fiasco est avéré. Mais l'expérience est consommée. Mon fils a écrit une lettre au juge. Puis il a fugué de chez son père, était prêt à faire 200 kilomètres à vélo pour revenir chez moi… il a été arrêté dans sa course à mi chemin par les gendarmes surpris de trouver un jeune garçon se reposant sur le bord d'une route départementale. Il avait projeté de rouler jusque vers 4 ou 5 heures du matin, avec comme seule subsistance une baguette et une bouteille d'eau. Je salue son courage là (suis presque fière de lui, en silence ! ). Et je déplore la fugue et les dangers auxquels il s'exposait (quand même ! ). Voilà, donc, il a fait son expérience… et par la même occasion son frère et sa soeur également. Une année gâchée sur le plan scolaire (il redouble, ce que refuse son père évidemment… sa fierté de père-prof-chez qui son fils aurait "enfin pu évoluer" en prend un coup) Mais une année charnière, pour son bien à lui. Certes il a souffert… il s'est senti délaissé (dans sa lettre au juge il raconte que son père ne lui accordait que peu d'intérêt, et sous entend que son père l'a manipulé pour le convaincre de rester chez lui…). Il m'a avoué que s'il avait "cédé" c'est que son père lui répétait qu'il était triste sans lui ! Voilà, flatté (parce que indispensable au bien-être de son père) , mais délaissé (parce que ce bien-être ne passe que par l'image, la surface, sans aucune sincérité profonde). Il s'est senti délaissé pour ce qu'il est lui, je ne sais pas s'il a conscience d'avoir été un simple instrument, mais il n'en est pas loin visiblement. A l'entendre, je crois qu'il a compris à qui il avait à faire. Il a senti en tout cas je crois l'inconfort moral dans lequel son père l'enfonçait. Ils ont échangé quelques sms ces jours-ci, mon fils me les lit et les commente. Quand son père lui écrit par exemple : "Dors bien… si tu peux !! " Eh bien il me demande, le sourire narquois en coin : "D'après toi, pour papa, il faudrait que je dorme bien ou mal ? Et est ce que je dois me sentir mal si je dors bien ? " Tout est là ou presque… être un bon objet, ou bien un mauvais objet et donc culpabiliser… Il aura fallu moins de neuf mois, de septembre à juin au plus tard. Mais divers détails m'ont laissé entrevoir que fiston commençait à s'essouffler depuis plus longtemps. Il y a eu les rendez-vous chez médecin, dentiste et orthodontiste qu'il n'envisageait pas là bas (son père me disait que c'était lubies de ma part, ces maladies imaginaires des enfants -lunettes, appareils dentaires-, que je ferais mieux de me soigner moi même avant de m'occuper d'eux pour me donner seulement une bonne conscience de mère). Il y a eu les réflexions de son petit frère… et notamment celle ci, rapportée par ma mère, "A partir de quel âge on a le droit de porter plainte contre ses parents ? " ça fait Gloups !!! . Ma mère est "confidente" du petit déjeuner (c'est elle qui s'occupe des enfants et qui les emmène à l'école quand je suis au travail) , elle me rapporte parfois, quand ça lui semble important ou grave, les réflexions du petit frère. Il y a eu les réflexions de sa petite soeur (plutôt rares ceci dit… disons LA réflexion ! ) "je ne ferai pas la même erreur que (mon grand frère) " Il y a eu sa gastro à la veille de son départ en voyage scolaire. J'ai géré, son père abandonnait. Il est allé en voyage scolaire ! Il y a eu son dernier cours du vendredi "séché" à de nombreuses reprises pour être à temps à la répèt avec les copains d'ici. Il y a eu 35 absences en cours et 13 retards, dont la moitié non justifiés… signe d'une grande négligence. Il y a eu aussi cette impression de relâchement, d'ouverture (après l'enfermement et l'agressivité du début) , l'impression qu'il était heureux et épanoui, relâché ici. Mais c'est très subjectif. Il y a cette volonté de redoubler son année… parce qu'il veut repartir sur de bonnes bases, qu'il a conscience de n'avoir rien "donné pour lui", que cette réflexion est argumentée, réfléchie et raisonnée, largement acceptable et acceptée. Il y a ces projets qu'il formule maintenant, il se projette dans l'avenir… Voilà… Et maintenant, il ne veut pas passer de vacances chez son père… qui, lui, saute sur l'occasion et m'informe que son fils restera chez moi "pour se responsabiliser" (ahhhhh le déni de l'autre jusqu'à lui voler ses intentions et les faire siennes !! ). Mais aucune vraie discussion entre eux deux. Un simple échange de sms sur une journée, et puis ce qui ressemble à un rejet (culpabilisant ? ) Mon fils a grandi, a mûri. Ca n'est pas fini. J'ai bien fait de lui répéter qu'il devait prendre soin de lui, s'occuper de lui même, d'assumer son "choix" même s'il avait du mal à entendre ça. Bref, mon "pari" de septembre dernier était le bon. Il prétendait haut et fort, voire agressivement et sans discussion possible que Ouiiiii !! C'était son choix !!!! Alors je l'ai laissé assumer et voir par lui même et grandir. Ce pari n'était valable que s'il pouvait garder contact avec un monde "normal", avec sa famille, ses copains (vivent msn et facebook pour le coup ! ) Il a fait un "choix", il assume, il est soutenu pour continuer à grandir. Il ne s'est pas complètement trompé, c'était le moment opportun sans doute pour lui de faire connaissance avec son père et de se situer dans sa relation à lui. Il aura à "affronter" son père à nouveau. Je ne pense pas qu'il souhaite ne plus jamais le voir (et je ne le souhaite pas non plus). C'est son père, malgré tout le mal qu'il peut faire. Je ne souhaite pas qu'il reste sur cette faille. Et puis comment vivront-ils ensemble leurs week-ends, leurs vacances ? L'expérience du deuil parental est entamée. Dans le sens de grandir et mûrir, petit à petit apprendre à faire son chemin tout seul. Ici, je crains que le deuil ne soit douloureux tout de même. Et qu'il ne soit sujet à représailles. Mais il a maintenant une base qui s'est élargie, qui commence à se stabiliser… J'entends qu'il commence à avoir confiance en lui-même ! Et c'est ça qui compte !!! La sape n'a pas marché parce que je suis restée vigilante, en contact, parce que mon fils a reçu des outils pour garder un bon "champ de vision" et une plutôt bonne assise émotionnelle. C'est en amont qu'on doit prévenir le SAP, il ne s'agit pas d'attendre de pleurer quand il est trop tard. Rester vigilante et à l'écoute… c'est pas fini. Le feuilleton ne fait que commencer. Quand on a un père PN, on a intérêt à avoir de bonnes et saines relations à côté.
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120107
b
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