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Mon ainé a réussi à apprendre à lire et à écrire assez facilement alors que ma seconde rencontre des difficultés

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
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Nos deux enfants ont abordé à l école la lecture et l'écriture avec la méthode Ratus semi-globale. Nous n'avions aucun à priori à cette époque quant aux méthodes de lecture, mon mari et moi-même ayant effectué des études supérieures sans souci, pour nous l'école et les apprentissages n'étaient pas du tout une inquiétude, nous faisions confiance à l'école. Il n'était pour nous pas question de leur apprendre à lire à la maison. C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons abordé l'école avec nos enfants.

Notre aînée a appris à lire et à écrire de manière tout à fait satisfaisante. Nous avons toutefois été surpris du soutien quotidien que nous avons dû lui prodiguer d'autant plus que c'était une enfant de l'avis des enseignants très douée et précoce. Nous avions mis cela sur le compte de son manque d'attention.

C'est donc avec confiance que nous avons abordé le CP avec la cadette…. Même méthode Ratus, mais avec aucun résultat malgré mon soutien et les efforts de notre fille. A la fin du CP, elle avait beaucoup de peine à lire le livre scolaire RATUS et ne parvenait pas à lire couramment un texte inconnu. Bref, elle ne savait pas lire. Notre fille se sentait fortement dévalorisée à cause de cette incapacité à réussir, quant à nous, nous ne comprenions pas les raisons de ces difficultés.

Dans ce contexte le CE1 lui fut très peu profitable. L'institutrice nous conseilla de faire un bilan orthophonique dont il est ressorti des explications peu claires statuant d'une légère dyslexie. Nous avons engagé un soutien orthophonique, lequel a donné très peu de résultats probants.

Début CE2 : nous sommes convoqués par l'institutrice qui nous explique que compte tenu des difficultés scolaires de notre fille (essentiellement une très grande lenteur) les études pour elle s'annoncent difficiles voire compromises. Autant dire que le ciel nous était tombé sur la tête. J'étais moi-même arrivée à envisager que notre fille avait une insuffisance mentale ou intellectuelle, c'est d'ailleurs l'explication implicite que les instituteurs nous avaient laissé entendre car notre fille est très attentive, appliquée, et travailleuse, comment expliquer dans ce contexte qu'elle n'arrive pas à apprendre à la même vitesse que les autres enfants ?

Cette situation avait d'ailleurs de lourdes conséquences sur son moral car elle ne comprenait pas non plus pourquoi elle était en échec malgré son travail acharné. Elle se croyait stupide. Sa tristesse profonde nous consternait. Elle frisait alors la dépression, pleurait tous les soirs, n'avait aucune amie et parlait de mourir.

Mon mari et moi-même avons alors décidé de prendre le taureau par les cornes, nous avons pris un rendez-vous à l'hôpital Necker pour faire un bilan général de notre fille. Si problème il y avait, nous voulions savoir lequel, même si la vérité pouvait être pénible à entendre.

Les résultats du bilan de Necker nous rassurèrent autant qu‘ils nous stupéfièrent : notre fille n'avait de problème d'aucune sorte, elle est intelligente, a un vocabulaire supérieur à la moyenne, a une grande capacité à mémoriser les chiffres, n'est pas dyslexique, et fonctionne plutôt mieux à l'oral qu'à l'écrit, bref c'est plutôt une auditive.

"Comment a-t-on pu me dire qu'elle était légèrement dyslexique ? " demandais-je,

"On est dyslexique ou pas du tout, l'être un peu ne veut rien dire, votre fille n‘est pas dyslexique, elle n‘a pas besoin d‘orthophonie" , me répond l'expert orthophoniste de Necker.

Nous étions rassurés et nous avons rassuré notre fille. Nous étions également révoltés, car des instituteurs avaient réussi à nous persuader que notre fille avait un problème responsable de son échec. "vous savez, dans toutes les familles de tous les milieux cela peut arriver …." comme si c'était une tare aléatoire, un aléa statistique normal. Jamais n'avaient-ils seulement envisagé un instant que le problème puisse venir de la technique d'apprentissage, bref que le problème puisse venir d'eux-mêmes.

Forts de ces résultats, nous sommes retournés voir l'institutrice. "Comment expliquez vous qu'une enfant intelligente, attentive, travailleuse n'ayant aucun problème physique, mental, psychologique ou moteur puisse ne pas apprendre à lire et à écrire de manière satisfaisante" ? Demandais-je.

"Ah, vous savez, aucune méthode ne marche à 100%, nous avons une réussite de 80 %, comme toute méthode existante, c'est comme cela on ne peut rien faire" fut la réponse (20 % d'échecs ! Rapporté à la France, cela donne 160.000 enfants perdus chaque année – NDLR).

Sidérant, accepterions nous ce piètre résultat pour l'apprentissage de la natation ?

C'est à ce moment que nous avons découvert lire-écrire sur internet, qui nous fut de grand secours pour comprendre le problème et le résoudre. Cela nous a permis en premier lieu de rassurer notre fille qui était désespérée de ne pas réussir. De lui faire comprendre qu'elle n'était ni fautive ni anormale et encore moins stupide, mais qu'elle était auditive et que la méthode Ratus ne lui convenait pas.

Alors nous avons refait avec elle tout le ba-ba de la méthode Boscher, nous avons récupéré d'une amie des cahiers d'exercices de ba-ba d'une institutrice traditionnelle. 10 minutes, tous les soirs, comme des gammes. Cela a duré tout au long de l'année de CE2. Tous les soirs également, nous lui lisions une histoire de son choix. Les progrès en lecture semblaient insensibles mais nous avons tenu bon inlassablement. Connaissant sa caractéristique auditive, nous avons systématiquement privilégié l'apprentissage par l'oral et l'écoute.

Elle est passée en CM1 car comme me l'a dit son institutrice "oh vous savez, non elle ne redoublera pas, plus aucun enfant ne redouble de nos jours…"

En CM1et CM2 nous lui avons fait donner deux heures par semaine de cours particuliers avec une institutrice traditionnelle : grammaire - orthographe - maths. Car le gros souci était que ses problèmes de lecture lui avaient fait prendre un retard scolaire considérable qu'il fallait combler. Par ailleurs les mauvais résultats scolaires de notre fille lui plombaient littéralement le moral et le spectre du redoublement la tétanisait.

Les cours portèrent leur fruit petit à petit, et très doucement la confiance et le moral lui revinrent. La partie était dès lors presque gagnée. Elle nous faisait confiance et se faisait confiance.

Nous nous occupions nous-mêmes spécifiquement des problèmes de lecture que nous traitions à part : tous les soirs, 15 minutes de lecture à haute voix d'un livre de vocabulaire soutenu (Robinson Crusoe, c‘est une mine de vocabulaire usuel). Plus, avant de dormir lecture par moi d'une histoire de son choix.

En fin de CM2 elle était scolairement totalement à niveau et son aisance en maths jusqu'alors totalement occultée (et restée précédemment totalement inaperçue des instituteurs …) put enfin s‘exprimer. Mais les difficultés de lecture persistaient encore : lecture hésitante, mots inventés … elle n'avait toujours pas le goût de la lecture et ne lisait rien d'elle-même. Inlassablement nous lui lisions (et lisons toujours) des histoires, le soir, en vacances, moi, son père, ses grands parents ce fut une mission collective (!). Heureusement, les enfants adorent les histoires … Et puis progressivement, talonnée par la curiosité de lire la suite des histoires, elle s'est mise à lire par elle-même : une ligne, un paragraphe, puis une page et enfin un chapitre.

Aujourd'hui, elle est en 6eme. Elle n'a plus besoin de soutien scolaire et a de très bons résultats. Elle dévore beaucoup de livres, en français et même en anglais. Elle a toujours quelques difficultés en orthographe mais cela reste tout à fait dans la norme des enfants d'aujourd'hui, elle est encore hésitante en lecture à haute voix mais cela n'est pas gênant pour sa scolarité. Et surtout, elle a pris confiance en elle, s'est faite des amies et est désormais très gaie.

Nous devons beaucoup à lire-écrire qui grâce à la lecture des nombreux témoignages nous a confortés et soutenus dans notre effort. Nous aurions peut être autrement baissé les bras, ou tout simplement nous nous serions contentés de la version des instituteurs à savoir que notre fille n'était pas faite pour les études.

Nous remercions nos parents, grands parents pour leur indéfectible soutien et leur confiance sans faille dans nos capacités à trouver une issue et qui n'ont jamais douté des capacités de notre fille.

Nous remercions les médecins de l'hôpital Necker qui voyant notre détresse nous ont reçu et entendu.

Nous remercions notre fille qui a eu le courage et l'opiniâtreté de travailler dur malgré sa peine et ses doutes.

Que d'énergie et d'argent dépensés pour arriver à ce résultat …. Mais quelle chance aussi d'avoir pu sortir notre fille de cette spirale du désespoir.
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23353
b
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